Tout le monde en jase – 19 février

 

Voilà ma chronique hebdomadaire sur l’émission Tout le monde en parle, en lien avec mon expérience Twitter.

Mario Tessier

Un invité de TVA, ça jetait un peu de leste sur la guerre des réseaux, bravo! À la base, je n’ai jamais écouté son émission « On connaît la chanson » et je n’ai aucunement le goût… C’est un concept inspiré du karaoké et, personnellement, j’aime mieux ce concept « quand il reste au niveau de la sphère privée… » Pour vous dire, Mario Tessier ne m’a jamais fait rire. Il ne me fait pas vibrer comme chanteur non plus.

Fait à noter, Mario Tessier disait, à propos de la radio, que ce qu’on y trouvait comme contenu humoristique représentait la diversité, ce qui pouvait faire en sorte de personnaliser chaque station, dans l’optique où c’est la même musique qui joue partout. Son ton léger n’a pas réussi à cacher, enfin pour moi et quelques autres, le constat d’échec de la radio commerciale à sortir du moule. Comme le demandait Catherine Voyer-Léger, à propos de la diversité :

Pourrait pas y en avoir aussi en musique?

Georges-Hébert Germain

Le biographe fera paraître un ouvrage sur Robert Bourassa. Avant son apparition, j’ai publié ce tweet :

Georges-Hébert Germain n’aime pas Lisée. J’ai un préjugé défavorable, je le sais.

Monsieur Germain a passé une bonne partie de l’entrevue à défendre Bourassa d’avoir été un homme « mou », mais il a fini par avouer qu’il n’aimait pas la confrontation… Trouvez l’erreur. Aussi, par un beau raccourci que beaucoup auront notés, il a affirmé que Robert Bourassa a réussi sa vie politique alors que René Lévesque non. Espérons que dans son livre on retrouvera plus de nuances. Mais bon, je ne vais sans doute pas me le procurer, n’ayant pas un intérêt marqué, et pour les biographies, et pour cet ancien Premier ministre libéral. Quoique, il m’intéresse beaucoup plus que l’actuel.

À un moment, Georges-Hébert Germain avoue qu’il a voté oui aux deux référendums, etc. J’en ai conclu qu’il est peut-être encore souverainiste. Ma mâchoire est tombée par terre

En somme, j’ai bien apprécié en connaître un peu plus sur cette partie de notre Histoire via cet homme qui m’a quand même laissé un drôle de goût en bouche… Pour ce qui est de son désaccord avec Jean-François Lisée, je suis resté sur ma faim.

Blandine Prévost et Xavier Prévost

Je vais commencer par citer la présentation de l’entrevue sur le site de TLMEP :

 

Blandine Prévost souffre d’une maladie apparentée à l’Alzheimer. Elle a 38 ans. Son mari, Xavier Prévost, et elle sont les parents de trois enfants et ils ont décidé de trouver un sens à ce qui n’en a a priori pas : « On n’aura pas un avenir classique, on va donc choisir cet avenir. » Inspiré de la Maison Carpe Diem, à Trois-Rivières, leur projet consiste à fonder, en France, un foyer adapté à la réalité des personnes jeunes atteintes de cette maladie, un endroit où leurs enfants pourront visiter leur mère et se sentir comme à la maison.

 

Et mon premier tweet :

Alzheimer si jeune, je suis sans mot…

Tout au long de l’entrevue, j’ai ressassé le fait qu’il n’y a pas de cas d’Alzheimer dans ma famille en ayant de la difficulté à penser à autre chose.

On a indiqué en sous-titre que Blandine Prévost ne se souvenait plus de l’entrevue le lendemain.

Ayoye.

Isabelle Boulay

Il faut que je le dise d’emblée, je ne suis pas du tout un admirateur d’Isabelle Boulay, alors mon taux d’excitabilité était au plus bas… Et quand j’entends ses chansons, « je pratique ma tolérance ».

