Le contournement cognitif

Nous vivons dans un monde mené par l’impossibilité.

Il est impossible de parvenir à l’ultime vérité.

L’objectivité pure, du point de vue d’un être humain, est un but impossible à atteindre.

Appréhender parfaitement le réel est impossible.

En somme, il est impossible d’embrasser l’absolu parce que la capacité humaine d’y avoir accès est limitée et le sera toujours.

C’est pourquoi l’humanité s’est rabattue sur ce qu’il est possible de rendre possible avec l’aide de l’imagination.

Ainsi, la Vérité est possible. Défendre sa vérité sur mesure est possible. L’équivalence des réalités subjectives et objectives est possible.

Place aux contournements cognitifs!

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Église de St-Eustache, patrimoine et laïcité

Photo : Hadrianopolis


J’ai vu passer la « PÉTITION CONTRE LA FERMETURE DE L’ÉGLISE HISTORIQUE DE SAINT-EUSTACHE

». Avant même d’en lire son contenu, je voyais déjà un gros problème avec l’idée d’être contre sa fermeture. Parce que je sais pertinemment que l’église de St-Eustache est protégée, étant donné qu’elle fait officiellement partie du patrimoine historique et culturel québécois.

Donc, que sa fermeture ne pourrait laisser miroiter une possible destruction (ce qui oui serait un drame). Et qu’alors, il s’agit seulement de la fermeture de ses activités religieuses. Si vous comprenez bien : IL N’Y A AUCUNE CHANCE QU’ELLE SOIT DÉTRUITE! (À moins qu’il y ait une révolution politique portant au pouvoir des gens farouchement contre le patrimoine qui changeront les lois pour qu’on puisse la détruire impunément…)

Sinon, je viens de lire le texte qui présente la pétition. Dès le début, on peut comprendre où ceux qui sont derrière la pétition se sont plantés, et royalement :

Mise en contexte:

Le 4 avril 2018, il fut annoncé dans un article de « Monjournal » écrit par Stéphane Sinclair que l’Église historique de Saint-Eustache pourrait fermer ses portes et être vendue. Selon Martin Tremblay, vicaire général du diocèse de Saint-Jérôme « cette église n’a pas plus de valeur que les autres au niveau religieux.[i] »

Et la suite de cette partie dresse un portrait historique de cette église et met de l’avant son importance culturelle et patrimoniale.

Défendre le religieux sous le couvert du patrimoine?

Si vous avez remarqué, les propos du vicaire général du diocèse de Saint-Jérôme sont très instructifs sur ce qui se joue réellement à propos de cette église. Il ne pointe pas sa valeur historique, culturelle ou patrimoniale. Il pointe seulement sa valeur religieuse…

Je ne sais pas sur quoi Martin Tremblay se base pour juger de cette valeur, mais ce n’est pas de mon ressort. Par contre, ce vicaire montre bien que dans ce cas l’Église catholique s’occupe seulement de ce qui la regarde. Et cette église, au-delà d’être une partie de l’histoire que le gouvernement a bien fait de protéger, est la propriété d’une organisation religieuse privée qui s’en sert pour des activités religieuses, tout aussi privées.

Alors, dans les faits, on se retrouve avec une pétition citoyenne qui demande à ce que le gouvernement participe à renflouer les coffres d’une organisation religieuse pour qu’elle puisse continuer d’offrir dans cette église en particulier ses activités religieuses. Et tout cela, avec l’argent de tous les citoyens, et en se servant d’arguments basés sur la valeur historique, culturelle et patrimoniale de cette église. Ce qui fait assurément miroiter un danger pour ce qui est de la pérennité de l’immeuble…

Laïcité et bien commun

Je ne sais pas si les organisateurs de cette pétition sont seulement déconnectés de la réalité. Ou s’ils savent très bien ce qu’ils font en mélangeant ainsi ce qui relève de l’histoire, de la culture, du patrimoine – dans ce qu’ils ont d’important pour la collectivité (ce qui inclut la religion comme fait sociohistorique) – et ce qui relève de la religion – dans le sens de la pratique religieuse, bien personnelle.

