Fear of a blog planet

Le terme « blogue » a été entendu, dixit la bouche de François Avard, par environ 2 millions de personnes à Tout Le Monde En Parle dimanche dernier. De quoi se réjouir? Pas vraiment, surtout que grand-papa Bougon faisait seulement allusion à la fausse catégorie « blogue » (donc pas du tout à nous), celle qu’il connaît par coeur, pour y avoir été impliqué avec Ici-Canoë-Quebecor (sûrement un peu à contrecoeur), celle des chroniqueurs professionnels enrubannés de force au Web 2.0.

Quand on te demande de créer l’illusion de dialoguer et d’interagir, et que tu te satisfais amplement du lien de confiance qui te permet de payer ton loyer, il y a un risque nauséeux.

Je pense à Martineau qui, dès le départ dans son aventure « blogue », avouait se foutre totalement de l’avis de ses lecteurs (ça m’avait marqué, car quand j’ai lu ça je commençais à m’intéresser aux blogues — pas encore aux vrais par contre…). Je pense aussi à Pierre Foglia qui se plaignait que ça l’emmerdait royalement de recevoir des lettres de ses lecteurs, surtout ceux qui n’étaient pas d’accord avec lui (il me semble que c’était même en plus un thème récurent voilà quelques années). Je pense qu’il y a un monde qui sépare le blogueur du chroniqueur, même si le premier emprunte beaucoup au deuxième…

Imaginez justement un Foglia interagir totalement avec un Martineau comme je discute littérairement, parfois assez solidement, avec mon ami Eric Bondo, l’homme derrière le blogue L’équilibriste. Et je ne fais surtout pas de mauvais jeu de mot (ou plutôt de nom), ni de comparaison boiteuse, ni de jugement de valeur, au contraire, peut-être qu’un choc des chroniqueurs de la sorte me donnerait le goût de me remettre à Martineau, le temps d’une réflexion ou deux.

Blogue est synonyme de, et rime avec, dialogue, c’est pas pour rien! Quand on enlève la dialogique du blogue, il ne reste qu’un outil sans vie, que des possibilités en déficit, qu’une exposition de textes annotés par le lectorat. Et j’ose espérer que nous allons un peu plus loin que ça!

En parlant de chroniqueur, je viens de me faire totalement surprendre (pas tant que ça dans le fond…) par le dernier billet de Steve Proulx qui, par son titre, pose la question : Trop de blogues? Il relate une étude qui arrive à quelques conclusions, dont celles que les « textes sont davantage lus sur Internet que dans les versions papier des journaux et ce, peu importe leur longueur » et que les gens « posaient peu les yeux sur les blogues ou le contenu multimédia. » Soit. Jusqu’ici tout va bien.

Et il répond à la question de son titre en s’appuyant sur l’opinion de la chercheuse Sara Quinn qui croit « qu’il y a trop de blogues ». Et la dernière phrase citée m’apparaît assez obscure : « On pense que les lecteurs veulent savoir à tout prix ce que les autres pensent. » Premièrement, qu’est-ce qu’il y a de mal là-dedans? Et, si les « lecteurs veulent savoir à tout prix ce que les autres pensent », pourquoi alors les lecteurs posent-ils « peu les yeux sur les blogues »? Encore une petite dernière : si on peut se demander s’il y a trop de blogues, on peut se demander également s’il y a trop de chroniqueurs, de journalistes, d’humoristes, de chanteurs et chanteuses, de bla-bla-bla, et surtout d’humains?

Mais ce qui est drôle, c’est que Steve Proulx faisait oeuvre d’anticipation dernièrement dans un billet où il tentait de projeter son regard jusqu’à l’année 2028, son port d’attache fictionnel, au niveau de l’évolution des médias, son champ de compétence principal au journal Voir. J’ai bien ri quand j’ai lu ceci :

C’est en 2012 que Le Devoir a laissé tomber le papier. Cette année-là, le Voir, un hebdo culturel dans lequel j’ai sévi au début de ma carrière, devenait une communauté de blogues citoyens.

Et dans son dernier billet, il ironise un bon coup :

Je prédis d’ailleurs un avenir pour les blogues: ils se regrouperont pour former des « super-blogues » alimentés quotidiennement par des « super-blogueurs » spécialisés dans plusieurs domaines : sport, culture, finances, politique, vins, mode.

Dans le temps, on appelait cela des « journaux ».

