TransCanada dans l'eau chaude

Photo : Jeff McIntosh / Presse Canadienne

Photo : Jeff McIntosh / Presse Canadienne

 

La communication est le nerf de la guerre. Et TransCanada vient en quelque sorte de perdre son arme secrète : sa stratégie de communication agressive.

Des partisans payés

À la suite d’une fuite majeure de sa stratégie pour « vendre » le projet de pipeline Énergie-Est aux Québécois, l’entreprise TransCanada est sur la défensive. On a appris que « TransCanada compte créer de toute pièce une mobilisation citoyenne en sa faveur. »

Son plan est de recruter pas moins de 35 000 personnes, dont des experts, des journalistes et des personnes influentes dans leurs communautés, pour faire passer son message sur le web et les médias sociaux. À ce qu’on peut comprendre, il était question de payer ces personnes, du moins en partie, « au coût le plus bas possible ». Ils ont même dressé une liste de personnes influentes, dont fait partie Denis Coderre, Régis Labeaume et Lucien Bouchard…

Tactiques de pression

Le document fait mention de « tactiques de pressions ». Il est question de prendre l’initiative et d’attaquer les groupes environnementaux, avant de se faire attaquer. Aussi, il y est convenu de chercher à nuire à ces groupes « en colligeant toutes les informations financières ou judiciaires ». Autrement dit, du matériel à chantage.

Encore, on veut tenter le tout pour le tout en « achetant » des professeurs d’université, via des investissements en recherche environnementale, pour « donner une meilleure image » de l’entreprise  :

Des discussions sont justement en cours pour le financement d’une chaire de recherche sur le Saint-Laurent axée sur l’étude du béluga à l’Institut des sciences de la mer de Rimouski.

Un appui de la moitié des Québécois

Mais il faut dire que le jeu en valait la chandelle, étant donné qu’un sondage commandé par TransCanada donne un appui de la moitié de la population québécoise à leur projet. Leur tactique aurait pu donner des résultats, une majorité claire d’appuis n’était pas inatteignable.

Par contre, avec cette fuite, rien n’est moins certain. Si je ne m’abuse, les gens n’aiment pas sentir qu’ils se font manipuler. Et là, il n’y a même plus de doute.

Des retombées incertaines

Mais il reste ceux qui n’ont pas besoin de se faire convaincre. Vont-ils voir ce projet stratégique comme une faute éthique ou simplement comme le moyen qui justifie la fin? On pourrait gager que pour eux il n’y aura pas de problème éthique, puisqu’on se doute que les raisons principales de leur accord sont les supposées retombées économiques. Parlons-en des retombées économiques…

En tout cas, au niveau de l’emploi, tel que rapporté par Le Devoir, le « projet doit permettre, à terme, de créer 133 emplois directs au Québec ». On appelle ça de l’humour involontaire… Et selon un article récent de Radio-Canada, « nombre d’élus et d’acteurs sociaux économiques » sont sceptiques quant aux retombées réelles :

Même le ministre de l’Énergie, Pierre Arcand, admet qu’il est difficile d’évaluer si le projet Énergie-Est présentera véritablement des avantages économiques pour la province.

Un « peut-être » pour les sous et des risques pour l’environnement, pour moi, c’est loin de ressembler à un bon plan.

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Êtes-vous d’accord avec le projet de pipeline Énergie-Est de TransCanada?

 

 

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4 réponses à TransCanada dans l'eau chaude

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