Tout le monde en jase – 26 février

 

Ce qui suit est un compte-rendu — teinté d’opinion — de la populaire émission Tout le monde en parle. En compagnie de Twitter.

Ariane Moffatt

Une artiste que j’aime. Comme je l’écrivais sur Twitter :

Une chance qu’on a Ariane Mofatt pour contrebalancer la gang de faux artistes que LE Québec doit subir et que je ne nommerai pas…

Désolé, mais des « artistes » qui ont bâti (ou vont bâtir) leur popularité dans le cadre d’un média omniprésent qui se sert d’eux pour nourrir une émission-concours hyperconsensuelle, ça ne cadre pas dans ma définition de l’art. Je suis snob et je l’assume. Mais bon, ce n’est pas parce qu’un artiste a trempé là-dedans que je le rejette. Stéphanie Lapointe en est la preuve. Elle roule dans la liste de chansons familiale, chez moi.

Pour revenir à Ariane Moffat, pour ce qui est du nouvel album MA, il faudra que j’y porte une attention particulière avant de me prononcer. Mais les extraits m’ont semblé bons, mis à part une qui me semblait en beurrer trop épais de l’effet surutilisé « auto-tune »…

Justement, à propos de son discours sur sa propre homosexualité :

 

L’attitude d’Ariane Moffat quant à son orientation sexuelle est la bonne : ce n’est pas rien mais pas besoin d’en beurrer trop épais.

Sinon, je me suis vu perplexe devant son choix de faire un album bilingue. Je ne sais toujours pas trop quoi en penser. Elle parlait des opportunités qui s’ouvraient pour elle ailleurs du côté anglophone. En tout cas, j’aimais bien cette proximité que j’avais avec ses chansons auparavant étant donné qu’elle chantait seulement dans ma langue maternelle, ou en tout cas pratiquement. Impossible de me prononcer.

Emmanuel Bilodeau et Paul Piché

Ces deux personnalités « ont accepté, en bons citoyens responsables, l’invitation de Pauline Marois de prêter leur voix à celle du nouveau comité sur la souveraineté. »

Bien sûr, leur apparition a bien fait suer quelques utilisateurs Twitter qui considèrent que parler de la souveraineté à TLMEP est de la propagande, comme l’a fait remarquer André Ducharme :

Quand on fait une entrevue avec des souverainistes, parait qu’on fait promo de la souveraineté. À venir: promo de boxe et strip tease.

L’acteur Emmanuel Bilodeau, et maintenant un peu humoriste, a pas mal été le plus présent des deux, en tout cas au montage. Le plus objectivement possible, même si je suis déjà gagné à la cause, j’ai trouvé que leur discours visait juste et respirait la sincérité :

Voir des citoyens parler de souveraineté, c’est ce qu’il y a de mieux, quand même. Désolé pour les politiciens…

Aussi, on a montré un extrait du passage d’Emmanuel Bilodeau à Juste pour rire. Je vous laisse l’adresse ici, ça vaut tellement la peine de le voir :

http://www.youtube.com/watch?v=2RXVxdlC5Dk

Adonis Stevenson

Durant la pause publicitaire précédant cet invité, j’annonçais mes couleurs :

Un boxeur, c’est pas dans le top 25 de mes intérêts, mais bon, voyons voir…

Je me relis, et je suis généreux avec mon « top 25 »…

Dès le début de l’entrevue, on nous montrait une victoire par K.O. d’Adonis Stevenson. On voyait bien que son adversaire était mal en point, par terre, presque en convulsion. Tandis que le public en studio applaudissait à tous rompre, j’étais hyper mal à l’aise. Voilà l’exemple type de ce que la boxe m’inspire.

Par contre, en apprenant que l’homme s’est sorti du milieu des gangs de rue en devenant boxeur, mon malaise s’est transformé en quelque chose d’autre que je ne pourrais trop décrire sans avoir peur de passer à côté. En tout cas, quelque chose comme du dépit. Je n’encouragerai jamais ce sport, mais je ne peux pas empêcher personne de l’encourager.

Paule Baillargeon

Invitée pour présenter son film « Trente tableaux », où elle « y dépeint sa vie sans retenue, comme dans un journal intime qu’elle agrémente de ses propres dessins. »

Après avoir vu un extrait, j’ai pondu cette réflexion :

Film très personnel en effet. Pas grand chance de faire un gros succès populaire. Dommage, mais on a la société qu’on mérite.

À ne pas prendre comme si je voulais faire la morale à qui que ce soit. Simple constat.

La réalisatrice et actrice a glissé un mot sur le suicide du réalisateur Claude Jutras, qui s’est produit après qu’il eut appris qu’il avait la maladie d’Alzheimer. Autre réflexion :

Décider de se suicider après avoir appris qu’on a l’Alzheimer, ça me semble un dernier soubresaut de liberté.

