Utile de culpabiliser la société québécoise?


Difficile d’être critique aujourd’hui au Québec.

En tout cas, avec certaines réalités sociales québécoises, qui devraient pourtant pouvoir être débattues, même si elles font des victimes.

Par exemple :

– Tu critiques l’idée d’une culture du viol généralisée parce que tu trouves que c’est exagéré et tu te fais accuser de nier la réalité du viol.

– Tu critiques l’idée du racisme systémique parce que tu trouves que c’est démesuré et tu te fais accuser de nier la réalité du racisme.

– Tu critiques l’idée du patriarcat parce que tu trouves que ce n’est plus d’à propos et tu te fais accuser de nier la réalité du sexisme envers les femmes.

– Tu critiques l’idée de l’islamophobie parce que tu trouves que c’est surtout de l’instrumentalisation et tu te fais accuser de nier la réalité de la xénophobie, de la discrimination et même de la violence envers des citoyens de confession musulmane.

– Etc.

S’il faut trouver une expression pour cerner ce réflexe fallacieux, je propose l’accusation de négation des problématiques. Devant quelconque critique, il leur suffit d’arguer que ces réalités (le viol, le racisme, etc.) existent. Pourtant, personne n’en doute, à part les violeurs, les racistes, les sexistes et les xénophobes dans le déni. C’est un argument de facilité. Il est plus facile intellectuellement de mettre les gens critiques dans la catégorie de la négation que d’avoir un regard nuancé.

Et comme un chien tient à son os, ils tiennent mordicus à leurs cossins théoriques. Pour avoir essayé, rien ne pourrait leur faire lâcher le morceau… En gros, ce qu’ils voudraient nous faire comprendre, c’est que d’être critique de ces expressions serait une insulte envers l’existence même des problématiques qu’elles tentent de cerner. Mais justement, c’est parce que ces expressions sont logiquement insultantes envers ces problématiques et envers la société en général, dans un sens de réalisme, qu’on en est critique.

Des problématiques gonflables

Depuis quand gonfler des problématiques est-il utile? Dire qu’il y a encore beaucoup trop de viol, de racisme, de sexisme et de xénophobie n’est-il pas suffisant pour mettre en oeuvre une démarche pour trouver des solutions? Toute l’énergie dépensée à justifier théoriquement l’existence de ces concepts – de la culture du viol, du racisme systémique, du patriarcat et de l’islamophobie -, et surtout d’en faire la propagande, ne serait-elle pas utilisée à meilleur escient si elle servait à chercher des solutions autres que de culpabiliser la société québécoise?

Parce que culpabiliser la société québécoise en pensant que c’est une solution efficace, c’est aussi utile que de prier son Dieu en guise de solution pour sauver le monde.

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