Elle a commenté les décès de Whitney Houston et d’Amy Whinehouse, deux femmes qui avaient de graves problèmes de drogue. Elle se demandait comment leurs proches les ont laissé se rendre jusque-là. C’est bien beau penser que tout peut se régler par magie, mais pour ma part je pense que d’essayer « d’aider quelqu’un qui ne veut pas s’aider, c’est un gouffre à énergie… »

Et il fallait bien que le moment « on se flatte dans le sens du poil », gracieuseté de Mario Tessier, se passe à la fin de son entrevue… D’ailleurs, anecdote, ma conjointe ne veut plus écouter l’émission à cause de ces moments complaisants. Pour ma part, c’est un irritant aussi, mais je ne suis pas aussi extrémiste. Je me concentre sur ce que j’ai à gagner. Chacun son optique.

Évelyne de la Chenelière et Philippe Falardeau

J’avais bien hâte de voir le film de Philippe Falardeau, inspiré de la pièce de théâtre d’Évelyne de la Chenelière, et cette entrevue n’a rien fait pour m’en décourager, au contraire.

Fait cocasse, le réalisateur a avoué qu’il n’aurait « jamais cru sauter autant de joie en entendant le mot Canada » quand il a appris que son film était sélectionné aux Oscars. À défaut de mieux, on se contente…

Aussi, j’ai bien aimé ses propos au sujet des enseignants :

il y a des bons et des mauvais professeurs, [mais] ce que j’essaye de dire […] dans le film, c’est de laisser chaque professeur investir sa classe.

Donc, qu’une classe doit ressembler à l’enseignant qui la dirige. Ce qui est assez rafraîchissant dans le contexte où il n’y en a que pour la réforme et qu’il ne semble y avoir que des problèmes en éducation. Pourtant, il y a de très bonnes nouvelles à ce sujet, mais bon, c’est tellement plus vendeur de pointer ce qui va moins bien…

Pour ce qui est de la destinée du film aux Oscars, j’espère qu’il va gagner, juste pour faire suer Sun News, le nouveau joujou de PKP, critique primaire de tout ce qui s’appelle subvention.

Guy Delisle

La bande dessinée est un sujet rarement abordé ici, alors c’était bien agréable de voir à TLMEP le bédéiste Guy Delisle, un québécois qui s’est installé en France. D’ailleurs, je n’ai pas du tout été surpris d’apprendre qu’il est parti là-bas voilà une vingtaine d’année, puisqu’au niveau BD, c’est là que ça se passe.

Par contre, j’ai été surpris en voyant le style de dessin de Guy Delisle. Je m’attendais à quelque chose de plus « réaliste », étant donné les sujets sérieux qu’il aborde. Et il n’y a rien de péjoratif dans mon commentaire, je trouve même que c’est intéressant comme contraste.

Comme beaucoup, à un moment j’ai sursauté. Il relatait avoir travaillé en Corée du Nord pour TF1 (la télévision privée française la plus riche) et que l’entreprise s’y trouvait parce que c’est là où ça coûtait moins cher pour faire de la sous-traitance (« genre quatre fois moins cher » que la Chine). Sans commentaire…

Au sujet de la question israélo-palestinienne, il croit que les colonies juives sont une erreur, une absurdité, alors que les deux peuples sont dans un processus de pourparler pour la paix. C’était d’ailleurs le sujet d’un de ses livres.

Jonathan Duhamel

En vrac, quelques tweets, dont le premier qui a été publié durant la pause précédente à l’entrevue :

Ne pas préjuger, ne pas préjuger…

Comme le karaoke, j’aime mieux le concept du poker quand il reste au niveau de la sphère privée.

J’aimerais qu’on m’explique ce soir en quoi le #Poker est un sport? À @RDSca quand je suis au Gym, j’aime pas!

Je trouve l’entrevue avec Jonathan Duhamel assez mentale!!!

Le dernier tweet illustrait à merveille mon irritation devant la répétition incessante du terme « mental » dans la bouche du champion de poker. Par son manque de vocabulaire, je trouvais qu’il était la preuve que le poker est surtout une question de langage corporel…

J’ai promis à quelques personnes d’expliquer ce que je n’aime pas dans la glorification du poker que représente tout à fait pour moi Jonathan Duhamel, alors je vais le faire ici.

Tout d’abord, il me faut dire que le jeu en soi ne me cause pas problème. J’y ai déjà joué, et avec grand plaisir. C’est certain que je trouve dommage de savoir que des gens tombent dans le jeu pathologique, et je suis très conscient qu’il n’est pas question de ça quand un joueur se rend au niveau de Duhamel.

