Mise à jour estudiantine contre la hausse

Le mouvement étudiant est dans sa huitième semaine d’actions et je les encourage à continuer tant que le gouvernement n’aura pas plié à sa demande de discussion. Nous serons toujours trop loin à mon goût de l’idéal de gratuité scolaire, alors considérons cette bataille pour ce qu’elle est : la diminution le plus possible du bâton dans les roues de notre jeunesse.

Je ne peux pas passer à côté du cri du coeur d’un père de famille de la classe moyenne, cette classe qui va très certainement écoper pour cette hausse selon les dires de la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp :

Ça demeure les contribuables québécois provenant de la classe moyenne en majorité qui vont faire le plus grand effort

Très bien dit chère ministre, et malheureusement c’est en plus une bonne partie de cette classe qui soutient votre position, qui est un ramassis de sophismes selon plusieurs, particulièrement ce père de famille dont il est question, Benoit Dupuis :

 

Bonjour. Je suis le père de deux filles entrant dans l’âge adulte et c’est en tant que tel que je m’adresse à vous, lecteurs. Donc, en tant que parent d’étudiants, membre typique de la classe moyenne. De ceux qui paient au-delà de 45% de la charge totale des impôts. Ce simple constat fait de moi automatiquement un pourvoyeur de fonds pour les études de mes filles qui n’auront pas droit aux prêts et bourses. Comme moi, à mon époque. Vous vous reconnaitrez sans doute.

Une chose me frappe depuis le début de la GGI: il n’y a pas de débat en profondeur sur l’espace médiatique entre les tenants de la hausse, ceux du gel, et particulièrement ceux de la gratuité. On y fait rarement mention de deux rapports pourtant préparés par des experts sur la question, soit ceux de l’IREC et de L’IRIS.

Rien ne s’oppose donc[…] aux prodigieux sophismes du gouvernement sur la gratuité scolaire.

[…]

Reprenons donc quelques perles de la Ministre sous l’œil inquisiteur du dépisteur de sophismes :

1) Intention de tromper: « nous n’avons pas les moyens, nous voulons augmenter la qualité de l’enseignement universitaire, les universités sont sous-subventionnées… la gratuité scolaire coûterait trop cher à l’état… »

Faux : nous avons les moyens: il s’agit ici d’un choix de société, insidieusement transformé en faux débat économique. Les universités reçoivent amplement d’argent qui est malheureusement alloué à la recherche mercantile et non à la qualité de l’enseignement. La somme allouée à chaque étudiant est virtuellement identique à celle en Ontario. La gratuité scolaire couterait en fait moins cher à l’état en éliminant un surplus de programmes de subventions inefficaces et coûteux.

2) Argument fallacieux : « les étudiants doivent faire leur part, sinon c’est la classe moyenne qui écope… »

Faux : Les étudiants font déjà et feront leur part, en travaillant et en décrochant des emplois plus payants imposés à la hauteur de leurs revenus futurs. L’emploi du « sinon » judicieusement placé dans le discours de la ministre est également trompeur. La classe moyenne absorbe déjà en grande partie les couts de l’éducation grâce aux impôts. Une hausse des frais de scolarité sera nécessairement assumée par les parents de cette même classe dont les enfants n’ont pas droit aux prêts et bourses. La classe moyenne, c’est vous, c’est moi, n’en déplaise à Beauchamp.

3) Mécanismes psychologiques jouant par exemple avec l’émotion : « les étudiants sont des enfants gâtés qui veulent tout pour rien… »

Faux : Mme Beauchamp encourage le mythe de l’étudiant riche et gâté, ce qui est loin d’être la moyenne, mais se garde bien de mentionner les couts de la corruption de son gouvernement, les mauvais choix à répétitions comme les millions alloués a la réfection de Gentilly, ou le bradage de nos ressources avec l’infâme Plan Nord. Elle se garde bien de signaler au passage les surplus d’HQ vendus à rabais aux Américains et aux compagnies qui profitent amplement de nos largesses, je dirais de notre ignorance collective. Non, on préfère mettre l’accent sur de la sangria bue et vue au détour d’une terrasse, aux Iphones ou aux voitures d’une minorité d’étudiants. Cela frappe l’imaginaire collectif, n’est-ce pas M. Martineau?

4) Argument d’autorité : le PLQ et les économistes de droite occupent tout l’espace médiatique. Les partisans de la gratuité passent pour des communistes, sans leur laisser la chance de débattre.

Nous ne sommes pas en période d’élections, du moins pas encore. La démocratie laisse place à la gouvernance, M. Gendron? Elle ne dure que le temps d’une élection? C’est ça votre position d’autorité Mme Beauchamp? Vous gouvernez?

[…]

Quand avez-vous entendu, ne serait-ce qu’une seule fois, Céline Galipeau, Pascale Nadeau, Pierre Maisonneuve, Simon Durivage, Michel Lacombe, Frédéric Nicoloff ou même Guy A. Lepage, proposer les études de L’IREC ou de L’IRIS comme argumentaires signifiants pour contrer les sophismes de Beauchamp? Avez-vous vu une seule entrevue télédiffusée avec les auteurs de ces études? Un débat de société sérieux ou une table ronde télédiffusée où on discute des vrais enjeux de société?

