L'argent sale et ma blogosphérite aigüe…

Le tout à fait anonyme Antipollution m’a dirigé vers le tout à fait vrai Joseph Facal et j’ai lu avec attention leurs deux billets respectifs (comme quoi je ne suis pas du tout discriminant!). L’argent sale, billet de ce dernier, est un billet que je classerais dans la catégorie : généralités partisanes sous des prétentions hautement sociologiques.

Il fait le parallèle entre les représentations traditionnelles de nos « héros » culturels très enclins à la pauvreté, la fragilité, l’abnégation et notre supposée peur de la richesse, en l’élevant au rang des Bonhomme Sept Heure et autres épouvantails enfantins. Il donne en exemple des succès cinématographiques et télévisuels comme Le Déclin de l’Empire Américain, Les Invasions Barbares, Les Bougon et La P’tite Vie pour illustrer d’une manière condescendante notre imaginaire bicéphale, partagé entre les « bourgeois décadents, jouisseurs, cyniques, qui passent leur temps à boire et à manger » et « des familles de minables » projetés « au rang d’icônes sympathiques ». Pourtant, au premier coup d’oeil, il est clair que la différence et la ressemblance entre La P’tite Vie et Les Bougon se passe très bien d’analyse, même au deuxième degré : leurs liens dans son texte se résument à pas grand-chose, peut-être un peu d’opportunisme? Alors, atteint depuis plus de six mois de la blogosphérite aigüe, je n’ai pu m’empêcher de lui faire parvenir au moins mon point de vue général. Hé hé!

Donc, je lui ai écrit, mais sans jamais oser penser pouvoir démarrer un débat avec lui personnellement, car je ne suis pas dupe de son utilisation politique de la blogosphère, autant j’ai pu faire preuve d’enflure verbale dans cette phrase-ci… Pour avoir fait le tour des commentaires de son blogue, sa participation se résume à une forme de paternalisme : la simple modération du bloguemestre, bien qu’il la communique par écrit quelquefois. Donc, je ne peux que me rabattre sur l’espérance que quelqu’un prendra sa défense pour poursuivre la discussion. Pauvre malade que je suis.

Voilà mon commentaire :

C’est drôle, mais moi je ne vois pas de problème avec la richesse en tant que telle, mais bien avec le changement de valeur qui va avec, d’où le classique : « Une personne qui a moins de 20 ans et qui est à droite n’a pas de coeur. Une personne qui a plus de 40 ans et qui est à gauche n’a pas de tête… ».

Moi je veux voir des riches qui, avec ces moyens en dehors de la portée des gens ordinaire, s’impliquent pour faire changer les choses dans un sens respectueux de la race humaine, de la flore et de la faune. Alors, le protectionnisme économique égocentrique que l’on voit en ce moment me fait de la peine. Et quand je pense à la richesse, je pense aussi à cette citation : « With great power comes great responsibility. »

Les gagnes-petits sont à la merci de l’influence des grands. Et de réduire toute cette question à une rhétorique qui exclue la causalité des pouvoirs économiques est à la limite de l’indécence.

Et j’irais même plus loin. Je crois qu’il pousse l’indécence jusqu’au point où il fait la promotion de la richesse sans la responsabilité, car il y a un vide exemplaire à combler et je ne vois nulle part dans son texte, ni dans son clan d’ailleurs, de solution autre que sa nébuleuse finale : « La longue marche des Québécois est un cheminement psychologique autant qu’une affirmation économique et politique. Et elle est loin d’être terminée. »

N’êtes-vous pas d’avis qu’il manque beaucoup de chair à l’os?

Ce contenu a été publié dans culture, humeur, opinions, politique, psychologie, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à L'argent sale et ma blogosphérite aigüe…

  1. V dit :

    Ben… Je le sais jusqu’à quel point je veux m’investir dans cette discussion complexe et basée, de par et s’autre, sur des valeurs bien subjectives. POurtant, il me semble que Joseph te répondrais justement que Pauline Marois est une personne qui, malgré sa grande richesse, s’implique, à sa façon, pour changer le monde et améliorer les conditions des gens, alors qu’elle n’aurait aucun besoin de le faire. En ce sens, elle subit justement des critiques quant à sa richesse PARCE QU’elle mène une vie publique.
    Qu’en penses-tu ?

  2. Folliculaire dit :

    En gros, est-ce un libéralisme péquiste? Sa vision y ressemble étrangement.

    J’ai perdu intérêt à lire son blogue avec le temps. Il reprends ses textes du journal de montréal…

  3. Ce Bref Réveil dit :

    Ben le type enseigne maintenant aux HEC. Pour avoir fait l’erreur d’user mon fond de culotte dans cette institution pourrie pendant trois tristes années de ma vie, je ne m’attends pas à de grandes réflexions humano-philosophiques sur l’argent.

    En plus, il a tout faux. On ne reproche pas à Pauline qu’elle soit riche à craquer, on lui reproche ses potentielles magouilles et de faire semblant qu’elle ne pète pas de la broue. François Legault aussi est millionnaire et il ne fait pas la une de la Gazette… du moins pas encore. Je n’avais rien contre ses foulards Hermès à Pauline, mais sa coupe de cheveux à la Françoise David pour se rapprocher du peuple me donne le va-vite (pour rester poli).

    (Est-ce que ça paraît que je n’ai pas eu une bonne journée?)

