Le greffon anglais

Depuis la parution de mon billet nommé « Elvis « Masbourian » Gratton », j’accumule des billets que j’ai lu portant sur le sujet de la situation du français.

Coyote Inquiet (portant très bien son pseudonyme) qui remarque en se promenant dans le quartier Plateau-Mont-Royal que 80% des gens dans la rue se parlent anglais. Phénomène que je remarque aussi parce que j’y travaille. Au-delà de l’irritation (et d’une certaine incompréhension) que je partage avec lui, j’ai trouvé quelque chose comme une réponse dans la section Opinion de Cyberpresse.

C’est un texte de Patrick Poisson, un « professeur de français langue seconde auprès des immigrants et étudiant à la maîtrise en éthique appliquée à l’Université de Sherbrooke » titré : « Les francophones laissent Montréal s’angliciser ». Il pointe les « lois linguistiques déclarées inconstitutionnelles, la culture américaine en super concentré, la mollesse du Canada à défendre sa minorité linguistique, la migration des francophones vers les banlieues, etc. »

Parlons-en du pouvoir, et encore plus du législatif, de la Cour Suprême du Canada : les Santa Claus qui ont fait arriver Chrismas un peu trop en avance cette année. On voit bien combien est vraie la formule : si tu ne t’occupes pas de politique, c’est la politique qui va s’occuper de toi… Mais là, c’est encore pire, puisque même une forte majorité de québécois en désaccord avec eux n’aurait pas pu influer sur cette mise à mort de la loi 104. Il y a bien du laisser-faire et de la peur qui nous ont menés jusqu’à aujourd’hui, encore des sujets de Sa Majesté, même si elle est bien le contraire de l’omniprésence dans nos vies.

Je n’arrive pas à comprendre cette traditionnelle guérilla en règle contre la loi 101, et encore plus aujourd’hui, puisque l’anglais est tout simplement un greffon à toutes les langues : qui n’a pas remarqué que le réflexe de traduction semble de moins en moins nécessaire quand il s’agit de la « langue des affaires ». Je pense à un détail dans ma lecture du moment, un roman fort intéressant de Jean-Simon DesRochers : La canicule des pauvres, aux éditions Les Herbes rouges.

L’auteur, qui se réclame du réelisme, dépeint quelques personnages anglophones et se sert donc de l’anglais dans les dialogues et dans la transcription de leurs pensées. Où j’en suis rendu dans ma lecture, il fait la même chose avec des personnages qui s’expriment en espagnol, mais dans ce dernier cas, on a droit à une traduction en fin de page.

Si j’étais un parfait unilingue francophone, une partie de l’oeuvre m’aurait été inaccessible. C’est un fait, pas une critique, enfin, pas personnelle, puisque je n’ai pas été brimé dans ma compréhension. Et je ne crois pas que ce choix éditorial est politique. S’il l’est, ça me surprendrait beaucoup. C’est un choix pratique. Pourquoi considérer une oeuvre francophone dans un contexte de lecture seulement francophone quand c’est (pratiquement) inutile d’aller au bout de la logique?

Alors, pour revenir à nos zélateurs anglophones, je le répète : pourquoi agir comme si l’anglais était en voie de disparition alors que cette langue est maintenant le greffon de toutes les autres? Les francophones n’ont pas besoin de s’ouvrir à l’anglais, car le forceps est bien ouvert et surtout, greffé. Qu’on soit d’accord ou pas n’est même pas secondaire tellement c’est hiérarchiquement bas. C’est comme ça.

Pour le reste, il y a notre espace linguistique à renforcer comme du béton armé. Ce qui donne pour certains, comme Caroline Moreno, le goût de suggérer des choses comme « Revenir aux graffitis (101) », « Bloquer un pont et réclamer le départ d’Ottawa du Québec » et « Prendre d’assaut l’Assemblée nationale du Québec et déclarer l’indépendance du Québec ».

Ce ne sont que des suggestions, mais une chose est sûre, c’est que le je-m’en-foutisme des uns encourage certainement l’extrémisme des autres.

