Quand la partisanerie est plus forte que tout, le cynisme est roi!

 

Une situation hors du commun demande parfois une solution hors du commun.

Je crois profondément que la situation politique actuelle demande ce genre de solution.

Pierre Curzi avait une bonne piste en proposant un front commun, une coalition PQ-QS-ON, mais ni Pauline Marois, ni Amir Khadir n’en veulent. C’est d’une tristesse.

Pour ce qui est de Pauline Marois, je crois bien saisir que la partisanerie compte plus que de se débarrasser de Jean Charest alors que la conjoncture le demande, et elle compte sur l’idée d’un vote stratégique qui irait dans ce sens pour y arriver. Malheureusement, ça ne semble pas aussi simple et cette volte-face actuelle montre son vrai visage et beaucoup de gens auront le même problème à voter pour le PQ que pour le PLQ. Cela ajouté au fait que les intentions de vote n’ont jamais été flatteuses pour elle et sa formation malgré la gouvernance pourrie de Jean Charrest et sa bande.

Du côté d’Amir Khadir, il y a une ressemblance au niveau partisan, mais je crois surtout que ce qui le pousse à croire aux chances de son parti est le miracle de l’élection du NPD comme opposition officielle à Ottawa. Sait-on jamais, cela pourrait arriver, mais je crois que les Québécois ont pris à la légère leur vote pour un parti résolument à gauche comme le NPD parce que tous savaient en leur for intérieur qu’il n’y avait aucune chance pour ce parti de prendre le pouvoir canadien, ni même de prendre l’opposition. Je n’ai pas l’impression que les Québécois s’y laisseront prendre une deuxième fois, simplement parce que le centre est trop confortable. Et en plus, je crois que ceux qui se donnent la peine d’aller voter ne le font pas dans la même optique selon si c’est au fédéral ou au provincial. Ottawa est loin, Québec est proche…

En somme, nous nous retrouvons encore devant la petite politique mesquine alors que nous avions l’impression que la crise étudiante ouvrait une brèche vers un sens plus généreux de la démocratie. Nous avons besoin de plus de changements que de promesses, besoin de plus de résultats concrets que de stratégies partisanes. C’est aujourd’hui que nous avons besoin de politiciens comme Pierre Curzi qui jouent le tout pour le tout pour le bien du peuple, pour lui redonner confiance en cette démocratie mourante, pour lui donner le goût de la soigner et qui n’ont pas peur de se décoller de leurs sièges pour voler au-dessus de la mêlée et de prendre le pouls, de proposer des solutions qui pourraient nourrir ce feu rouge déjà bien démarré.

En lisant les refus de Pauline Marois et d’Amir Khadir, c’est comme si on m’avait shooté une bonne grosse dose de cynisme.

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12 réponses à Quand la partisanerie est plus forte que tout, le cynisme est roi!

  1. Stéphanie Roberge dit :

    Je pense qu’il est facile de critiquer Marois. Cependant, il ne faut pas oublier que Marois est dans une position difficile. Le PQ est un parti arc-en-ciel formé de souverainistes de gauche, de centre mais aussi de droite. Une coalition avec Khadir et QS pourrait entraîner le départ de certains de droite vers la CAQ. Je crois que Marois préférerait que QS disparaisse et que Khadir se joigne au PQ. Ce qui ne serait pas fatal pour la gauche.

    Je pense que la sortie de Curzi était maladroite étant donné qu’il est indépendant et refuse de retourner au PQ. Cependant, il n’a pas tort. La division du vote peut avoir pour conséquence la réélection de Charest. Voter pour le PQ est la seule chance de sortir le PLQ. Pour cela, le PQ doit gagner en région. En région, Khadir et QS ne passent pas donc je pense qu’une coalition avec QS serait un boulet pour le PQ. Je pense qu’on doit voter PQ mais garder le seul représentant de QS dans Mercier.

    Mais surtout, il faut faire sortir le vote. Les jeunes et les francophones qui ont moins tendance à voter doivent faire leur devoir de citoyen.