Andrée Deissenberg

« Le spectacle de tournée Forever crazy s’arrêtera à Montréal lors du festival Juste pour rire. »

Bien cocasse comme segment, mais j’avais trop hâte qu’on arrive aux choses sérieuses avec les deux dernières entrevues. Sinon, je ne comprends pas trop le but derrière ce genre de spectacle. Je me demande où se place là-dedans le fait de la nudité, en réalité dans ce cas-là le fait de montrer des seins de danseuse. Si c’est pour l’art, ça me semble beaucoup plus justifié du côté de certaines productions de danse contemporaine. Encore, pour les gens en manque de peau et de « sensualité » féminine, il y a les bars de danseuses, qui sont le résultat actuel des spectacles d’effeuilleuses que l’on pouvait voir d’antan… Mais bon, il y a visiblement un public pour cette sensibilité d’un autre siècle. Je n’en suis pas, ni de son format actuel d’ailleurs.

Vous comprendrez que je ne donne pas mon opinion sur la performance d’Andrée Deissenberg. À mon avis, elle était parfaite pour vendre son produit.

Mathieu Bock-Côté

Même si j’ai souvent eu l’occasion de voir et d’entendre Mathieu Bock-Côté, j’étais bien curieux de voir comment il allait se débrouiller sur le plateau de Guy A. Lepage. Je n’ai pas été déçu, il n’a pas dilué son propos ni sa manière de l’expliquer et certains ont eu de la difficulté à suivre. En tout cas, qu’on soit d’accord ou non avec lui, il enligne très bien ses idées.

En plus d’expliquer sa vision sociologique du Québec, avec une pointe de conservatisme bien sûr, il s’en est donné à coeur joie en plantant la CAQ de François Legault. Il a dit qu’à force de vouloir se débarrasser des étiquettes, ce parti risque de se coller celle de l’insignifiance. Aussi, il disait que la CAQ, au nom du pragmatisme, travaille à la dissolution comptable de la politique. Je ne peux qu’être d’accord. Ce parti est ce qu’il y a de plus beige par ici.

Toujours souverainiste, il se surprenait tout haut de s’être fait demander s’il était devenu fédéraliste. La preuve que de faire la critique de sa propre option est une aventure périlleuse. Justin Trudeau en sait quelque chose…

Sinon, et je m’y attendais tellement, son segment a donné lieu à quelques missives Twitter carrément anti-intellectuelles. Comme si un langage plus pointu était le gage du caractère hautain de la personne qui s’exprime. Pourquoi ne pourrait-on pas simplement admirer comment l’homme est capable de se rendre loin dans l’univers des idées et de l’exprimer avec toute la complexité que cela suppose?

Parfois, l’humanité me fait pitié. Et la dernière entrevue de l’émission n’allait pas du tout m’aider à me convaincre du contraire.

Gabriel Nadeau-Dubois et Arielle Grenier

Le jeune homme, très articulé, défendait le mouvement contre la hausse des frais de scolarité et la grève étudiante alors que la jeune fille défendait la hausse.

Tout d’abord, depuis que je vois Arielle Grenier dans les médias, je me dis que « c’est arrangé avec le gars des vues ». Je ne saurais trop dire pourquoi sans exposer un tas de préjugés tous plus gros les uns que les autres. Je vais donc m’abstenir. Par contre, quand j’ai su que son père était candidat pour le PLQ en 2008, après avoir su qu’elle-même s’est déjà impliquée dans le parti de Jean Charest, ça m’a conforté dans mon opinion même si ce n’est pas aussi simple. Elle avait beau s’en défendre, ça ne sent toujours pas bon…

J’ai eu l’occasion d’exprimer ici mon désaccord avec la hausse des frais de scolarité, alors c’est bien clair que comme beaucoup de gens dans mon réseau le discours d’Arielle Grenier ne passait pas. Et je peux dire que c’était encore pire que je pensais. Cette jeune femme donnait un portrait à la limite du caricatural de l’individualisme si cher à la droite. C’était risible comment elle répétait « moi moi moi » alors qu’en contrepartie son vis-à-vis réussissait à mettre les choses en perspective.

Elle a même été jusqu’à sous-entendre que les décisions d’un gouvernement élu ne pourraient être contestées, ce à quoi Gabriel Nadeau-Dubois s’est objecté, et avec raison. Mais le pire, c’est quand elle a dit qu’elle n’avait aucun problème éthique à braver les piquets de grève pour se rendre à ses cours. C’est bien beau être pour la hausse et l’exprimer, mais ne pas respecter les votes de grève, c’est carrément antidémocratique. D’ailleurs, c’est assez ironique que son mouvement pour la hausse se nomme « Le Mouvement des étudiants socialement responsables ». Très novlangue comme choix de dénomination…

Je vous laisse avec un tweet d’Anne Archet, humoristiquement réaliste :

La hausse des fraise de scolarité, c’est externaliser les dépenses de R&D des entreprises vers les étudiants.

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5 réponses à Tout le monde en jase – 26 février

  1. Merci pour vos commentaires!
    J’ai trouvé Bock-Côté très articulé. Qu’on l’aime ou pas, quel être intelligent!
    J’avais écouté aussi le passage à Juste pour rire d’Emmanuel Bilodeau… Très drôle en effet!!!

  2. André dit :

    Amusant que vous trouviez pertinent l’emploi du temps du père de la personne qui soit pour la hausse des frais de scolarité mais que vous passiez sous silence celui du père du représentant qui est contre. Peut-être qu’un peu plus de rigueur vous aurait donné une lumière différente sur le sujet…

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