*

Lire aussi :

Gérald Larose : La disparition sociopolitique du français en terre d’Amérique fait partie de l’ADN du Canada

Josée Legault : La lâcheté érigée en système

Ajout :

Le français avant l’anglais pour les immigrants

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Une réponse à Le greffon anglais

  1. J’ai remarqué le même phénomène sur Le Plateau et je croyais rêver. En passant devant la boutique « American Apparel », j’ai remarqué qu’une affiche apposée sur leur vitrine était rédigée exclusivement en anglais. Je suis entré dans le magasin pour me plaindre. Et bien, l’employée qui m’a reçu avait peine à parler notre langue! Le « patron » m’a assuré qu’une affiche française serait ajoutée. Je lui ai suggéré de n’afficher qu’en français. Il semblait me prendre pour un extra-terrestre…

  2. Darwin dit :

    «80% des gens dans la rue se parlent anglais. Phénomène que je remarque aussi parce que j’y travaille»

    J’habite depuis 30 ans sur le Plateau (avant que ce soit branché et cher…). Il est vrai que l’anglais y gagne du terrain, mais le français y est encore nettement majoritaire. Dire que 80 % des gens y parlent anglais est tout simplement ridicule. 10 % me semble plus conforme à la réalité.

    Cela dit, oui, il faut y voir. La tendance est quand même là.

  3. Darwin dit :

    Précision : quand je parle de 10 % de gens qui parlent anglais, c’est pour la partie du Plateau à l’est de Saint-Denis. À l’ouest, surtout de Saint-Laurent, je n’en sais pas grand chose, puisque je n’y vais presque jamais.

    De toute façon, 80 % est fortement exagéré.

  4. mymyk dit :

    « 80% des gens dans la rue se parlent anglais. Phénomène que je remarque aussi parce que j’y travaille. »

    Bonjour, Renart.

    Je suppose, un peu comme le laisse entendre Darwin, que tu parles d’une petite partie du Plateau, dans l’ouest, plutôt vers l’Avenue du Parc et la rue St-Viateur. Dans le coin du Plateau où je demeure, Mont-Royal/Christophe-Colomb, ce n’est absolument pas la réalité que je vis.

    Mon coloc et moi avons remarqué un autre groupe linguistique que tu n’as pas nommé qui prend de plus en plus de place. Si je peux me permettre, à la blague (mais c’est presque vrai!), de corriger ta phrase ainsi : « 75% des gens dans la rue ont un accent européen. » 😛 Bref, il y a de plus en plus de Français dans mon coin!

  5. Enkidu dit :

    C’est drôle, mais à Verdun, arrondissement traditionnellement anglophone, c’est l’inverse qui semble se passer : il y a de moins en moins de personnes qui n’y parle qu’anglais (du moins sur la terre-ferme, je ne pourrais pas dire pour l’Ïle des Soeurs). Mêmes nos anglos sont différents : des canadians souvent âgés, alors que sur le Plateau, ce sont plutôt des jeunes bcbg américanisés.

    Mais bon, tout ça, ce sont des impressions bien subjectives. Reste que lorsque je me promène dans le Plateau, j’entends davantage parler anglais que dans mon coin, bizarre…

  6. un gars dit :

    Il fait bien longtemps que je parle de l’invasion anglaise au Plateau. Bien heureux, enfin d’en entendre un écho.
    Je ne sais si c’est 10 ou 80%, certainement 50% même à l’est de Saint-Denis.
    J’habite un bloc de 8 logements, 2 appartements sont loués par des franco, le reste est anglo.

    Mais ce qui m’inquiète le plus c’est qu’ils sont, pour la majorité d’entre-eux, unilingue anglais et ce même si la plupart sont de jeunes étudiants.

    Sans oublier les commerces unilingue anglais.

  7. Et les gens qui parlent anglais, avez-vous remarqué si ce sont des anglophones ou des gens des « communautés culturelles »? Car il est là le « problème »: l’adoption de l’anglais pas les gens qui s’installent à Montréal…

  8. Jeanne Émard,

    « Il semblait me prendre pour un extra-terrestre… »

    Ça confirme tellement ce que je pense. C’est qu’il y a un nombre suffisant d’unilingue anglos (et d’allophones ayant comme deuxième langue l’anglais) pour justifier l’affichage au moins dans cette langue.