Quand on dit que les blagues ont toujours un fond de vérité…

Je ne sais pas pour vous, mais moi je trouve, de son côté et du côté des journalistes en général, que ça commence à tourner à l’obsession (en ajoutant toutes les allusions qu’il a pu faire là-dessus depuis que je le lis, et bien sûr aussi celles de tous les autres, sans oublier l’expression « journalisme citoyen » qui a passé à la guillotine virtuelle dernièrement…). Et en plus, ce qu’il prédit existe déjà et ça s’appelle Cent Papiers, genre… Et ça me surprendrait que ça supplante un jour le combo TVA-Radio-Canada-La Presse auprès des internautes québécois. Faut pas charrier!

Alors, est-ce que le contenu citoyen sur le web est si terrorisant? Est-ce que les internautes devraient seulement pouvoir lire les sources d’information corporatistes et avoir accès seulement à la culture via les entreprises culturelles établies?

De plus en plus il se dessine une tentative insidieuse de nous mettre le bâillon. Si on considère comme moi que le web est la nouvelle « place publique », il ne devrait pas y avoir d’« interdiction d’attroupement », même si c’est principalement par le dénigrement qu’elle se manifeste…

Votez pour ce billet sur Cent Papiers!

Ajout :

Patrick Dion continue la réflexion de son côté (et Steve Proulx est venu répondre à ce billet, à lire en commentaire plus bas.)

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Une réponse à Fear of a blog planet

  1. françoisb dit :

    Ben voyons!
    Les détracteurs ne sont que cela, des détracteurs. La majorité n’y comprend rien, et le reste a tenté l’expérience en croyant comprendre, et tire des conclusions qui démontrent qu’eux aussi n’ont rien compris (un des rares moments où Foglia aura été dans le fog – mais, pas fort quand-même).

    Autre qu’une page web, le blogue est le seul médium d’opinion qui ne soit assujetti à une structure d’édition, qui, comme tu le dis si bien, représente le corporatisme à l’état pur.

    En effet, faut pas charrier!

    Ou, peut-être, juste ne pas embarquer dans le jeu de ces détracteurs en traînant le sujet en longueur. Surtout qu’avec un tel adversaire, s’il décide d’amener le débat dans les médias de masses, la population va vite être inondée de cochonneries de chroniqueurs payés, alors que vous, vous ne pourrez jamais rivaliser en fait de visibilité, peu importe la teneur de vos propos.

  2. Malheureusement, je ne peux commenter vos propos sur les Martineau, Foglia, Steve Proulx ou autres car je me fais un devoir de les éviter afin d’avoir le temps de vous lire vous et les blogueurs sans moyens. Par contre, je fais exception pour deux blogues celui de Jos Facal (droite du PQ) et Michel Hébert ( droite de l’ADQ )

  3. Steve Proulx dit :

    Tu as raison de relever tout ceci. Pour ce qui est de mes critiques du journalisme citoyen, je suis en train de préparer une chronique là-dessus où j’essaie justement de bien me faire comprendre: je ne me sens pas menacé du tout par le journalisme citoyen!

    Pour ce qui est de la communauté de blogues. Je pense que, comme tout, le blogue va évoluer. On a beaucoup écrit là-dessus, on a beaucoup philosophé sur les blogues. Mais en bout ce ligne, ce n’est qu’une plate-forme de publication qui permet à n’importe qui d’écrire n’importe quoi qui sera commenté par n’importe qui.

    Maintenant qu’on a bien testé la bébelle, plusieurs vont passer à autre chose. C’est déjà commencé. Plusieurs grands blogueurs d’ici qui ont décidé de lâcher leur anonymat et de vivre de s’essayer à vivre de leur plume. D’autres vont se regrouper, Cent Papiers en est un bon exemple. À la longue, ceux qui auront survécu auront probablement envie de se professionnaliser. Tranquillement, ils deviendront des gens qui ressemblent beaucoup à des chroniqueurs.

    C’est déjà commencé. Honnêtement, je ne vois pas beaucoup de différences entre Renart L’Éveillé et moi. Hormis peut-être que je gagne un salaire en écrivant, ce qui vient avec l’inconvénient de devoir répondre de mes écrits.

