L’insuffisance des pères


En ce début de journée où je vais m’occuper seul de mon tout petit pendant que ma femme travaille. Alors que je pense à mon frère et à tous les pères dans ma famille et dans mon entourage qui sont bien capables de s’occuper de leurs enfants seuls. Pendant que j’écris ces lignes par petites bribes parce que mon petit demande constamment des soins et des interventions. Alors que j’ai dormi environ quatre heures la nuit dernière à cause de mon petit Dr. Jeckyll qui s’était transformé comme trop souvent en Mr. Hyde. Et parce que tout cela est accompagné d’un rhume qui me râpe la gorge et fait culbuter mes intestins, actuellement, je n’ai pas de pensées tendres pour certaines femmes, contrairement à toute la tendresse que j’ai pour celle qui a fabriqué dans son ventre ce petit cadeau du (septième) ciel, qui faisait tantôt la sieste à la chaleur du mien.

En ce moment, pour toutes ces raisons, je ne pense rien de bon de celles qui croient réellement faire avancer la cause de l’égalité en généralisant à outrance à propos des hommes. Et cela, en pointant constamment leur incapacité, comme si cette incapacité était un stigmate qui ne pourrait disparaître qu’à la mesure où ce qui est masculin serait réduit à la réalité biologique de cet appendice pendouillant, fournissant aux besoins de la semence, que certains humains, honteux, auront encore entre les jambes.

Ce qui fait en sorte que dans ce scénario déterministe et systémique notre évolution (qu’il ne serait pas exagéré de qualifier de positive en réalité) est réduite à une insuffisance comparée au rôle des femmes, que l’on nomme « charge mentale ». Assurément en lien, pour mieux la faire oublier, avec la traditionnelle « charge financière » que les hommes devaient bien consciemment se réserver, pour s’en laver les mains au plus vite en mourant avant les femmes…

Ce qui fait que nos pères, nos grands-pères et ainsi de suite sont réduits à des rôles d’acteurs pleinement conscients de perpétuer les privilèges mâles dans une conspiration nommée « patriarcat », que même mon petit homme participera à pérenniser si, genre, il a la malchance d’être bien dans sa peau mâle et d’être attiré seulement par les femmes.

Ce qui fait que les plus mauvais exemples d’entre nous sont utilisés comme preuves de la pourriture de l’ensemble, alors que les plus mauvais exemples d’entre elles sont simplement des victimes et des preuves de plus du pourrissement masculin.

Ce qui fait que malgré tout l’« effort mental » que nous mettons pour arriver à rencontrer toutes ces nouvelles exigences – qui semblent malheureusement plus difficiles plus un homme est en âge -, même si pour beaucoup nous réussissons à le prendre comme un beau défi, nous resterons quand même dans les têtes de ces certaines femmes bien plus de ridicules patriarches édentés que des êtres humains à encourager et à féliciter, malgré leurs imperfections.

Une bonne chance qu’il y a encore plus de femmes de bonne volonté.

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