Je suis guéri

 

Comme vous pourrez le constater, le « je » sera ici plus incisif qu’à l’habitude. C’est que cet été a été pour moi jusqu’à présent de me baigner dans le lâcher-prise. Alors, pour ceux qui me suivent ici depuis longtemps, vous avez sûrement remarqué un relâchement. Et pour les autres, je peux vous assurer qu’il n’est pas anodin!

Pour débuter, je puis dire que je me suis immergé jusqu’à avaler beaucoup d’eau dans la blogosphère et ses mondes parallèles. Parce qu’au-delà du simple plaisir personnel, j’avais misé tout ce que j’avais d’énergie et d’espoir dans ce projet d’expression et d’interaction. Et, pour ce qui est de sa limite, que je constate avec lucidité sans pour autant la prendre pour de l’argent comptant, je ne sais toujours pas si c’est moi qui ai fini par la dresser avec mon insuffisance. J’essaye donc de ne pas mettre la faute sur les autres. Sans m’autoflageller pour autant… Je préfère alors aller au plus simple et m’avouer et vous avouer que j’étais en quelque sorte accroc du 2.0, même si j’avais toutes les bonnes raisons et dispositions pour le devenir. Et je pense que j’en suis guéri.

Je suis guéri de cet état permanent d’urgence qui m’amenait à être toujours à l’affût, de peur de manquer quelque chose. Je suis guéri de cette peur de déplaire parce que ma vie est aussi ailleurs. Je suis guéri de cette maladive perception du temps qui faisait en sorte que ces moments investis étaient pour moi autant de billets de loto pour gagner une transformation extrême de mon dada en une grande carrière. Je suis guéri d’un sentiment de culpabilité qui m’absorbait bien malgré moi, même si j’en étais le talentueux maître d’oeuvre. Et si j’ai une rechute, elle sera au moins plus en connaissance de cause, plus empreinte de réalisme.

Et depuis, je m’imprègne de la chaleur de l’été, de ma douce, j’en suis devenu une éponge. Et j’ai un peu plus le temps de noter les pas de géant de ma petite bonne femme qui fait son petit bonhomme de chemin, et même de le lui tracer avec des miettes de pain.

 

(Photo : Cassiopée2010)

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15 réponses à Je suis guéri

  1. Told you so!

    Damn, Maître Renart, t’écris bien, et de mieux en meilleur…

  2. modotcom dit :

    enjoy! life is everywhere!

  3. reblochon dit :

    Excusez, mais connaissez-vous une autre langue que l’anglais pour exprimer vos émotions les ingénus ? Bon sang qu’on a l’impression de ramer dans une mer de merde quand on voit de tels réflexes au Québec tandis qu’on essaye chaque jour de défendre cette belle langue !

    **************

    Content d’apprendre que tu reprends pied dans la vraie vie Renart. Tu en sortiras grandi. T’es un gars exceptionnel, lâches pas.

  4. gillac dit :

    Une bonne amie douée d’une sorte de sagesse prématurée me disait souvent: se créer des attentes, c’est souffrir pour rien. Par ailleurs, je partage le commentaire de Mistral.

  5. Félix dit :

    Content que tu prends le temps de profiter de ta vie non-virtuelle. C’est important, surtout avec un enfant. Pour la blogosphère, elle continuera à rouler et t’acceuillera chaque fois que tu voudras y venir faire un tour.

    Allez, salue Charlie et ta douce pour moi et va profiter du beau temps.

  6. Je lève mon verre de 7up à ta guérison! J’espère qu’on pourra trouver un peu de temps d’ici septembre pour s’en parler. 🙂 xxx

  7. Ça va r’venir, ça va r’venir! 😉

    Mais faut savoir mordre dans la vie, pas seulement dans les idées! Faut profiter de chaque moment qui passe… ils ne reviennent pas!

    La résilience… une vertu que j’ai appris à cultiver ces dernières cinq années. Ça soulage pas mal du poids des obligations que l’on se créent.

    Mais j’ai encore personnellement beaucoup de chemin à faire pour atteindre le nirvana de l’oisiveté alors que l’actualité ne cesse de bousculer notre quiétude quotidienne!

    Bonne continuité! 😉

  8. Vraiment, un gros GROS merci pour vos bons mots! 🙂

  9. Simon dit :

    Bonne nouvelle!
    Il y a tellement à « manquer » à l’extérieur des médias sociaux, ça ne vaut pas la peine d’y rester 🙂

  10. Effectivement, c’est le besoin irrépressible de créer qui devrait motiver la pulication, et non pas l’impératif de publier qui doit prendre la pas sur la créativité! J’espère avoir encore la chance de te lire, et si c’est moins souvent, ce sera sans doute encore plus pertinent qu’auparavant!

  11. S’il faut que je le spécifie, ce billet n’est pas l’aveu que je vais cesser de bloguer ou ralentir. Ce n’était qu’une mise à jour de ce que j’ai constaté tranquillement depuis le début de l’été.

    La preuve, je continue de faire mon billet du mercredi-jeudi pour parution sur Les 7 du Québec et Cent Papiers.

  12. D’accord, on ne fera pas ton eulogie immédiatement!!! 🙂

  13. L’été est si court,les enfants grandissent si vite qu’il faut en profiter le plus possible.
    Gardez à l’esprit que des événements il va toujours y en avoir et des sujets à écrire aussi,alors passez un bel été et détendez vous.

  14. nina dit :

    N’ayant pu, malgré mes démarches en ce sens, faire valoir mes droits en justice – j’ai en effet contacté des responsables, des institutions et personne n’a pour l’instant voulu m’apporter son soutien, pourtant nécessaire. Cela a eu toutefois le mérite de faire passer un petit peu mon témoignage – j’ai donc décidé de faire un scandale, le plus énorme possible et c’est pourquoi je fais circuler l’adresse de deux blogs que, pour l’instant, j’ai pu publier à la suite de ces démarches infructueuses, dans l’espoir qu’à force de tapage, cela suscite suffisamment d’interrogations de la part des gens pour que je puisse enfin voir les faits que je relate au moins examinés par la justice et être entendue. C’est tout ce que je demande.

    http://blog-etc-temoignage.blogspot.com/
    http://swaplitteraire-nina.blogspot.com/

  15. Force est de constater que malgré ta raréfaction des derniers jours, cette belle langue (ché pas laquelle au juste) existe toujours, vaillamment défendue par Chevalier Reblochon. Il veille au grain, le Preux, c’est pas un ingénu, genre.

    Il a raison, tu sais: je devrais en faire davantage pour le français au Québec. Me sus pogné le cul depuis vingt-cinq ans. Mea culpa, as they say down in Louisiana.

    Ingénus, ki dit. Good sweet fucking Lord in Heaven…

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