C’est trop

Pour dire vrai, le fait que j’ai travaillé ardemment sur mon nouveau blogue alors qu’Haïti continuait de trembler m’a permis de garder la tête hors de l’eau. C’est trop de désespoir pour quiconque n’a pas les moyens de réagir à la mesure de ce qu’il pourrait faire, dans le meilleur des mondes (en tout cas, assez « meilleur » pour que la générosité puisse fleurir adéquatement : et je n’ai pas ces cartes-là, bien malheureusement. Le repli est la carte de l’impuissance. La mienne est plastifiée).

Et puis, je sais le concert vidéophotographique surchargé, sans finesse, à la dimension de l’urgence. Celui-là qui dissone constamment, que même les couleurs chatoyantes des secours ne réussissent pas à harmoniser. Celui qui donne le goût de se mettre les mains sur les oreilles et de crisser (dans l’air) une comptine inventée, quand son propre tapage est un baume pour l’esprit. C’est trop. Je me suis tenu assez loin pour seulement en entendre quelques réverbérations.

Le comble de la stupidité :

je trouve qu’ils ont forgé leur malheur. Et en plus, je trouve que c’est un peuple paresseux. Oui! Ils sont paresseux, a-t-il poursuivi en détachant chaque mot. Pis check ben tu vas voir, on va assister à un afflût d’immigration à cause de ça.

(Les cahiers de Charlotte Moderne)

Quelque chose de positif :

Faites un don, dites-le haut et fort afin d’inciter votre réseau à donner à son tour. Ce n’est pas une question d’ego.

(@mdumais)

À faire tomber les bras :

Le séisme d’Haïti avait été prédit.

(France-Soir via L’Agitateur)

Réaliste :

nous pouvons nous demander si cet grand élan de générosité et de compassion ne s’étiolera pas […] : les catastrophes se « vendent » bien et attirent les lecteurs et les téléspectateurs.  Mais,  une fois le « gros » de la nouvelle passé, l’intérêt diminuera et les médias occidentaux retourneront aux bons vieux sujets d’actualité […]

(Jimmy St-Gelais)

Et finalement, toute l’implication de la généreuse Michelle Blanc.

Pour donner en ligne :

CECI

(Photo : Chris Hondros/Getty Images — trouvé via 10putes — détail)

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23 réponses à C’est trop

  1. Et je dirais même plus si tu me permets d’ajouter ceci : Il faudrait reconstruire sans bidonville et qu’ils se débarrassent de tous les dictateurs de ce monde sinon ils ne s’en sortiront jamais…

    Et puis même si la prière ne ramène pas les morts elle soulage dans la douleur. Alors je prie pour ce peuple dévasté.

  2. Nicole dit :

    Tu vois, moi ce que je trouve le plus aberrant c’est que chaque fois que les gens deviennent d’une générosité sans frontière c’est uniquement quand il arrive des catastrophe naturelle du genre.

    Les gens s’insurgent contre le fait que certaines personnes ne réagissent pas avec autant de compassion qu’eux supposément ont parce qu’ils s’adonnent enfin à poser des gestes vers autrui. Alors que dans leur quotidien, ils n’assument pas le fait que plusieurs de leur gestes font en sorte que les gens pauvres d’ailleurs le sont entre autres à cause d’eux!

    Quoiqu’il en soit, ne doit-on pas plutôt se poser les vraies questions? Oui un tremblement de terre c’est grave. Encore une fois c’est la quantité, c’est le fait que ce peuple n’est pas ménagé par les catastrophes naturelles, c’est le fait que ses conditions de vie sont généralement moins bonnes, qui fait que tout les regards sont tournés vers eux depuis des jours.

    Pour le tremblement de terre en Italie à Aquila, plus de 300 morts, plusieurs jeunes universitaires… ah mais eux avaient certainement plus de chance puisqu’ils vivaient dans une ville plus moderne. Et puis c’est juste une centaine de morts quoi l’équivalent d’un écrasement d’avion! Ça reste des morts pareil et on en parle quoi deux jours tout au plus pour être sûr d’avoir rejoint tous les auditoires.