  2. Roxanne dit :

    Même si j’ai très envie de voir partir Charest, je suis mal à l’aise avec la stratégie suggérée par Curzi. Est-ce que ce n’est pas un peu paradoxal qu’en plein crise sociale, avec les gens qui sortent dans les rues pour réclamer plus de démocratie, on veule, et je cite Curzi lui-même, « simplifier le choix des électeurs le jour du vote ». En supposant qu’une telle simplification du processus démocratique favoriserait la participation des abstentionnistes? En supposant qu’un électeur de QS, privé d’un candidat, voterait automatiquement pour le PQ?

    Je comprends le côté très mathématique de sa stratégie et très pratico-pratique aussi, mais je ne crois pas que ce soit une amélioration pour la démocratie. On suppose que les gens ne sont pas capable de juger eux-mêmes du danger de la division des votes, alors on ne donne qu’un seul choix possible à l’électeur anti-Charest. En ce sens, je suis d’accord avec Amir Khadir que ça pourrait favoriser le cynisme. On peut convaincre les gens, mais pas leur enlever leurs options avec des alliances électorales à grande échelle. Personnellement, dans de telles conditions j’envisagerais sérieusement d’annuler mon vote. (J’espère cependant ne pas avoir à en arriver là.)

    Évidemment, il reste à voir comme ça s’appliquerait réellement. Peut-être que j’ai mal compris l’idée de Pierre Curzi, ou bien qu’on va la développer pour en tirer quelque chose de différent. Mais en tout cas, j’espère que les gens vont s’interroger sur l’éthique des aliances électorales avant de se lancer dans ce projet.

  3. Dommage que le PQ et QS ne vuelent pas d’une coalition. Tant que le système électoral ne sera pas réformé, il faudra trouver des stratégies comptables pour contrecarrer la droite au Québec.

    Même si ces partis ont des idéaux différents, il me semble que l’entente suivante pourrait rallier tout le monde PQ-QS-ON : « On forme une coalition à la condition d’installer un système électoral proportionnel si on obtient la majorité. Une fois cette condition remplie, on défait le gouvernement et on repart en élection. »

    Parfois, le pragmatisme est nécessaire quand on veut faire évoluer notre démocratie.

  4. germain dit :

    PQ, QS, c’est la même chose dans ce contexte, on pense juste au parti(égoisme) et non à l’ensemble des Québecois en refusant une alliance quelconque, finalement pas différent du PLQ ou de la CAQ. Bien déçu, vais je encore m’abstenir de voter ou peut être
    ON, quand à annuler mon vote.

  5. Yves Claudé dit :

    Vive le PLQ et QS !

    Il serait déraisonnable que le PQ, QS et ON s’unissent pour empêcher la réélection du meilleur gouvernement que le Québec ait pu avoir.

    Ceux qui préfèrent un gouvernement dirigé par des anarchistes devraient bien y réfléchir, car ils pourraient se retrouver avec des services publics et de transport qui ne fonctionnent que pendant les années bissextiles. Que deviendrions-nous si les services postaux n’étaient ouverts que le 1er avril ? Les braves cultivateurs se feraient voler leurs vaches par des anarcho-primitivistes qui en feraient des animaux sacrés installés au milieu des rues comme en Inde, avec le blocage des manifestations qui pourrait s’en suivre !

    Je reconnais qu’un gouvernement dirigé par Québec solidaire serait meilleur que celui du PLQ, mais il faut laisser le temps à la population pour qu’elle comprenne que QS veut son bien.

    Selon des observations et des calculs très scientifiques, on peut prévoir qu’après environ dix autres réélections du PLQ, soit vers l’année 2060, le peuple québécois sera enfin prêt à voter pour QS, et à construire avec nos co-chefs un paradis socialiste.

    Cela vaut donc la peine de patienter un peu, et contrairement à des petits trublions également ignares, il me semble que le gouvernement Charest est quand même moins pire que celui de Benito ou d’Adolf !

    Si voter pour QS, c’est voter pour réélire le gouvernement Charest, pourquoi pas ? Il n’y a pas que les idiots qui peuvent prétendre au monopole de la stupidité !

    Yves Claudé

  6. Rappelons tout de même que Curzi était un des plus farouches anti-front commun il n’y a pas si longtemps…

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