Quand Ignatieff met l’épaule à la roue de la souveraineté du Québec…

 

Tout dépendant de quel côté on se trouve, la sortie de Michael Ignatieff comme quoi le Canada se dirige vers la rupture, donc que le Québec sera souverain, embêtera ou réjouira. Mais objectivement, on aura beau du côté fédéraliste amoindrir la portée de ses paroles parce qu’il avait le discours contraire alors qu’il était capitaine du PLC, il reste que l’analyse du citoyen Ignatieff a plus de valeur.

Le chef du Parti Libéral du Canada avait des visées et possiblement le pouvoir de faire évoluer les choses personnellement, le citoyen se place en retrait. Le chef, même s’il avait eu la même analyse, se devait de le garder pour lui, le citoyen n’a plus l’obligation de l’autocensure. Et on constate surtout ce que peut donner la liberté de parole en dehors de la partisanerie et de la langue de bois. Le discours politique tente de maquiller la réalité, celui du citoyen tente de la nettoyer.

Pour le reste, et Michael Ignatieff devait bien se douter de la portée de sa sortie, cela va exacerber quelques tensions qui, de toute façon, ont cours depuis un bon moment. C’est la fête sous les chaumières souverainistes, comme ç’a été le cas lors de l’épisode Justin Trudeau, et le « Quebec bashing » va continuer de mettre mal à l’aise les fédéralistes québécois.

Justement, je me demande ce qui pousse des fédéralistes aussi importants dans l’échiquier de cette option à l’autosabotage. Je crois qu’il n’y a que l’axe gauche-droite pour l’expliquer. La dichotomie entre le Canada de l’Ouest plus à droite et le Canada de l’Est plus à gauche crée un malaise qui exacerbe le désir de rupture, enfin, sa possibilité. Je gage que les mouvements souverainistes ailleurs dans le Canada trouvent de plus en plus d’adhérents. Et quand Ignatieff se commet de la sorte, il met l’épaule à la roue de la souveraineté du Québec bien malgré lui. Un psychanalyste pourrait facilement pointer l’acte manqué. Les souverainistes, dont je suis, ne manqueront pas d’en prendre acte, donc, de ne pas manquer le bateau.

(Photo : __kyle)

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2 réponses à Quand Ignatieff met l’épaule à la roue de la souveraineté du Québec…

  1. Du Trudeau à son meilleur… « Un non, c’est un oui….. ». N’empêche, que sans le vouloir, il nous avait annoncé la souveraineté du Québec en 1963!

    Le gros mensonge de Pierre E. Trudeau, en 1963 :

    « Tout ce qu’il veut sentir [le canadien français] c’est que s’il se transporte ailleurs au pays, que dans le Québec, la loi ne lui sera pas défavorable. Comment il se servira de cette loi? C’est l’avenir qui le dira; moi, personnellement, je ne pense pas que même ayant des lois justes, le français, que le français se mettra à monter en flèche dans des parties du Canada, dans les provinces où le canadien français est une infime minorité.

    Il faudrait peut-être à ce moment-là, envisager d’autres solutions, par exemple, il faudrait assurer la mobilité de la main-d’œuvre, la mobilité des citoyens, que ceux qui veulent vivre dans un milieu bilingue, qu’il déménagent dans une autre partie du Canada, que vous leur facilitez cela. »

    « … Quand on aura trouvé [ce que cela coûte en termes humains] on saura vraiment si le pays peut vivre, s’il doit continuer d’opérer en tant que pays. Si c’est plus coûteux, disons, du point de vue du Canadien anglais de faire de ce pays un pays bilingue ou multiethnique, si c’est plus coûteux de faire cela que de renoncer à l’identité du Canada, et de s’attacher aux États-Unis, on saura où est l’avenir. Et inversement, si c’est du point de vue du Canadien-français, les avantages qu’il trouve de vivre dans un pays qui s’appelle le canada, s’ils sont moins grands que les désavantages qu’il trouve de vivre dans un pays qui ne le reconnaît pas en pratique et en loi le bilinguisme, eh bien, lui décidant de se séparer, je pense que c’est seulement après avoir pesé ce genre de réalités que l’on saura où l’on va. »

    Pierre E. Trudeau. Extrait d’une audience de la commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, jeudi le 7 novembre 1963, 17 :54 h-18 :14h. Et préface au « Les héritiers de lord durham » publié par la fédération des francophones hors Québec en avril 1977.

    Trudeau : “ Effectivement, le Canada anglais ne comprend pas les aspirations du Québec! On va se séparer! »

  2. Merci, c’est vraiment intéressant!

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