Quand Option nationale flirte avec l’électoralisme

Le titre de ce billet fait référence à une lettre ouverte de Tania Longpré, publiée sur le site de La Presse : « Quand Option Nationale flirte avec le multiculturalisme ». L’enseignante de francisation aux adultes immigrants juge sévèrement l’initiative de Jean-Martin Aussant (qui a fait des vidéos en anglais et en espagnol). Elle croit qu’il envoie le mauvais message, que c’est conforter l’immigrant « en lui disant que s’il n’apprend pas la langue, qu’on viendra à » lui. Et elle se demande :

 

S’adresser à eux dans leur langue, n’est-ce pas faire preuve d’un accommodement raisonnable et ainsi encourager «le multiculturalisme à la canadienne» dont veulent probablement s’affranchir les militants d’Option nationale?

 

Personnellement, je crois que la question se pose. Mais pour ce qui est de la réponse, elle est tout sauf claire à mon avis. Et il est beaucoup question d’interprétation. Donc, pourquoi Jean-Martin Aussant a-t-il décidé de faire ces vidéos en anglais et en espagnol? Je mettrais ma main au feu que la raison n’est vraiment pas le multiculturalisme, mais bien plutôt l’électoralisme. Alors, c’est dans l’optique de charmer les anglophones et les hispanophones, nonobstant de leur connaissance ou non du français. La non-connaissance du français par des habitants du Québec est effectivement un problème, mais il n’est visiblement pas question de ça avec l’initiative d’Aussant.

Dans le fond, peut-on vraiment reprocher à quelconque parti (mis à part le PLQ qui a joué au Père Noël en précampagne) de faire tout en son pouvoir pour aller chercher des votes? D’autant plus que ça me semble assez anodin, comme si on s’insurgeait par exemple contre un candidat qui parlerait dans la rue en anglais ou en espagnol à ses possibles électeurs…

Moi-même je suis très critique envers le multiculturalisme et ses débordements, mais là, je crois que c’est carrément offrir sur un plateau d’argent des raisons de prouver que les critiques du multiculturalisme sont intolérants. Parce que oui, il est très facile de taxer les antimulticulturalistes de xénophobie. Le terme « multiculturalisme » respire en soi l’ouverture aux autres et est ainsi un terrain miné. C’est alors qu’il faut respirer par le nez et s’abstenir, quand une situation inspire plus de questions que de réponses.

Parce qu’il faut l’admettre, l’analyse de Tania Longpré est basée majoritairement sur des soupçons. Et ce qui est dommage avec les soupçons, c’est qu’ils n’ont pas besoin de preuves pour faire des dommages. Et si cette femme est péquiste, ça pourrait expliquer beaucoup de choses. Mais je ne le sais pas, ce n’est même pas à la cheville d’être un soupçon… Tout ce que je sais, c’est que cette femme milite beaucoup pour sa cause, soit la francisation des immigrants. C’est une cause qui me tient à coeur aussi, mais dans l’optique de la campagne, hors des engagements des partis, je ne crois pas que ce soit si important.

Ce qui est important, c’est que dans une campagne tout est question de communication, alors c’est bien normal que le langage en soit, et d’une façon très utilitaire. Voilà profondément, enfin je crois, où se trouve la position de Jean-Martin Aussant.

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2 réponses à Quand Option nationale flirte avec l’électoralisme

  1. Jean-Marc Laurin dit :

    Quand le PQ flirte avec le fédéralisme.

    http://www.blocquebecois.org/accueil.aspx

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