    Je trouve que la médiatisation de l’événement d’Haïti est exagéré et ce n’est qu’un mon point de vu. On en fait des chansons, on en fait des concours photos, on en fait du sur-tourisme en envoyant trop de journalistes juste pour avoir des nouvelles…

    Pourquoi ne pas réfléchir à comment venir véritablement en aide à ces peuples, situés sur des territoires aux intempéries multiples. Comment venir en aide à un peuple qui doit encore aujourd’hui s’acheter de l’EAU??? Comment faire en sorte que nos gouvernement ne pensent pas égoïstement en ne pensant qu’à leur image et à leurs intérêts. Faire en sorte qu’un jour il soit possible de venir en aide sans pour autant en plus vouloir un crédit d’impôt sur les dons!!!

    Qu’il y ait des gens qui croient que Haïti et son peuple soient paresseux c’est malheureux, mais ils ont droit de penser ainsi… je trouve que c’est nous, citoyens des pays modernes, voire plus riches (si on veut puisqu’on est richement endetté, mais bon ça c’est un autre sujet), qui sommes vraiment paresseux! On regarde les nouvelles, on regarde nos politiciens faire des bêtises, et on ne bouge pas le petit doigt. Ah oui, les doigts oui, si c’est pour écrire sur un clavier nos pensées leur concernant… mais est-ce suffisant? Ne devrions-nous pas trouver de véritable solution pour faire bouger les gouvernements dans le sens que nous le voulons?

    J’avoue ne pas avoir assez de connaissances politiques pour trouver des solutions probablement plus réalistes qu’à celles dont je songe. Tant qu’à moi, je prendrais la vieille méthode, mais trop radicale et mal perçue de nos jours! Alors j’espère que quelqu’un quelque part de plus brillant que moi, saura trouver la façon d’agir pour notre pays ainsi que pour tous les autres. Que l’on cesse de dire ça c’est à moi et ça c’est pour toi…

    Je rêve sûrement… mais j’aimerais tellement voir un jour les humains s’unir au delà des frontières, des religions et des cultures. Juste être des êtres humains qui se respectent!

    Pas chanceux Renart, je me suis défoulée sur ton nouveau blogue! ;o)

  3. L’histoire des dons actuellement me rappelle ce que je vis avec ma copine qui est enceinte. On voit apparaître autour les parents « modèles » qui cherchent toujours à faire ce qu’il faut pour le p’tit et qui, quand elle voit d’autres parents faire les choses différemment qu’eux, ils se mettent à conseiller, à juger, à commérer.

    Je n’en donnerai pas d’argent moi non plus pour Haïti. Du moins, pas tout de suite. Par orgueil?? Bin voyons dont, je suis un admirateur de Dany Laferrière et de toute la belle culture unique d’Haïti qui m’a été présenté par ce dernier à travers ses témoignages et entrevues.

    J’vais plutôt laisser la grosse job se faire par les gouvernements. Il faut se rappeler que plus de 10 % du pays a, disons-le, pris le bord! Avant que l’argent soit dans le lot, il y a des vêtements qui seront requis, de l’eau, de la bouffe non périssable.

    Évidemment, je reçois des jugements par ceux qui ont donné… Mais de mon côté, comme eux, je les juge quand je les vois jeter leur sac vert rempli de linge presque neuf.

    On se sécurise tous du mieux qu’on peut. 😉

  4. @Jordan :

    Égoïste déficitaire.

    Quelle pensée dichotomique vous avez.

    «je reçois des jugements par ceux qui ont donné… Mais de mon côté, comme eux, je les juge quand je les vois jeter leur sac vert rempli de linge presque neuf.»

    Ridicule. D’où tenez-vous cette logique crétine que si l’on fait un don, on jette des vêtements.

    L’argent donné à la Croix-Rouge et aux ONGs va directement en aide aux sinistrés. Ça coûte une fortune acheminer de l’aide humanitaire, de la nourriture, de l’eau potable, des médicaments, des hôpitaux de campagne.

