Écosse – Le « no » l'emporte sous le signe du doute et de la peur

Photo : Matt Cardy / Stringer / Getty Images

Photo : Matt Cardy / Stringer / Getty Images

On le sait, le résultat du référendum est tombé. Le camp du « no » a remporté son pari de garder l’Écosse sous le giron de l’Angleterre. Mais comme toute bonne consultation populaire de la sorte, il n’y a rien de parfait. Il y a déjà des soupçons de fraudes. Et on peut tout à fait analyser le tout en regard de la peur et du doute.

Ecosse-Referendum

Doutes et fraudes

– Avant même la fin du décompte, la police enquêtait sur de possibles fraudes dans la ville de Glasgow. Une ville qui a votée en majorité pour le « yes ».

– Un événement étrange s’est produit dans une autre ville qui a voté pour l’indépendance, Dundee : durant le décompte des votes, l’alarme de feu a retenti, obligeant tout le monde à quitter les lieux.

– Et le comble, je suis tombé sur des captures d’écran, visiblement tirées d’un reportage du réseau Sky News, où l’on peut voir deux votes pour le « yes » dans la pile du « no » :

yes vote on no

Peur

Pour ce qui est de la peur, un sondage récent de la firme Ipsos MORI a fait ressortir que la peur a poussé plus amplement les gens à rejeter l’indépendance en Écosse qu’à la vouloir. Seulement 16% pour le « yes » alors que ça atteint un gros 58% pour le « no ».

peur ecosse

Même si oui, c’est tout de même la démocratie qui a parlé, on peut se désoler de constater que la peur était aussi présente, et dans le résultat, et dans les arguments du camp du « no » qui l’ont influencé. Le premier ministre de l’Écosse, qui a démissionné, l’a d’ailleurs dénoncé. Mais il n’y a rien de surprenant, étant donné que le Québec a goûté aux arguments de peur deux fois plutôt qu’une. Ce qu’il y a de nouveau, c’est que cette peur soit démontrée de la sorte.

La démocratie a gagné? Oui, mais il reste que la peur a gagné aussi. Dans l’idée que je me fais de la démocratie parfaite, la peur et ce qui la provoque ne s’y trouvent pas. Elle est contre-productive, elle suscite trop le cerveau reptilien. Idéalisme quand tu nous tiens…

Des promesses

Au-delà de la peur, l’argument anglais comportait des promesses de pouvoir accru pour l’Écosse. On semble très positif à ce sujet du côté écossais au lendemain de la défaite, mais j’ai tout de même des doutes.

Premièrement, parce qu’on sait tous que des promesses de politiciens, ce n’est pas le comble de la fiabilité. Au Québec, lors des deux référendums, les camps du « Non » ont promis du changement en cas de victoire de leur option et ça ne s’est pas produit. Si ça se passe bien de l’autre côté de l’Atlantique, ça sera une preuve de plus que la malhonnêteté est une norme plus importante par ici…

Deuxièmement, parce que le rapport de force qui existe durant la campagne référendaire pour le camp indépendantiste disparaît comme par magie alors que le résultat négatif tombe. Ce rapport de force, qui émanait de ceux qui voulaient du changement et influençait les promesses de changement, se transforme et se transporte du côté du statu quo en hypothétique obligation d’honorer ses promesses. Mais tout cela peut se transformer rapidement en oubli et même en sentiment revanchard.

Il faut rappeler ici que la principale répercussion de la victoire du « Non » a été le Programme des commandites, qui avait pour but de contrecarrer l’influence des souverainistes en faisant la promotion du Canada au Québec de différentes manières avec les fonds publics, ce qui mena au Scandale des commandites.

On a fait beaucoup de rapprochements entre la campagne référendaire en Écosse et les campagnes référendaires québécoises, mais il faudrait que ça s’arrête ici.

Je ne souhaite pas le Québec actuel à quelconque société…

 

En complément : Les résultats du référendum expliqués dans un reportage de Radio-Canada.

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