À la base, je hais le « bling bling » et je trouve qu’un champion de poker, c’est le comble du « bling bling », de la superficialité, de la futilité. Et qui me dira sérieusement que c’est un modèle très positif pour la société? Et je ne dis pas ici que je voudrais qu’on interdise quoi que ce soit. Le phénomène existe, on en parle, le gars est en quelque sorte une fierté pour le Québec en manque de héros (alors qu’il y en a des vrais dont on ne parle jamais, ou rarement), mais moi personnellement je n’achète pas. Rien ne m’excite dans son succès. C’est seulement anecdotique, encore moins intéressant qu’un jeune qui réussit à compléter le Rubik Cube en un temps record. Au moins ce dernier démontre une certaine virtuosité et des capacités étonnantes.

Certains vendus à ce jeu pourraient arguer qu’il a des capacités étonnantes, mais tout ce que notre Jonathan national démontre à mon sens, c’est son talent pour bien composer avec le hasard et faire des masses d’argent avec ça. Peut-être que ce n’est pas donné à tout le monde (et ça j’en doute), mais au final c’est loin d’être important de le savoir. Pour moi, c’est bien le degré zéro de l’utilité. Il y a bien des activités inutiles en soi, comme le sport, et même les arts en un sens, mais au moins dans le premier cas l’activité physique est mise de l’avant, ce qui n’est pas rien dans une société de plus en plus pantouflarde. Et pour ce qui est des arts, ça invite au moins au rêve, à la réflexion, à l’émotion, etc., et pas seulement en lien avec le « cash ». Et il faut comprendre mon propos en lien avec l’utilité à un niveau très premier degré.

Alors, vous comprendrez que je ne trouve pas sain qu’on pointe à ce point les projecteurs sur Jonathan Duhamel. C’est donner trop d’importance à ce qui devrait être considéré seulement comme un fait divers.

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9 réponses à Tout le monde en jase – 19 février

  1. Minic dit :

    Te lire est un réel plaisir, plus je te lis, plus je découvre que nous avons des points de vue différent et plus tes points de vue sont différents, plus je te trouve intéressent. Parfois tes arguments confirment ou infirment ma façon de voir l’invité.

    Merci cher Renart 🙂

  2. Lundi après lundi, je me répète: merci pour ce compte-rendu commenté.

  3. C’est du travail cette chronique, mais vos commentaire sont ma récompense! 🙂

  4. Très bon résumé!
    J’avoue que vous me rejoignez beaucoup dans plusieurs sujets.
    Pour Mario Tessier, même si je n’ai rien contre lui,il ne m’a jamais interpellé ainsi que son émission…Et pourtant, j’aime en général écouter les shows d’humour, Daniel Lemire,Laurent Paquin,Lise Dion,.. ect… Mais les Grandes gueules, non…

  5. Brigitte Leclerc dit :

    Et moi, tu me rejoins tout le temps dans tes commentaires ! Depuis que je te connais,c’est le cas… j’ai toujours apprécié ta façon de voir et dire les choses 🙂 Merci pour l’excellence de ton travail !

  6. Le poker, métaphore par excellence du capitalisme spéculatif, est la parfaite caricature d’une bonne partie de notre existence qu’on le veuille ou non…
    Y a le chanceux qui chip lead jusqu’à la dernière table pis y a les wannabe qui espèrent avoir un aussi gros stack et sans compter les low stacks qui sit tight en priant à chaque brasse ( mon yeu donne moi 2 aces, ace-king, ace-queen que j’y aille à fond) pis qui se font regarder de haut par les p’tits avocats de Québec Leaks quand ils décident de faire une tite grève ou bedon protester un peu! HA! 😈

  7. sombredereliction dit :

    Plus sérieusement, le coeur m’a aussi noué à la vue de la jeune dame atteinte de la maladie, sérieusement c’était assez déchirant.

  8. Simon Dor dit :

    Oh, si c’est l’opinion que tu as du poker, je ne parlerai pas des compétitions de jeux vidéo. Mais, précisons, il y a une bonne part de chance dans le poker comme dans bien des jeux compétitifs ou des sports. Raymond Viger précisait que Duhamel avait affirmé que la chance était « moins importante qu’on croit » en 2010, alors qu’il affirmait cette semaine que la chance n’avait pas été au rendez-vous cette année. Comme quoi la chance est plus importante dans un jeu quand on perd…

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