TerrasseGate : Richard, t’as rien compris!

Caricature datant de 2009. Comme quoi, plus ça change, plus c'est pareil...

 

 

Tu me fais rire Richard. Dans ta réponse au TerrasseGate où tu joues à la victime comme pas un, tu induis que tout le Québec te lit religieusement. Oui ton journal est très populaire, mais traiter les étudiants d’analphabètes parce qu’ils ne se seraient pas rappelé de ta sortie contre la hausse quand ils ont lu ton tweet démagogique mettant en scène une terrasse à Outremont, de la sangria et « peut-être » des étudiants, c’est charrié. C’est drôle, mais quand je pense au lectorat du Journal de Montréal, je pense plus à des « truckers » à peine capables de pousser la lecture plus loin que de regarder les images qu’à des étudiants à l’université. Et à ce que je sache, Le Devoir ne distribue pas de copies gratuites dans les restos routiers…

Aujourd’hui Richard, ça continue de plus belle. On brandit une de tes vieilles chroniques parue dans le Voir en 2005 où ma foi tu avais tous les airs d’un gaugauchiste patenté. Et c’est bien sûr pour te remettre tes contradictions en pleine face :

C’est fou comme on doit être vertueux quand on est au bas de l’échelle sociale! Quand t’es assis tout en haut, pas de problème, tu peux avoir tous les vices possibles et impossibles. Mais quand t’es en bas, tu dois être plus catholique que le pape. Pas fumer, pas sortir, rester de glace devant le matraquage publicitaire qui t’incite à (sur)consommer, jamais te fâcher. Un vrai petit ange!

Si les coupures du gouvernement Charest pénalisaient les étudiants riches, pas de problème. Mais elles pénalisent justement ceux qui ont le plus besoin de l’aide de l’État.

Et vous dites qu’il y a encore des gens qui se demandent si cette grève est justifiée ou pas?

Wow.

On vit vraiment une époque formidable.

C’est plutôt ironique de lire ça aujourd’hui, mais tu as tout à fait le droit de changer ton fusil d’épaule 7 ans plus tard. Parce qu’au moment présent, quelqu’un qui écrit ce qui suit ne peut pas dire qu’il est encore du côté des étudiants :

Message aux gens qui travaillent dans des shops pour un salaire de misère: on va enlever de l’argent sur votre chèque de paie pour que des étudiants puissent aller à l’université afin de décrocher des emplois hyper payants. Bonjour la justice sociale!

Richard, tu as viré « boutte pour boutte » et ça se défend : il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idée! Par contre, ce dernier raisonnement n’est pas digne d’un chroniqueur censé « réfléchir ». Je vais t’expliquer pourquoi en quelques points :

— L’impôt est progressif : quelqu’un avec un « salaire de misère » paye peu ou pas d’impôts. Tu as déjà dû le savoir dans ton autre vie… [Màj : finalement, après quelques vérifications, j’ai surestimé la possibilité de ne pas payer du tout d’impôts pour une personne à faible revenu. Je ne pense pas que ça te donne plus raison de brandir cet épouvantail, mais je tenais à le préciser, question d’être honnête.]

— Les gens « qui travaillent dans des shops » ont parfois des enfants, alors un système d’éducation moins cher (ou même gratuit) leur donne la chance d’espérer autre chose qu’un travail dans une « shop ». Tu as le droit d’être contre l’accessibilité, mais il faudrait maintenant que tu l’assumes tout à fait.

— Aller à l’université ne garantit pas d’avoir « des emplois hyper payants ». Je suis même surpris que tu aies aussi oublié qu’au-delà du marché de l’emploi, l’université sert à transmettre le savoir. Mais ça, c’est bien certain que le Martineau version 2012 trouve que c’est du pelletage de nuages…

Mais pour revenir à ta réponse que j’attendais avec impatience, je peux t’avouer que je suis très déçu. Tu continues de t’acharner dans ta généralisation comme quoi les étudiants sont un groupe monolithique qui a la belle vie. Il y en a beaucoup aujourd’hui qui comme toi à ton époque ont la vie difficile, comme moi à mon époque (je suis plus jeune que toi), comme ma conjointe à son époque (elle est plus jeune que moi). Ce n’est pas parce qu’il y a des étudiants plus aisés que d’autres que la cause de tous les étudiants est à mettre aux poubelles. Et tu ne peux pas dire que tu aimes « bien les étudiants » et que tu es « sensible à leurs demandes » et d’un autre côté leur mettre des bâtons dans les roues en te faisant le fer de lance du discours populiste antigréviste. Ce n’est pas parce que tu mets du lubrifiant que ça fait moins mal!

Richard, tu n’as rien compris à ce que la twittosphère et les commentateurs voulaient te faire comprendre. Pourtant, je suis certain que tu n’es pas analphabète.

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4 réponses à TerrasseGate : Richard, t’as rien compris!

  1. Cela me fait légèrement pensé a tous ceux qui ont profité des baisses importantes des couts de l’éducation après 1968 et qui maintenant demande au jeune Québécois et pour les plus chanceux a leur famille de payer. En appelant sa payer la juste part, comble de l’hypocrisie.

  2. Richard dit :

    En plus, Martineau, Charest, Beauchamps et cie oublient que beaucoup d’étudiants sont des salariés, qu’ils paient des impôts et que, conséquemment, ils font leur juste part!

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