Pourtant, à partir du moment où on comprend les principes de ce qui relève de la laïcité et de ce qui relève du bien commun, le but de cette pétition est absurde. Il aurait mieux valu organiser seulement une levée de fond, ce qui n’impliquerait que le bon vouloir de ceux qui tiennent à ce qu’il y ait toujours des services religieux dans l’église de St-Eustache.

Parce que selon une perspective laïque qui n’accorde pas de faveur à la religion catholique, contrairement à la perspective « catholaïque », le gouvernement n’a pas à intervenir pour maintenir en vie la religion catholique au Québec, alors que ce projet de vente est visiblement une conséquence de la baisse drastique de la pratique religieuse chez les Québécois francophones.

Sinon, ce que le gouvernement a pu faire pour le bien commun a été fait dans les années 70 (d’ailleurs, il y a une erreur dans la pétition qui pointe une date de 2013) : l’église de St-Eustache est classée « immeuble patrimonial » et le site sur lequel elle a été bâtie est protégé.

Péril en la demeure?

Donc, il n’y a pas péril en la demeure… Qu’elle soit vendue, pour être convertie en quoi que ce soit qui respecte son intégrité, selon ce qu’il est possible de faire selon les lois en vigueur, n’est aucunement un danger pour sa valeur historique, culturelle et patrimoniale.

S’il y a un danger, c’est pour la pratique religieuse catholique qu’elle accueille. Mais, est-ce qu’on veut collectivement la garder en vie sous respirateur artificiel, tout en se disant pour la laïcité et contre les subventions gouvernementales aux autres religions?

J’ose croire que les Québécois sont plus intelligents que ça.

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Réponse à « Pour une interdiction des signes religieux au sommet de l’État »


Le texte qui suit a été envoyé au journal le Devoir :

En regard de la philosophie de John Rawls et des enjeux liés à la laïcité, je m’inscris en faux contre le texte « Pour une interdiction des signes religieux au sommet de l’État », publié sur votre site le 14 avril 2018. Ce texte, rédigé par les philosophes Michel Seymour et Jérôme Gosselin-Tapp, a comme projet de « penser la gestion de la diversité religieuse » en s’inspirant du « libéralisme politique » de ce philosophe. Et tout cela, relativement aux débats actuels sur le port des signes religieux pour les agents de police.

Tout d’abord, ma critique repose sur la constatation que pour arriver à la conclusion que les policiers n’ont pas à s’astreindre d’arborer des signes religieux, les deux philosophes font reposer leur argumentaire sur une vision arbitraire de la position de Rawls. Alors qu’ils la décrivent en long et en large comme étant en équilibre entre le libéralisme et le républicanisme, ils prennent certaines libertés quant à ce que cet équilibre prescrirait comme permissions et interdictions pour les employés/représentants de l’État. Pour ce faire, en plus de complètement évacuer la notion de sphère civique, pourtant essentielle à l’examen de ce qu’implique la laïcité, ils introduisent dans leur conclusion une conception floue de la neutralité étatique, que leur explication des grandes lignes de la philosophie tardive de Rawls réussit très vaguement à justifier.

Dès le départ, les premières sections de ce « devoir de philo » mettent en perspective la pensée de John Rawls. On y lit qu’au-delà des considérations libérales, le philosophe jugeait que les « droits et libertés individuels ne sont pas des fins en soi » et « que les peuples sont eux-mêmes des sujets de droits », ce qui va tout à fait dans le sens de la notion des droits collectifs : principe sur lequel repose amplement la laïcité. Toutefois, l’importance de cette notion est laissée de côté à partir du moment où les deux auteurs effleurent sa « conception strictement politique de la personne ». Et qui, selon eux, « permet de rendre possible une cohabitation entre les conceptions individualiste et communautarienne de la personne ».

