Cologne – Du viol ordinaire au voile ordinaire, et vice versa…

Cologne viol voile
Comme beaucoup, j’attendais avec impatience certaines réactions à la tragédie de la série de viols à Cologne. Celles de certaines féministes – ce qui n’est pas « les féministes », il faut le spécifier -, comme celles de certains hommes, n’ont pas déçu. Elles n’ont pas déçu dans le sens qu’elles étaient prévisibles, dans cette ère du relativisme culturel, de la culpabilisation/victimisation et de l’analyse biaisée.

Tout le monde, à part les violeurs, s’entend pour dire que c’est dégueulasse ce qui s’est passé. Mais pour certains, ces événements ne sont rien de plus que ce qui se passe tous les jours un peu partout dans le monde, culture du viol occidental inclus. Pour certains, le simple fait de constater les faits, soit qu’il s’est passé une sorte de viol collectif – peut-être djihadiste, peut-être fomenté par une mafia marocaine – perpétrée par beaucoup de migrants, suffit à faire surgir le spectre de la xénophobie.

Et plus encore, le lien tordu entre les deux : que tous ceux qui constatent ces faits, sans exception, sont coupables d’occulter tous les autres viols perpétrés dans le monde, voire d’instrumentaliser l’histoire de Cologne. Il en va ainsi pour la féministe française Anne-Cécile Mailfert, de la Fondation des femmes :

Abasourdie par la vague de crimes sexuels immondes qui a secoué Cologne. Pense à toutes les femmes victimes et au courage dont elles devront faire preuve pour surmonter et survivre à ces crimes. En colère contre les imbéciles qui nous rejouent la culpabilisation des victimes ce qui montre que l’Allemagne a beaucoup de chemin à faire et est bien loin d’être sortie de la culture du viol…en ce qui concerne le débat sur les origines de cette bande de criminels, il me donne envie de gerber. La vérité doit être découverte et dite, et rien ne sert de cacher quoi que ce soit: les responsables doivent être arrêtées!Desccriminels il y en a partout, ils viennent de partout. Se focaliser sur cette question uniquement c’est sous entendre qu’une telle sauvagerie ne peut advenir que de la part de migrants et c’est bien pratique pour dédouaner les autres hommes, alors que des centaines de viols sont commis chaque jours, tous les jours en Allemagne. En france plus de 75 000 viols sont commis tous les ans. Que l’agresseur soit noir ou blanc, qu’il vienne de Russie de Belgique de Tanzanie de Chine ou de Lybie importe peu pour les victimes et ne change pas la nature du crime : ils sont des hommes qui violent des femmes. Si vous voulez ouvrir un débat sur le viol en Allemagne (en europe) ouvrons le pour de vrai et en ayant vraiment envie d’améliorer les choses pour les femmes. Soutenons les associations et empêchons que les centres d’accueil de femmes violees ferment (Cest le cas à Lille), politiquement lançons un plan européen de lutte contre la culture du viol avec de vrais moyens financiers, (posons nous la question de la prostitution au passage: payer pour violer c’est violer quand même)soutenons nos amies nos filles nos sœurs nos cousines nos collègues quand elles dénoncent nos amis nos collègues nos cousins (80%des viols sont commis par un membre de l’entourage de la victime)…ceux qui haussent la voix contre les agressions abjectes de Cologne mais qui n’ont pas le courage de dénoncer les autres viols sont juste entrain d’utiliser le malheur de ces femmes pour leurs propres petits intérêts xénophobes

Il y a aussi une version plus succincte d’Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes du Québec, qui fait oeuvre de généralisation outrancière :

L’instrumentalisation du #féminisme par la droite. Ça me rappelle des débats au #Québec. #Köln #polqc

Et la cerise sur le gâteau, Stéphane Gendron, qui mélange allègrement origine et religion, comme si elles étaient consubstantielles :

Ah! Depuis quand une agression sexuelle est liée à l’origine? Y a combien de viols par jour au Québec, et d’inceste? On a jamais pensé que c’était à cause de nos gênes ou des curés…!

