L’indépendantisme au conditionnel

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Photo : Francis Bourgouin

Le débat sur la charte nous démontre, encore plus clairement, que l’indépendantisme comme mouvement social est pris en otage par les idéologies et le carriérisme. Cela s’ajoute à la position déjà conditionnelle de Québec solidaire et de son « Québec très à gauche ou rien ». Et une chance que du côté de la droite indépendantiste on sent plus un pragmatisme qui relaye les positions idéologiques au deuxième plan…

Au-delà de l’opportunisme crasse que l’on entend en bruit de fond, la volteface de Maria Mourani tient de cette logique. C’est un indépendantisme à la carte qui ne tient plus la route si un élément est contradictoire pour soi : c’est carrément jeter le bébé avec l’eau du bain. Nous savons tous qu’elle joue surtout sa carrière politique, mais son argumentation repose sur cette triste idée conditionnelle.

Du côté « inclusif », Michel Seymour joue cette carte à fond et en rajoute avec son dernier texte dont le titre est « Le Québec sera inclusif ou ne sera pas » :

Nous comprenons parfaitement la réaction de Maria Mourani parce que les souverainistes au sein de Québec inclusif ne veulent pas eux non plus d’un Québec souverain dans lequel les droits fondamentaux seraient bafoués.

Tout d’abord, il y a à la base un problème de formulation. L’adoption de la charte ne va pas de pair avec l’accession du Québec à la souveraineté. C’est bien la preuve que ce sont deux sujets distincts et que de tenter de les joindre ainsi est pour le moins hasardeux au niveau du résultat, si on pousse un peu l’analyse. Il n’y a pas plus politique que l’idée d’un Québec souverain : le statut d’un peuple dans un territoire donné est une chose, comment il règle ses questions sociales en est une autre.

Si le projet de loi 60 est adopté, ce sera dans un Québec toujours inféodé au Canada et les autres problèmes que cela occasionne resteront toujours les mêmes. Est-ce que toutes ces raisons de vouloir l’indépendance du Québec disparaitront comme par magie parce que le port des signes religieux sera proscrit pour la totalité ou une partie des employés de l’État? Est-ce que la gestion de la laïcité est un thème central de l’indépendantisme? Non.

Et, dans le cas où le projet de charte serait sur le point de passer le test parlementaire, est-ce qu’on va avoir une vague d’annonce comme celle de Jeff Fillion qui faisait le chantage de déménager si le PQ gagnait les élections?

Aux dernières nouvelles, il est toujours ici…

(Crédit photo : Francis Bourgouin)

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