PKP, entre l'arbre et l'écorce

Photo : AFP / Getty Images

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PKP est dans la tourmente. Nul doute que son entrée dans le monde politique, encore plus son possible poste de chef du PQ, remet en question le fait qu’il est aussi la tête dirigeante d’un empire médiatique. Certains arguent que même s’il place ses actions dans une fiducie sans droit de regard, ça ne va pas assez loin pour écarter PKP de la problématique des conflits d’intérêts, dans le cas d’une prise de pouvoir.

Des solutions

Alors que PKP venait tout juste d’arriver au PQ, en 2012, Alec Castonguay de L’Actualité pointait quelques solutions alternatives :

  • « Pierre Karl Péladeau pourrait annoncer qu’il confie à un fiduciaire le mandat de se départir de ses actions d’ici cinq ans, selon un plan bien établi. Et envoyer l’important signal qu’il passe à autre chose dans sa vie. »
  • Vendre « un bloc d’actions au plus offrant, mais aussi d’en conserver une portion, mais bien moindre. »
  • Transférer « des actions à droit de vote à sa famille, à son frère ou ses enfants. »
  • Céder « certaines actions de contrôle à la haute direction actuelle qui mène la barque, notamment Robert Dépatie. » Pour ne « plus être l’actionnaire de contrôle [tout en gardant] une portion des actions de l’entreprise que son père et lui ont bâti. »
  • Décider « de vendre un bloc d’action ordinaire au Fonds de solidarité de la FTQ, […] [à] des fonds de placements ou [à] des entreprises au Québec ».
  • Que Québecor se départisse majoritairement de Groupe TVA (« les quotidiens, les magazines et TVA ») pour que ces médias soient « hors de portée de l’influence de » PKP.

Le non

Personnellement, je ne sais pas trop quoi penser de tout ça. En tout cas, je penche vers plus d’étanchéité entre PKP le politicien et PKP l’homme d’affaires que moins. Mais c’est certain que la solution qui consisterait à ce qu’il vende tout me semble excessive.

Quoi qu’il en soit, sur la page Facebook de Sympatico Actualités, on a posé la question ce matin et j’ai été très surpris des résultats. On demandait, simplement : « Êtes-vous d’avis que PKP devrait vendre son entreprise s’il devait devenir le chef du PQ et possiblement le premier ministre du Québec? »

Loin de moi l’idée d’analyser ces résultats comme si j’étais devant un sondage sérieux avec un échantillon représentatif de la population québécoise, mais au moment où j’écris, le « non » gagne haut la main. Approximativement à 95%…

Ça détonne grandement de ce que je peux constater dans mon réseau et parmi les opinions exprimées dans les médias où les avis sont assez partagés. Par contre, il est plutôt difficile de savoir si ce « non » s’appuie sur un optimisme quasi aveugle en regard du PQ, comme véhicule souverainiste principal, ou sur la simple idée que les avoirs de PKP sont légitimes inconditionnellement, même dans le contexte de sa lancée en politique active.

La dynamique éditoriale

Sinon, il y a la question de la dynamique médiatique. On pouvait déjà remarquer que les médias de Québecor étaient les seuls à ne pas inclure une ligne éditoriale claire parmi les grands médias. Le cas de La Presse et de sa promiscuité avec le fédéralisme et le PLQ n’est même plus à démontrer, encore moins son influence. Et il reste le journal Le Devoir, quand même un petit joueur, qui s’affiche ouvertement souverainiste de gauche.

Bien que ça ne soit pas une garantie pour l’avenir, il reste que cela enlève une partie de la pression, enfin celle qui aurait existé si les médias sous l’égide de PKP étaient déjà alignés avec ses idées indépendantistes. On peut quand même craindre que cela change si son influence n’est pas contenue au niveau des règles éthiques (officielles ou officieuses), mais nul doute qu’il y en aura plusieurs pour le noter dans le cas échéant.

PKP devra obligatoirement trouver un parfait équilibre entre la pérennité de ses avoirs et la non-apparence de conflit d’intérêts. Mais même s’il le trouve, il y aura toujours la politique partisane pour venir lui faire la jambette. D’ailleurs, il doit déjà avoir des bleus aux tibias, à voir tous ces tirs groupés dans sa direction…

Pour terminer, il faut quand même avouer que cette histoire d’éthique est le parfait paravent pour cacher la peur qu’ont certains (autant à gauche que du côté fédéraliste) devant la popularité de PKP.

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Pensez-vous que PKP devrait aller plus loin que de placer ses actions dans une fiducie sans droit de regard s’il devenait chef du PQ?

 

 

 

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2 réponses à PKP, entre l'arbre et l'écorce

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