Le mécontentement citoyen à la croisée des chemins

 

Nous sommes à la croisée des chemins. Le citoyen a déserté l’espace public, celui qui se trouve dans le grand air, pour y manifester. Je ne dis pas qu’il n’y a plus personne, mais on ne peut plus parler de « masse critique », ‘mettons (les mouvements d’occupations un peu partout restent modestes, quand même).

Le citoyen manifeste son mécontentement via les outils disponibles sur le web, peut-être « dans le vide », comme le souligne bien justement le blogueur Donavan :

On dirait que de partager du contenu, des trucs sur les réseaux nous déculpabilise, nous rend moins responsable. Exercer notre rôle de citoyen se fait maintenant sur un ordinateur. Aimer quelque chose, faire +1, retweeter, joindre un groupe, tout ceci est informel, pas dans le vide; dans le cloud.

Mais je ne rajouterai pas ici une couche de cynisme, au contraire. Je pense simplement qu’il faudra le temps que ça prend pour que la présence citoyenne sur le web ait autant de poids qu’un individu debout dans la rue avec sa pancarte. Bon, peut-être que ça n’arrivera jamais à ce point, mais tout est question de mesure.

Si le poids des internautes est même seulement à la moitié du poids des manifestants pour une cause et que le nombre est double, il y a un gain d’influence. L’avenir nous dira donc si nous sommes en route vers une gouvernance où le citoyen est écouté via le cybercanal de communication.

Personnellement, je crois que nous marchons tranquillement vers cette destination.

 

(Photo : _iMage )

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3 réponses à Le mécontentement citoyen à la croisée des chemins

  1. gillac dit :

    J’ai un doute que le virtuel remplace le sang, la sueur et les larmes comme disait Churchill. De toute façon, les politiciens sont devenus tellement habiles à mettre la poussière sous le tapis que ce n’est que lorsque les situations seront désespérées que les gens sortiront dans la rue. D’ici là, nous sommes majoritairement préoccupés à rembourser une hypothèque pour une maison payée trop cher avec des taxes qui sont à la veille d’exploser.

  2. Manx dit :

    Ma grosse crainte est que les politiciens puissent choisir leurs batailles sur le web. C’est facile de prétendre ignorer un mouvement sur internet; c’est très difficile d’ignorer des protestants qui campent devant l’assemblée nationale. Le web, c’est un outil politique qui donne le même pouvoir au protestataire qu’au supporteur politique et ça peut avoir beaucoup de dangers.

    Je crois quand même que le web n’a pas encore atteint son plein potentiel comme engin politique et que ça viendra.

  3. Le Canadien errant dit :

    Sur le web ou dans la rue, il vous manque le nombre. Votre génération n’a pas de poids parce que vous n’êtes pas assez nombreux. Pour vos parents, c’était tout le contraire. Comme dit la chanson :

    Ton arrière-arrière-grand-mère, elle a eu quatorze enfants
    Ton arrière-grand-mère en a eu quasiment autant
    Et pis ta grand-mère en a eu trois c’tait suffisant
    Pis ta mère en voulait pas ; toi t’étais un accident

    L’histoire du Québec en quatre lignes… 30 000 avortements par années depuis 40 ans, ça fait moins de monde dans la rue et sur le web. Faites le calcul. (http://www.fqpn.qc.ca/contenu/avortement/index.php). Résultat: vous êtes comme une marionnette dans la main de la génération précédente (alors continuez de regarder Star Academy et restez donc tranquilles).

    Comment un peuple peut-il se dire confiant dans l’avenir et en même temps cesser de faire des enfants? C’est ce qui s’est pourtant passé dans les années 70. Résultat : des régions désertées, des villages abandonnées avec des vieux tristes qui se demandent ce qui s’est passé. Le Québec meurt de ses contradictions. Rien d’autre.

    Qu’est-ce qui s’est passé? Des enfants étouffés par des familles trop nombreuses ont créé un univers de solitude où tout le monde se retrouve tout seul dans son coin. Quelle tristesse. On ne peut pas leur en vouloir, mais ça ne peut pas continuer comme ça. Nous vivons dans une culture et une société qui porte en elle-même un mal de vivre si grand et si profond, que les gens, par vagues de rejet successives, en sont arrivés à perdre tous leurs repères.

    Des solutions?

    La cellule de base de toute société n’est pas l’individu, mais la famille. Si les familles sont unies et heureuses, la société est saine. Et les gens sont heureux et confiants dans l’avenir. Un individu isolé ne peut rien faire ni non plus être heureux. Le travail des nouvelles générations est donc de retisser des liens familiaux réellement solides (cette fois-ci). Cela ne semble peut-être pas très glorieux, mais si vous ne refaites les fondations de cette société vacillantes, tout s’écroulera bientôt. Et le Québec ne sera plus qu’un souvenir, une ombre du passé.

    Enfin, voici une citation dont je ne connais pas l’origine, mais qui correspond exactement à ce que tout le monde doit faire pour que cette société aille mieux :

    Un enfant est comme un immigrant
    
qui arrive dans un pays nouveau.
    Il observe et adopte 
les coutumes du pays.

    Si les parents sont heureux,
    s’ils sourient et s’entraident,
    l’enfant apprend que dans ce pays
    les gens sont ainsi.
    Alors, il devient ainsi lui aussi.

    Que Dieu vous garde…

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