Mettre les accents sur les e

 

Ce matin, Quebecor Média annonçait un changement :

 

Je ne peux qu’applaudir bien fort cette décision, moi qui ai toujours remarqué cette absence d’accent avec tristesse. Parce que je crois qu’il y a des limites à tout angliciser, même dans cette époque de mondialisation. Parce que c’est un manque de respect pour la majorité francophone que compose la société québécoise.

D’ailleurs, je crois que cette décision n’est pas étrangère du tollé soulevé par le fait que la marque « Metro » ne met pas d’accent sur son e, bien qu’elle le prononce « métro ». D’ailleurs, il semblerait que l’épicier ait toujours exclu l’accent, selon Gaétan Frigon du journal Les Affaires. Le journaliste se demande pourquoi « 60 ans plus tard, certains s’énervent parce qu’il n’y a pas d’accent sur le nom Metro ». Je crois avoir la réponse : c’est qu’auparavant l’affichage de la marque était en majuscule, et en majuscule l’absence d’accent passe inaperçue, étant donné que dans l’usage on a longtemps éludé les accents sur les lettres majuscules. Il me semble que le tollé concorde avec le changement graphique de la marque qui utilise maintenant les minuscules. En tout cas, si j’étais un des dirigeants de Metro, je songerais sérieusement à ajouter l’accent pour ce qui est des succursales du Québec. Ça serait un beau cadeau à faire à cette clientèle qui a vu naître l’entreprise et qui lui a permis de durer dans le temps. Et ça serait un aussi bon coup que celui de Québecor.

Il y a le cas de Céline Dion aussi. On a vu son accent disparaître à partir du moment où sa carrière internationale a pris son envol, peut-être même un peu avant. Personnellement, je n’ai jamais compris. Est-ce que le fait de garder son accent dans son nom lui aurait enlevé quelque chance de percer internationalement? Je ne crois pas. Cela n’aurait fait que pointer encore plus son exotisme, enfin le fait qu’elle est francophone, ce que personne n’a jamais caché et ce qui était même soulevé avec plaisir il me semble, surtout au début. Il ne reste alors que la décision de la gérance, soit René Angélil. C’est un peu se faire violence à soi-même que de s’amputer de son identité, non? Mais bon, je comprends qu’il voulait surtout mettre toutes les chances de leur côté. Comme quoi, parfois, ça semble plus payant de s’oublier un peu… de sacrifier sa singularité. Et c’est bien dommage. Mais si on regarde le site de la chanteuse, on remarque que l’accent aigu y est parfois, surtout partout dans les textes sur la version française du site. On vise visiblement le compromis. C’est correct.

Il est clair que pour certains soulever ce sujet est du domaine du tabou. On ne peut pas analyser les choix linguistiques des entreprises et des artistes en regard du fait français au Québec, puisque le Québec est dans le Canada, qui est en Amérique du Nord, qui est dans le monde. Et le monde, c’est du domaine de l’intouchable. Le monde peut s’imposer ici, mais pas nous. Le cosmopolitisme condamne en soi ce qui lui est antonyme. Pourtant, pour respecter les autres il faut commencer par se respecter soi-même.

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3 réponses à Mettre les accents sur les e

  1. T’as une dent contre Rene Angelil?

    Haha. Y a pas d’accent, aigu ou pas. Même pas de voix. Y a Celine, des millions, des bebes dans le fridge.

    C’est un good old boy, un peu gaga, qui aime bien Peladeau.

  2. J’espère ne pas être allé trop avec René, lui y’a des dents… 😉

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