La loto garderie


Léo-Paul Lauzon parle aujourd’hui du honteux bradage de nos garderies publiques. Soit il ne sait pas trop comment ça fonctionne en général, soit il a des lorgnettes idéologiques. Sans doute un peu des deux…

En réalité, les CPE, c’est comme une loterie ouverte à tous. T’es chanceux quand tu as une place, sinon, tu te débrouilles au privé. Et même avec les compensations, à revenu familial égal ça te revient plus cher hors CPE. Pendant que ma fille était à la garderie, c’était le système à 7$/jour. Ça ressemblait plus au double pour nous, voire plus. Par contre, avec la nouvelle façon de faire, plus progressive, au moins les plus riches payent plus en CPE. Mais toujours, pour deux familles avec des revenus semblables, les gagnants de la loto garderie payent moins. Belle équité…

Et quand on lit Léo-Paul Lauzon, on a l’impression qu’il parle du dossier des écoles privées versus écoles publiques. Pourtant, c’est bien différent. Quand ma fille est rentrée à l’école (publique), je n’avais pas à espérer qu’elle ait une place. En principe, tous les enfants ont une place à l’école publique. Ce qui n’est pas le cas pour les garderies : nous avons espéré à l’époque une place en CPE à 7$/jour (ce qui en plus nous aurait beaucoup aidés financièrement), mais la chance n’a pas été de notre bord. On a foutu aux vidanges notre billet de loto garderie!

Je veux bien taper sur le privé et le gouvernement qui lui graisserait la patte, ce que ma tendance gauchiste encourage. Mais ça me semble plus difficile quand ce que je devrais défendre est aussi mal foutu. On remarque par exemple que le privé prend de plus en plus de place dans le secteur de la santé. Parce qu’entre autres c’est tellement long avoir du service que ceux qui ne veulent pas attendre payent de leur poche. En comparaison, c’est comme si le système des garderies publiques avait inclus officiellement dès sa création cette possibilité d’impatience, dont profite le privé en santé, sous forme de liste d’attentes pour une place en CPE.

Il faudrait que Léo-Paul Lauzon le gauchiste se rende compte qu’il est question d’un système public qui, à la base, ne réussit pas à combler tous les besoins. Et qui fait en sorte que des citoyens ont des privilèges que d’autres citoyens n’ont pas.

Et il ose considérer ce système comme étant progressiste, égalitaire et juste?

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