  4. folly dit :

    ton titre résume bien la situation. La peur. J’ai en tête quelques blogues où les analyses et opinions surpassent de loins certains journalistes dits faussement blogueurs. Les journalistes et autres acabit s’inquiètent de l’information contenu sur les blogues. Soit. Peut-être qu’ils sont aveuglés par la trouille? 😉

  5. MFL dit :

    Folly n’a pas tord,

    Mais ce qui fait la particularité, ou encore la spécification des Blogues, c’est le caractère ouvert à la discussion, je veux dire par là que contrairement à des médias papier par exemple (qui se trouvent à être fixés dans le temps) ils permettent un débat en temps réel, des interventions qui permettent au débat de continuer de se construire et à se développer à la suite de la publication.

    En quelque part, ils remplacent peut être les discussions de village, alors que les gens se réunissaient jour après jour et qu’ils discutaient des sujets et enjeux qui les préoccupaient. À la différence que le « village » est devenu global ?!

  6. Félix dit :

    «Et il répond à la question de son titre en s’appuyant sur l’opinion de la chercheuse Sara Quinn qui croit « qu’il y a trop de blogues ». Et la dernière phrase citée m’apparaît assez obscure : « On pense que les lecteurs veulent savoir à tout prix ce que les autres pensent. »

    Et si les gens voulait seulement discuter? Il me semble que le blogue est un excellent moyen d’élargir son réseau de personne sans se soucier de la distance et de choisir les sujets et intêrets avec laquelle nous voulons discuter. C’est, en quelque sorte, une évolution de la socialisation parrallèlle à la rencontre en personne.

  7. Steve Proulx dit :

    La phrase « On pense que les lecteurs veulent savoir à tout prix ce que les autres pensent » s’expliquent « On », ce sont les « patrons de médias » qui pensent que leurs lecteurs sont intéressés par cet aspect des blogues qui consiste à permettre à quiconque, les « autres » de pouvoir discuter librement autour d’un billet.

    Il est vrai que dans certains cas, une vraie discussion est lancée. La plupart du temps, ce n’est pas le cas par contre.

    Ce que l’auteur dit, c’est ce que cette « hypothèse » sur laquelle se base les patrons de médias pour justifier l’existence de blogues (que les gens sont intéressés à lire les réactions de tout le monde) ne semble pas se vérifier par les chiffres.

    Dans ma pratique de blogueur, il y a environ 1% des lecteurs qui laissent des commentaires sur mes billets. Et ce sont toujours les 5-10 mêmes.

    J’entretiens donc une conversation avec 5 à 10 personnes, alors que dix fois plus n’est pas intéressée à publier de commentaires. Quelles conclusions doit-on tirer de tout ceci?

    Que la très vaste majorité des lecteurs fréquente les blogues pour s’informer, lire, se distraire et non pour jouir de l’avantage marginal des blogue: la rétroaction.

  8. Sylvain dit :

    Est-ce qu’il y a trop de blogueurs? Non, mais il y a trop de journalistes qui posent cette question!

  9. Pascal dit :

    Je crois que vous faites erreur sur un point. Il n’y a pas l’ombre d’une peur dans le texte de Steve Proulx, juste une hypothèse: peut-être, à force d’avoir l’oeil collé sur les blogues, avons-nous surestimé leur impact. Nous, qui lisons en ce moment ce blogue, nous aimons beaucoup les blogues. Mais nous sommes marginaux, face à la masse de lecteurs de La Presse ou d’auditeurs de Tout le monde en parle.

    Lorsque cette chercheure écrit que le lecteur veut savoir ce que tout le monde pense, elle énonce une vieille vérité connue des psychologues: il existe en chacun de nous un désir très « basic », d’être au diapason. Un désir d’être au courant de ce dont tout le monde parle. C’est la raison pour laquelle, entre La Presse et 10 blogues, un nombre beaucoup plus élevé de gens préféreront La Presse. Lorsque cette chercheure écrit qu’il y a « trop de blogues », elle ne pose pas un jugement de valeur: elle dit simplement qu’il y en a trop pour que dans leur globalité, ils deviennent une habitude de lecture, au même titre que La Presse. CERTAINS blogueurs deviendront des célébrités, mais la plupart resteront cantonnés à un public spécialisé.

    Ce qui, d’ailleurs, n’est pas mauvais: à la base, un blogue est, à mon avis, beaucoup plus efficace quand il rejoint un public restreint -des amis, des gens avec qui on partage des affinités politiques, ou des spécialistes (science, par exemple)- que quand il devient tellement populaire que son fil de commentaires est pollué par des imbéciles, comme le blogue de Patrick Lagacé.

