Sondage en faveur des étudiants : signe que le vent va tourner?

Je suis très fatigué mes amis, mais on dit que la révolution ne dort pas… Pendant que je commence à écrire, il y a une manifestation de nuit. Mes jambes sont immobiles, mais je marche à ma manière, j’entends mes pas parmi ceux qui frappent le bitume et le béton de Westmount, ville d’une des résidences (?) de notre très cher premier minus. Mes neurones suent, mes synapses ruent.

Fin de l’intro métaphorique.

Je me suis dit toute la journée que je ne pouvais pas passer à côté du sondage maison publié au Journal de Montréal/Québec. Parce que même s’il n’y a pas pire au niveau méthodologique, voir que, sur 10 592 répondants, 73% des internautes qui y ont répondu ont été dans le sens des propositions étudiantes, c’est requinquant, quand tous les scénarios pointent la pérennité de l’engourdissement social. Et surtout, comme conséquence, au mieux, un prochain gouvernement libéral minoritaire…

Mais ce qui est surtout incroyable, c’est que le média québecorien a laissé passer ça. (D’ailleurs, on a pointé le fait que la publication n’a plus été en ligne durant un certain temps : difficile de savoir si cela était dû à un problème technique ou si c’est la dénonciation qui a fait en sorte que c’est revenu…) Mais ça ne pèse pas très lourd dans la balance, même s’il y a Jean Barbe et quelques blogueurs vedettes pour prendre la part du carré rouge. Éditorialement, ce média nourrit le raccourci et se nourrit de l’avarice intellectuelle, signe que le Québec n’est pas encore allé assez loin au niveau de l’éducation du peuple. Et on trouve normal de saper l’accessibilité, parce que tout devrait se monnayer, et à la pièce. Comme si on achetait son éducation dans une machine distributrice.

Malgré tout, je veux quand même le prendre pour un signe que le vent va tourner, que le fade piment vert va mûrir. Je ne peux pas croire qu’un nombre critique de personnes ne va pas troquer le vert pour le rouge, même juste le jaune. Pas le jaune qui indique la peur de s’afficher, le jaune capable de rire jaune devant les blagues de Jean Charest, le jaune surtout capable de ne pas voter rouge Canada aux prochaines élection pour montrer qu’il est bleu marin de se faire réveiller par le rouge feutré. Et qu’on parlera de violet au lieu de violence, tout en gardant en tête que la vie n’est jamais rose. Et que la couleur de l’espoir, c’est peut-être orange. Et pour ce qui est du brun, vous savez où je l’ai…

Fin de la conclusion colorée.

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2 réponses à Sondage en faveur des étudiants : signe que le vent va tourner?

  1. La nécessaire gratuité des frais de scolarité

    Alors que plusieurs personnes semblent désormais en mode résolution du conflit qui oppose les étudiants en grève au gouvernement Charest, je pense qu’il importe de se questionner sur la nécessité de la gratuité des frais de scolarité.

    Est-ce que la logique mathématique va l’emporter sur la vision humaniste?

    Présentement, tout le monde semble affairé à faire des calculs :

    Avec l’augmentation des frais, moins l’élargissement des bourses, moins les crédits d’impôt provincial et fédéral (notons que c’est Harper qui décidera s’ils existent pour longtemps), moins les prêts (qui ne sont pas qu’un revenu mais aussi une dette), la proposition est-elle acceptable?

    Dans tous ces chiffres la seule chose qui n’est pas une variable d’un individu à l’autre ce sont les frais de scolarité et, c’est là que le bât blesse.

    Certains, et sûrement la plupart diront mais voyons ces frais seront absorbés par les bourses ou les crédits d’impôt…. etc, etc.

    À mon époque (fin des années 70), afin d’avoir droit aux prêts et bourses on se mariaient, afin de se dédouaner du concept de revenu familial Je ne sais pas si cette pratique existe toujours ou si elle peut encore servir à obtenir des Prêts et bourses, mais je considère qu’il ne s’agit pas là d’une solution socialement acceptable.

    On semble présentement, analyser la valeur de la solution gouvernementale comme si tout le monde faisait parti d’une belle petite famille idéale où papa et maman ont comme priorité absolue le bien-être et l’avenir de leurs enfants, où dans la famille, si papa et maman ont un revenu de 100 000$ ou plus ils vont gentiment et généreusement participer à l’éducation post-secondaire de leurs rejetons.

    Dans la vraie vie il arrive très souvent que papa ou maman (ou les deux), même en ayant un revenu suffisant (selon les barèmes du gouvernement) et parfois largement suffisant

    – considèrent qu’ils n’ont pas à se priver pour leur rejeton rendu à l’âge adulte
    – sont au prise avec des problèmes d’alcool, de toxicomanie, de jeu compulsif et d’égoïsme
    – gagnent une partie de leur revenu sous la table et ne veulent pas que revenu Québec et Canada mettent leur nez la dedans
    – sont séparés et jouent à « ce n’est pas a moi à payer pour ça » ou « ta mère devra me le demander à genoux » ou « qu’est-ce que tu me donnes en échange ?»
    – etc

    Dans la vraie vie il arrive que des jeunes

    – ont été abusés, maltraités, rejetés par l’un ou l’autre de leurs parents (ou les deux) et ne veulent rien leur demander, veulent couper les liens et ne se sentent pas la force ni le courage de les poursuivre.

    Certains penseront peut-être que je fais le portrait d’une famille de Bougon, su’l BS comme on dit et bien non tout ça peut et, arrive aussi chez les biens et très bien nantis . Si vous croyez que de telles choses sont plus que marginales c’est que vous ne lisez pas les journaux, que vous n’avez jamais rencontré de travailleuses de centre d’hébergement de femmes battues, de travailleurs-euses de la rue, d’itinérants, de squeeges, de jeunes prostitué(e)s, de jeunes toxicomanes, etc.

    Parce que dans la vraie vie de telles choses arrivent, et sûrement beaucoup plus souvent qu’on ne se l’imagine

    Parce que le jeune adulte doit pouvoir faire le choix de son avenir sans être l’esclave de la condition financière et de la moralité de ses parents.

    Parce que le jeune adulte n’a pas à commencer sa vie d’adulte par la déplaisante et souvent traumatisante obligation de poursuivre ses parents en justices afin d’avoir son dû.

    Parce qu’il existe déjà un système d’imposition qui, bien qu’imparfait, fait en sorte que les plus riches payent plus que les plus pauvres pour les services auxquels chacun a droit.

    Parce qu’un système du type : « je te facture mais je te rembourse en tout ou en partie via la bourse ou les crédits d’impôt si tu y as droit », n’est rien d’autre qu’un gouffre financier qui ne sert qu’à nourrir une bureaucratie maintes fois critiquée,

    je crois que l’on doit rendre l’éducation accessible pour tous en offrant la gratuité des frais de scolarité.

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