  5. Oh là, oh là. Égoïste déficitaire? J’avoue que j’vais devoir « plugger » ce qualificatif à quelqu’un, un jour. Wow! Ça sonne bien.

    Premièrement, il faut voir le second degré du commentaire. Vous connaissez le sarcasme?

    Deuxièmement, je ne fais pas l’association directe que TOUS CEUX qui donnent de l’argent ne donnent pas de linge. Je faisais allusion, en image, à la façon qu’on a, chacun d’entre nous, de chercher à se déculpabiliser durant certains événements de nos vies. Ne criez pas au feu parce que je craque une allumette, franchement. On discute ici.

    Je dois vous donner raison pour ce qui est du fait disant que ça coûte une fortune pour acheminer l’aide humanitaire telle que la nourriture. J’avoue que je n’avais pas approfondi ce principe. J’admets ne pas travailler dans ce milieu et ne pas réfléchir à l’aide humanitaire 24/7. Mais, en fait, une partie de l’aide gouvernementale ne servirait-elle pas à ça? (Ceci est une question sincère et non un sarcasme).

  6. renartleveille dit :

    Denise (Soupir59),

    pour ce qui est des dictateurs, il faudrait d’abord que les Haïtiens désirent la démocratie. Justement, est-ce que quelqu’un sait s’ils la désirent?

    Nicole,

    « Tu vois, moi ce que je trouve le plus aberrant c’est que chaque fois que les gens deviennent d’une générosité sans frontière c’est uniquement quand il arrive des catastrophe naturelle du genre. »

    en même temps ce n’est même pas une si grande générosité que ça… Si Ottawa propose d’accoter les dons de 100 millions, c’est qu’on n’y est pas encore. Si on calcule vite, le Canada compte environ 30 millions d’habitants…

    « On regarde les nouvelles, on regarde nos politiciens faire des bêtises, et on ne bouge pas le petit doigt. Ah oui, les doigts oui, si c’est pour écrire sur un clavier nos pensées leur concernant… mais est-ce suffisant? Ne devrions-nous pas trouver de véritable solution pour faire bouger les gouvernements dans le sens que nous le voulons? »

    Écrire et diffuser « nos pensées » c’est déjà mieux que de ne rien faire, quand même…

    Jordan Chénard,

    j’ai de la difficulté à m’y retrouver avec ton commentaire. Parce que tu semblais être d’accord avec moi que les gars de CHOI avaient de bons arguments, mais que leur décision de ne pas donner n’était pas la bonne.

  7. (Tu m’excuseras les fautes… je n’ai pas le temps de me relire, j’passe vite)

    Ouin, j’te comprends. Je ne suis pas clair, je l’admets. Des fois, une idée est claire en tête mais une fois écrite on remarque que ça s’explique bien mal.

    Comme je disais, je veux donner à Haïti, évidemment, mais simplement pas tout de suite. On dirait que j’veux simplement laisser la vague passer.

    Et oui, j’étais tout de même d’accord avec le gars de CHOI (pour une des rares fois, lol) et avec la majorité de ses arguments mais jamais sur le fait de ne pas donner du tout.

    Présentement, je suis surexposé à la couverture médiatique et comme je disait sur le billet de ton ami Éric Bondo (super billet, vraiment),je trouve la mobilisation de public exemplaire mais j j’ai comme l’impression d’une surenchère dans les médias qui encourage à donner aux causes les plus spectaculaires. Comme s’il fallait mériter les dons d’après le grandiose de la situation. Je n’ai pas vu de grands rassemblement pour le grand tremblement de terre en Italie et je n’ai pas vu non plus de spectacles bénéfices sur tous les réseaux durant les années de François Duvalier (Papa Doc). J’ai dû m’intéresser à Dany Laferrière pour avoir ses informations.

    En gros, je donne à longueur d’année à différents organismes par conscientisation sociale constante et pour le moment, je vis un certain malaise à tout envoyé en Haïti quand il continu à avoir différents trucs qui se passe partout dans le monde, dont ici dans nos rues glacées, et qui sont éclipsés de la carte. Comme si notre générosité ne consistait qu’à n’être «un coup à donner».

