Surqualification et surdiplomation

David Gendron posait une question :

Sur-qualification et sur-diplomation des sans-emplois au Québec: des suggestions pour des causes?

Ma réponse :

Le problème, je crois, c’est que l’augmentation des chances de succès dans le marché du travail avec la diplomation de haut niveau est surévaluée.

Il y a peut-être aussi beaucoup le hasard des choix d’études qui joue. Et l’idée que l’on doit absolument étudier dans un domaine qui nous intéresse et non dans un domaine avec des perspectives d’emploi.

Donc, un gros problème qui prend sa source dans l’individualité, dans le sens où il n’est pas question de satisfaire un besoin de société, mais bien un désir d’accomplissement personnel.

En écrivant ça, je ne juge pas, mais je constate seulement que la surdiplomation et surqualification sont les contrecoups de l’évolution sociétale démocratique.

Et je rajouterais, concernant l’idée d’ « évolution sociétale démocratique », qu’il n’est surtout pas question de la démocratie comme hypothétique système politique que nous nous affublons, mais bien de la démocratisation : l’illusion de la liberté que l’offre et la demande du marché du travail ne permet que bien partiellement. Il n’y aura alors que les gens avec des qualités d’entrepreneur et les moyens requis pour y arriver pour bien goûter à la perspective du choix.

(Photo : totalaldo)

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8 réponses à Surqualification et surdiplomation

  1. gillac dit :

    Sauf certains domaines tel la santé, le génie ou le droit où la diplomation est incontournable, nous vivons dans un monde beaucoup moins prévisible où le talent, la créativité, la personnalité et la capacité de résilience prendront une place beaucoup plus grande pour occuper des emplois qui n’existent pas encore. Probablement un juste retour des choses alors que j’ai trop vu de collègues dans ma carrière s’asseoir sur leurs papiers.

  2. Intéressant, je ne croyais pas que mon billet t’avait tant marqué.

    @Gillac

    « Sauf certains domaines tel la santé, le génie ou le droit où la diplomation est incontournable, »

    Oui, mais dans le cas du génie et du droit, il y a un surplus de diplômés. Il manque des ouvriers!

    « nous vivons dans un monde beaucoup moins prévisible où le talent, la créativité, la personnalité et la capacité de résilience prendront une place beaucoup plus grande pour occuper des emplois qui n’existent pas encore. »

    En effet, mais il y d’autres facteurs dus à la rareté: les contacts, le népotisme familial, les opinions politiques, la proximité politique, l’ancienneté (monopole syndicaleux dans le secteur public oblige) et le sexe (fémi-favoritisme oblige)

    « Probablement un juste retour des choses alors que j’ai trop vu de collègues dans ma carrière s’asseoir sur leurs papiers. »

    Bien dit!

  3. Darwin dit :

    «Le problème, je crois, c’est que l’augmentation des chances de succès dans le marché du travail avec la diplomation de haut niveau est surévaluée.»

    Désolé, mais David et toi confondez vos situations individuelles avec les données fiables… Plus la scolarité augmente, plus élevé est le taux d’emploi et plus bas est le taux de chômage. Ce sont bien sûr des moyennes qui ne s’appliquent pas à chaque individu, selon ses caractéristiques personnelles.

    http://www40.statcan.ca/l02/cst01/labor90a-fra.htm

    Gillac n’a surtout pas tort quand il écrit «nous vivons dans un monde beaucoup moins prévisible où le talent, la créativité, la personnalité et la capacité de résilience prendront une place beaucoup plus grande pour occuper des emplois qui n’existent pas encore. », si ce n’est des des nouveaux emplois (j’entends ici de nouvelles professions), il s’en crée plus dans l’imagination des journalistes que sur le marché du travail…

    Quant à David, il a raison de souligner l’importance des contacts, à la limite du népotisme, mais pour le reste, je ne m’abaisserai pas à répondre à ses attaques sexistes et anti-syndicales…

  4. renartleveille dit :

    Gillac,

    « nous vivons dans un monde beaucoup moins prévisible où le talent, la créativité, la personnalité et la capacité de résilience prendront une place beaucoup plus grande pour occuper des emplois qui n’existent pas encore. »

    il faut bien que le marché du travail s’ajuste à l’imperfection du système d’éducation (surtout à cause des choix des usagers).

    David,

    je le répète, c’est bien plutôt ta question que je trouvais intéressante.

    Darwin,

    « Ce sont bien sûr des moyennes qui ne s’appliquent pas à chaque individu, selon ses caractéristiques personnelles. »

    en effet, puisque les statistiques ne montrent pas que les gens travaillent nécessairement dans leurs domaines d’étude.

  5. @Darwin

    « je ne m’abaisserai pas à répondre à ses attaques sexistes et anti-syndicales… »

    Et moi, je me suis abaissé à répondre cet extrait, môssieu le sexiste!

    http://anarchopragmatisme.wordpress.com/2010/07/20/le-femi-favoritisme-est-sexiste/

  6. Je répondrai au reste plus tard, ici.

  7. @Darwin

    Mon principal problème est que plusieurs diplômés ne se trouvent pas d’emplois peu qualifiés parce qu’ils sont trop qualifiés, pas nécessairement dans leur domaine d’étude.

    D’abord, on ne peut pas dire que le taux de chômage soit si différent entre ceux qui sortent du Cégep et ceux qui sortent de l’université. De plus, il y a certains secteurs rares qui ont des taux de chômage de 0% (santé (sauf épidémiologie) par exemple) et mais dans la majorité des secteurs, la diplomation est un générateur supplémentaire de chômage (sans compter les revenus perdus en raison de la prolongation des études) . De plus, j’aimerais avoir les même statistiques, au Québec (où ça me semble un peu pire qu’ailleurs, mais peut-être que je me trompe) et chez les 25-35 ans (clairement moins profitable d’être diplômé que leurs aînés).

    Plusieurs parmi ceux qui ont terminé leur secondaire n’ont aucune qualification professionnelle comme les non-diplômés, ce qui explique le taux de chômage plus élevé.

    En ce qui concerne les non-diplômés, je n’ai jamais prétendu le contraire et c’est normal, malheureusement. Ce taux serait beaucoup moins élevé s’il n’y avait pas autant de gens comme vous qui croient que le salaire minimum est une bonne chose…

    @Renart

    « en effet, puisque les statistiques ne montrent pas que les gens travaillent nécessairement dans leurs domaines d’étude. »

    Bien dit Renart!

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