Le présent, sous la loupe du passé

 

En 1873, la citoyenne des États-Unis et militante des droits civiques Susan B. Anthony a reçu une amende de 100$ pour avoir voté alors que la loi interdisait le vote pour les femmes. Elle a refusé de payer et le juge l’a laissé partir tout de même.

Les bien-pensants de l’époque devaient se dire que cette Mme Anthony aurait bien mérité, soit de payer beaucoup plus cher son crime et d’avoir à le payer sans faute, soit de faire de la prison, soit de se faire corriger physiquement, tant qu’à y être. Les bien-pensants de notre époque sont tout à fait à l’aise avec l’idée que les femmes ont maintenant le droit de vote. Autre époque, autres moeurs. Même s’il doit bien rester quelques dinosaures qui ne conçoivent pas qu’une femme puisse se mêler de politique…

Mais le plus important, c’est que cette anecdote démontre, un peu par l’absurde, le caractère contextuel de la Justice. Qu’on augmente aujourd’hui législativement les bâtons dans les roues du mouvement des carrés rouges, autant au municipal qu’au provincial (et même avec un extra fédéral), ne veut pas pour autant dire que le droit de se trouver et de se mouvoir en groupe dans l’espace public devrait être aussi sclérosé. Idem pour ce qui est du droit de grève des étudiants, et surtout de son respect, souhaitons-le légalement, à la mesure du droit de grève des travailleurs.

Et avec l’adoption de toutes ces lois hautement politiques, les bien-pensants sont excités par autant d’opportunités de voir les carrés rouges mordre la poussière, mais objectivement, si le passé est garant de l’avenir, leurs revers ne seront que des anecdotes montrant l’absurdité de ces lois liberticides.

N’importe qui se battant contre l’ordre établi a un peu de cette femme qu’a été Susan B. Anthony. J’inclurais même là-dedans mes amis de la droite même si ça me fait mal, enfin ceux qui ne sont pas de la droite morale et religieuse, même si leurs combats ne sont pas tout à fait les miens. Il faut se lever pour parler, pour se parler. Le problème, ce sont ceux qui restent couchés.

Alors, impossible pour moi de comprendre ceux qui acceptent de servir de tapis. Ne se sentent-ils pas sales, parfois?

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