    « Et les gens qui parlent anglais, avez-vous remarqué si ce sont des anglophones ou des gens des “communautés culturelles”? »

    Vite de même, je te dirais qu’ils m’ont plus l’air d’être des blancs de souche anglaise.

    Darwin,

    c’est bien certain que ce n’est surtout pas un sondage, et encore moins des statistiques fiables. Néanmoins, je peux t’assurer que dernièrement, quand je marche sur Mont-Royal (dans la partie est, en plus), la majorité des gens parlent entre eux en anglais. Et j’entends (et je lis) de plus en plus de gens dire que le ghetto McGill s’y est déplacé.

    Je remarque aussi que de plus en plus de gens s’adressent à moi en anglais. J’essaye toujours de placer un mot ou deux en français et c’est plutôt rare qu’il y ait un transfert. Et même pour ceux qui transfèrent, je me demande toujours ce qui les pousse à m’aborder en anglais alors qu’ils parlent parfaitement français.

    Au début, je me disais : ils viennent faire du tourisme dans l’est… Ça l’air qu’ils ont assez aimé pour déménager!

    Mymyk,

    bienvenue ici!

    Je ne sais pas pour Coyote Inquiet, mais pour ma part, je constate le phénomène encore plus à l’est que le coin dont tu parles. Bien sûr, mon expérience vaut ce qu’elle vaut…

    Pour ce qui est des « Européens », je le remarque aussi, mais moins radicalement.

    Enkidu,

    « Mais bon, tout ça, ce sont des impressions bien subjectives. »

    ça va de soi. Mais ça me surprendrait que des statistiques prouvent totalement le contraire.

  9. Tym Machine dit :

    Je croirais lire les tribulations de Louis Préfontaine…

    Depuis quand verses-tu dans l’extrémisme et pour arriver à quelle fin au juste? Les gens parleront bien la langue qu’ils veulent, c’est une question de liberté.

    Si je me promène dans le métro et je constate que je suis le seul blanc dans un wagon de métro, je passe pour un raciste mais si je me rends compte que dans un quartier donné de Montréal, 80% du monde parlent anglais autour, alors là je passe pour quelqu’un qui aime sa langue au point de vouloir « changer les choses ».

    Allez figurer vous autres quelle est la logique…

  10. Rémi dit :

    On parle souvent de Montréal qui s’anglicise, mais rien qu’a aller au Centropolis à Laval et vous verrez (entendrez, plutôt) que c’est similaire.

    Au fond, c’est simple: un anglophone peut facilement se débrouiller sans apprendre le français. Peut importe le commerce où il ira, on s’adressera à lui en en anglais, même chose pour les services gouvernementaux et chez eux, ils ont le câble avec les chaînes américaines. Ils peuvent donc vivre 100% en anglais.

    Au fond, mettons nous à leur place: pourquoi apprendraient-ils le français? Pour faire plaisir aux francophones?

  11. Darwin dit :

    @ Renart

    J’ai l’impression que la surprise d’entendre parler anglais sur le Plateau tend à surestimer sa prévalence réelle. Sont-ce des visiteurs ou des membres de la clique ? Ta source parle de la rue Rachel où il passait en vélo. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a l’oreille fine et la calculette rapide !

    Ma conjointe est fleuriste sur le Plateau et ne parle pas anglais (ni le comprend !). Il est rare qu’on l’aborde en anglais, et en général, c’est un touriste (le Plateau est vanté dans des revues anglaises…).

    Quant aux étudiants de McGill, il doivent être plus riches que moi quand j’étais étudiant ! Rappelons que les loyers sur le Plateau ne sont pas les plus abordables (j’ai eu la chance d’acheter mon étage au début des années 80, juste avant la flambée des prix et l’embourgeoisement qui s’en est suivi…).