    Donc en gros, je vais donner mais je vais laisser la vague médiatique déferlé pour ensuite m’informer sur les différents organisme et donner par ordre de priorité à un moment que je trouverai opportun.

    Ah là là… Pas facile trouver les mots pour te démontrer mon malaise avec la situation actuel.

  8. «je n’ai pas vu de grands rassemblement pour le grand tremblement de terre en Italie»

    il n’a pas ravagé le pays au complet avec des chiffres astronomiques de morts, de blessés, de disparus. Un pays déjà ravagé par la pauvreté. On ne peut en dire autant de l’Italie qui avait les moyens financiers de s’en remettre.

    Le pauvre ici, dans nos rues glacées, a la possibilité de quêter, d’aller dans des refuges, et d’obtenir de l’aide sociale ou des soupes populaires. Là-bas, tout le monde n’a rien, absolument plus rien. Le pauvre ici, il peut se présenter dans n’importe quelle clinique pour un petit bobo et il sera soigné gratuitement et en attendant au plus quelques heures. Là-bas, c’est catastrophique.

    C’est un relativisme totalement déconnecté que vous affichez. Il y a des choses pires que d’autres dans le monde.

    Les secours ont besoin d’argent MAINTENANT.

    Pour ma part, je serais à Haïti depuis le début si je n’étais pas obligé de travailler actuellement. J’ai dû me rabattre sur un don à la Croix-Rouge, ce qui est mieux que rien… Je me sens bien impuissant à distance. Alors quand je lis des messages comme le vôtre, j’y vois un manque flagrant d’empathie pour ces millions de personnes.

    Vous confondez votre saturation d’en entendre parler par les médias, ce qui est une chose, avec la souffrance des gens là-bas. Comme si votre saturation équivalait à avoir fait votre part… «J’en ai assez entendu» n’équivaut pas à «j’en ai assez fait».

  9. Nicole dit :

    Vincent,
    dans un premier temps vous ne savez pas ce que j’ai ou je n’ai pas fait dans la situation actuelle alors vous devriez vous abstenir de faire certaines remarques.

    Vous avez obligation de travailler? Vraiment? Et bien c’est surprenant, je croyais que vu l’état grave des choses en Haïti tout homme pouvant offrir son aide devrait le faire sans se dire :«Ah mais je dois travailler ici!» Qu’est-ce qui vous y oblige? Sachez qu’on a le choix, toujours… mais on ne choisit pas toujours ce qui devrait être fait. Bref, ça ne me regarde pas, vous faites ce que vous voulez et comme vous le voulez. Si vous jugez que vous ne pouvez pas le faire soit, mais ne jugez pas les autres sur leur choix.

    Pour ce qui est de ma vision des choses elle diffère peut-être de la vôtre, mais cela ne signifie pas pour autant que j’ai davantage tord ou raison que vous. Tout est question de perception.

    Je ne suis pas d’accord que les drames se calculent selon la pauvreté, l’éducation, la quantité de morts et de blessés, l’envergure du désastre ou la capacité de s’en remettre… c’est d’une discrimination sans borne, selon moi, que de juger qui a plus de chance et qui en a moins selon sa condition de vie actuelle.

    La situation en Haïti est certainement grave puisque les soins post-désastre sont ce qui inquiètent le plus les autorités. Des survivants pouvant mourir de maladies suite à cette catastrophe. Il est clair qu’il faut venir en aide, je n’ai jamais dit le contraire que je sache. Je dis juste que l’aide maintenant c’est bien mais qu’il aurait dû être fait plus tôt et mieux à de nombreux égards.

    Au lieu de ça, on donne au compte goûte à l’année longue et c’est quand une catastrophe survient qu’on se sent l’âme salvatrice et obliger de venir en aide aux autres dans le besoin. Autrement, on est aveugle quand ça nous chante, mais quand on se fait mettre des images sous les yeux alors là, soudain on retrouve la vue!!!

    Bref, je trouve que le tapage médiatique est trop persistant, ce n’est pas ce qui fera en sorte de motiver les gens à donner. Ceux qui l’on fait l’on fait et ceux qui ne l’ont pas fait ne le feront pas davantage plus tard ou du moins très peu se joindront à la cause.

