Jean Charest a-t-il peur du web 2.0?

En regard de mon billet précédent où j’expliquais que le néologisme « harperiser » signifie « faire table rase du progrès social », je peux sans gêne écrire que notre premier ministre Jean Charest harperise. Et le fait que sous son manteau libéral se cache un conservateur doit sûrement aider.

C’est que dans l’article du Devoir, « Québec invité à prendre rapidement le virage numérique », on indique que le chef du gouvernement québécois demande à ce qu’on garde secret un rapport où on invite entre autres à investir les réseaux sociaux et à adopter « une politique d’ouverture pour l’ensemble des données civiques produites par l’appareil gouvernemental. » Heureusement, son voeu de confidentialité totale n’a pas été exaucé.

Détail qui n’est vraiment pas sans intérêt, c’est le député libéral Henri-François Gautrin qui chapeaute ce rapport. Bien que son chef ait visiblement peur,  il « pourrait présenter quelques bribes vendredi à Québec, dans le cadre de la conférence WAQ — le Web à Québec ». Nous comprendrons que le fait d’indiquer qu’il est possible et non que cela se passera a un lien avec les pressions que pourraient exercer John James Charest.

J’avoue d’emblée penser que notre PM a peur, mais il se pourrait très bien aussi que cette gêne concerne seulement la stratégie. En cette période pré-électorale, peut-être qu’il voudrait garder une bonne nouvelle pour un moment opportun afin de mousser sa réélection. Mais devant le portrait de son règne qui montre avec des lettres lumineuses la collusion, et le report de l’ouverture de la Commission Charbonneau pour après les élections, je penche plus amplement du côté critique.

Qui ne sait pas que de garder le peuple dans l’ignorance et le plus loin possible du pouvoir est la meilleure tactique pour rester en selle. Pour ce qui est de promouvoir l’ignorance, augmenter les frais de scolarité est un bon plan, qui se cache absolument très bien sous un argumentaire comptable. Et promouvoir le gouvernement 2.0, c’est évidemment magnifier le pouvoir citoyen et amoindrir le pouvoir politique des partis (dans le sens que les résultats électoraux placeraient plus des gestionnaires que des décideurs).

Et, pour aller à un niveau plus anecdotique, j’ai la ferme impression que les actuels utilisateurs des réseaux sociaux dans un sens plus politique ne sont vraiment pas gagnés par le parti libéral, loin de là. Enfin, pour avoir un portrait il me semble assez juste du vedettariat des médias sociaux et de la blogosphère, le parti libéral est sous-représenté. Pourquoi Charest, qui veut garder le pouvoir, aiderait-il des citoyens qui sont contre lui? Cette question oscille entre le « gros bon sens » et la théorie du complot, c’est bien évident. Mais elle n’est pas moins représentative du cynisme actuel, que la mise en place d’un gouvernement plus interactif et transparent pourrait guérir.

En tout cas, la balle est tellement dans son camp.  Et elle a la forme d’une patate, et elle est chaude.

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2 réponses à Jean Charest a-t-il peur du web 2.0?

  1. JEAN CHAREST: UN PAS DE CLASSE(fermaton.over-blog.com)

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