    Cela dit, je suis le premier à reprocher aux francophones de Montréal leur attitude de colonisés quand quelqu’un les aborde en anglais ou encore pire en français avec un accent (pas nécessirement anglais), Là-dessus, on est d’accord !

  12. Je suis heureux de constater que tu commences à comprendre, Renart. Nous ne serions peut-être pas brouillés dans ces circonstances.

    * * *

    Tym Machine demande la différence entre se retrouver seul blanc dans un wagon de noirs ou seul francophone avec des anglophones. Elle est très simple: la langue est quelque chose d’appris, qui se modifie, tandis que la couleur de peau ne peut être modifiée. N’importe quel anglophone peut reconnaître la francité de Montréal et le danger de son anglicisation et décider d’apprendre le français.

    * * *

    Bravo Renart pour ton ouverture d’esprit. Le vent commence à tourner; nous sommes de plus en plus nombreux à résister à l’anglicisation.

  13. Jean Vitchier dit :

    Il y a 2-3 ans, un de nos voisins en appartement nous a pondu un truc assez riche en humus constitutionnel:

    « L’un des plaisirs de vivre en Mauricie, c’est justement de ne jamais rencontrer personnes qui parlent en anglais, à part les oiseaux qui chissent (sic) sur ton char, y’a rien qui me fait penser aux Anglais icitte! » -Maurice

    Le gars en question est un ancien franco-ontarien, il m’avait parlé tout de suite quand il a vu mon drapeau des Patriotes qui battait de l’aile dans la fenêtre du salon…

    Je n’ai jamais détesté les Anglais, d’ailleurs je n’arrive même pas à détester qui que se soit… Life is too short(la vie est trop pantalon court) pour s’abîmer dans la haine et le mépris. Tiens, si c’était à refaire, j’irais même trinquer avec Lord Durham, le trimbalerait au cinéma pour écouté Les Dangereux avec lui…

  14. Tym Machine dit :

    @LP,

    C’est parce que vous n’avez pas connu un certain Michael Jackson qui nous a tous prouvé le contraire.

    Farce à part, on comprend très bien le point que vous soulevez. Sauf que qu’est-ce qu’on peut y faire dans le concret: interpeller les gens dans la rue qui parlent anglais ou une autre langue autre que le français? Les battre? Se promener avec des pancartes écrite « N’achetez pas dans ce commerce, ils parlent anglais. »?

    Il y a peut-être le boycott mais ce boycott ne servira pas à grand chose si 80% de la clientèle du magasin est anglophone ou allophone et que le reste du 20% français accepte à 80% de se faire servir en anglais. 4% de perte de chiffre d’affaire, ce n’est pas la mer à boire pour un commerce qui fait déjà de bonnes affaires, ce sont les lois du marché qui parlent tout simplement.

  15. ChristianB dit :

    Je suis un ti-gars du plateau. Je m’y suis promené à maintes reprises avant l’âge de 10 ans, j’y suis retourné pour toute mon adolescence et j’y retourne souvent encore. Je trouve curieux qu’il n’y ait pas plus de gens qui aient remarqué la tendance qui est très importante. Ce que je remarque aussi, c’est la diminution importante de Québécois de souche. Actuellement, il n’y a que Michel Tremblay pour me faire revivre le plateau Québécois.

    Je voudrais bien blâmer l’immigration à grands cris car je pense qu’une grande partie du problème y trouve son origine. Mais le fédéral est la grosse bête noire dans tout ça. Je vais peut-être passé pour un parano mais moins il y a de québécois de souche en ville, mieux c’est pour le Canada anglais et plus on s’éloigne de la souveraineté au Québec.

    Je l’ai souvent dis à ma mère qui aimait beaucoup le plateau; je ne m’y reconnais plus. Le plateau n’est plus seulement devenu « IN » mais il est aussi devenu assez « étranger » pour que je cesse de m’y sentir chez moi. En fait, c’est comme ça partout en ville, ou presque.

  16. Manx dit :

    Avec tout ça, j’ai l’impression que la langue française se porte mieux dans le West Island que sur le Plateau. Je suis désolé de le dire ainsi, mais je parle couramment en français avec des gens nés de langue maternelle anglaise, en plein dans le bastion anglophone Québécois… Ça me trouble de voir que la position du français est moins avancée ailleurs sur l’île.