    Pour ce qui est de l’argent… dans des situations comme ça, entre vous et moi… si nous étions juste un peu plus «Humains» que nous le prétendons si bien… l’argent ne serait pas compté, l’argent n’aurait pas besoin de servir à acheter et à procurer des biens essentiels à la vie de certaines personnes. Je sais que nous vivons dans des sociétés capitalistes malheureusement pour nous, et pour les autres à travers le monde aussi!!!

    Aussi, comparer les souffrances des uns avec celles des autres n’est pas la meilleure manière de venir en aide à autrui. Un pauvre reste un pauvre, peu importe les conditions qu’il a ici ou ailleurs. J’ai vu un clochard un jour dormir dans le froid, il m’a sourit, je lui ai souris en retour… souvent je lui donnais de l’argent, pas cette fois-là. Quand je suis repasser quelques heures plus tard, j’ai su qu’il s’était endormi là où je l’avais croisé et qu’il était mort. L’argent c’est bien beau, mais il faut faire davantage…

    Je viens en aide aux gens plus près de moi dans le moment. Ceux qui le font pour les gens plus loin ont tout mon respect et mon appui. Mais on ne peut pas être partout à la fois et dans mes conditions (familiale, santé, économique) je ne peux pas faire plus. J’ai trouvé la force de ne pas m’en sentir coupable, parce que des gens dans votre genre, lance des phrases pleine de hargne et d’insultes croyant connaître la personne à qui vous vous permettez de répondre sur un simple commentaire.

    Rien ne sert de harceler les gens pour qu’ils donnent de l’argent, surtout pas par des personnes qui ont déjà donné et qui finissent par porter un jugement vers ceux qui ne suivent pas leur traces pour x raisons. Faites ce que vous avez à faire et les autres feront aussi ce qu’ils ont à faire. On ne changera pas la mentalité des gens qui ont des préjugés à l’endroit des Haïtiens, le temps d’une catastrophe naturelle quand même! Faut être réaliste, de la même manière que l’on se résigne à ce que les secours et l’aide soit payer en argent encore aujourd’hui, il faut comprendre que des gens ayant des opinions différentes voire insensés existent et existeront probablement encore pour bien des siècles!

  10. @Nicole :

    «dans un premier temps vous ne savez pas ce que j’ai ou je n’ai pas fait dans la situation actuelle alors vous devriez vous abstenir de faire certaines remarques.»

    Je ne vous ai aucunement adressé la parole, à moins que vous ayez double identité.

    «Qu’est-ce qui vous y oblige? Sachez qu’on a le choix, toujours…»

    Mon devoir déontologique. Je ne peux abandonner 6000 personnes sous ma responsabilité pour aller porter secours à d’autres qui ont déjà de nombreux secouristes de partout dans le monde qui sont sur le terrain en train de les aider. La beauté de la chose, c’est que je peux faire un don qui sera utilisé par les centaines de volontaires qui ont pu s’absenter de leur travail sans pénalité pour aller porter secours ou les nombreux membres d’ONG qui se sont rendus sur place.

    «l’aide maintenant c’est bien mais qu’il aurait dû être fait plus tôt et mieux à de nombreux égards.»

    À ma connaissance, aucune boule de cristal ne pouvait prédire cette catastrophe. Vous croyez aux esprits ?

    «on donne au compte goûte à l’année longue et c’est quand une catastrophe survient qu’on se sent l’âme salvatrice et obliger de venir en aide aux autres dans le besoin.»

    Rien ne vous empêche de contribuer aussi à l’année (Centraide par exemple, etc.). Il est trop facile de se dire : «j’ai déjà fait ma part». On peut toujours en faire un peu plus pour les situations cataclysmiques comme celles-ci ou comme le tsunami qui avait ravagé une partie de l’Asie du Sud-Est. Même si ce n’est que quelques dollars.

    «Bref, je trouve que le tapage médiatique est trop persistant»

    Je suis d’accord là-dessus, ce qui n’est aucunement une raison de ne pas donner. Il n’y a aucun lien entre les besoins immenses là-bas et votre saturation médiatique.