  10. Patrick Dion dit :

    Le problème n’est pas qu’il y en ait trop. Ça ne tient pas debout. C’est comme si on disait qu’il y a trop de gens qui font de la musique ou il y a trop de monde qui danse.

    Le problème est plutôt qu’à cause de son nombre élevé, il est impossible d’en faire le tour et de cerner tous les avis et opinions. De ce fait, la plupart des gens vont se rabattre sur les blogues à succès ce qui fait qu’ils vont, en bout de ligne, continuer à lire les mêmes journalistes mais sur des plate-formes différentes. Il est plutôt là, le piège de l’homogénéité de pensées.

  11. françoisb,

    « Ou, peut-être, juste ne pas embarquer dans le jeu de ces détracteurs en traînant le sujet en longueur. »

    Ah! ça, dans la blogosphère, c’est quelque chose qui revient souvent, c’est comme de la politique interne, mais je comprends que ça puisse un peu emmerder un lecteur comme toi qui n’a pas son propre blogue…

    Antipollution,

    je tombe des nues mon cher quand je lis que vous mettez Michel Hébert dans la case de droite avec l’ADQ, moi qui suis un de ses lecteurs assidus. Mais lui, contrairement à Facal, est un vrai de vrai blogueur, en tout cas je crois…

    Steve Proulx,

    je suis agréablement surpris de lire ton commentaire ici. Merci, ça répond pas mal à mes questions, même si j’ai quand même hâte de lire la chronique qui s’en vient là-dessus.

    « Tranquillement, ils deviendront des gens qui ressemblent beaucoup à des chroniqueurs. »

    Ce que j’espère, c’est que la tangente « blogue » sera conservée, même pour les professionnels. Si je ne me trompe pas, tes patrons te payent seulement pour les billets que tu publies, pas pour le dialogue que tu fais en commentaire sur ta plateforme, ni ici d’ailleurs. Il me semble que ça serait, pour les patrons des médias, de ne pas connaître les possibilités des blogues que de transformer un blogueur en seulement un chroniqueur professionnel.

    Folly,

    tout est question bien sûr de goût, et je crois que les réponses à mes questionnements se trouvent en grande partie dans le commentaire de Steve Proulx, plus haut et plus bas.

    MFL,

    j’aime vraiment ton image du village, eh! oui, c’est le village global! 😉

    Félix,

    oui, ta définition est intéressante, puisque pour moi elle pointe le côté social, dans un sens large, qui, a contrario de Facebook par exemple, permet la discussion de groupe et une facilité de changement de sujet et d’actualisation, ce qui n’est pas évident avec les forums (par leur côté statique) et les groupes Facebook (idem).

    Steve Proulx (bis),

    je crois que ce que tu exposes va dans la lignée de la démocratie où peu de gens veulent s’impliquer dans la politique. Mais je pense que la facilité du web a permis à plusieurs, dont moi, à recommencer à s’y intéresser.

    Ce n’est pas tellement la quantité qui m’intéresse, mais bien sûr la qualité! Hé hé!

    Sylvain,

    hé hé (bis)!

    Pascal,

    j’ai bien seulement soulevé la question, et je n’espérais même pas que le principal intéressé vienne me répondre. Alors, maintenant, je suis bien prêt à faire disparaître, en grande partie, ma suspicion.

    Patrick Dion,

    « Il est plutôt là, le piège de l’homogénéité de pensées. »

    j’aurais tendance à être plus optimiste…

  12. Pascale dit :

    Cette généralisation… C’est aussi pire que l’homogénéisation de la pensée. Ce ne sont pas tous les blogues qui se veulent « d’opinion ». Mais pourtant aussitôt que le sujet des blogues est abordé dans les médias (principalement dans les blogues de chroniqueurs qui sont à court de clips youtube à nous présenter) c’est toujours en assumant que les blogues, ça exprime des opinions, ça émet des avis, ça te déballe des révolutions le temps d’un update sur votre aggrégateur.

    Pourtant, qu’il ait 10, 100 ou 2500 lecteurs, le blogueur n’est pas tenu de fournir quelque contenu que ce soit. À moins d’être payé, ce qui ici se fait peu, à moins d’être un journaliste déjà établi, ou un jeune entrepreneur web brillant. Le blogueur peut vous parler de sa fin de semaine déprimante, vous faire partager ses découvertes musicales, et vous servir une montée de lait en règle contre son boss.

