Twitter : réponse à Rebecca Makonnen

 

Jeudi dernier, Rebecca Makonnen lançait cette question sur Twitter :

 

Ai-je bien compris la nouvelle tendance Twitter : tweeter ses propres tweets deux fois dans la même journée pour maximiser leur portée?

 

Personnellement, j’ai trouvé plutôt drôle cette question puisque pour ma part ça m’arrive tout le temps de faire ça, bien que je sais très bien qu’il y en a pour trouver ça discutable. Et si c’est vraiment une « nouvelle tendance », je peux me vanter ici d’être à l’avant-garde, comme en fait foi un billet, publié en mai 2009, où je proposais l’indication « aRT » pour « autoReTweet ». J’ai même poussé la note par après jusqu’à reprendre des publications en ajoutant « Reprise » (je le fais toujours), comme je l’ai expliqué dans un billet publié au début de 2011 : « Vaine tentative de régler la question de la perception et de l’utilisation des médias sociaux »

Ce que je peux répondre ici à cette question, que je soupçonne pleine de perplexité, c’est surtout que Twitter est un outil basé sur la notion de temps réel. Ce n’est pas comme un blogue où la notion d’archives est très importante. Si on aime un blogueur, on va aller fureter dans son espace pour lire ses derniers billets, ce qui n’est pas tellement habituel avec les tweets de quelqu’un (cela dit sans pour autant dénigrer les utilisations différentes). Généralement, il faut être là quand ça passe, ou être là quand quelqu’un d’autre se donne la peine de le relayer plus tard. Vous comprenez sûrement ce que je veux dire, je n’expliquerai pas ici toute la complexité des échanges sur Twitter et de la dynamique du partage dans le temps.

Aussi, il s’agit surtout de comprendre quel est le but derrière l’utilisation de Twitter. Si comme moi on s’en sert en partie pour faire la diffusion de contenu, il est bien certain que l’idée de multiplier les occasions de diffusion est tentante, en prenant soin de ne pas trop pousser la note bien sûr. Et pourtant, considérant qu’une journée compte 24 heures, il y en a pour trouver sérieusement que de tweeter deux fois la même chose dans la même journée est « désagréable »… Se faire envoyer promener, ça, c’est désagréable!

Et dans l’optique où on considère Twitter seulement comme un endroit où jaser, il est bien évident que le radotage n’est pas bien vu. Pourtant, à la base, Twitter a été pensé comme un outil simple pour le partage d’information, et ses meilleurs coups, ceux qui ont fait la manchette, sont en lien avec ça (pensons à la photo du crash d’un Airbus dans la rivière Hudson). Bien sûr, tout cela a évolué avec le temps dans plusieurs sens, avec plus ou moins de bonheur (pensons au concept du « tweetfight » ou de la « twittérature »), mais cela n’exclut pas pour autant son utilisation plus basique.

Pour vous dire, cette question (et la réaction que je pointe) me semble emblématique de la tendance conversationnelle que je vois s’amplifier avec l’augmentation de la popularité de Twitter auprès d’un plus large public. Et je ne suis vraiment pas certain que ce soit une si bonne chose. Je me demande si justement ça ne fait pas devenir ceux qui publicisent du contenu de plus en plus comme des parias, dans cette grande discussion (plus ou moins sérieuse) aux allures parfois de grande fête de la camaraderie entre humains contents d’être contents. Comme si hors du placotage il n’y avait point de salut!

Bien sûr, toute cette dernière partie n’est basée que sur des impressions liées à mon utilisation de l’outil. Et je ne crache vraiment pas sur le bavardage puisque j’aime beaucoup m’y tremper quand j’ai un moment. Mais je continue de croire que Twitter est particulièrement formidable pour partager rapidement de l’information. C’est surtout ça que je voulais souligner. Et que ce n’est aucunement contre nature de répéter un tweet deux fois dans la même journée. Voilà.

 

(Photo : zigazou76)

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