À partir de ce paragraphe, le souci d’équilibre de John Rawls devient une cohabitation, une neutralité qui, sans avoir besoin de plus amples explications, prescriraient que « l’individualisme et [le] communautarisme religieux […], sans faire partie de l’identité publique commune, ne doivent pas pour autant être relégués dans la sphère privée ». D’ailleurs, tout ce paragraphe ne sert visiblement qu’à asseoir leur position extrêmement libérale et individualiste, totalement contraire « à l’approche républicaine jacobine », qu’ils ont pourtant nuancée précédemment avec l’aide de la philosophie de Rawls.

Ainsi, la conception communautarienne, que l’on doit comprendre objectivement comme étant opposée à la conception individualiste, devient par un glissement sémantique un argument en faveur de l’expression du « communautarisme » religieux dans la sphère publique (selon leur acceptation large). Puisque, selon leurs dires, « la religion est un legs communautaire, les aspirations d’un individu sont déterminées en partie par son appartenance à une communauté religieuse. » Tout lecteur attentif comprendra qu’ils indiquent ainsi que la liberté d’expression de ses convictions religieuses repose, et sur une conception individualiste qui magnifie cette liberté, et surtout sur une conception communautarienne plus communautariste que collective. Donc, qui ne mérite pas son qualificatif de « communautarienne ». Alors, pour le moins, on remarque déjà un grand déséquilibre.

Et pourtant, dès le début du paragraphe de conclusion, le duo réitère que « le modèle rawlsien permet aussi de penser un équilibre entre la liberté de religion et les exigences républicaines de laïcité, respectant ainsi les objectifs d’une approche qui s’appuie à la fois sur le bien commun et non seulement sur la liberté individuelle ». Cependant, au-delà du fait que l’équilibre rawlsien y est clairement déséquilibré en faveur de la liberté de religion, tout au long de leur démonstration « les exigences républicaines de laïcité » sont occultées par le fait de ne pas y avoir inclus la notion de sphère civique. En effet, ils ont réduit le champ conceptuel aux seules sphères privées et publiques (dans le texte : « en privé ou en communauté »). Et leur démonstration de se dérouler tout bonnement comme s’il n’y avait pas de différence effective entre un citoyen arborant un signe religieux dans la rue, donc dans la sphère publique, et un agent de l’État arborant un signe religieux dans la sphère civique : cet espace de la citoyenneté où, je le répète, le principe des droits collectifs est d’une importance considérable.

Donc, ce qui est problématique avec leur approche rawlsienne, c’est que leur tentative de trouver un équilibre quant à la question de l’interdiction des signes religieux pour les employés de l’État ne s’est pas déroulée dans le bon espace, dans la bonne sphère. Et surtout, selon les considérations les plus justes pour réfléchir à cette question. Parce que dans un sens, si on regarde le portrait global, même en interdisant totalement les signes religieux dans la sphère civique pour les employés de l’État, il existe déjà un certain équilibre que je pourrais tout autant justifier qu’eux avec la pensée de John Rawls. Selon la perspective laïque basée sur trois sphères à prendre en compte, la sphère privée et la sphère publique sont déjà totalement en phase avec les libertés individuelles, et avec raison. Ce qui représente dans les faits une liberté totale pour la presque totalité de la population d’arborer un signe religieux si ça lui chante. Il n’y a en contrepartie que pour la sphère civique que les droits collectifs doivent au moins compter et donc peut-être justifier une interdiction des signes religieux. Et on peut toujours tenter de trouver un équilibre dans cette seule sphère, si les arguments sont de la partie.

