La gratuité, vraiment?

 

Auparavant, j’étais un fervent défenseur de la gratuité scolaire. Dans le contexte où les travailleurs québécois sont déjà lourdement imposés et qu’ils participent majoritairement à un système favorisant les services publics, c’est finalement un choix de société. Dans un système comme le nôtre qui vise une certaine équité par l’impôt, l’idée de la « juste part » y est déjà incluse, quoi qu’en pense le gouvernement. Dans l’optique où la gratuité scolaire représenterait un pourcentage infime du budget (environ 1%), ça ne serait pas un gros sacrifice budgétaire à faire alors que la grande part s’en va à la Santé, ce gouffre sans fond qui en plus ne réussit même pas à fournir une accessibilité décente que nous serions en droit d’obtenir. Mais ça, c’est une autre histoire…

Sinon, même dans la vraisemblance de la gratuité, je ne crois pas qu’on devrait y arriver tout à fait. Alors oui pour un coût très bas, presque symbolique, parce que ce coût devrait tout à la fois faire passer le message que l’éducation a justement un coût réel (j’adhère à l’idée que ce qui est gratuit peut donner l’impression pour certains que c’est à prendre à la légère) et en même temps ne pas être un frein à l’accessibilité. Pour ce qui est du montant en soi, je lance un chiffre en l’air : 500$ par session! C’est déjà beaucoup plus bas que ce que les étudiants pourraient obtenir à l’heure actuelle, même avec un gouvernement négociant de bonne foi. Et pour ceux qui me rétorquerait que ce 500$ par session serait une trop belle aubaine pour la classe riche, je dirais que si à la base cette classe riche paye plus d’impôts que les autres, elle peut bien profiter aussi de ce rabais, qui dans le fond n’en est pas tellement un, étant donné que de toute façon le financement du système d’éducation provient déjà amplement des poches du contribuable.

Je crois qu’il faut le répéter et le répéter : le financement du système d’éducation provient déjà amplement des poches du contribuable. Et c’est la base même de notre système social-démocrate, que le Parti libéral tente de saborder néo-libéralement petit à petit en tentant de rentrer de force dans la gorge de la population l’idée de l’utilisateur-payeur, tout en ne touchant pas aux impôts des particuliers. Avez-vous entendu beaucoup parler de baisses d’impôts depuis le début du règne libéral? Je demande ça de même… Mais de toute façon, même avec des baisses d’impôt, c’est quand même un changement idéologique qui tend vers une plus grande place du privé et un filet social de moins en moins effectif. Je suis bien d’accord pour avoir un sérieux débat là-dessus, mais là où le bât blesse, c’est que tout se passe en catimini et bien insidieusement. Le PLQ n’a jamais basé son programme électoral sur une plateforme vantant les mérites du démantèlement de l’État-providence, l’ADQ, oui, et le seul moment où ce parti a fait bonne figure, on a pu voir que c’était beaucoup plus contextuel qu’autre chose. La différence avec le PLQ, c’est que pour se rendre au même endroit, il fait d’innombrables détours pour nous perdre… Je n’ai jamais été un admirateur de l’ADQ, mais au moins ce n’est pas un parti hypocrite quant à ses vues.

Pour revenir aux coûts de l’éducation, j’aimerais signifier ici qu’il y a une différence notable entre une approche qui tend vers un coût le plus bas possible pour les étudiants directement de leurs poches et l’autre qui vise des coûts plus élevés avec de l’aide financière pour contrebalancer : le rôle des banques qui auront à prêter plus ou moins aux étudiants. Je ne crois pas que nous pourrons un jour éliminer les prêts aux étudiants qui en ont de besoins, mais au moins il ne faudrait pas que la principale raison d’emprunter soit parce que les frais de scolarité sont faramineux. Les profits des banques sont déjà faramineux, je crois que ce serait un beau choix de société de faire en sorte que nos jeunes arrivent sur le marché du travail avec le moins de dettes possible. Et si la santé financière des banques était ce qui faisait la santé économique globale du Québec, ça se saurait.