    Est-ce que votre clochard est mort parce qu’il n’a eu que des sourires cette journée-là et pas un sou ? Un sourire, c’est bien beau, mais ça ne soulage que votre conscience. Pas l’appétit ou la température corporelle de celui qui est dans le besoin. À moins d’être d’un naïf romantique, ce qui doit être ma foi très rare chez les lucides clochards. Votre conscience est bien aujourd’hui, vous vous dites : «grâce à moi, il est mort avec le sourire». Vos sourires et vos pensées n’aideront en rien les gens d’Haïti.

    Je ne me gêne aucunement pour souligner les aberrations de jugement lorsque j’en observe. C’est même un devoir de citoyen, comme le disait le Mutant Médiatique sur un autre site, il y a quelque temps. Après tout, ceux qui font preuve de jugement grossier ne se gênent pas, eux. Prendre la parole en public, s’est s’exposer à la critique. Cela est bien différent des insultes gratuites.

  11. Nicole dit :

    Vincent,
    Si on s’arrête qu’à la catastrophe je trouve que l’aspect d’aide humanitaire est vraiment limité. Ce peuple est dans la pauvreté et dans le besoin depuis des lustres et bien avant l’apparition de toutes les intempéries qu’ils ont affronter au cours de ces dernières années. C’est de cela dont je parle lorsque je dis qu’il aurait fallu agir avant pour leur venir en aide. Pas nécessairement de prédire une catastrophe naturelle, les météorologues ne sont même pas foutu de nous dire quel temps il fera demain, alors les catastrophes!!!

    Mais il est plus facile de les laisser là comme ils sont et s’en occuper uniquement quand on trouve que la nature a été trop «méchante». Alors qui croit au karma, à la providence, aux Dieux ou aux esprits? Celui qui dit que Haïti a eu son lot de malchance comme s’il avait été visé spécifiquement par quelqu’un ou quelque chose ou celui qui dit, «c’est bien dommage, mais ils sont mal placés sur cette planète en plus d’être mal traité par le reste du monde entier». Et ils ne sont pas les seuls en plus!

    Bref, je vous ai écrit parce que la citation sur l’Italie faisait partie de mes propos.

  12. «C’est de cela dont je parle lorsque je dis qu’il aurait fallu agir avant pour leur venir en aide.»

    Euh, c’était quoi les centaines de membres du programme de l’ONU, les orphelinats, les policiers canadiens là-bas, l’ACDI, tous les ONGs, le programme de Médecins du Monde, bref, il y avait déjà de l’aide offerte là-bas par une multitude d’ONGs (financées par des dons) et d’organismes gouvernementaux (financés par nos impôts). Cela commençait à porter fruit, le pays se stabilisait, les Haïtiens en diaspora commençaient à y retourner. Tout cela a été détruit aussi dans le séisme. Il faut tout recommencer.

    Vous opinez donc sans connaître la réalité à ce sujet. Vous êtes donc dans l’ignorance et vous l’étalez sur la place publique avec vos affirmations… Cela prend un certain culot, je l’avoue.

    «en plus d’être mal traité par le reste du monde entier»

    J’aimerais savoir d’où vous tenez cela. Sachez que ce pays est dans cette situation pour des raisons surtout internes : dictatures, coups d’État, refus de capitaux et d’investissements étrangers par fierté nationale, etc. Aussi, il n’a pas été épargné par les ouragans… Il a obtenu son indépendance de la France en 1804. Il y a 206 ans. On est loin de la colonisation récente des pays africains.

  13. Nicole dit :

    Vincent,
    partout les ONG, l’ONU font leurs petits efforts pour que d’autres vivent mieux, mais ce n’est pas assez. On reste dans les limites du possible en croyant que le possible c’est ce qui se fait. Tout est encore dirigé grâce à l’argent c’est là une des premières énormes limites, et malheureusement beaucoup de citoyens de par le monde se contentent de cela et croient ainsi que l’aide offert aux pays dans le besoin est suffisant pour les petits progrès qui ont lieu.

