La procréation assistée réservée aux couples hétérosexuels

Photo : Ian Waldie / Getty Images

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Le journaliste de Radio NRJ François Coulombe-Giguère titrait avec raison son article « La procréation assistée sera réservée aux couples infertiles », mais je voulais aller un peu plus loin en pointant dans mon titre les couples hétérosexuels. Parce qu’il ne faut pas se leurrer, le gouvernement écarte de son programme de procréation assistée les homosexuels et les femmes seules, donc il prend en compte, du moins en partie, l’orientation sexuelle.

La nature humaine et l’austérité

Si on se fie seulement au regard qu’on peut avoir au premier degré sur la nature de l’humain, cette décision peut avoir du sens. En tout cas, dans l’optique où on pense que l’austérité est justifiée et qu’il faut absolument couper.

En effet, pour la procréation, il faut un homme et une femme. Ça fonctionne comme ça à la base. Donc, s’il faut couper, coupons dans l’excédent : ceux qui ne pourraient pas avoir d’enfants de toute façon sans la procréation assistée, soit les homosexuels et les femmes seules.

(Il ne faut pas oublier que tout ce beau monde, couples hétérosexuels inclus, peut s’organiser avec les moyens du bord pour avoir des enfants, à part les femmes qui ont elles-mêmes des problèmes de procréation. Il y a donc l’acte sexuel qui devient un incontournable. Alors, on ne crachera pas sur le fait d’aider de futurs parents à se sentir le mieux possible dans le processus et avec les conséquences.)

Un échec démocratique et éthique

Pour moi, cette décision va totalement à l’encontre, et de la démocratie, et de l’ultime but recherché par le programme de procréation assistée. Et il faut prendre ces deux données comme un tout.

Si le programme de procréation assistée a pour but d’aider la démographie québécoise, pourquoi ne devrait-on retenir que la catégorie des parents hétérosexuels? Si la valeur démocratique a encore du sens pour le gouvernement, pourquoi ne pas avoir opté plutôt pour des coupes qui feraient en sorte de pénaliser le plus possible également tout le monde? Donc, une qualification plus sévère qui permettrait moins de prises en charge, mais sans pour autant faire de la discrimination.

Pourquoi le désir d’avoir des enfants ne serait-il pas aussi normal pour les homosexuels, alors qu’on a les moyens médicaux de le satisfaire? Et je pose la même question pour les femmes seules, alors qu’à la base justement elles sont seules pour subvenir aux besoins d’un enfant, alors que ce coup de main de l’État est hypothétiquement bien plus salutaire que pour les couples, qui peuvent avoir deux revenus.

De toute façon, on annonce que ce « projet de loi sera étudié en commission parlementaire pour s’assurer qu’il ne contrevient pas à la Charte des droits et libertés. » On devrait arriver à la conclusion qu’il y contrevient.

Ça aura été, comme trop souvent, du temps, de l’énergie et de l’argent gaspillés qui auraient pu servir à concocter un projet de loi qui aurait eu du sens. Pour un parti qui disait vouloir mettre de l’avant l’éthique, son travail au gouvernement avec ce dossier est du pur amateurisme.

Tout cela en ne voulant pas croire qu’il veut entre autres flatter avec tout ça la partie de l’électorat qui n’aimait pas du tout le fait que des homosexuels puissent profiter des largesses de l’État pour devenir parents…

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Êtes-vous d’accord avec le fait que le gouvernement veuille couper le programme de procréation assistée pour les homosexuels et les femmes seules?

 

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7 réponses à La procréation assistée réservée aux couples hétérosexuels

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