Faire confiance à Lucien Bouchard?

Lucien Bouchard s’oppose à l’interdiction de la burqa dans les lieux publics et à l’introduction d’une «police du voile». Selon lui, la question de la laïcité de l’État est «exagérée»; cette laïcité n’est pas menacée. «Je pense à René Lévesque. René Lévesque, c’était l’homme de la générosité. Il ne se posait pas de questions comme ça. Il n’avait pas peur de voir arriver les immigrants», a rappelé l’ancien chef péquiste. Il a plaidé pour une «société humaniste et ouverte». La seule limite qu’il faut imposer aux accommodements raisonnables, c’est quand ils entrent en conflit avec l’égalité entre les hommes et les femmes.

Après avoir lu ce paragraphe dans Le Devoir, je prends avec un grain de sel la sortie de Lucien Bouchard. S’il n’est pas capable de faire le lien entre le port du voile et l’égalité entre les hommes et les femmes, je ne vois pas pourquoi je devrais le prendre au sérieux quand il affirme que la « souveraineté n’est pas réalisable ».

(La caricature plus haut est le premier jet d’une oeuvre plus complexe à paraître très prochainement.)

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16 réponses à Faire confiance à Lucien Bouchard?

  1. Patrick dit :

    J’en ai vraiment marre que tout soit toujours ramené à René Lévesque.

  2. renartleveille dit :

    Patrick,

    en effet, la situation a beaucoup changé depuis qu’il est mort…

  3. lutopium dit :

    Lucien Bouchard établissait ici une relation directe entre le style de Mme Marois et celui de M. Lévesque. Sans être tout à fait d’accord avec l’approche de M. Bouchard, je dois dire que je m’inscrit un peu dans le même registre, à savoir qu’il n’y a pas feu en la demeure et que le projet de souveraineté n’est pas pour demain.

    Ceci étant dit, tu as bien raison, faut se méfier des lucides! Et bravo pour la caricature, c’est réussi!

  4. Véronique dit :

    J’adore!

  5. renartleveille dit :

    Lutopium,

    je vois une grande différence entre « le projet de souveraineté n’est pas pour demain » et la « souveraineté n’est pas réalisable ». La première assertion est réaliste tandis que l’autre est pessimiste, simplement. « Pas réalisable » est en quelque sorte un synonyme d’« impossible ».

    « Et bravo pour la caricature, c’est réussi! »

    Merci! Mais attends de voir le produit fini!

    Véronique,

    😉

  6. Daniel dit :

    A-t-il vraiment dit que la souveraineté n’était pas réalisable? Si oui c’est absolument faux!

    Par contre moi j’ai entendu qu’il disait qu’il faut faire le ménage au Québec avant de penser à la souveraineté. Si c’est ce qu’il a dit alors là je suis tout à fait d’accord! (http://www.dlalonde.ca/il-faut-monter-une-charpente-neuve-avant-de-batir-un-pay/).

    Par contre, le reste de sa sortie sonne plus comme de l’amertume…

  7. gillac dit :

    Il se peut que j’aie un peu de difficulté à percevoir les forces vives de la nation québécoise mais le sentiment qui m’habite actuellement est celui de « l’engluement ». En santé (que je connais comme administrateur) et en éducation, les seuls efforts que j’observe actuellement visent à faire marcher des choses qui selon moi ne marcheront jamais. Face à ce qui est pour moi un rêve brisé, mon seul espoir réside dans la création d’un nouveau parti politique qui règlera au moins quelque peu la mauvaise gestion de l’état qui a cours depuis trop longtemps.

  8. Bravo pour la caricature, elle est vraiment très très réussie!

    Pour le reste, je n’ai jamais aimé Bouchard et je suis autant tannée d’en parler que d’en entendre parler. Il me met de mauvaise humeur.

    😛

  9. lutopium dit :

    @Renart, voici comment c’est rapporté par Le Devoir:

    « Mais ce rêve libérateur, ce n’est pas celui de la souveraineté. «À vue de nez, non. Pauline Marois ne veut pas faire de référendum. Elle sait que ce n’est pas le temps. Le monde n’en veut pas à court terme; ça veut dire plusieurs années», a-t-il dit en réponse aux questions des journalistes. M. Bouchard est persuadé qu’il ne verra pas un autre référendum sur la souveraineté de son vivant. L’ancien chef péquiste est toujours souverainiste, mais la souveraineté est devenue une question hypothétique; elle n’est donc pas une solution aux problèmes du Québec. »

    Pas clair. Faudrait amener Stéphane Dion là-dedans!

  10. Darwin dit :

    Je suis pleinement d’accord avec Noisette sociale et Lutopium. Ras le bol de celui qui veut nous faire travailler plus !

  11. renartleveille dit :

    Daniel,

    « faire le ménage au Québec »

    le problème c’est que, comme chez soi, il y aura toujours du ménage à faire…

    Gillac,

    « Face à ce qui est pour moi un rêve brisé, mon seul espoir réside dans la création d’un nouveau parti politique qui règlera au moins quelque peu la mauvaise gestion de l’état qui a cours depuis trop longtemps. »

    si c’est un parti trop à droite ou à gauche, ça ne lèvera pas. Et de tout côté, on dira que c’est la même chose que le PLQ-PQ…

    Misère…

    Noisette,

    donc, si ma caricature te fait sourire, ça contrebalance!

    Lutopium,

    pas clair en effet.

    « Faudrait amener Stéphane Dion là-dedans! »

    hé hé hé!

  12. « Lucien Bouchard s’oppose à l’interdiction de la burqa dans les lieux publics et à l’introduction d’une «police du voile». Selon lui, la question de la laïcité de l’État est «exagérée»; cette laïcité n’est pas menacée. »

    On est loin de la drouate adéquiste à la sauce « point de bascule » alors!

    La laïcité n’est pas menacée, elle n’est juste pas assez affirmée. Je suis contre l’interdiction de la burqa tous azimuts mais je suis contre le port de signes religieux chez les employés de l’État qui servent la clientèle. Fuck le prosélytisme étatique!

  13. Bill Facture dit :

    Avant tout, je vous félicite et je vous remercie pour vos écrits éclairants.

    Depuis l’affaire Yves Michaud qui l’a discrédité à jamais aux yeux de la grande majorité de ses concitoyens, Lucien Bouchard nous montre de plus en plus son vrai visage à chacune de ses rages de lucidité. En effet, se croyant bien caché sous son voile intégral, on distingue clairement un homme vindicatif et crispé par l’amertume qui tente de nous convaincre de la justesse de ses propos trop souvent déraisonnables.

    Une fois de plus, c’est uniquement par orgueil que le malheureux tente de justifier sa valeur historique plus que discutable. Cependant, nous découvrons un homme hargneux, dogmatique, et surtout intolérant. Ce pauvre vaniteux croit sûrement qu’il a le charisme nécessaire pour nous faire oublier l’amputation très douloureuse qu’il a imposée au système de santé, et toutes ses autres bévues jusqu’à l’affaire Michaud qui a indiscutablement dévoilé toute sa petitesse.

    Néanmoins, par compassion, souhaitons-lui quand même l’intelligence et surtout toute la lucidité requise pour atteindre la sagesse de bien comprendre qu’il doit maintenant se taire pour le bien commun, mais surtout pour le sien afin qu’il puisse passer à l’histoire honorablement, si possible. Ainsi, malgré son passé fallacieux, le malheureux pourrait peut-être vivre et mourir en paix, surtout si monsieur Yves Michaud lui pardonnait sa plus grande bêtise.

  14. Le Canadien errant dit :

    Une fois, j’ai entendu Dany Lafferrière à la radio qui disait :

    Le Québec a tout, sauf l’indépendance.
    Haïti n’a rien, sauf l’indépendance.

    1er janvier 1804, Haïti déclare son indépendance dans un monde encore esclavagiste. Rien de plus légitime. Rien de plus difficile aussi. Quel courage. Je ne connais pas l’histoire d’Haïti, mais je me doute bien que les états voisins n’ont pas dû beaucoup les aider à l’époque.

    L’indépendance du Québec est possible aujourd’hui plus qu’il y a trente ans. En 1980, le risque d’isolement était plus grand. Aujourd’hui, les Canadiens anglais sont mieux préparer psychologiquement à accepter l’indépendance du Québec. Même que mon petit doigt me dit que ça les soulagerait peut-être. À moyen terme, si les Québécois ne bougent pas, ce seront peut-être les Canadiens anglais qui feront l’indépendance du Canada.

    De toutes les façons, dans l’avenir, les provinces de l’Ouest s’affirmeront de plus en plus et l’état canadien sera de plus en plus décentralisé. (C’est pourquoi il faut voir d’un bon oeil la montée de l’anti-bilinguisme qui remet en cause la politique d’Ottawa.) Aux États-Unis aussi, les régions s’affirmeront au détriment du pouvoir central.

    C’est pourquoi ceux qui veulent l’indépendance du Québec devraient chanter « Time is on my side. Yes it is! » (les Rolling Stones). (Personnellement, la question m’indiffère totalement. Je ne fais que décrire ce que je perçois.)

    Au Québec, cependant, des contraintes intérieures ralentissent les choses. Le niveau de maturité de la population et de la classe politique est au plus bas.

    Le Devoir titrait récemment « Diplômes: l’écart anglos-francos perdure ».

    C’est à se demander si la Révolution tranquille a servi à quelque chose!

    D’une manière générale, le mépris séculaire des Québécois pour l’éducation perdure. Même, il s’aggrave. Le Québec traverse un « Moyen-âge Bougon ».

    Le Québec n’arrive plus a renouveler ses élites. Le niveau de ses écoles baissent en même temps que le décrochage scolaire augmente. Ceux qui sont diplômés ne trouvent plus de travail relié à leur champ d’études (quand ils en trouvent…). Nos immigrants sur-diplômés continuent à faire chauffeurs de taxis (c’est pas ça qui les fera voter oui). Pendant ce temps, le Québec s’appauvrit chaque jour un peu plus…

    «Le savoir est la parure du riche et la richesse du pauvre.»

    «L’homme qui ne connaît pas sa propre mesure est un homme ruiné.»
    Hazrat Ali

    Si chaque Québécois connaissait ces deux citations et savait en tirer les conséquences… Malheureusement, faut pas rêver…

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