  17. Tym Machine,

    je trouve que tu pousses la note un peu fort en me traitant d’extrémiste. À ce compte-là, je pourrais bien te rendre la pareille, puisque tu prônes un total laissé faire au niveau linguistique. Ce n’est pas parce que tu l’enrobes d’un discours tournant autour de la liberté qu’on ne peut pas en juger. Comme je l’ai déjà dit : il y a autant de manières de voir la liberté qu’il y a de gens pour l’appréhender.

    Le pire, c’est que je me situerais sûrement plus de ton côté si le Québec était indépendant. C’est sa situation canadienne qui rend utile la législation linguistique. Il y a un double message : la langue officielle du Québec est le français tandis que le Canada fait la promesse que les gens ont la liberté de choisir entre deux langues officielles. Mais je sais que tu le sais : tu as choisi le message du Canada, c’est même ta marque de commerce…

    Je n’ai rien contre le fait que des gens parlent anglais, j’en ai seulement contre ceux qui considèrent le fait français comme une donnée négligeable.

    « Si je me promène dans le métro et je constate que je suis le seul blanc dans un wagon de métro, je passe pour un raciste mais si je me rends compte que dans un quartier donné de Montréal, 80% du monde parlent anglais autour, alors là je passe pour quelqu’un qui aime sa langue au point de vouloir “changer les choses”. »

    Depuis quand constater quelque chose est mauvais à la base? C’est quand tu l’instrumentalises que ça peut devenir mauvais.

    Aussi, où est-il question ici de botter le cul des anglos en dehors de Montréal? Du Québec tant qu’à y être! Tu me trouves extrémiste parce que tu lis ce genre de projet entre les lignes. Tout ce que je veux, c’est que les nouveaux arrivants s’intègrent le plus possible en français à notre société, et les autres aussi, tant qu’à y être! Ce n’est pas extrémiste, c’est rassembleur!

    Rémi,

    « Au fond, mettons nous à leur place: pourquoi apprendraient-ils le français? Pour faire plaisir aux francophones? »

    Je revire ça à l’envers, avec toute la propagande sur la « langue des affaires », et beaucoup de mauvaise foi : j’en viens à me demander si l’apprentissage de l’anglais par les francophones n’est pas beaucoup « pour faire plaisir »… Surtout quand on sait que ça peut être payant, « faire plaisir »!

    Darwin,

    « Cela dit, je suis le premier à reprocher aux francophones de Montréal leur attitude de colonisés quand quelqu’un les aborde en anglais ou encore pire en français avec un accent (pas nécessirement anglais) »

    mais non, mais non, c’est toujours et seulement une bonne manière de pratiquer son anglais! 😉

    Louis Préfontaine,

    « Je suis heureux de constater que tu commences à comprendre »

    je ne comprends pas plus, ni moins. Je continue de penser qu’AFG fait du bon boulot. Il n’y a pas de lien. Je ne m’insurge pas plus contre le fait qu’il écrit en anglais que le fait que des gens discutent dans cette langue sur le Plateau. Tout cela est le résultat d’une situation donnée et je pointe cette dernière beaucoup plus que le résultat. Tout ce que je peux faire pour le résultat, c’est refuser personnellement (en dehors du travail) de parler anglais avec des Québécois ou des néo-Québécois qui ne parlent pas français par choix. À ce sujet, je suis même brouillé avec un gars parce que je lui ai dit que je n’étais pas d’accord avec le fait que sa copine, montréalaise, anglophone, ne parlait pas français (son ex, plus précisément).