Ce qu’il faut faire? Exiger le débat sur l’espace médiatique. Utilisons les médias sociaux pour bombarder les journalistes en leur posant, par exemple, les simples questions suivantes:

1) pourquoi n’y a-t-il aucun débat sur les études de L’IREC et de L’IRIS?
2) vous engagez-vous à diffuser cette information pour susciter un débat jusqu’à présent inexistant?
3) vous engagez-vous à interviewer les auteurs de ces études dans le cadre d’une émission d’information à grande écoute?
4) vous engagez-vous à contrer les sophismes du gouvernement en leur citant les alternatives illustrées par ces études?

[…]

 

Un autre cri du coeur est venu me toucher, et c’est celui d’une étudiante en médecine, Xi Sophie Zhang, sur le point de terminer. Son texte répond, point par point, à plusieurs arguments des pro-hausses et j’en pointe un ici :

 

Arrêtez d’écoeurer les contribuables! On est tanné de payer vos études!

Nouvelle du jour : le gouvernement a promis une hausse des frais de scolarité, PAS UNE BAISSE D’IMPÔTS. Qu’il y ait ou non hausse, votre prochaine déclaration d’impôts sera LA MÊME. Sauf que vos taxes et impôts, au lieu d’être investis dans l’éducation supérieure des citoyens, seront versés dans les gaz de schiste, le Plan Nord, les subventions aux grandes entreprises, les bonus des fonctionnaires et probablement un peu aussi dans la corruption. Lorsqu’un contribuable appuie le mouvement étudiant, il ou elle dit à Charest : « Avec tout l’argent que je vous donne, je veux voir un retour d’investissement : des services publics de qualité en éducation, en santé et en développement durable. Elles sont là, nos priorités sociales! »

 

Et je termine avec deux vidéos du collectif Les Alter Citoyens :

‪1/2 22 mars: Manifestation étudiante. Messages à Line Beauchamp.‬

2/2 22 mars: manifestation étudiante. Charest à genou, le peuple manifeste.‬

 

Si vous voulez absolument de l’« objectivité », les deux côtés de la médaille, le point de vue des haussistes, vous n’avez qu’à lire les grands titres des articles des médias traditionnels, surtout ceux de Gesca et de Quebecor… Et surtout pas les articles au complet, vous pourriez vous rendre compte qu’on essaye de vous manipuler

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9 réponses à Mise à jour estudiantine contre la hausse

  1. gillac dit :

    Lourde cette accusation de manipulation envers certains médias traditionnels. Lorsque je consulte Le Globe ou le Devoir, je connais le penchant mais il ne me vient pas pas à l’idée d’accuser de manipulation. Je suis assez grand pour me faire une opinion tout seul.

  2. Il est impossible de débattre avec des fascistes.

  3. Avez-vous lu ou vu les soi-disant « nouvelles » des fascistes Culbécor-Nordindes dernièrement?

  4. Un exemple parmi tant d’autres : Sondage CROP: les Québécois appuient la hausse des frais de scolarité http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/education/201203/30/01-4511242-sondage-crop-les-quebecois-appuient-la-hausse-des-frais-de-scolarite.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_meme_auteur_4495926_article_POS4

    Si tu ne lis pas l’article, tu ne pourrais te douter que ce que le titre pointe comme étant « les Québécois » représente seulement 61%, donc pas mal plus proche du 50% que du 100%… Écrire « une majorité » aurait été un peu plus proche de la réalité.

    Et personnellement, je me serais bien passé de cette phrase mesquine : « Je suis assez grand pour me faire une opinion tout seul. »

  5. gillac dit :

    @Renart et David
    Je comprend qu’à l’avenir, je devrai penser comme vous. En passant, « me faire une opinion tout seul » s’adresse à tout les médias et donneurs d’opinion confondus.

  6. « Je comprend qu’à l’avenir, je devrai penser comme vous. »

    Décidément, ça devient une habitude…

  7. Ce n’est pas ce que j’ai dit.

    De plus, ce sont les fascistes pro-hausses qui veulent se servir de la violence pour mettre un terme au débat…

  8. Carole N dit :

    J’en ai trouvé qq uns:
    Publié le 17 mars 2012 à 05h00 | Mis à jour à 07h06
    La hausse des droits de scolarité nuira à la santé

    Publié le 28 mars 2012 à 13h37 | Mis à jour à 13h37
    La Norvège, un modèle d’accessibilité aux universités

    Droits de scolarité: le gel, un bon investissement gouvernemental
    Publié le 26 mars 2012 à 07h43 | Mis à jour le 26 mars 2012 à 07h43 – Michel Girard, La Presse

    Combien ça rapporte, un diplômé?
    Publié le 02 avril 2012 à 07h20
    Michel Girard, La Presse (La Presse Affaires)

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