Et encore, au niveau économique, il me semble que tout est plus intéressant que des dettes. Épargner pour s’acheter une maison est plus intéressant que des dettes. S’acheter n’importe quoi est plus intéressant que des dettes. Mis à part pour les riches, le concept de l’utilisateur-payeur mène à des dettes. Voilà où le gouvernement de Jean Charest veut nous mener. Les banquiers veulent un retour sur l’investissement?

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10 réponses à La gratuité, vraiment?

  1. Edouard Boily dit :

    Nous allons léguer à nos enfants une dette nette de 180 milliards de dollars et nous osons leur demander de payer pour leurs études afin qu’ils aient un meilleur salaire pour payer plus d’impôt pour rembourser cette dette?

    Comptons-nous chanceux qu’ils n’utilisent que des banières et des pancartes. Et en plus on leur tape dessus.

    Pis en passant, faut pas que ça dérange le Grand Prix.

    Misère.

  2. Cette génération, qui apparemment ne pourra jamais gagner une élection, vient peut-être de trouver le moyen idéal de faire valoir ses préoccupations dans tous les domaines (en environnement par exemple).

    Enfants rois, pourquoi pas? Et tant qu’à faire soyez-le donc jusqu’au bout (rois). Surtout, ne soyez pas une génération « prince Charles » (éternels héritiers d’un trône que vous n’obtiendrez jamais). Serrez-vous les coudes et ne laissez-pas d’autres ou le hasard décider de votre avenir (plan nord). De toute façon, la vieille génération, même si elle est plus nombreuse, a besoin de vous. Vous êtes l’avenir, eux sont déjà loin derrière : ne les laissez pas vous ralentir.

  3. UssTropicana dit :

    Ce qu’on oublie tout le temps, c’est que nous sommes les rois et reines mais par la manipulation générationelle, nous l’avons oublié. Nous sommes relégués au rang de « personne » légale.

    La « gratuité » est possible même à l’intérieur de ce système défaillant dès le départ. Une (autre, oui) taxe de 2% sur toutes les transactions boursières règlerait le problème temporairement. À la vitesse que se font les échanges électroniques impossible à suivre pour un être humain, le système de santé en bénificierait probablement aussi.

    Mais ce n’est que retarder l’inévitable chute d’un dollar basé sur rien du tout. Dès que la première note légale privée (billet de banque) a été empruntée, il y avait déjà plus de notes en circulation (l’intérêt dû) qu’il n’existait de notes réelles. De là l’impossibilité de payer toute dette. On ne paie pas une dette à intérêt avec une autre dette à intérêt.

    Ce système banquaire privé est voué à la faillite de tous et ce ne sont que les banques privées qui, dans la fraude, s’approprient vos biens.

    La vérité est sorti du sac. Il ne s’agit plus que le monde le sache.

  4. Moulinneuf dit :

    @ Renart Léveillé

    Votre système ne fonctionne pas en réalité. 500$ empêche encore un Africain pauvre de somalie a venir etudier au Québec et bloque la plus part des Québecois pauvre.

    Et le vrai problème est qu’il faut éliminer les fraudeur privés , gouvernemental et publique du système scolaire en premier.

    Mettre de l’argent dans un système mafieux et corrompus sert juste a rendre ses gens plus riches et ne donne pas de retour sure investissement ou de résultat sauf de perdre son argent.

  5. « Votre système ne fonctionne pas en réalité. 500$ empêche encore un Africain pauvre de somalie a venir etudier au Québec et bloque la plus part des Québecois pauvre. »

    En réalité, les étudiants étrangers doivent payer la totalité des coûts pour étudier. Ils ne sont pas subventionnés comme les étudiants québécois. Pour ce qui est des étudiants pauvres, ils ont droit à un max de prêts et bourses, mais bon, ils s’endettent…

    Ce sont les étudiants de la classe moyenne qui sont le plus à plaindre dans le présent conflit.