    Pour ce qui est de résister à l’anglicisation, je le fais depuis très longtemps, mon appui à AFG n’est même pas une anicroche. Il reste la législation et les (trop nombreux) autres francophones à convaincre…

    Jean Vitchier,

    un franco-ontarien, le pauvre, il peut bien réagir comme ça! 😉

    « Je n’ai jamais détesté les Anglais, d’ailleurs je n’arrive même pas à détester qui que se soit… »

    Moi je déteste ceux qui considèrent ma langue maternelle et langue de la majorité comme moins que de la merde…

    ChristianB,

    le seul problème qu’il y a avec les « Québécois de souche », c’est qu’ils se prennent majoritairement pour des tapis de douche. L’autre défi est d’intégrer les nouveaux arrivants en français. Et ça passe par la loi.

    Faut pas tout mélanger.

    Manx,

    est-ce que les gens sont plus vieux?

    (Je demande ça parce qu’on parle de la jeune génération d’Anglos sur le Plateau.)

  18. Manx dit :

    Arf, non, je parle beaucoup avec les gens dans les services de la ville (en français, sauf à une place au café Twigg’s où ça dépend des jours), mais les universitaires du campus et même, jusqu’à une certaine limite, les cégépiens de John Abbott parlent couramment le français entre eux.

  19. Le Canadien errant dit :

    À Montréal, je ne parle pratiquement jamais anglais. Quand on s’adresse à moi en anglais, je réponds en français. MAIS PAS D’UNE MANIÈRE AGRESSIVE: AVEC LE SOURIRE. Alors, le miracle se produit: MON INTERLOCUTEUR SE SENT À L’AISE ET OSE ME SORTIR LES TROIS MOTS DE FRANÇAIS QU’IL CONNAÎT.

    À St-Léonard où j’ai grandi, tout le monde ou presque sait parler français aujourd’hui. Ils peuvent bien parler anglais, italien, arabe, créole ou chinois dans la rue. Pour l’instant, il y a pas de loi qui les en empêche. Si je m’adresse à quelqu’un en français, on me répond en français (le jouale en prime). Quand j’étais jeune (avant la loi 101), on se lançait des pierre à la récré (mon école primaire était moitié française, moitié anglaise). Heureusement, les temps on bien changé. Aujourd’hui, les gens se respectent et personne n’a envie de retourner en arrière.

    Si les anglophones du Plateau étudient à Mcgill, ça veut dire qu’ils ne sont pas d’ici (probablement d’ailleurs au Canada ou aux États-Unis). DONC, ILS SONT DE PASSAGE ET NE S’INSTALLERONT PAS ICI APRÈS LEURS ÉTUDES. CE SONT DES PRESQUES TOURISTES. Montrez-leur que votre culture est belle : ILS SONT VENUS EN PARTIE POUR ÇA. Durant mes études, j’ai eu un coloc New-Yorkais très motivé à apprendre le français. Il croyait y arriver en six mois… Évidemment, il s’est vite découragé. Apprendre une langue, c’est comme la musique. À l’âge adulte, ce n’est vraiment pas facile. C’est très intimidant de parler une étrangère. Quand l’interlocuteur à l’air bête, c’est carrément humiliant. NE PARLEZ PAS ANGLAIS MAIS SOURIEZ, et vous savez quoi, quand ils retourneront chez eux, ils ne parleront peut-être pas très bien français mais ils auront au moins une image positive du Québec.

    LE TEMPS ET LA MOTIVATION : C’EST LA DIFFÉRENCE ENTRE L’ANGLOPHONE DE PASSAGE et L’IMMIGRANT QUI EST LÀ POUR RESTER. L’IMMIGRANT, celui qui est là pour rester, finira par prendre le temps et faire l’effort nécessaire. S’il n’y parvient pas, ses enfants y parviendront. À St-Léonard, c’est ce qui s’est passé. Il faut au minimum deux générations pour s’assimiler. MAIS QUOI QU’IL EN SOIT Montréal sera toujours la Babel du Québec. On y retrouvera toujours toutes les cultures et toutes les langues (pas juste l’anglais). Et on n’y fera le tour du monde en autobus (et c’est tant mieux parce qu’un billet d’autobus c’est moins cher qu’un billet d’avion). AIMER MONTÉAL TELLE QU’ELLE EST, C’EST AIMER L’HUMANITÉ. Ne pas l’aimer, c’est être mysanthrope.