En quelque sorte, c’est ce qu’ils ont tenté de faire en départageant les différents rôles des employés de l’État selon leur importance effective et décisionnelle. Ainsi, pour expliquer sur quoi devrait se baser l’interdiction des signes religieux, ils font reposer le devoir de neutralité représentative sur le devoir de neutralité décisionnelle et de neutralité effective, mais à un degré extrême. Donc, au final, on se retrouve avec une interdiction seulement pour le président de l’Assemblée nationale et les juges de la Cour suprême, ce qui est bien en-deçà des recommandations de Bouchard-Taylor. Et cela, sans pour autant expliquer pourquoi John Rawls considérerait que cette interdiction ne devrait concerner que les personnes en « position d’autorité suprême » et non pas toutes les personnes en position d’autorité, incluant les policiers. En conséquence de quoi, tout ce qu’ils arrivent à expliquer avec l’aide de la philosophie de John Rawls, c’est que leur propre position n’est pas totalement libérale, donc qu’elle serait équilibrée par le fait même… Mais on peut toujours douter fortement que cette conception de l’équilibre passe la rampe à propos de n’importe quel autre sujet!

En somme, ils arrivent au bout de l’exercice à justifier une interdiction des signes religieux pour une poignée de personnes, ce que le titre annonçait. Et de toute façon, ils n’auraient pas pu défendre la liberté individuelle de ces quelques personnes, puisque la notion d’équilibre qu’ils ont extraite de la pensée de Rawls devait au moins servir à trancher à un endroit… Et on devrait les croire sur parole qu’une position équilibrée entre le libéralisme et le républicanisme peut simplement reposer sur une légère entorse à la suprématie des libertés individuelles.

En ce sens, ce que Michel Seymour et Jérôme Gosselin-Tapp ont réussi à démontrer avec ce détournement philosophique, c’est que pour eux le principe des droits collectifs n’a pratiquement pas de poids pour ce qui est de la neutralité représentative des agents de l’État, alors que cette question est au centre de tous nos débats sur la laïcité. Et que la pensée de John Rawls leur aura servi, comme un pansement, à tenter de masquer ce trou argumentaire béant.

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La loto garderie


Léo-Paul Lauzon parle aujourd’hui du honteux bradage de nos garderies publiques. Soit il ne sait pas trop comment ça fonctionne en général, soit il a des lorgnettes idéologiques. Sans doute un peu des deux…

En réalité, les CPE, c’est comme une loterie ouverte à tous. T’es chanceux quand tu as une place, sinon, tu te débrouilles au privé. Et même avec les compensations, à revenu familial égal ça te revient plus cher hors CPE. Pendant que ma fille était à la garderie, c’était le système à 7$/jour. Ça ressemblait plus au double pour nous, voire plus. Par contre, avec la nouvelle façon de faire, plus progressive, au moins les plus riches payent plus en CPE. Mais toujours, pour deux familles avec des revenus semblables, les gagnants de la loto garderie payent moins. Belle équité…

Et quand on lit Léo-Paul Lauzon, on a l’impression qu’il parle du dossier des écoles privées versus écoles publiques. Pourtant, c’est bien différent. Quand ma fille est rentrée à l’école (publique), je n’avais pas à espérer qu’elle ait une place. En principe, tous les enfants ont une place à l’école publique. Ce qui n’est pas le cas pour les garderies : nous avons espéré à l’époque une place en CPE à 7$/jour (ce qui en plus nous aurait beaucoup aidés financièrement), mais la chance n’a pas été de notre bord. On a foutu aux vidanges notre billet de loto garderie!

Je veux bien taper sur le privé et le gouvernement qui lui graisserait la patte, ce que ma tendance gauchiste encourage. Mais ça me semble plus difficile quand ce que je devrais défendre est aussi mal foutu. On remarque par exemple que le privé prend de plus en plus de place dans le secteur de la santé. Parce qu’entre autres c’est tellement long avoir du service que ceux qui ne veulent pas attendre payent de leur poche. En comparaison, c’est comme si le système des garderies publiques avait inclus officiellement dès sa création cette possibilité d’impatience, dont profite le privé en santé, sous forme de liste d’attentes pour une place en CPE.

