Le mépris a un nom : Anne Sutherland

 

Dans le cadre de la manifestation de jeudi soir, où beaucoup de gens étaient à demi nus, la journaliste Anne Sutherland, affiliée au quotidien montréalais anglophone The Gazette, a reçu une volée de bois vert après avoir commenté le physique de plusieurs manifestants, photographies à l’appui. Le Conseil de presse a fait paraître quelques photos avec les commentaires de la dame, ainsi que quelques réactions assassines sur Storify. Une page Facebook a même été constituée pour lui demander des excuses publiques. C’est la moindre des choses.

C’est quand même incroyable que cela se passe à notre époque, venant d’une journaliste qui sait très bien comment fonctionnent les nouvelles technologies, autant techniquement que médiatiquement. Je me demande à quoi elle a pensé. En tout cas, à pas grand chose d’autre que son petit nombril. Oui, les journalistes ont le droit à leurs opinions, mais autant de mépris n’a pas sa place, même pour n’importe qui. Elle aurait dû se contenter de commenter à l’oreille d’une personne qui l’accompagnait si ça lui faisait trop mal, ça ne fait pas de mal à personne d’autres. Voilà le pire côté de cette manie de vouloir extérioriser médiatiquement à tout prix. Ouais, à tout prix. Ça pourrait lui coûter son emploi d’ailleurs, qui sait…

Et elle n’est pas à ses premières frasques, la madame. Sophie Durocher en profite pour l’écorcher un peu au passage dans son dernier billet. J’espère qu’elle se rendra compte qu’elle a blessé profondément beaucoup de gens, dont celui qui a créé la page Facebook, @BloodyPM, puisqu’il s’est reconnu sur une des photos.

Les larmes me viennent alors que je me mets à sa place. Personne ne devrait se voir ridiculisé en public. Montréal est un petit village, et c’est encore plus vrai alors que nous sommes proches de seulement quelques clics. Le web nous ouvre le monde, mais il semble que la proximité n’a pas dit son dernier mot. Anne Sutherland va s’en rendre compte de la pire manière.

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P.S. Je regarde la photo de la dame que je viens de trouver et d’ajouter à mon billet, et je me dis que je pourrais bien lui servir la même médecine, mais je vais m’abstenir… Aussi, je me suis rendu compte qu’elle a effacé son compte Twitter. Elle est déjà en mode crise…

Ajout :

The Gazette a publié un article qu’elle a rédigé à la suite de la manifestation : http://www.montrealgazette.com/news/Montreal+students+stage+nearly+nude+protest/6562894/story.html

Ce passage donne froid dans le dos, en regard de son comportement :

There was a whiff of cannabis in the air, indicating some students might have needed courage to bare almost all.

(Traduction libre : le cannabis embaumait l’air, ce qui indiquait que quelques étudiants ont eu besoin de courage pour se montrer presque nus.)

Màj :   Elle a remis en ligne son compte Twitter pour s’excuser :

 

(Traduction libre : je m’excuse sincèrement pour ma conduite non professionnelle le 3 mai. Les commentaires que j’ai publiés et enlevés ne reflètent pas les valeurs du journal The Gazette.)

Pour l’effacer ensuite…

Ce genre d’excuses compte?

Moi j’aurais pris des excuses formelles dans The Gazette, et dans les deux langues…

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5 réponses à Le mépris a un nom : Anne Sutherland

  1. Denisse dit :

    CODE CIVIL DU QUÉBEC :
    3. Toute personne est titulaire de droits de la personnalité, tels le droit à la vie, à l’inviolabilité et à l’intégrité de sa personne, au respect de son nom, de sa réputation et de sa vie privée.

    Ces droits sont incessibles.
    1991, c. 64, a. 3.

    7. Aucun droit ne peut être exercé en vue de nuire à autrui ou d’une manière excessive et déraisonnable, allant ainsi à l’encontre des exigences de la bonne foi.
    1991, c. 64, a. 7.

    Charte des droits et libertés de la personne :
    4. Toute personne a droit à la sauvegarde de sa dignité, de son honneur et de sa réputation.

    1975, c. 6, a. 4.

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