Le mépris des hommes


Le mépris des hommes a le dos large…

J’aimerais pointer ici une citation de la poète Nicole Brassard, féministe et militante LGBT, qu’un ami a débusqué et déposé dans la section commentaire de mon compte Facebook, dans la foulée du débat concernant Denys Arcand et les « féministes enragées » :

Marc Lépine était aussi vieux que l’Homme et son mépris pour les femmes

Si je comprends bien, selon sa vision des choses, l’humanité s’est construite sur le mépris des femmes, puisque ce sont les femmes qui portent les enfants. Tout ce mépris aurait donné de l’élan aux coups de bassin de tous les hommes. Tout ce mépris aurait maintenu certains hommes avec leurs familles, comme il aurait brisé d’autres familles par adultère, sans doute parce que ce mépris aurait besoin de s’étendre…

Je veux bien, mais le problème en est que le mépris maladif personnel d’un Marc Lépine envers les femmes peut-il vraiment être comparé à ce mépris ancestral que Nicole Brassard voit assurément dans les moeurs sociales « patriarcales » des époques précédentes? Alors que ce mépris ancestral, s’il existe, n’était visiblement pas la conséquence d’une réaction directe, d’un ensemble de récriminations identifiées par un manifeste antiféministe, comme c’était le cas pour cet homme en particulier?

Le complot du patriarcat

Ce qui ne fonctionne pas avec cette vision des choses, c’est qu’il n’est pas vraisemblable que tous les hommes participaient activement et consciemment à ce « patriarcat », comme s’ils étaient les acteurs d’un complot savamment orchestré, basé sur un mépris masculin fondamental envers les femmes, pour les maintenir dans un rôle différencié; et je ne conteste aucunement ici la réalité de cette différenciation. D’ailleurs, il n’est même pas vraisemblable qu’il y ait eu, quelque part, à une époque ou à une autre, un projet de société patriarcal consciemment mis en place par un seul ou plusieurs hommes qui aurait fonctionné et donné des fruits… Et même si c’était le cas, sur quelle base pourrait-on justifier une culpabilité à rebours aujourd’hui?

Ce qui est vraisemblable, c’est que ces rôles avaient surtout une utilité; et qu’il va de soi que tout le reste en a découlé. Et ce n’est pas un hasard si dans l’histoire les femmes qui ont eu un grand pouvoir étaient surtout des femmes de milieux aisés qui n’avaient pas à se taper les tâches ménagères et à s’occuper à temps plein des enfants… Sinon, chez les gens ordinaires de bonne volonté, les petits pouvoirs se départageaient selon les impératifs pratiques liés à ces rôles.

S’aveugler de la nécessité et des différences

En conséquence de quoi, force est de constater que ces récriminations historiques envers les hommes sont malheureusement mues, et encore aujourd’hui, par un aveuglement de cet aspect pratique. Alors qu’il est profondément lié à la survie, en tout cas pour le plus grand nombre, et au fait de la nécessité. Celui de devoir organiser la vie de tous les jours selon l’incontournable différence fondamentale entre les hommes et les femmes : qui est de pouvoir ou non porter un enfant.

Ce qui, on peut difficilement en douter, a sans doute grandement influencé l’évolution des êtres humains au point où les différences physiques entre les deux sexes sont aujourd’hui la plupart du temps évidentes (il suffit d’avoir remarqué via des reconstitutions que les différences physiques de nos lointains ancêtres étaient loin d’être celles d’aujourd’hui).

Un déficit de réalisme

Ainsi, il faut un grave déficit de réalisme et une bonne dose de paranoïa pour réduire la situation des femmes à une conséquence d’un supposé mépris ancestral des hommes envers elles, qui aurait donné le patriarcat. Cela a peut-être du poids pour qui veut se convaincre que le combat féministe a besoin de ce genre d’argument, mais cet argument est contre-productif.

En tout cas, quand on considère comme moi que le combat des femmes, toujours d’actualité et toujours légitime, a plus besoin de la collaboration des hommes de leur plein gré que d’une démarche de chantage émotif. Alors que ce chantage a pour but de contraindre les hommes, avec la force de la culpabilisation, à expier la faute masculine originelle. Et surtout, à forcer leur aveuglement devant les défis et les problèmes réels que pose tout de même la pression féministe sur la société. Comme si les hommes n’avaient plus le droit d’en faire partie. Comme si cette pression était aussi parfaite que l’idéal qui la sous-tend.

Ce qui fait en sorte que, sans vouloir excuser le mépris actuel et bien réel des Marc Lépine en puissance qui, on le souhaite, ne passeront pas à l’acte, je vois très clairement que le mépris envers les hommes des Nicole Brassard de ce monde leur donne des munitions et encourage d’autres hommes à s’engager…

On accuse avec raison les puissants de ce monde d’encourager la guerre pour imposer la nécessité de la vente des armes, j’accuse ces féministes enragées d’encourager la guerre des sexes pour imposer la nécessité du message de leurs larmes.

Ce contenu a été publié dans opinions, société, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.