Il faudrait que Léo-Paul Lauzon le gauchiste se rende compte qu’il est question d’un système public qui, à la base, ne réussit pas à combler tous les besoins. Et qui fait en sorte que des citoyens ont des privilèges que d’autres citoyens n’ont pas.

Et il ose considérer ce système comme étant progressiste, égalitaire et juste?

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Montréal dans la mire du racisme systémique


On demande une commission sur le racisme systémique à Montréal. Et elle devrait se faire, étant donné le positionnement idéologique de sa mairesse et le nombre de signatures demandées (15 000) pour aller de l’avant. Mais force est de constater qu’au-delà d’être le thème d’une commission, l’expression « racisme systémique » colore fortement la perception de la problématique du racisme au Québec.

Donc, j’aimerais ici vous parler de certaines implications et conséquences du recours à cette expression, dont celles qui touchent le militantisme. Et cela, dans la mesure où cette expression sert tout autant à désigner la problématique générale du racisme qu’à prouver que tous les problèmes liés de près ou de loin au racisme seraient un seul et grand problème social généralisé.

Parce qu’il faut le dire : l’adjectif « systémique » induit qu’il y aurait un grave et large problème de racisme institutionnalisé, dans les secteurs publics et privés, qui s’accompagnerait d’un problème culturel de racisme. Et qu’il serait généralisé, donc profondément imprimé dans le tissu social, dans les moeurs.

Par contre, il devrait être permis d’en douter… et même de douter qu’une commission demandée par des militants et grandement menée ensuite par ces mêmes militants (comme on l’a vu avec la commission provinciale, devenue consultation, qui a été avortée) puisse arriver à des conclusions et à des solutions réalistes.

Commission publique vs commission d’enquête

Il ne faut pas oublier, avant d’entrer dans le vif du sujet, qu’à la base il y a peut-être confusion avec le terme « commission ». Cette commission demandée ne sera pas une commission d’enquête, mais bien une commission publique. Cette dernière n’ayant pas les pouvoirs légaux d’une commission d’enquête pour enquêter, justement.

Parce qu’obtenir une commission d’enquête n’est pas chose simple et facile. Et même quand on en obtient une, il faut encore qu’elle détienne les pleins pouvoirs. On se souvient que la commission Charbonneau, dont on ne pourrait douter de l’importance, n’avait même pas le pouvoir de contraindre des témoins à comparaître.

Mais on peut se poser la question : est-ce qu’une commission d’enquête serait vraiment utile pour aller au fond des choses à propos de ce sujet? La réponse serait positive si par exemple on avait de bonnes raisons de penser que le gouvernement opère en catimini des politiques discriminatoires envers les personnes « racisées », et que cela pourrait expliquer au moins en partie leurs difficultés. Et que ces politiques discriminatoires seraient, par exemple, menées de concert avec les entreprises privées.

Ou même que la culture québécoise serait extrêmement plus raciste que l’on tend à le croire et que les faits historiques pour le prouver hors de tout doute seraient dissimulés pour une raison occulte. Et donc qu’une commission d’enquête serait utile pour les débusquer. Mais, on aura beau chercher, il n’y a rien du genre sous le radar actuellement…

L’utilité de l’expression et les statistiques

Avant de passer à l’aspect plus militant de la question, décortiquons l’utilisation de l’expression. Si on la regarde sous l’angle de l’utilité (et même du sens), l’expression « racisme systémique » sert à passer outre l’exigence de la preuve. Donc, que ce qu’elle désigne existe bel et bien, et dans quelle mesure elle existe. Du moins, pour ce qui est du terrain des débats publics. Parce que dans les faits, de plus en plus, on tient mordicus à la dénomination « racisme systémique » pour pointer le problème du racisme au Québec. Cette expression tient carrément de la profession de foi.

