Le déni des conséquences

Le militarisme, ancien, présent et futur, est un déni des conséquences.

Cette phrase, elle m’est venue après avoir écouté une émission de voyage et de cuisine sur le canal Zeste, nommée « Anthony Bourdain — Sans réservation ». De prime abord, j’avoue que ça peut avoir l’air absurde…

Toute l’émission se passe au Laos et il y a une partie où l’animateur, un États-Unien qui pour une fois n’avait pas beaucoup d’appétit, se retrouve invité à manger chez une famille où le père a perdu un bras et une jambe. Il a été victime d’une explosion alors qu’il bêchait dans sa cour : son instrument a frappé un obus qui était resté là depuis la guerre du Vietnam.

Sans entrer dans les détails, les États-Unis ont largué sur ce pays des millions et des millions de bombes de toutes sortes alors qu’ils n’étaient pas en guerre contre eux, mais bien avec leurs voisins. Ces bombes n’ont pas, bien sûr, toutes explosé.

Et de pauvres gens qui se souviennent à peine ou pas de ces conflits lointains payent le prix aujourd’hui et le payeront demain.

Ça serait bien le comble de demander au militarisme d’inclure la notion de responsabilité, alors ça devient logique de vouloir sa totale disparition.

Et comme prémisse à ma tristesse, j’avais cette sourde colère d’avoir encore croisé un peu plus tôt sur l’autoroute un bolide orné du ruban décoré d’étoiles blanches sur fond bleu et rouge scandant : « Support Our Troups ».

(Photo : phil_p)

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9 réponses à Le déni des conséquences

  1. gillac dit :

    Et dire que la plupart des sociétés occidentales, incluant le Québec,s’empressent d’abolir ou réduire les cours d’histoire dans l’indifférence des citoyens. Comme ça les gouvernements peuvent recommencer ad nauseam les mêmes bêtises.

  2. Excellent billet Renart! FUCK THE TROOPS!

  3. renartleveille dit :

    Gillac,

    bien d’accord…

  4. « Et comme prémisse à ma tristesse, j’avais cette sourde colère d’avoir encore croisé un peu plus tôt sur l’autoroute un bolide orné du ruban décoré d’étoiles blanches sur fond bleu et rouge scandant : « Support Our Troups ». »

    On ne s’y fait pas hein?

    Pour le reste, c’est d’une tristesse…

  5. Très triste en effet. J’ai entendu dire qu’on retrouvait aussi des obus non-explosés datant de la Seconde guerre mondiale à quelques endroits en France, et on m’a bien averti, lors de mon premier voyage en Europe, qu’il était imprudent de sortir des sentiers en visitant la forteresse de Verdun (Première guerre mondiale)… à cause des mines.

    Mes ex-colocs ramassaient ponctuellement les aimants « support our troops » collés sur les voitures et les accrochaient comme trophées sur le frigidaire.

  6. En effet, les séquelles de la guerre se feront sentir pour toujours dans certains pays.

    En France, apart pour certains endroits, comme la forteresse de Verdun, le tout a été déminé et sécurisé. Sauf que dans ces petits pays lointains qui ne sont pas à portée de vue de l’Occident, une fois le conflit terminé, on oublie vite… très vite.

    Et ces putain de rubans « Support our troops »… Que dire. Je suis derrière eux, quand ils sont au service de l’humanité et de la paix. Quand ils aident des pays à se rebâtir. Je n’aime pas être derrière nos troupes quand celles-ci sont dans des cercueils pour des guerres stupides.

  7. renartleveille dit :

    Noisette,

    « On ne s’y fait pas hein? »

    non.

    Mouton Marron,

    « Mes ex-colocs ramassaient ponctuellement les aimants « support our troops » collés sur les voitures et les accrochaient comme trophées sur le frigidaire. »

    hé hé!

    Dominique,

    « Que dire. Je suis derrière eux, quand ils sont au service de l’humanité et de la paix. »

    ça, c’est de l’histoire ancienne…

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