  20. Tym Machine dit :

    @Renart,

    « Aussi, où est-il question ici de botter le cul des anglos en dehors de Montréal? Du Québec tant qu’à y être! »

    Tu savais que plus d’un demi-million de personnes (anglo et franco réunis) sont partis du Québec depuis l’adoption de la loi 101? On appelle cela un exode massif sans avoir à utiliser les armes. Et ce n’est pas les plus nuls, les plus pauvres et les parasites qui sont partis.

    Alors oui quand il est question de libertés individuelles, je suis assez extrémiste merci. Mais si quelqu’un veut parler français à Montréal partout, c’est son droit et c’est son choix. L’inverse devrait être aussi vrai indépendant ou pas.

    Et avec les demandes du Bloc et du PQ au niveau du « renforcement » de la loi 101 et de toutes les autres lois linguistiques tant au niveau fédéral que provincial, je doute sincèrement qu’un Québec indépendant abolisse ce genre de loi. Si je me fie à ceux qui parlent au nom du projet nationaliste-séparatiste (remarquez l’accent sur le nationalisme ici), ça serait plutôt le contraire qui se produirait.

    De toute façon, les Québecois encore en majorité ne sont pas demain la veille à leur donner carte blanche à cet effet. Malgré les promesses répétées et répétitives de ceux et celles qui nous promettent plus de libertés individuelles de « l’autre côté de la cloture ».

  21. Deux choses à faire pour contrer ça:

    1) Refuser systématiquement de se faire servir en anglais

    2) Imposer individuellement le français dans les discussions

    3) Réaliser la séparation du Québec

    Aucune autre loi ou règlement n’est nécessaire quand on a compris ces trois points! Faux débat! Laissez les non-francophones vivre entre eux avec la langue qu’ils désirent!

  22. Tym Machine dit :

    @David Gendron,

    La séparation du Québec ne devrait pas servir à des fins nationalistes qu’elles soient linguistiques, raciales ou religieuses. En tant qu’anarchiste, vous devriez savoir mieux.

    C’est plutôt comme disait le très étatiste Jean Charest pour faire en sorte que l’état soit dans une impossibilité de tout subventionner comme il le fait présentement dans le contexte du fédéralisme canadien.

    En ce qui a trait à la possibilité pour les gens de vivre leur vie en français lorqu’ils ne le sont pas, je comprends que c’est une caractéristique qui peut « changer » comme le dit Louis Préfontaine contrairement à la race cependant, il s’agit d’une caractéristique tout de même intrinsèque qui fait partie de l’identité des gens. Car si dans le fond, si c’est si facilement « interchangeable » que cela comparé à la race comme l’avance Monsieur Préfontaine, nous pouvons très bien tous devenir anglais et ainsi bien plus facilement régler le problème en Amérique du Nord.

    Et si c’est si facilement « adaptable » et non comme étant une caractéristique de l’identité culturelle d’une personne, que penser alors de demander aux gens de changer de religion pour adapter la masse des catholiques de la province?

  23. « La séparation du Québec ne devrait pas servir à des fins nationalistes qu’elles soient linguistiques, raciales ou religieuses. En tant qu’anarchiste, vous devriez savoir mieux. »

    Attention Tym, j’ai seulement dit que la séparation du Québec donnerait un coup de main au français au Québec, avec même une réglementation moins lourde que présentement, et non pas avec la loi 101 actuelle! Évidemment, ma raison principale pour appuyer la séparation n’est pas linguistique, bien sûr.

    D’accord avec le reste.

  24. Mais bon, mon propos pouvait porter à confusion, je l’admets.

  25. Darwin dit :

    @ Tym

    «Tu savais que plus d’un demi-million de personnes (anglo et franco réunis) sont partis du Québec depuis l’adoption de la loi 101? »

    On peut voir les données sur les migrations internationales et interprovinciales sur le site Internet de l’Institut de la statistique du Québec au http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/societe/demographie/migrt_poplt_imigr/601.htm.