  6. Moulinneuf dit :

    Un africain pauvre de somalie qui arrive au Canada/Québec est un immigrant plus souvent réfugié, pas un étudiant étranger comme en example des francais, norvégien ou États-Uniens.

    De plus même si il est étudiant étranger pourquoi pas lui offrir un contrat de service long terme a clause de 40 ans pour la gratuité de ses cours si il reste exercer ici.

    Un docteur francais , norvégien ou États-Uniens qui nous donne 40 ans de pratique a sauver des vies ou un ingénieur ou même un musicien ou un professeur de mathématique qui nous donne 40 ans de sa vie , je vois sa comme un investissement payant , on vas chercher les Einstein pauvre des autre pays …

    Non le plus a plaindre ce sont tout les citoyens Québécois et Canadiens on as des pénurie de professionnel , manque de personnel qualifié car on se le fait piquer ( exode des cerveaux )et on paye 3 fois le prix d’une éducation a harvard car ou se fait mafiosé/frauder et on en redemande encore …

    On as réussi a faire croire a certain qu’un médecin qui sauve des vie si on la pas endetter en premier juste pour le nom/branding de l’école qu’il vaut rien …

  7. Suzanne dit :

    Tout à fait daccord. C’est un système de merde auquel je ne crois plus. J’ai décidé d’abaisser ma consommation au minimum et d’épargner le plus possible….Il n’y a plus de gros bon sens nul part dans cette société pourrite que ça soit au travail, en santé ou en éducation, moi je sors du système. Je ne serai pas une esclave du capitalisme ni de la finance! Non merçi.

  8. Christian dit :

    Dans un système comme le nôtre qui vise une certaine équité par l’impôt, l’idée de la « juste part » y est déjà incluse, quoi qu’en pense le gouvernement. RL

    Cela est une fraude. Fausse affirmation popularisée par les syndicalistes soviétique.

    L’impôt du Québec n’est pas équitable, il est répressif et discriminatoire. Il crée des inégalités et quatre classes de citoyens. Les contribuables au revenus de…

    14,000 $ et moins, paient 0 % d’impôt.
    15,000 à 39,060, paient 16 % d’impôt, 2,400 à 6,250 $
    39,061 à 78,120, paient 20 % d’impôt, 7,812 à 15,624 $
    78,121 et plus, paient 24 % d’impôt, 18,749 $ +

    Autrement dit, plus vous travailler fort et plus vos revenus augmentent, plus vous serez dépouillé et nivelé par le bas. Votre pauvreté augmentera proportionnellement à l’augmentation de vos compétences et expériences, donc de vos revenus.

    On appelle cette méthode de calcul mafieuse, de l’extorsion.

    L’équité entre les citoyens se mesure par l’égalité entre citoyens. Comme lors d’une élection, un vote par électeur, sans égard à ses revenus du travail et donc le niveau d’impôt qu’il paie.

    À cet égard, l’Alberta respecte l’équité entre ses citoyens en proposant un taux d’impôt de 10 %, pour tous.

    Cette équité fiscale de l’Alberta, se retrouve maintenant au Québec, sans vous en rendre compte. C’est l’impôt santé de 100 $ en 2011 et 200 $ en 2012 pour tous, à la ligne 448 de votre déclaration fiscale.

    Cela correspond au coût de la visite appliquée par les médecins à l’urgence ou à la clinique, qui est le même tarif pour tous, sans égard à votre maladie ou à vos revenus du travail.

    Pour l’équité fiscale, si vous ne le savez pas encore que vous êtes exploité et extorqué par le régime socialiste soviétique du Québec, je vous le rappelle.

    Au Québec les particuliers paient de l’impôt sur leurs revenus, les entreprises et les travailleurs autonomes paient de l’impôt sur leurs profits.

    Par contre les oligarques, syndicats socialistes de l’Alliance dont la FTQ, CSN ou CSQ et autres, ne paient aucun impôt sur leurs revenus (800 millions l’an) ou sur leurs profits. 41 millions de profits sans impôts à la CSN, par exemple.

    L’équité fiscale ?…. Pas au Québec.

    CH

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