Richard Martineau et le TerrasseGate

Photo : www.etudieramontreal.info

L’ami de tous, Richard Martineau, a pondu tout un tweet hier soir pour dénigrer le mouvement étudiant :

Vu sur une terrasse à Outremont: 5 étudiants avec carré rouge, mangeant, buvant de la sangria et parlant au cellulaire. La belle vie!

Quand il a écrit ça, il devait sans doute se sentir comme quelqu’un découvrant le chaînon manquant…

Trève de plaisanteries, cette rhétorique assez simpliste me fait beaucoup penser à celle qui, pendant « Occupons Montréal », pointait le fait qu’un étudiant indigné lisait son discours sur son portable Mac et que ça enlevait toute crédibilité au mouvement, tout comme n’importe qui du lot possédant des gadgets électroniques. Sauf que celle de Martineau pousse encore plus loin cette logique bancale.

Je vais laisser la place à quelques réactions publiées sur Twitter avant de poursuivre :

@RiMartineau Être impressionné parce que quelqu’un a un cellulaire… vous faites tellement 1994.

@RiMartineau Allez-vous reprocher aux mieux nantis d’être solidaires des moins biens nantis. Maudite belle société! L’homme mange l’homme…

@RiMartineau Y a des riches qui sont contre la hausse…et il y a des étudiants qui vivent à Outremont…Oui, oui Richard… #nimportequoi

@RiMartineau Come on! Pour être en faveur d’une meilleure accessibilité aux études, il faut être pauvre et manger du kraft diner? #GGI

@RiMartineau donc les étudiants qui sont contre la hausse devrait arrêter de manger, de boire et de communiquer. C’est ce que je comprends?

Un cellulaire, oui. Mais pas de ligne fixe. Realité de l’étudiant en 2012. Toi aussi tu avais un téléphone. #Martineau

Et la palme :

Vu un peu partout: des contribuables se disant surtaxés se payer le cable et même prendre des vacances. La belle vie!

Et en extra, pour le sarcasme de haut niveau et le superbe mot-clic :

J’ai déjà vu qq’un en faillite intellectuelle continuer à dépenser de la salive! #TerrasseGate

Et mon grain de sel :

Si tu ne vois pas plus loin que le bout de ton nez, il y a de fortes chances que tu vois quand même Richard Martineau. #TerrasseGate #GGI

Au moment de publier ces lignes, le principal intéressé n’a pas réagi aux nombreuses personnes qui lui ont écrit. Il va peut-être rétorquer que c’était une blague. Quoi qu’il en soit, ceux qui l’ont applaudi vont continuer de penser qu’il a « ben raison », parce que pour eux la réalité ne s’appréhende qu’au premier degré. Aucune finesse dans le jugement. Toute accroche pour se farcir de l’étudiant est bonne à prendre. Même s’il est bien évident qu’à l’analyse, même très peu poussée, ça ne tient pas debout.

Quand des gens se tiennent debout, il semble que tous les coups sont permis pour tenter de les faire tomber.

C’est magnifique.

 

Màj :

Pour poursuivre votre lecture à ce sujet : TerrasseGate : Richard Martineau serait-il victime d’incompréhension?

 

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15 réponses à Richard Martineau et le TerrasseGate

  1. Assez spécial comme commentaire. J’ai l’impression que ce conflit est en train de devenir une guerre contre les jeunes. Pratte a sorti lui aussi des chiffres sur les cellulaires et téléphones intelligents. Il a fait l’amalgame jeune/étudiant-e, alors que tous les jeunes (18-24 ans!) ne sont pas étudiant-e-s, et que tous les étudiant-e-s ne sont pas des jeunes.

    Ça ne vole pas haut. Après ils se demandent pourquoi ils sont détestés d’une grande partie de la population.

  2. Info rédaction dit :

    Juste pour dire . J’ai un cellulaire prépayé qui me coûte … on va dire 15 $ par mois . Je ne pense pas que ce soit la pierre d’angle de mon budget 😉

  3. Et moi, j’en ai pas. Mais c’est vrai qu’un cellulaire, c’est pas toujours une dépense excessive, et que ça remplace souvent, chez les étudiant-e-s, le téléphone maison.

    C’est cependant la nature de l’argument qui me dérange.