    Du côté des migrations interprovinciales, les années où il y a eu le plus de départs furent 1969 et 1970, soit bien avant l’adoption de la Loi 101. S’il est vrai que le nombre de départ a augmenté en 1977 et 1978, on peut aussi bien attribuer ces départs à l’élection du PQ en 1976 qu’à l’adoption de la Loi 101 en 1977 ou encore à la crise du pétrole. Cela dit, même si la population est beaucoup plus élevée maintenant, le nombre de départ fut inférieur à 40 000 à chaque année depuis 1984, alors qu’il lui a été supérieur à chaque année entre 1961 et 1975, soit bien avant l’adoption de la Loi 101.

    Du côté des migrations internationales, le nombre de départs n’a pas augmenté de façon significative après 1977.

    Bref, la Loi 101 a le dos large et les légendes urbaines à son sujet foisonnent, même si elles ne s’observent pas dans les données.

  26. Tym Machine dit :

    @Darwin,

    Les gens qui sont déménagés à cause du PQ et de la loi 101 seraient sûrement très insultés de lire que vous considérez leur départ et tout ce qu’ils ont laissé derrière comme une vulgaire légende urbaine.

    C’est à peu près l’équivalent pour une famille qui a perdu un proche dans un attentat terroriste que le terrorisme est une légende urbaine…

    Bref, libre à quiconque de croire ce qu’il veut. Mais pour avoir parlé à bien des ontariens ex-québecois de la chose, je peux confirmer que ce n’est pas seulement des statistiques mais des réelles personnes qui ont été affecté par cet exode.

  27. Darwin dit :

    @ Tym

    Vous déformez ma pensée. La légende urbaine est l’ampleur exagéréé du phénomène, comme l’utilisation du mot «exode». En pensant, les staistiques démographiques représentent toujours des personnes, qu’elles aient quitté le Québec ou pas. Vous ne le saviez-pas ? Moi oui.

    Ces gens sont «affectés» d’avoir quitté ? Mais personne ne les a forcés à partir ! Qu’ils assument leur décision, même si elle fut irrationnelle ! Qu’ils reviennent, s’ils s’ennuient ! Beaucoup l’ont fait, d’ailleurs, en constatant que le Québec avec la Loi 101, c’est quand même pas l’Allemagne d’Hitler pour les Juifs, comme Alliance Québec leur a fait croire…

  28. Manx,

    je me disais juste que quand tu es plus vieux, tu as plus de chance d’avoir eu le temps d’apprendre le français…

    Le Canadien errant,

    « Ils peuvent bien parler anglais, italien, arabe, créole ou chinois dans la rue. Pour l’instant, il y a pas de loi qui les en empêche. »

    j’espère bien, ça serait bien le boutte!

    Pour le reste, le commentaire est intéressant, MAIS IL NE FAUT PAS UTILISER LES MAJUSCULES, car c’est comme CRIER!!!

    Tym Machine,

    « Tu savais que plus d’un demi-million de personnes (anglo et franco réunis) sont partis du Québec depuis l’adoption de la loi 101? »

    oh! boy! c’est de la grosse pépeine ça…

    « je doute sincèrement qu’un Québec indépendant abolisse ce genre de loi. »

    Si ça peut te conforter dans ton idéologie, vas-y fort!

    « Malgré les promesses répétées et répétitives de ceux et celles qui nous promettent plus de libertés individuelles de “l’autre côté de la cloture”. »

    On va continuer de parler et de parler de la question constitutionnelle, ce qui va toujours mettre de l’ombre sur la question des libertés, ça, c’est certain!

    David Gendron,

    « Laissez les non-francophones vivre entre eux avec la langue qu’ils désirent! »

    Où est-il question de ça ici?

    Darwin,

    c’est drôle, tu montres des faits, et Tym transforme ça en opinion…

    Tym Machine,

    c’est certain qu’il existe des poules mouillées qui sont parties à cause de la loi 101 et du PQ, mais c’est peut-être seulement une minorité. Et je les traite de poules mouillées parce que franchement, c’est loin d’être épeurant…

    Coudon, personne ne m’avait encore dit que de vivre dans une province francophone et qui s’assume comme tel était une torture!

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