Anarchopanda mon amour

Anarchopanda trophee

En confisquant la tête de la mascotte Anarchopanda, le SPVM savait très bien qu’il s’attaquait à un symbole fort de la contestation actuelle, héritée du printemps 2012. On pense à une logique guerrière, archaïque certes, mais il y a là quelque chose du retrait du scalp, de la tête de l’ennemi sur un pieu en démonstration de sa puissance. Et ce n’est pas parce qu’Anarchopanda est entre autres une figure caricaturale que ce geste est à prendre à la légère.

Et en même temps, tout cela est tellement puéril. C’est le jeu du chat et de la souris; donc, la souricière est un bon moyen de s’amuser. On joue à la guéguerre sur le dos des droits de l’Homme et ça démange les humanistes, et ça fait rigoler les réactionnaires qui se pourlèchent les babines devant ce bout de pehe élevé à la hauteur d’un trophée de chasse alors que c’est bien trop bas pour lui.

C’est drôle comment notre époque encourage l’humain à s’autodigérer dans l’indignité. Tout ce qui rend digne l’humanité, au-delà de la capacité de chacun de bien fonctionner dans cette mécanique mal huilée du mérite, se voit relayé à une importance très secondaire. Si la société fonctionne, c’est bien parce que certains écopent. Et qui que ce soit qui possédait ce costume de panda a écopé, c’est bien triste. Et ce qu’il représente est bien sûr ce qu’il y avait à être cassé.

Anarchopanda, c’est le total contraire de la police. Un humain sous un costume oui, mais quand la police se gonfle le torse de son pouvoir discrétionnaire pour en abuser le panda laisse aller sa bedaine comme un coussin confortable pour accueillir toutes les peines du monde.

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