    On ne cesse de dire qu’il y a assez de nourriture pour nourrir les gens du monde entier et pourtant dans certains endroits du monde on a dû mal à leur faire juste boire de l’eau gratuitement. Ce n’est pas les ONG qui m’impressionnent, je suis plus exigeante d’un point de vu humanitaire, peut-être moins «réaliste» comme plusieurs le prétendent. Mais si ça les console d’avoir raison que l’on ne peut pas dépasser les limites autorisés par nos bureaucraties et nos systèmes capitalistes qui ne pensent qu’à rendre service à condition de faire de l’argent et bien soit. Moi je dis Wow à l’altruisme payant! L’Homme est d’une générosité sans borne visiblement à condition d’avoir de l’argent! Et encore!

    Les bénévoles existent, mais ils ne peuvent rien sans argent… ça ne devrait ça être les citoyens qui par leurs dons fournissent les moyens aux organismes, il faudrait un système et des ententes d’un point de vu mondial pour venir en aide à quiconque dans le besoin. Mais l’Homme est loin d’être rendu là! Et les systèmes politiques encore moins, ils sont centrés sur eux-même et s’ils font preuve de générosité, comme je dis c’est parce qu’ils en retirent un bénéfice.

    Quand des pays se réunissent pour discuter des conditions climatiques et qu’ils n’en viennent pas nécessairement tous en accord, c’est normal que dans le monde entier l’Homme ne soit pas prêt à aider son prochain sans penser aux avantages qu’il en retire.

    Bref, si vous me croyez si ignorante en la matière et que j’écris pour ne rien dire, vous avez vraiment du temps à perdre en ce moment pour répondre à mes sornettes. Sur ce je vous souhaite une belle fin de semaine avec vos 6000 personnes dont vous avez la responsabilités…

  14. @Nicole :

    « si vous me croyez si ignorante en la matière et que j’écris pour ne rien dire »

    Désolé si je vous froisse, mais je m’insurge contre l’opinion publique lorsqu’elle fausse ou minimise les réalités et lorsqu’elle est vide d’arguments.

    Les ONGs sur place (avant et après) sont majoritairement composées de bénévoles et son indépendantes des décisions du gouvernements. Elles ne subsistent que grâce à des dons et du volontariat et des subventions de l’ACDI (au Canada).

    Vous faites une grave erreur : renoncer à l’agir parce que les choses ne sont pas comme vous souhaiteriez qu’elles soient. Je n’aime pas tellement Descartes pour sa philosophie qui se démène et tourne en rond par une pétition de principes pour prouver l’existence de Dieu, mais je lui accorde raison lorsqu’il disait que l’homme doit se faire une morale « par provision », car il lui faut agir dans le monde immédiatement et non pas seulement souhaiter le meilleur et dénoncer les injustices. De même, Platon, le plus grand des idéalistes, reconnaissait lui-même que ses souhaits étaient pieux et irréalistes tant que les dirigeants du monde ne seraient pas des philosophes. Or, en démocratie, aucun dirigeant ne sera jamais philosophe. La démocratie est fondée sur un système de sophisme, celui de l’opinion et du nivellement par l’ignorance. Il ne faut attendre rien donc des démocraties, du peuple ou de ses dirigeants, et se lancer soi-même dans l’action dès qu’il est possible de le faire, et même si les résultats ne seront jamais tels qu’espérés idéalement.

    Est-ce qu’un médecin devrait cesser de soigner les malades parce qu’il y a trop de malades dans le monde et que les causes de maladies persistent? Évidemment non. Il en va de même pour l’aide humanitaire en général.

  15. renartleveille dit :

    Au sujet de l’aide humanitaire, mon dernier billet parle du projet du cinéaste Robert Morin en Afrique. À voir.

    https://www.renartleveille.com/robert-morin-dernier-film

  16. Bakouchaïev dit :

    @ Vincent : «Sachez que ce pays est dans cette situation pour des raisons surtout internes»

    Et vous osez traiter quelqu’un d’autre d’ignorant?