  4. Renart L'éveillé dit :

    V,

    Effectivement, elle est une cible facile et, comme tu le remarqueras, je n’ai jamais sauté à pieds joint là-dessus même si je l’ai déjà critiqué. En même temps, je ne sais pas trop si c’est une si mauvaise chose…

    Le lien est trop facile à faire, et tout le monde peut se poser des questions sur l’utilité de se complaire dans autant de luxe. Que ce soit elle en particulier est très représentatif et elle aurait dû anticiper le coup.

    Quand tu écris que « Pauline Marois est une personne qui, malgré sa grande richesse, s’implique, à sa façon, pour changer le monde et améliorer les conditions des gens, alors qu’elle n’aurait aucun besoin de le faire », il n’en est pas tellement fait écho, mis à part son implication dans le Parti Québécois qui, pour le commun des mortels, n’est pas si clair. Les politiciens d’aujourd’hui sont perçus comme étant carriériste, opportuniste, plus que comme étant des modèles de désintéressement… Alors, stratégiquement, pour une femme qui veut paraître plus à gauche, il y a gros manque à gagner.

    Folliculaire,

    oui, c’est bien un fier représentant de la drouate néo-lucide péquiste, avec un côté sympathique, qui vient me charmer malgré tout (mais je suis vigilant), mi-intello, mi-peuple.

    Ce bref réveil,

    pour ce qui est de votre journée mon cher, ça paraît, votre verbe n’est pas aussi architectural qu’à l’habitude…

    Et ma réponse à V résume bien ma pensée, question de ne pas tomber dans la redite.

  5. Y-man dit :

    Je pense que Pauline Marois subit une critique quant à sa richesse surtout parce qu’elle est la chef d’un parti qui veut essayer de se recentrer sur les valeurs sociales qui ont fait sa marque de commerce par le passé hors aux Québec social et argent ne se conjugent pas au présent en même temps. Même si l’atcile voulait montrer les magouilles de Pauline, il a par la bande montré sa grosse maison et nous laisser deviner sa richesse

    Je pense que monsieur Facal a en partie raison quant il parle d’argent, nous Québecois avons beaucoup de difficulté à accepter la richesse, héritage de notre catholiscisme où il faut souffrir sur terre pour gagner notre ciel. On dirait que c’est mal que de posséder trop de bien. Si je regarde dans la culture anglo-saxonne de l’Ontario être riche veut dire est synonyme de travail acharné pour y parvenir, au Québec richesse veut souvent dire des doutes quant à la provenance de cet argent

  6. Josianne dit :

    C’est fou comme je me reconnais dans vos écrits…

    J’aime bien Facal, quoi que je le trouve parfois trop partisan. Il manque d’objectivité par moment, en voulant contre balancer la haine viscéral de l’argent exprimé par la gauche, pour ne pas dire gogauche.

    C’est vrai que la relation des Québécois avec l’argent est assez paradoxale. D’un coté ils rêvent tous d’être riche, de l’autre ils détestent tous ceux qui sont riche. Fond d’éducation catholique mélangé à nos racines occidentales peut-être…

    N’empêche que les choses ont beaucoup changé depuis une dizaine d’années. Les Québécois détestent de moins en moins les riches, Céline Dion est multi-millionnaire et elle adorée non ? Je crois que c’est l’égoisme et l’hypocrisie qui dérangent le plus aujourd’hui.

    Dans le cas de Pauline Marois, je doute que ce soit sa richesse qui lui est reproché. Du moins, moi ce n’est pas ce que je lui reproche. Je crois juste que le luxe dans lequel elle vit ne cadre pas avec les valeurs qu’elle prétend défendre. Je concois mal le fait qu’une socialiste (gauchiste, humaniste appellez ça comme vous voulez), ressente autant le besoin d’exposer sa richesse.

    C’est mon opinion, mais je ne crois pas être la seule à voir les chose de cette façon.

  7. Renart L'éveillé dit :

    Y-man,

    je continue de penser qu’il manque une utilité, une responsabilité à l’obtention de richesse. À quoi ça sert sinon être riche, à part faire et à en faire baver ceux qui ne le sont pas?

    Il n’y a plus grand-chose de gratuit aujourd’hui, d’un côté comme de l’autre…

    Josianne,

    son problème, c’est qu’il mélange le sujet et la causalité. L’argent est un outil comme un autre (mon fond d’écran de blogue s’influence de ça), et c’est aussi un symbole. Si quelqu’un frappe une autre personne avec un marteau, cela serait idiot de penser que quiconque accuserait le marteau du préjudice…

    Il ne faut pas que les Québécois changent d’avis sur ce qui tourne autour de l’argent à l’heure actuelle, mais plutôt de faire en sorte que ce qui tourne autour de l’argent devienne mieux.

  8. Y-man dit :

    je crois aussi que tu as raison avec la richesse vient les repsonsabilités. Peut être que trop de gens parvenus n’ont fait qu’étler leur richesse sans nécéssairement en faire profiter la société soit par des dons ou par du temps de bénévolat. On peut critiquer Péladeau mais j’ai remarqué qu’il avait commencà à faire des dons pour des institutions culturelles sauf que l’autre coté il y a tout le problème de la concentration de la presse.
    Il y a par contre encore une net déséquilibre entre la richesse et la responsabilité sociale de ceux qui possèdent la richesse, je te l’accorde

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *