Viande halal : entre opportunisme et cruauté

La Presse a publié le 13 juin dernier trois articles sur le sujet des produits halal. Dans le premier, « Produits halal en plein essor: un marché de 632 milliards », on peut y lire :

Suspendues par les pattes, les cailles sont étourdies par électrocution, avant de se faire trancher la gorge par une guillotine électrique. «Ici, je dois dire une prière musulmane comme quoi je suis là pour égorger les cailles», a expliqué Jamel Anes, boucher à la ferme de gibier El Rancho. Quelques secondes plus tard, une seconde guillotine finit de trancher la tête des petites volailles. Bienvenue dans un abattoir halal, qui respecte les rites dictés par le Coran.

Pourtant, pour que la viande soit vraiment halal, « il faut que l’animal soit égorgé vivant sans être préalablement étourdi ». En cherchant des informations ailleurs que sur Wikipédia pour ce billet… je suis tombé sur un commentaire d’une dénommée Karine Lamy, musulmane, qui relate ce même article de La Presse sur un blogue islamiste, Al kanz :

On y apprendre (sic) que l’abattoir où sont sacrifiées les cailles utilise l’électrocution et » Rien n’a vraiment changé, mis à part le boucher (obligatoirement musulman) et la guillotine (désormais en deux étapes). »

Et cette viande est étiquettée (sic) et certifiée Halal et vendue dans les épiceries musulmanes…Si on électrocute de petites cailles…j’ose à peine penser comment est traiter (sic) le boeuf qui est, ici, certifié halal…

Les compagnies non-musulmanes sont attirées par l’appât du gain et nous en sommes les victimes, que Dieu nous pardonne et nous guide!

Il y a de quoi être perplexe… D’un côté, cela induit en erreur le lecteur moyen sur la réelle portée de « la méthode d’abattage rituel au sens strict » (dhabiha), et c’est bien sûr du n’importe quoi pour un musulman pratiquant et au courant.

Vous vous douterez bien que je ne prendrai pas la défense des musulmans qui se sont fait rouler et se feront rouler par El Rancho. Quand ta religion te prescrit la cruauté envers les animaux pour manger de la viande et que cela ne te fait pas résonner une cloche, il y a un gros problème, en tout cas éthique. Mais s’il faut absolument se référer à une position religieuse, je préfère amplement la position des sikhs :

Pour les sikhs, la consommation de viande est permise uniquement si l’animal a été tué rapidement, sans souffrance et sans rituel religieux. La viande halal leur est donc, entre autres, interdite.

Et le plus beau, c’est qu’il n’y a pas besoin de se convertir au sikhisme pour considérer les choses de cette manière, ça va de soi. Quel être sensé veut faire souffrir un autre être, même dans le but ultime de le manger?

La position du blogue Poste de veille est encore plus tranchée que la mienne. On y dénonce l’halal pour deux autres raisons, au-delà de la cruauté : « parce que les frais de certification sont refilés aux consommateurs, qui financent ainsi des organisations aux visées plus politiques que religieuses, et que notre labeur contribue à l’enrichissement d’un clergé islamique parasitaire », « parce que consommer halal, c’est encourager la progression de la charia dans la société. »

Ça porte à réfléchir, bien sûr, mais ce qui m’a le plus frappé, c’est un commentaire que l’on peut trouver à la suite du billet :

Il faut ajouter que c’est un travail qui discrimine les femmes, car elles y sont interdites. Je pense qu’au Canada on a une loi ou 2 contre ça…

En effet, ce sujet est plus problématique qu’il en a l’air.

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39 réponses à Viande halal : entre opportunisme et cruauté

  1. Moi, j’adore le PFK, et je file coupable en crisse à chaque bouchée. Paske j’ai même pas une justification religieuse pour l’horreur liée au traitement de ces volailles, de la naissance à la mise à mort. À moins que mon américanisme en soi puisse être assimilé à une religion.

  2. Christian,

    c’est juste qu’il faut pas non plus les faire souffrir plus qu’il n’en faut pour des motifs quand même arbitraires… Mais bon, je sais que je m’aventure dans quelque chose en disant que les règles religieuses sont arbitraires…

  3. Les bêtes qu’on élève industriellement pour nourrir, c’est surtout leur vie qui est cruelle: leur mort en moyenne n’est ni meilleure ni pire qu’avant (je dis en moyenne, parce qu’un boeuf est assommé solide astheure avant d’avoir peur, mais les poulets paniquent quand ils sont ramassés à pleines poignées).

    Non, je ne crois pas que le rituel hallal ou kosher soit particulièrement barbare, en fait il accorde un minimum de dignité à l’animal tué. J’ai assisté à une cérémonie vaudou clandestine autrefois, et le sang du poulet m’a éclaboussé, j’ai été ébranlé, mais l’oiseau n’a pas souffert plus qu’à l’abattoir, son sacrifice religieux n’était pas arbitraire et signifiait quelque chose. J’espère qu’il fut mangé, mais j’ai jamais pu le savoir.

  4. Je me mets à la place d’un porc: me faire égorger vivant, soit. Me faire bouffer après, en plus par ceux qui ne m’ont pas égorgé, c’est scandaleux.

    L’an dernier, dans le désert près du Pakistan, mon chamelier musulman a ramassé une chèvre qui gambadait et qui vidait cruellement le désert de ses petites pousses vertes (les chèvres n’ont aucune conscience, on devrait les mettre en prison). Il lui a attaché les jambes et il a aiguisé son canif suisse sur une pierre. Ensuite, au crépuscule, il m’a demandé de tenir la chèvre. Il a mis mon chèche sur sa tête (la tête doit toujours être couverte), il a égorgé vivante la chèvre qui se débattait comme Daniel Pearl pendant qu’il priait à voix haute, Allah Akbar. Les cris aigus de la chèvre ont fini par s’amenuiser quand il a percé sa trachée et que l’air s’est mis à siffler par le petit trou, comme un sifflet, puis la jolie chèvre est devenue inerte, son sang répandu dans le sable à mes pieds. Ensuite, avec son canif suisse (quel objet pratique, ça peut même ouvrir une bouteille de vin et couper les ongles d’orteils trop longs), il a écorché la peau pendant que je tenais encore les petites pattes. Puis, avec une grosse hache artisanale aiguisée elle aussi sur la même pierre, il a coupé la tête, les quatre membres et dépecé les côtes, pendant que je tenais toujours la chèvre et que l’eau bouillait sur un petit feu de brindilles avec les légumes que j’avais épluchés. On a mis les démembrements de la jolie chèvre dans l’eau bouillante, il a sorti ses petits sacs d’épices indiennes, puis on a dévoré la chèvre, une fois bien cuite. Je lui ai laissé le meilleur, la moelle osseuse, mais je pense avoir goûté un testicule. Il y avait un peu de sable dans le ragoût.

  5. Foutrement rare, un testicule de chèvre. A delicacy, you might say.

    Oué, porc ou ovin ou bovin, faut les égorger vivants. Les égorger morts, ça gâte la viande. Et pis pourquoi diable les tuer deux fois…

  6. Goberge Pirate dit :

    Comme une végétarienne m’a déjà dit, si les abattoirs avaient des murs en verre, il y aurait pas mal moins de carnivores… Le plus gros problème de l’industrie de la viande, c’est qu’elle carbure à la fausse représentation. À La Semaine verte, il y a quelques semaines, un éleveur refusait catégoriquement de montrer ses méthodes de production parce qu’il jugeait que « le consommateur n’a pas à tout savoir ». On met une jolie photo de bestiaux gambadant dans les prés sur l’emballage alors qu’ils n’ont jamais vu la couleur de l’herbe de leur vie. Ça donne l’apparence de «sain», de «naturel», de «pur». Cette bonne vieille pureté… Pour moi, le halal joue exactement le même rôle : donner bonne conscience au consommateur.

    «Foutrement rare, un testicule de chèvre.»
    C’est vrai que j’ai plus souvent vu des testicules attachés à un bouc qu’à une chèvre. Mais bon, je n’ai pas été élevé sur une ferme, alors qui suis-je pour juger?

  7. Ben, euh, t’es quelqu’un qui sait que les chèvres n’ont pas de couilles, genre.

  8. Drôle de religioon faut pas que l’animal souffre mais on lapide les femmes jusqu’à ce que mort s’en suive

  9. M. dit :

    La viande halal, c’est du gros n’importe quoi. Comme tous les mensonges des agro-corporations qui nous font bouffer n’importe quoi (au sens figuré et littéral).

    « Quand ta religion te prescrit la cruauté envers les animaux pour manger de la viande et que cela ne te fait pas résonner une cloche, il y a un gros problème, en tout cas éthique. »

    Je trouve ça à la limite pseudo hypocrite comme énoncé. Notre culture au complet se complait dans la cruauté envers les animaux. Les musulmans ont, au moins, le courage de dire clairement qu’ils n’étourdissent pas les animaux avant de les tuer. Ils ne racontent pas d’histoires sur le sujet pour se sentir mieux. Ou vendre encore plus de viande.

    Ceux qui pensent que la viande non halal est moins cruelle n’ont apparemment aucune connaissance des modes d’élevage et d’abattage des animaux. Either way you’re eating flesh and no matter what you say or do, that’s wrong.

  10. No, it ain’t. Touche pas à mon steak.

  11. Lapider des femmes, lapider des hommes, lapider des chiens pour les laisser trois-quarts morts agonisants saignants dans le sable au soleil, ce serait pire. Du moment qu’on décide de lapider, vaut mieux le faire jusqu’à ce que mort s’ensuive. On s’éloigne de nos sentences chrétiennes du bon vieux temps, quand on pendait un mec à moitié, puis qu’on lui rompait les os, puis qu’on que le châtrait, puis qu’on l’écartelait, puis qu’on l’éventrait pour brûler ses tripes sous ses yeux, puis qu’on se désolait de ne pouvoir lui en infliger davantage car le salaud crevait.

  12. Je le répète, ce qui m’intéresse ici, c’est la question de la mise à mort, puisqu’il faut bien tuer si on veut manger de la viande.

    Pourquoi leur refuser une perte de conscience salvatrice avant le coup final?

  13. Qu’on veuille ou pas manger de la viande (comme humanité, mettons), va falloir en tuer une gang parce que les animaux proliférant sans frein ne se poseront pas de cas de conscience, et c’est nous qui seront mangés.

    Tellement, tellement de sottises dénaturées de gens sophistiqués de la ville, héhé.

  14. Je suis sûr que c’était une chèvre parce qu’elle portait la burka. Cette chèvre-là, elle avait des couilles. Une exception chez cette espèce. Tout ce qui pousse près du Pakistan a des couilles.

  15. gillac dit :

    Une chose est certaine, c’est une sacrée bonne affaire pour les rabbins qui empochent allègrement pour des produits qui ne sont pas exclusivement destinés à leurs co-religionnaires, le plus souvent même fort occasionnellement. Mon fils qui a travaillé en controle de qualité dans des usines alimentaires en est resté estomaqué de la veulerie des patrons de ces usines.

  16. Ah, j’ai pas dit que tu contais des craques. Seulement que c’est une rareté zoologique et culinaire. Si tu assures avoir bu du lait de bouc, je serai pas celui qui te traiteras de menteur non plus.

  17. @Gillac

    Fouille dans ton frigidaire, sors un produit Heinz, n’importe lequel: du ketchup, de la moutarde, de la relish, anything. Le code COR suivi d’un nombre, en petits caractères sur l’étiquette, signifie que c’est Kosher. So what?

  18. Feel O'Zof dit :

    Christian Mistral: «Qu’on veuille ou pas manger de la viande (comme humanité, mettons), va falloir en tuer une gang parce que les animaux proliférant sans frein ne se poseront pas de cas de conscience, et c’est nous qui seront mangés.»

    T’es sérieux? Tu penses que, si on les tuait pas, les poules et les vaches se reproduiraient davantage et se mettraient à nous manger!? Sérieusement, les animaux qui naissent dans les élevages existent parce que les éleveurs ont décidés que leurs géniteurs se reproduiraient. Dans l’éventualité totalement improbable où l’humanité déciderait d’arrêter de manger de la viande, les animaux d’élevage deviendraient comme les animaux sauvages: ils auraient plus de chances de devenir des espèces en voie de disparition que de nous détrôner.

    Goberge Pirate: «Comme une végétarienne m’a déjà dit, si les abattoirs avaient des murs en verre, il y aurait pas mal moins de carnivores…»

    Et même si les animaux étaient très bien traités, la majorité des gens cesseraient de manger de la viande (ou, du moins, en mangeraient beaucoup moins) s’ils avaient à tuer eux-mêmes l’animal ou si on le faisait devant leurs yeux. La surconsommation de viande vient du fait qu’on ne prend pas conscience que si on veut avoir de la viande, un animal doit mourir. On est déconnectée de cette réalité.

  19. @Pascal

    Y a pas que des poules et des vaches, dans le royaume carné.

    Tu tues pas de phoques? Renonce à manger de la morue.

    Faut avoir déjà tué ce qu’on mange (sauf les huîtres). Tes moules, tu les poches pas si elles sont ouvertes (mortes). Ton homard, tu peux toujours lui écraser la tête avant de le mettre à bouillir…

    All this is horseshit hypocritical pretentious faggotty crap.

  20. Imaginez des cannibales qui discutent de bien traiter les humains avant de les manger.

    Le meilleur traitement qu’on puisse faire à l’animal, c’est de bien l’apprêter, et surtout dans un excellent bouillon. Tout est dans le bouillon, disait ma maîtresse à penser Tampopo. Franchement, finir dans un Kebab chez Amir avec de la sauce à l’ail, un soir de finale de la coupe Stanley, c’est une cruauté extrême envers les animaux. Même le porc ne s’en sort pas, les Grecs ont inventé le gyros.

  21. Le cannibale est un être humain: nul doute qu’il a résolu son cas de conscience, mais nul doute qu’il en a eu un. L’humain est conscient, il s’interroge. Le loup te bouffe cru, les charognards finissent tes restes, sans philosophie ni religion.

  22. @Feel O’zof:

    Pour en revenir à mon historiette chevrotine, je n’ai jamais autant apprécié manger de la viande qu’en l’ayant vue égorgée devant moi de cette façon, et avec ma très essentielle participation (un coup de patte dans l’œil de l’écorcheur et le repas risque d’être gâché parce qu’il faudra s’occuper de l’œil de Mohammed et laisser se commencer la rapide putréfaction — faut les enlever vite, les tripes, par une longue et franche incision médiane de l’abdomen, pendant que le sang finit encore de se vider par les carotides et les jugulaires sectionnées). Vraiment. C’était un honneur de dévorer cette bête. Tellement bête qu’elle continuait à brouter juste avant l’égorgement et qu’elle tentait de manger les légumes que j’avais épluchés pour l’accompagner dans mon bol.

    Excellente, aussi, la truite mouchetée sauvage de quinze pouces (oui, oui, quinze pouces) que je pêche moi-même (pêcher c’est tuer) dans un lac vierge gelé de ma Basse-Côte-Nord pendant que mes voisins vont assommer des phoques sur la banquise, en la colorant un peu, pour en revendre la viande aux Japonais, en me laissant tout de même un petit morceau bien foncé, et la fourrure aux Européens. Sauf que je suis un peu plus cruel, je la laisse s’asphyxier tranquillement avant de faire l’incision péritonéale avec mon Rapala en commençant par l’anus.

  23. gillac dit :

    @Mistral
    So what? Tout simplement parce que ces exigences de nature religieuse et non de santé publique sont incluses dans le prix que je dois payer pour acheter ces produits. J’aime beaucoup le principe d’utilisateur payeur.

  24. Goberge Pirate dit :

    @ Renart Léveillé

    « Je le répète, ce qui m’intéresse ici, c’est la question de la mise à mort, puisqu’il faut bien tuer si on veut manger de la viande. »

    À mon avis, la situation de l’élevage est infiniment plus problématique, dans la mesure où on parle d’une vie entière de souffrance (contraintes aux mouvements, épidémies, hypertrophie musculaire induite, séparation des mères et de leurs petits, etc.) comparée au petit instant de l’abattage. Tuer l’animal à froid n’est que la triste fin d’une triste vie.

    @ Feel O’Zof

    « La surconsommation de viande vient du fait qu’on ne prend pas conscience que si on veut avoir de la viande, un animal doit mourir. On est déconnectée de cette réalité. »

    Je suis tout à fait d’accord pour dire que beaucoup de gens changeraient de régime alimentaire si elles avaient à tuer pour se nourrir. Or même avec l’existence d’une industrie de la viande bon marché, il y a encore des gens qui s’amusent en forêt avec des carabines et des orignaux. On ne voit pas tous la cruauté au même endroit.

    Cela dit, je suis curieux d’entendre votre méthode pour faire prendre conscience à la population que pour avoir un steak, il faut un boeuf mort. Je ne crois pas qu’un argument moral du type « les gens devraient avoir à tuer eux-mêmes leur nourriture » puisse fonctionner, car c’est nier l’idée de spécialisation du travail. Si tout le monde avait à élever et tuer leurs animaux, nous n’aurions plus beaucoup de temps pour faire autre chose, comme picoler. On ne demande pas aux gens, après tout, de bâtir eux-mêmes leur batterie de voiture bien qu’elles sont très toxiques et que quelqu’un en pâti nécessairement à leur place.

  25. @ Gillac

    T’es pas forcé d’acheter du Heinz. Y a d’autres marques de Ketchup.

  26. Feel O'Zof dit :

    @Goberge Pirate

    Je ne dis pas que j’ai une solution, je ne fais que pointer la source du problème. En fait, la seule vraie solution serait d’instaurer une forte réglementation sur les conditions d’élevage et d’abattage des animaux. Bien sûr le coût de la viande monterait, ce qui ferait baisser la demande, mais les animaux seraient mieux traités. Pour l’instant, ce n’est à l’avantage d’aucun éleveur de donner de meilleures conditions de vie à ces bêtes s’il veut demeurer compétitif.

    Sinon, je pensais aux documentaires que l’émission Enquête nous a présenté à propos du Berger Blanc récemment et des usines à chiots il y a quelques années. Je me dis que si un documentaire semblable était présenté à la population à propos des élevages intensifs, sans doute que cela contribuerait soit à réduire la surconsommation et le gaspillage de viande, soit à rendre la population plus favorable à l’adoption d’une réglementation plus forte sur les conditions d’élevage et d’abattage des animaux.

    @Vincent Demers

    J’ai pas dit que c’était le cas de tout le monde, mais la grande majorité des gens seraient incapable psychologiquement de tuer eux-mêmes leurs proies ou de manger un animal qu’ils ont vus vivants quelques instants avant. Il est évident que ce n’est pas le cas des employés d’un abattoir ou des chasseurs. Par ailleurs, la majorité de l’humanité pendant la majorité de son histoire a dû abattre elle-même sa viande.

    Mais je suis convaincu que même des gens comme toi, qui avez la capacité de tuer une bête, offrez généralement une mort aussi rapide et peu douloureuse que possible à vos victimes (à moins que vos croyances religieuses vous obligent à faire le contraire). D’autant plus que lorsque tu pêches ou que tu chasses, l’animal a au moins pu passer sa vie dans la nature et non dans les conditions médiocres d’un élevage intensif. C’est pour répondre à la (trop) forte demande que les éleveurs et les abatteurs sont contraints de laisser tomber l’éthique.

  27. @Feel O’Zof:

    Je suis sûr que tu as aussi la capacité de tuer une bête. N’as-tu jamais écrasé une mouche, sans même la manger après, juste parce qu’elle t’énervait? Un meurtre presque gratuit. Si je tuais le chien du voisin juste parce qu’il aboie après moi ou qu’il me lèche les mains sans arrêt avec sa bave dégueulasse, après s’être léché le cul, on me lapiderait quasiment. «On ne doit pas tuer un chien ni un insecte sans les manger après dans un bouillon brun», affirme un vieux proverbe cantonnais.

    Comme je te dis, ma truite, je la laisse agoniser lentement. Je trouverais bien plus cruel de lui fracturer la tête sur le bord de la chaloupe. Dans le cas de ces êtres à la psychologie vacillante face aux animaux destinés à être mangés par eux dont tu parles, avec le ventre vide et sans le sou, je ne crois pas une seconde qu’ils hésiteraient à décapiter eux-mêmes un petit chevreau ou une grosse dinde et à les dévorer tout crus. Le dédain face aux choses de la mort est proportionnel à la richesse qu’on a et à son degré d’appétit. Le gars du Bangladesh qu’on a vu à la TV, il mangerait même de l’oie gavée qui n’a jamais vu la lumière du jour, élevée à la chaine et traitée aux antibiotiques, et il ne serait pas plus con que toi et moi qui payons trois fois le prix pour bouffer le poulet ayant passé ses 12 mois de vie à gambader en arrière de la grange de la ferme à Roland en se faisant piquer par les mouches que tu as écrasées hier soir. Même chose pour la tante de ma voisine, celle sur le BS qui passe son temps à fumer avec ses gros doigts jaunes et à les noircir en découpant des coupons dans les circulaires de chez Maxi et Super C, avant son Bingo radiophonique du vendredi soir. Qu’ils nous trouvent cons, ces deux-là!

  28. M. dit :

    « Je me dis que si un documentaire semblable était présenté à la population à propos des élevages intensifs, sans doute que cela contribuerait soit à réduire la surconsommation et le gaspillage de viande, soit à rendre la population plus favorable à l’adoption d’une réglementation plus forte sur les conditions d’élevage et d’abattage des animaux. »

    Ce documentaire existe. Il s’appelle Earthlings. Disponible sous titré en français gratuitement sur Google Videos. Le problème, c’est que les gens ne veulent pas savoir comment la viande est produite. Il y a des screenings gratuits de ce film, et les gens sortent parce que les images sont trop dures à regarder. À partir du moment où on se soustrait volontairement à la réalité pour continuer à indulger dans la consommation de produits dérivés de l’exploitation animale, il y a peu d’espoirs pour le changement.

    Tu parles de la question de la réglementation. L’argument « welfarist ». En fait, cet argument ne tient la route que pour ceux qui croient que le gouvernement agit selon le désir de la population et pour son intérêt, des prémisses qui, à mon avis, sont absolument fausses. En observant toutes les nouvelles réglementations qui ont pour supposé effet de « protéger les animaux », on se rend compte qu’elles ont été adoptées parce qu’elles permettaient en fait d’augmenter le profit des compagnies en tuant plus d’animaux. C’est le cas par exemple des stalles de gestation pour les truies. Celles-ci ne sont abandonnées que parce qu’elles permettent de « redorer » l’image du porc et d’en vendre plus, ce qui finit invariablement par la mort et l’exploitation de plus d’animaux.

    À mon avis, le lobbyisme et le militantisme pour l’obtention d’une meilleure réglementation est inutile et même contre productive. D’abord, puisque, comme je l’ai déjà mentionné, cela ne mène qu’à l’exploitation et au meurtre de plus d’animaux. De plus, cela permet de rendre acceptable, aux yeux de la population, ce qui est inacceptable. Les corporations et compagnies ne changent pas leurs politiques parce qu’elles se préoccupent du bien-être animal, elles le font parce que cela permet d’engendrer plus de profits.

  29. @M:

    S’il y a des compagnies et des corporations pour «exploiter» et faire des «meurtres» d’animaux ainsi que des profits, c’est qu’il y a des humains pour bouffer de la viande. Elles font du profit parce que l’humain adore manger de la viande. Faut blâmer le commanditaire ou se blâmer soi-même.

    Qu’en est-il, dans ton idéologie, de l’exploitation et du meurtre des plantes et des insectes? Où est ta frontière de l’acceptable?

    Bon dieu, j’ai exploité sans vergogne une levure en buvant une bière et j’ai assassiné froidement une bactérie en nettoyant le comptoir de ma cuisine avec du Mr Net biologique. Et j’avoue avoir tué quatre immenses coquerelles il y a un mois dans un hôtel, en les pourchassant dans tous les recoins à grands coups de lumières allumées pour les torturer psychologiquement et les séparer de leur famille. Avant que tu me traînes à La Haie (site du Tribunal pénal international pour les crimes contre les Animaux, les Plantes et les Insectes), je t’assure, j’aime les animaux, même en dehors de mon assiette.

  30. M. dit :

    @Vincent Demers
    Je ne pense pas que les plantes sont des « sentient beings ». Je pense que les insectes le sont par contre, et donc, je refuse de les exploiter. Je ne mange pas de miel. C’est ma limite.

    Ce n’est pas « l’humain » qui aime manger de la viande. C’est l’Occidental qui subit les campagnes de publicité financées à coups de millions de dollars par une industrie qui veut vendre plus. Il existe nombre de pays où les gens sont majoritairement végétariens/végétaliens par choix. Le fait de manger de la viande est un « luxe » que les nord-américains associent au bien-être et à la réussite par un raisonnement illogique encouragé notamment par les agro-corporations.

    Ton message empreint d’ironie traduit ton ignorance et/ou ton manque de réflexion sur le sujet. Je t’invite à lire Animal Liberation de Peter Singer, un philosophe australien, qui décortique la question éthique de l’exploitation animale (pas seulement pour la nourriture).

    Oh, and don’t tell me you like animals, or else you wouldn’t kill them.

  31. @M:

    Je ne vois pas pourquoi tu me parles en anglais. Quand j’écrivais «Mr Net», je me référais à une marque de produit nettoyant. И да, мне очень нравятся животные, особонно кошки.

    Je connais les propos de P. Singer que j’ai déjà étudiés quand j’avais des cours d’éthique, merci. Il a bien réussi à m’illustrer que ce n’est pas parce que c’est écrit que c’est le logos. Première leçon d’éthique : «l’Éthique, ça n’existe pas». Mon beau-frère, le chasseur à l’arbalète, il a autant d’éthique que P. Singer, surtout quand il décortique les carcasses de chevreuil. En prime, il concocte les meilleurs cipâtes à Noël. Il a simplement une éthique différente. Je ne me souvenais pas que le gourou des animalistes Singer était Australien par contre. Il paraît en passant que la viande de kangourou est excellente, selon des Aborigènes qui exploitent l’activité commerciale gastronomique de cet animal, et qu’on en trouve depuis peu au Canada. Je vais suggérer ça au beauf pour son cipâte de Noël prochain, question d’encourager les Aborigènes que les maudits Occidentaux sont venus envahir avec leurs bœufs pour après leur faire la morale sur leur diète de kangourous.

    Le chat sort du sac après y avoir mangé une souris. La faute du diabolique et ignorant Occidental. Parce que toi tu n’en serais pas un, ô homme exceptionnel ? Si tu vas faire un tour dans certaines zones du Pakistan ou de la Somalie, je t’assure que végétalien ou pas, tu auras la tête coupée comme la dinde de l’Action de grâce, bien qu’ils auront l’éthique de ne pas te manger ensuite. J’ai trotté un p’tit peu dans le monde quand j’étais plus jeune et je peux te dire que les maudits Occidentaux ont l’air d’une gang de fifs avec leur micro-portions de viande de luxe à 300$, ou ceux qui chient dans leur culotte devant une grosse larve grillée vive gratuite prête à être croquée dont les enfants africains raffolent pendant que les nôtres se gavent de jujubes chimiques volés au dépanneur. Presque partout dans le monde, les hommes, ça mange de la viande et ça en reprend. En Inde, pays qui compte 40% de végétariens/végétaliens où la bouse de vache sacrée est parfois plus sacrée que la vie des femmes et des Intouchables, ce n’est pas par choix, mais par croyance religieuse ou par une éducation qu’on y mange moins de viande, de la même manière que les juifs et musulmans ne bouffent pas de porc. Même moi, je n’aime pas la viande par choix, mais par tradition, depuis mes toutes premières dents, et secondairement par goût. Comme les Innus, je suis conservateur de mes traditions.

    Que des animalistes décident d’abandonner leur tradition et de vivre à l’intérieur de limites qu’ils croient logiques entre eux mais qui aux yeux des autres sont hurluberluesques, soit. Mais qu’ils foutent un peu la paix aux milliards d’autres qui vivent leur vie d’animal irrationnel avec un peu de plaisir et beaucoup de sain illogisme!

    En terminant, tu l’ignores peut-être, mais ne pas partager ton idéologie ne signifie pas nécessairement une ignorance et/ou un manque de réflexion sur le sujet. Je te suggère d’y réfléchir.

  32. M: Oups! Je viens d’aller voir ton blogue et je réalise que tu es une femme. Désolé. Tu aurais probablement moins la tête coupée.

  33. J’ai beaucoup plus de problèmes avec l’annaque criminelle des subventions occidentales pro-viandes qu’avec de telles coutumes culturelles, si arriérées soient-elles…

  34. J’ai beaucoup plus de problèmes avec l’arnaque criminelle des subventions occidentales pro-viandes qu’avec de telles coutumes culturelles, si arriérées soient-elles…

  35. ahmad dit :

    Un animal doit être egorgé consient. Il faut qu’il se debate pour que tout son sang sorte. Le sang est problèmatique quand il s’agit de conserver la viande ( Il y a 14 siecle, il n’y avait pas de congélateurs). Le seul moyen de proteger le consommateur est ce rituel. L’islam n’oblige pas les musulman de commetre cette acte cruel ni de manger de la viande ( Il n’y a aucun musulman qui prenderai plaisir à le faire) par contre pour celui qui veux manger de la viande il doit passer par le rite pour ce qu’il doit proteger sa santé et celle de sa famille.

  36. the Ubbergeek dit :

    Pas sur. De un, me semble qu,au contraire, le bien-être de l’animal EST IMPORTANT. En englais, le ‘merci kill’, tuer rapidement et avec le moins de douleur. Le sang doit juste sortir, mais le rituel halal est simple – la bête doit être égorgée, prière rapide de l’imam-boucher. C’est tout. On peut unir halal et animal welfare, comme pour Kasher.

    Aussi, en théorie, je crois qu’un musulman, si il trouve pas d’halal, peut manger du kasher, je suis pas sur de ca, et il est possible que le contraire soit possible ou pas.

  37. the Ubbergeek dit :

    Désolé, je doube post.

    Il y a encore dans cà la mode de taper le musulman. Encore.

  38. Julie dit :

    Bonjour,

    Voici une belle vidéo qui démontre que l’abattage rituel pratiqué dans les règles de l’art n’est pas violent. L’islam oblige tout musulamn à respecter les animaux. Malheureusement, les méthodes dites « halal » aujourd’hui respectent rarement les normes de l’islam.

    http://www.youtube.com/watch?v=IOSU6ZBL2lw&feature=related

    Bon visionnage!

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