  17. @Bakouchaïev : oui, j’ose, monsieur l’étudiant-anarchiste-qui-n’apporte-pas-ici-d’argument.

  18. Bakouchaïev dit :

    @ Vincent Sremed : Qui dit que je suis aux études en ce moment? J’update pas mon profil aux 5 minutes (je suppose que c’est de là que vous prenez l’info?). De toute façon, je vois pas ce que mon statut social et mon orientation politique vient faire là-dedans.

    Et je n’ai pas amené d’arguments, car je n’avais pas vraiment envie d’argumenter avec vous. Mais vite comme ça, elles viennent d’où les dictatures dont vous faites référence? Si on ne peut parler de colonialisme, on peut certainement parler d’impérialisme ou de néocolonialisme. On reste dans une sphère d’exploitation. Les États-Unis considèrent que les Amériques leur appartiennent (doctrine Monroe, si je ne m’abuse) et on agit comme tel. Pas juste à Haïti mais dans un paquet de pays d’Amérique latine, notamment.

    Le modèle économique de ce pays a été fortement orienté de l’extérieur. Je pourrais avancer d’autres aspects, comme la théorie des avantages comparatifs et plus réçamment les règles du libre échange (oui le fait que l’Occident ne suit pas ses propres règles), mais c’est autre chose.

    Vous avez raison,sur le fait qu’on ne peut comparer ce séisme à un séisme survenu en Italie, là-dessus vous avez raison (et sûrement sur d’autres points, je n’ai pa lu l’ensemble de vos commentaires).

  19. Bakouchaïev dit :

    – je vois pas ce que mon statu social et mon orientation politique viennent faire là-dedans.
    -ou le fait que l’Occident ne suit pas ses propres règles

    J’ai écrit vite, désolé pour les fautes.

  20. Non, c’est que vous avez réagi comme un étudiant de première année. Quant à votre orientation politique, je croyais que l’anarchie était l’absence de toute orientation, mais passons…

    Quand on ne veut pas argumenter, on n’ouvre point comme vous l’avez fait. Mais voilà que vous avez changé d’idée et que vous avez esquissé un peu votre pensée.

    «elles viennent d’où les dictatures dont vous faites référence»

    D’Haïtiens avides de pouvoir mon cher. Eh oui, il n’y a pas que les méchants Occidentaux qui aiment le pouvoir et la dictature. Vous croyez donc les É-U si nécessaires dans le monde? Impérialisme en Haïti… Je savais que vous alliez me sortir une baliverne du genre. C’est presque insulter les Haïtiens et leur fierté nationale et culturelle qui dépasse celle des Québécois en tout poids. Êtes-vous donc si aveugle pour ne pas voir que ce pays est pauvre par son économie ? Que produit-on à Haïti ? Une agriculture qui peine, avec la terre qui manque de fertilité et les cyclones réguliers, à faire subsister son propre peuple, donc on repassera pour les exportations. La principale source économique est… la diaspora qui envoie de l’argent à ses familles.

    Tiens, comment expliquez-vous que tant d’Haïtiens fuient leur terre vers l’Empire ? Si cet empire est la source de leur problèmes, comment ne le rejettent-ils pas ? Ne devraient-ils pas se ruer à Cuba et au Vénézuela, en Iran et en Corée du Nord? Seraient-ils stupides de chercher refuge chez leur bourreau? Je ne crois pas, non. C’est la théorie de l’impérialisme à Haïti qui l’est plutôt…

  21. Bakouchaïev dit :

    Non seulement vous ne savez pas ce que vous dites, mais vous ne savez pas lire. Ma première impression de vous était la bonne, en fait vous êtes encore pire que ce je pensais.

    Bonne soirée tout de même.

  22. @Bakouchaiev :

    Restez dans les impressions, homme excellent. Parce qu’au niveau du raisonnement, vous êtes empêtré dans la dichotomie et le romantisme, ce qui est pourtant très peu anarchiste (sauf pour les risibles et anachroniques « anarcho-communistes »).

    Dieu est mort, vous l’avez appris, mais ne saviez-vous pas que le diable aussi?

    Bonne soirée à vous aussi.

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