Pourtant, selon la logique la plus élémentaire, le problème du racisme ne devrait pas pouvoir être qualifié de systémique avant d’avoir un minimum de preuves qu’il l’est effectivement. Et il n’y a même pas besoin d’une commission d’enquête pour y arriver quand c’est le cas. Simplement un fort lien de causalité entre le système et les problèmes de racisme, comme c’est le cas avec le gouvernement fédéral canadien et les autochtones. Le récit historique officiel et la lecture des lois permettent à eux seuls d’arriver à la conclusion que l’expression « racisme systémique » s’applique dans ce cas.

Cependant, pour ce qui est de la question qui nous concerne ici, ce lien fort de causalité reste encore à être démontré, même si on pense que cette démonstration est déjà faite. C’est qu’avec mon expérience de débat en lien avec cette question, j’ai remarqué une constante. J’ai pu voir qu’en réponse à toute critique niant ou minimisant l’existence réelle d’un racisme systémique dans la société québécoise, on a tendance à donner comme argument le fait des statistiques en lien avec le racisme et/ou les difficultés d’intégration des personnes « racisées » (difficultés professionnelles, éducatives, linguistiques, sociales, etc.).

Ainsi, ces statistiques, qui sont tout simplement un portrait donné de la situation du racisme au Québec, désignent pour eux en même temps la cause et en même temps l’effet. Ce qui est pour le moins surprenant, puisque l’effet ne peut pas être aussi la cause. En tout cas dans un monde qui ne baigne pas dans l’absurdité la plus totale!

Nier l’existence du racisme systémique n’est pas nier l’existence du racisme

Ces statistiques sont bien des faits, mais il n’y a même pas besoin de remettre ou non en question l’aspect véridique de ces faits pour contrecarrer l’argument que ces statistiques sont la preuve de l’existence du racisme systémique. Ce qui est une bonne chose puisque nier l’existence du racisme systémique n’est pas du tout nier l’existence du racisme. En fait, s’il faut le répéter, cet argument ne tient pas la route puisque ces statistiques ne sont, strictement, que le reflet des effets du racisme.

Et contrairement au racisme vécu par les autochtones, celui émanant directement des décisions du gouvernement fédéral canadien, le récit historique québécois, évidemment rempli de cas de racisme, et la lecture des lois provinciales – ou plus précisément des règlements municipaux montréalais -, ne permettent pas d’arriver à la conclusion que le racisme vécu ici aujourd’hui est systémique. Pour arriver à cette conclusion, il faut extrapoler que ces cas historiques de racisme ont un lien direct avec la situation actuelle.

Une expression parfaite pour faire des raccourcis

Comme on l’a vu, l’expression « racisme systémique » sert de raccourci pour désigner la cause du racisme sans avoir besoin de démontrer plus amplement un lien de cause à effet entre la société en général, le système, et cesdites statistiques.

Et une belle illustration de ce raccourci, c’est qu’on fait à Montréal la demande d’une commission sur le racisme systémique comme s’il était question d’un fait déjà avéré et qu’il ne restait plus qu’à l’officialiser avec l’aide des travaux d’une commission. On le voit bien, la gravité du problème est imposée a priori. Alors qu’un libellé éliminant l’adjectif « systémique » aurait été plus honnête et objectif : on constate un problème de racisme et on veut savoir s’il est systémique; et s’il l’est, dans quelle mesure, et comment, à cause de quoi, etc.

Et même si au bout du compte la conclusion était que le problème n’est pas systémique ou très peu, rien n’empêcherait de proposer des solutions en lien avec les problèmes existants. Puisque ces problèmes n’existeraient pas moins sans cet adjectif. Le problème du racisme n’a pas besoin d’être systémique pour mériter qu’on tente de le régler.

Ainsi, jusqu’à ce qu’il soit avéré que le problème du racisme est ici systémique, il est permis de considérer que l’utilisation de cette expression repose sur une fausse croyance.