  4. Louis Sirois dit :

    Je pense que le « fond » du commentaire réside davantage dans le fait que Martineau a sans doute voulu se faire un peu l’écho d’un large segment de la population, qui en a ras-le-bol de ce conflit et qui, à tort ou à raison, ne supporte plus de se faire barrer le chemin du retour à la maison, après avoir bosser 8 heures pour payer des taxes (frais de scolarité) pour des jeunes assis sur le pont…

    J’ai tristement l’impression que ça va très mal se finir cette histoire: le gouvernement ne bougera jamais, les jeunes vont se faire casser la gueule solide à partir de demain et au final, ils vont retourner « gros-jean comme devant », finir leur session et espérer encore être là pour se dénicher un boulot estival.

    Fait intéressant que j’ai noté, en Grèce, en Espagne, au Portugal et autres États ayant vécu récemment le chaos, le scénario est toujours le même: ce sont les étudiants qui ont été les premiers à descendre dans la rue, suivi des syndicats du privé ou para-public (Aveos, transcontinental, Rio-Tinto), puis les petits travailleurs, pour finir par une apogée, lorsque c’est la fonction publique (ses syndicats) qui vont dans la rue.

    Vous trouvez pas que ça commence à chauffer dans la marmite et que le tout risque de voler en éclats ?

  5. Venise dit :

    Merci jardinier de cueillir ces savoureuses et intelligentes lignes sur twitter.

    Ma préféré : J’ai déjà vu quelqu’un en faillitte intellectuelle continuer à dépenser de la salive.

  6. Annie dit :

    Je vous trouve durs avec Martineau. Ce n’est pas donné à tout le monde de comprendre des situations complexes. Ce qui est exprimé ici est la voix d’un petit garçon. Soyez donc indulgents…

  7. Info rédaction dit :

    Eh oui Annie : c’est rassurant d’être compris par des gars qui comprennent des trucs qu’on ne comprend pas nous même !! :))

  8. Christian dit :

    « Sauf que celle de Martineau pousse encore plus loin cette logique bancale. »

    Si cela est un logique bancale, vous n’avez encore rien vu.

    Vous devriez lire le rapport des vérificateurs à la firme PWC, et constater ce qu’ils ont trouvé à l’UQAM, en déficit de 10 millions l’an, à l’époque de la double comptabilité pour cacher les coûts de l’îlot Voyageur. Une perte de 400 millions.

    Il ont découvert que les étudiants bénéficiaient d’un bar à bière à l’intérieur, appelé « l’après cours », avec un déficit de 50,000 $ l’an financé par l’UQAM.

    Imaginez le scandale, s’il fallait que le bar à bière de l’université soit financé par les étudiants. Plutôt que par les subventions de l’UQAM, provenant de nos impôts.

    Mais le plus juteux reste sans doute le plus grand secret de tous, que les médias syndiqués cachent soigneusement. Que même Martineau ignore.

    Ce secret, c’est que…
    Les principaux clients de tous les bars, brasseries et restos que l’on trouve les jours de semaine sur la rue St-Denis, entre Ontario et De Maisonneuve, sont des étudiants de l’UQAM.

    Toutefois ce secret n’est pas, le scandale principal.

    Le scandale principal se trouve dans les cartes des menus. Les prix absolument stratosphérique que l’on demande pour un simple panini, bout de pizza ou repas et verre de bière.

    Comment des étudiants universitaires, se disant révoltés de payer un tiers des coûts de leur éducation, font-ils pour se payer des repas et de la bière à des prix d’extorsion, stratosphériques, attrape touriste rue St-Denis ?…

    Sans aller en faillite, en grève ou causer des émeutes ?…

    CH

  9. vlav dit :

    Je ne comprends même pas que l’on soit en train de débattre du budget de chaque étudiant et de ce qu’il en fait. La question n’est pas là. Elle est sur l’accès à l’éducation. Pourquoi la grande majorité des gens voit les frais de scolarité comme une dépense immédiate et ponctuelle?

    Oui, on paye pour les étudiants. Et moi je paye pour toi dans quelques années quand tu seras vieux et que tu bénéficieras des services gouvernementaux aux personnes agées. Ces étudiants vont aussi payer l’éducation de tes enfants plus tard. C’est une roue et cette roue tourne… C’est ce qu’on appele l’économie dans une société.

    Le fait est que BEAUCOUP d’étudiants n’auraient pas les moyens d’étudier avec cette hausse; n’est-ce pas suffisant comme argument?

    Comment peut-on faire une économie sur l’avenir de nos enfants?

    En passant, j’ai terminé les études depuis longtemps et je travaille à temps plein.

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