    Il y a des millions et des millions de blogues qui existent et des milliers qui se créent chaque jour. Les probabilités sont telles que le lectorat des blogues est beaucoup plus attiré par ce type de blogue que par le grand blogue d’opinion, même citoyen. On évolue pas dans une société underground qui donne au dessus d’un million de cote d’écoute au Banquier et qui se gave de blogues intellos sur la slide…

  13. lutopium dit :

    En tout cas, ton billet prouve un point: un blogue peut devenir interactif et intéressant!

    Pour ce qui est des blogues présentés par les grands médias, je dirais qu’ils sont plus populaires parce que les gens qui y laisseront des commentaires ont l’impression de parler à « une vedette ». Un peu comme Antipollution, je visite rarement les blogues de journalistes. Une ce ces occasions, parce que Google a pointé sur son site suite à une recherche, j’ai visité le blogue de Michel Vastel que j’ai trouvé fort insignifiant. Ses opinions attirent tout de même plusieurs commentaires…

  14. Steve Proulx dit :

    Moi ça me nourrit beaucoup en tout cas ce que je lis ici.

    Renart L’Éveillé

    Pour répondre à ta question, au Voir je suis payé avec la publicité. Comme n’importe qui qui met sur son blogue des mots-clés Google. À la différence près que je reçois un pourcentage des revenus publicitaires générés par mon blogue. Chez Branchez-vous! je suis payé, en effet, au billet. Pas beaucoup, mais bon. Il faut dire que, dans mon cas, je n’ai pas « une autre job » à côté et un blogue pour mes temps libres.

    Pendant la journée, j’écris des reportages, des textes, des livres, je publie sur un blogue et c’est ce que je fais pour gagner ma vie.

    Le soir, j’ouvre un livre de recette et je prépare un beau repas pour ma blonde, je lis des romans, je sors de temps en temps… mais je n’écris pas!

    Cela dit, j’aime bien de temps en temps me mêler à des conversations sur des sujets qui m’intéressent. Ce qui, comme pour la plupart des citoyens normaux, n’arrive pas souvent!

  15. Pascale,

    merci de me remettre à l’ordre, puisque j’ai la fâcheuse habitude, quand je parle de la blogosphère, de me référer à celle d’opinion sans le spécifier. Eh! oui, il ne faut pas oublier les gens qui bloguent perso.

    Pour ma part, j’en suis quelques-uns du genre, mais surtout ceux qui incluent parfois un peu d’opinions aussi, car je préfère m’intéresser aux problèmes et joies de mes vrais amis dans la vie. Le mimétisme et l’empathie sont plus difficiles à atteindre dans le cas de relations virtuelles, pour ma part.

    Je blogue comme ça m’intéresse, et je suis bien content que toute la blogosphère fasse de même, on finit par se rejoindre quelque part parfois. Mais on ne peut pas être ami avec tout le monde…

    Lutopium,

    « Pour ce qui est des blogues présentés par les grands médias, je dirais qu’ils sont plus populaires parce que les gens qui y laisseront des commentaires ont l’impression de parler à “une vedette”. »

    Je ne suis pas certain, je crois plutôt que c’est premièrement une question de volume, même si c’est certain que le vedettariat est attirant. Mais tu serais surpris le nombre de fois où je parle de blogues et de Patrick Lagacé, par exemple, et que la personne ne le connaît pas. Les grandes vedettes que la totalité des Québécois connait doivent bien tenir dans nos dix doigts…

    Steve Proulx,

    « Moi ça me nourrit beaucoup en tout cas ce que je lis ici. »

    J’en suis très content.

    Si tu veux l’avis d’un blogueur impliqué, beaucoup pour le plaisir, parce que j’ai un travail qui me permet ça, je passe beaucoup plus de temps à discuter un peu partout et ici dans les commentaires qu’à écrire mes billets, vraiment beaucoup plus.

    Alors, c’est là la grande différence entre toi et moi. Et si j’ai un jour à être payé pour continuer de le faire, j’aimerais le faire de cette manière, puisque ces échanges ont été « payant » pour l’affluence ici. Mais je peux t’avouer que je me sens presque mal d’écrire ça, puisque j’ai déjà soulevé cette question voilà un bout de temps — sur le fait que j’aimerais bien être payé pour tout le temps que je mets là-dessus, et sur le fait de peut-être ajouter de la pub sur mon blogue — et les réactions étaient pas mal mitigées, donc j’hésite encore… Je songe aussi à des alternatives.