Ce qu’on comprend, c’est qu’il ne faut absolument pas mettre le doigt sur le fait que ces viols et agressions sexuelles ont été commis par des migrants venus de pays musulmans, parce que, dans la logique pourrie de l’amalgame, c’est rejeter tous les migrants musulmans et tous les déclarer coupables de ces viols. Encore, dénoncer ces viols, c’est se servir du féminisme, et remarquer la religion de ces violeurs, c’est xénophobe, voire raciste.

Pourtant, pour bien prendre la mesure de cette problématique, il est essentiel de constater que le monde musulman a beaucoup changé depuis la fin des années 70, alors que la modernité était en voie de le transformer positivement, jusqu’à ce que les courants islamistes, désireux de remettre tous les pays musulmans en phase avec la charia, ont replongé ses sociétés dans un obscurantisme plus ou moins obscur. Le retour au port du voile, obligatoire ou très fortement suggéré par la pression sociale, après des années 60-70 sous le signe d’une plus grande liberté, en est un bon exemple.

Faire l’économie de ces faits, c’est s’aveugler d’une partie importante du problème. La réalité, c’est que le monde musulman a tout ce qu’il faut pour maintenir et nourrir une culture du viol autrement plus dangereuse que celle qui est décriée (avec raison) dans nos contrées occidentales, simplement parce que tout est en place pour qu’elle soit amplement acceptée socialement. C’est l’islamisme qui le permet.

Dans un monde où la religion est autrement plus effective que dans les sociétés occidentales, où elle officialise l’autorité et la supériorité des hommes sur les femmes, il ne faut pas se surprendre que les femmes soient considérées comme des objets utiles par certains musulmans, et encore plus, pour des migrants, quand il s’agit de femmes occidentales. Et il ne faut pas oublier Daesh – qui trouve malheureusement beaucoup trop de sympathisants, ce qui participe à cette culture – qui a carrément développé une « théologie du viol » en se référant à des « hadiths » qui justifieraient ces abus sexuels, puisque ça ne serait pas un péché d’abuser ainsi de non-musulmanes.

Vraiment, une culture du viol comme une autre? Et qui ne mériterait pas que tous les féminismes sans exception la pourfendent, autant dans les sociétés musulmanes que pour ses répercussions dans le monde occidental? Au nom de quoi? En vérité, c’est parce que combattre l’islamisme ouvertement et sur tous les fronts, ça serait pour certaines féministes comme détruire les fortifications argumentatives qu’elles ont bâties autour des femmes musulmanes voilées en Occident…

Voilà le point. Dans le marché victimaire, la femme voilée est la victime suprême et son voile fait office de symbole de liberté. Comme on le voit, même une femme violée n’arrive pas à la déloger. Ici comme en France, elle est le symbole, le faire-valoir et la justification du combat anti-laïque, qui se déguise en combat antiraciste pour mieux distribuer sa culpabilisation.

Pourtant, la femme voilée est simplement une conséquence de la religion, antagoniste de la liberté. Et si elle est victime, ce n’est pas de ceux qu’on accuse à tort de vouloir la dévoiler de force, mais de sa propre communauté religieuse qui la prend en otage en lui imposant un rôle de subalterne, et qui la convainc de l’accepter en prétextant des raisons spirituelles.

Et du voile au viol, il n’y a qu’un pas. Le voile étant la démonstration la plus manifeste du rôle de la femme musulmane, n’est-ce pas quelque chose comme un viol que de réduire un être humain à son sexe, et son sexe à son utilité, pour le plaisir d’un autre être humain? Et pour enfanter? N’est-ce pas totalement ce pour quoi toutes les féministes se battent?

Ce que les incidents de Cologne nous apprennent, c’est que même une tragédie peut devenir un fait divers, si ladite tragédie n’aide pas une idéologie.

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