Intimidation – Au coeur et au choeur du problème

Photo : Hiroyuki Ito / Getty Images

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Dans Lanaudière, c’est à coups de pelles et de billots de bois que le problème de l’intimidation se manifeste. Sur Facebook, c’est à coups de multitudes de commentaires insultants et irrespectueux que le problème de l’intimidation se répète, en choeur, contre une jeune fille, qui finalement tentait le diable pour qu’il se montre :

Véronique explique que tout ceci n’était qu’une mise en scène, qu’elle n’est pas comme ça dans la vie et qu’elle voulait prouver à quel point il est facile de « scrapper une vie sur Facebook. »

En effet, ceux qui, comme le docteur Alain Vadeboncoeur, s’inquiétaient pour cette Véronique seront heureux de savoir que son cas n’a aucune chance de tomber dans le drame réel de l’intimidation, tel qu’il a été vécu et est encore vécu par beaucoup d’adolescents.

La responsabilité…

Alors oui, elle a provoqué ce diable et nous l’a fait voir, mais qu’est-ce qu’on fait ensuite? En tant que parent vivant dans une société où il y a d’autres parents et des intervenants en milieu scolaire qui semblent faire du surplace à propos de la question de l’intimidation, cette question me hante.

Ce petit garçon de 10 ans a beau nous raconter son histoire atroce, comme quoi on l’a laissé en arrêt respiratoire dans un champ, et Jasmin Roy, entre autres, a beau faire un travail essentiel pour sensibiliser le public à cette problématique, il reste que l’intimidation est de plus en plus visible, mais pas une quelconque amélioration. Même que l’histoire autour de Véronique nous donne l’impression que les médias sociaux continuent d’influencer encore plus négativement cette problématique, par l’effet d’entraînement. Tout pour tomber dans le cynisme.

…des parents

Je vais être cru, mais je crois qu’il y a de foutues limites au pouvoir du Ministère de l’Éducation et aux campagnes de sensibilisation pour contenir ce problème et participer à faire de ce monde un monde plus respectueux. Pourquoi? Parce que pour moi le problème de l’intimidation relève à la base d’une valeur qui semble n’a pas avoir été inculquée par les parents, et c’est celle du respect et de la compréhension de la différence. Ce qui donne la peur de la différence, ou l’hétérophobie (hétéro = différent, phobie = peur – à ne pas confondre avec la peur des hétérosexuels, l’autre définition de ce terme).

L’hétérophobie

J’en arrive à cette conclusion parce que l’intimidation trouve visiblement sa source de l’hétérophobie. Tout ce qui dépasse d’une certaine idée de la norme provoque un sentiment de rejet, une réaction quasi allergène, la peur étant par définition un réflexe face à un danger, à une menace. Mais qu’est-ce qu’il y a de si menaçant dans quelques livres en trop, dans un goût prononcé pour une activité impopulaire, dans une tendance sexuelle divergente ou dans un simple caractère singulier? Le monde ne s’écroulera pas à cause de ça, il s’écroule déjà assez pour d’autres raisons…

Toutes les différences sont bonnes pour intimider et à voir les résultats aussi nombreux et aussi affirmés sans gêne sur Facebook, comme en fait foi l’histoire de Véronique, il va de soi que certains parents ont regardé ailleurs quand il était temps d’agir et de réagir. Le pire, c’est qu’ils continueront de regarder ailleurs tant qu’on ne leur mettra pas la face de force dans leur caca.

De l’intimidation comme remède contre l’intimidation

J’ai un bon exemple pour illustrer tout ça. Un père me racontait récemment que son fils se faisait intimider par deux autres élèves. Il communiquait avec la prof de son fils pour soulever le problème, mais ça continuait. À bout de solutions, ce qu’il a fait, c’est qu’il a menacé d’aller chez les parents des deux enfants et de régler le problème avec les poings. Son fils a aussitôt arrêté de se faire intimider.

L’histoire ne dit pas si les parents ont été mis au courant de la menace ou si c’est simplement l’école qui a pris les choses en main, mais on peut arriver à la conclusion que c’est de l’intimidation qui a participé à régler un problème d’intimidation. Ironique et dommage. Ce père n’aurait jamais dû en être réduit à ça. Quand même, je me plais à penser qu’au moins la contribution active des parents a été exigée par l’école.

Intelligence sociale

De toute façon, l’école a le dos bien trop large. Développer l’intelligence sociale devrait commencer dès le moment où l’enfant fait ses premiers pas communicationnels. L’enfant doit comprendre que la différence n’est pas en soi un problème, mais qu’il doit se référer aux seuls agissements des gens envers lui pour se faire une idée. Et, bien sûr, que la méchanceté n’est pas un jeu.

Il faudra régler ces deux problèmes à la source avant d’espérer une réduction majeure du problème de l’intimidation et ça passe obligatoirement par les parents. En attendant, on se contentera d’espérer que le message sur l’importance du problème fasse son chemin jusqu’aux bonnes personnes…

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En faisons-nous assez et correctement pour contrer le problème de l’intimidation?

 

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