  16. M. L’éveillé, j’espères que vous n’avez pas été blessé en tombant des nues. Hé hé -)
    Si l’interressé le veux, je suis disponible pour me laisser convaincre du contraire. Mais, ce n’est pas parce que quelqu’un est en lock-out qu’il est par le fait même de la gauche.

    Aux journalistes blogueurs
    Prouvez-moi que lorsque vous blogué, ce n’est jamais une commande du patron.

  17. Antipollution,

    j’ai bien remarqué que Michel Hébert penche parfois à droite mais je le qualifierais plus de centriste. Et il me semble tout à fait ouvert d’esprit et prêt à discuter, j’en ai eu plusieurs fois la preuve.

    Je réserve mon quolibet « drouate » aux bornés, pour ne pas les nommer…

  18. Pascale dit :

    Je suis désolée si cela semblait un reproche, ce n’en était pas un! Une simple constatation du ton du sujet abordé, que tu as repris pour exprimer ton opinion. C’est plutôt ceux qui aliementent le débat, ou qui le lancent, qui font cette généralisation. Mais je comprend bien ton point de vue 🙂

  19. folly dit :

    Proulx et Dion, deux journalistes, participent à cette discussion et viennent à l’occasion commenter tes billets Renart. Sommes-nous en présence de deux cas d’exception en matière de blogueur-journaliste où ils commentent chez les autres blogues?

    Je connais Raymond Viger, mais qui d’autres?

  20. Patrick Dion dit :

    @Folly: Je ne suis pas un cas d’exception. Je ne suis qu’un blogueur qui a mal tourné. 😉

  21. Pascale,

    y’a aucun problème, j’accepte très bien mes torts… 😉

    Folly,

    en tout cas, les commentaires de Steve Proulx ici m’ont bien fait comprendre la différence entre écrire pour le plaisir et écrire pour le travail dans la dynamique de la pratique bloguale.

    Donc, je ne m’attends plus trop à voir un journaliste participer comme nous le faisons, à part quelques rares exceptions.

    C’est plutôt rare de voir des danseurs professionnels (et l’utilisation seulement du masculin n’est pas fortuite) sur une piste de danse dans une discothèque…

  22. Il est vrai qu’on voit bien peu de journalistes débattre dans la section des commentaires des autres blogueurs. À moins bien sûr qu’ils soient directement visés. Pourquoi? Chacun a ses raisons. J’en soupçonne quelques uns de ne pas avoir saisi du tout le principe même du blogue, sa philosophie, sa culture. Pour eux, participer à un échange dans les commentaires n’est qu’une perte de temps… non rémunérée!

    Par contre, on a la preuve ici qu’il y en a quelques uns qui ont compris la patente. J’en suis, même si j’avoue consacrer plus de temps à mes recherches et la rédaction de mon blogue qu’à commenter ceux des autres. C’est un peu comme un employé de bureau qui doit trouver l’équilibre entre son travail et les nombreuses discussions qui naissent autour de la machine à café 😉

    En tout cas, je suis bien heureux que tu sois venu un jour prendre un café chez nous Renart. Je te suis depuis ce jour!

  23. Dominic Arpin,

    je suis bien content de savoir ça, et c’est réciproque!

  24. folly dit :

    L’idée aussi est qu’il y a trop de blogues? Laissez-moi rire! Pourquoi?

    Les Québécois ne sont pas de grands blogueurs. Seulement 8% d’entre eux tiennent leur propre blogue. Par contre, plus du quart (26%) des répondants ont affirmé lire des blogues sur une base régulière. En 2005, cette proportion était de 19%.

    http://technaute.cyberpresse.ca/nouvelles/texte_complet.php?id=81,12399,0,032008,1423115.html&ref=rss_technaute

  25. Folly,

    8%, c’est quand même presque 1 sur 10… Ça en fait des blogues!

    Étourdissant!

  26. folly dit :

    Si tu prends le nombre peut-être, mais si tu le prends dans son ensemble, c’est miniscule comme phénomène et il a diminué en plus. Mais bon, je m’excuserais pas d’exister sur la toile en raison de son nombre!

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