La majorité silencieuse et le gros bon sens sont des peureux

 

J’aimerais reprendre ici une réflexion de Jason Keays, réflexion partagée sur sa page Facebook.

Ce qu’il dit, c’est que le « gros problème du mouvement des carrés rouges » est « que la qualité de ses arguments fait ressortir la médiocrité du raisonnement de ceux qui y sont opposés ». Et, « plutôt que d’engendrer chez ces gens une réflexion intellectuelle, ils vont plutôt ressentir un profond sentiment d’infériorité et vont rejeter tout ce que le carré rouge dit sous prétexte qu’il ne respecte pas son point de vue ». Parce que selon eux ce point de vue serait « tout aussi valable sinon mieux puisqu’ils se réclament de la majorité silencieuse et du « gros bon sens » ».

C’est pourquoi les principales réponses « au mouvement du carré rouge sont le mépris et les matraques. Le principal obstacle n’est donc pas basé sur la qualité des arguments, mais plutôt un problème de communication. Comment ne pas vexer l’autre tout en lui démontrant que son postulat de base est faux. »

Je trouve que ça synthétise très bien la problématique. Et si je peux poursuivre la réflexion, je dirais que le concept de « majorité silencieuse » a été le plus utile pour se protéger du débat, du côté des détracteurs des carrés rouges. Parce que le concept de la majorité silencieuse, c’est bien pire que tout ce qu’on peut dire en mal des sondages. La majorité silencieuse, c’est un épouvantail dont se servent les gens qui n’ont que des approximations et des arguments boiteux à servir. Mais surtout, elle est une fiction pour se conforter dans l’idée qu’il est simple de comprendre la société dans son ensemble.

C’est simpliste de dire qu’il faut que les étudiants payent comme tout le monde. C’est simpliste de dire que le contribuable ne veut pas payer plus. Pourquoi? Parce que cela réduit la question à des détails qu’une analyse plus large permet de remettre en contexte. Et c’est sur ce terrain contextuel qu’il est possible de débattre. Alors, brandir la « majorité silencieuse » ou le « gros bon sens » est simplement une esquive, une feinte pour se tenir loin de ce terrain qui semble miné.

Alors oui, la majorité silencieuse et le gros bon sens ont peur des arguments des carrés rouges.

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8 réponses à La majorité silencieuse et le gros bon sens sont des peureux

  1. Jules dit :

    Le gros bon sens d’une majorité silencieuse c’est raisonnablement insignifiant.

    Attention cependant à une majorité non silencieuse; elle peut confondre homme d’état et vendeur de chaussures.

  2. Patrick dit :

    Le problème c’est qu’aller au-delà c’est remettre en question le concept de démocratie.

    Parce qu’en démocratie, si la majorité (qu’elle soit fucking’silencieuse ou non) refuse de réfléchir et de débattre, son « opinion » (et les guillemets sont très importants) a la même valeur que celle de celui qui, lui, a fait toutes les démarches pour avoir une opinion (et l’absence de guillemets est très importante).

  3. Louis Sirois dit :

    La majorité est peut-être aussi « silencieuse » pour la simple et bonne raison qu’elle en a strictement rien à cirer des revendications d’une minorité de jeunes et que leur préoccupation passe au 167 432 ème rang de leurs priorités journalière.

    Ne pas vociférer son « opinion » sur la place publique à tout les soirs ne signifie pas pas nécessairement ne pas avoir d’opinion.

    Et même si la majorité silencieuse n’avait effectivement aucune opinion, ce serait simplement le constat que ce débat n’inspire strictement aucun intérêt chez un large segment de la population. On ne peut pas « forcer » le Peuple a se faire une idée et débattre sur tout.

    En résumé, une très grande majorité de la population se cr*** de ce débat et que cela fasse plaisir ou non, c’est ça la voie de la démocratie.

  4. Monique dit :

    La majorité a tout compris. Elle doit se soumettre au marché en anglais non seulement en Occident mais partout à présent. Et c’est exactement ce qu’elle fait.

    La majorité comprend parfaitement qu’il ne s’agit absolument pas de son voisin. Il ne s’agit que de soi-même. Et elle se comporte en conséquence.

    La majorité est plutôt ignorante. Oui. Du moins plutôt insensible. Très premier degré. Sa philosophie de vie pourrait être « Toi Tarzan, moi Jane » ou « Mon père est plus fort que le tien » ou « C’est une jungle; tu bouffes ou tu te fais bouffer ». C’est d’ailleurs ce qui la rend, la majorité, parfaitement qualifiée pour être au service du marché. Ce qu’elle est. En zombie, certes, mais sans jamais avec son petit air goguenard.

    Elle serait presque charmante si elle n’était à claquer.

  5. Je trouve cette majorité très vocale depuis le début de cette lutte…

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