Racisme systémique et militantisme

Ce qui est expliqué plus haut montre comment le militantisme contre le racisme se sert de cette expression pour court-circuiter, à la source, le doute raisonnable devant ce qu’il propose. Et on pourrait même conclure que cette expression sert, à terme, à ajouter dans les causes de ce supposé racisme systémique ceux qui, comme moi, doutent de cette vision catastrophiste des choses.

Donc, il est bien évident pour nous que l’adjectif « systémique » sert principalement à amplifier le problème réel du racisme dans l’imaginaire collectif. Et que cette amplification, qu’elle soit consciente ou inconsciente, est merveilleusement utile pour ce militantisme. Alors que nous savons bien que le recours à des concepts abstraits terrifiants est le plus banal des réflexes militants. Parce que cela sert extrêmement bien sa propagande idéologique…

Par contre, ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que tout ce qui est utile pour le militantisme n’est pas nécessairement utile pour la cause qu’il défend. Et utile pour ceux que cette cause défend. Comme pour la société dans son ensemble. Et il faut être profondément militant, et obnubilé par la partisanerie idéologique, pour ne pas le voir.

Des contrecoups pour la paix sociale et le bonheur individuel

Avant de continuer, il me faut faire une petite mise au point. Si vous ne l’aviez pas encore compris, je pense qu’il est très souhaitable de mettre de l’avant la problématique du racisme dans notre société. Je remets tout simplement en question la façon de la présenter et d’exiger qu’on la regarde. Non pas par caprice, parce que je voudrais avoir raison. Mais parce qu’au-delà du fait de constater un problème de logique avec l’utilisation de l’expression « racisme systémique », ce qui serait déjà assez pour avoir la légitimité de la critiquer, je vois clairement qu’elle provoque des contrecoups fâcheux. Et pour la paix sociale, et pour le bonheur individuel.

Le premier contrecoup auquel je pense est psychologique. Je l’ai constaté à quelques reprises chez certaines personnes et il n’est pas bien difficile à extrapoler pour une plus grande portion de la population « racisée ». Il concerne le pouvoir évocateur de cette expression, qui est pour le moins terrifiante.

Déjà, pour certaines personnes, se retrouver dans une catégorie minoritaire n’est pas chose facile, même sans avoir été directement victime de discrimination et/ou de haine raciale. Alors, il n’est pas bien difficile d’imaginer les dégâts psychologiques que peut causer chez certaines personnes l’impression de vivre, parce que c’est le message fort qu’envoie l’adjectif « systémique », dans une société profondément raciste. Cela induit un sentiment de victimisation, de tristesse, chez des personnes qui n’ont objectivement pas de raison de le ressentir.

Alors, imaginez pour certaines personnes plus fragiles qui ont réellement été victimes de discrimination et/ou de haine raciale. Leur sentiment de victimisation, déjà présent, est amplifié. Et pour toutes ces personnes qui sont tombées dans cette spirale descendante, il va sans dire que c’est un moins pour leur bonheur individuel. Mais le plus triste, c’est que pour les organisations militantes c’est un plus, puisque ces victimes amplifiées et ces nouvelles victimes seront alors plus en mesure d’être tentées par une implication active pour cette cause malhabile, qui a participé à amoindrir leur bonheur individuel.

Et s’il faut expliquer les contrecoups pour la paix sociale, cela sera très simple : les débats acrimonieux et dogmatiques que cette expression suscite. Et encore : le sentiment de vivre dans une société, soit profondément discriminatoire, soit gratuitement culpabilisatrice. Le malheur collectif, quoi!

Sans oublier que cette idée de racisme systémique est aussi un doigt accusateur injuste en direction de toute la société québécoise, qui à mon sens ne le mérite pas. On ne devrait pas tous payer pour une minorité de racistes. Et en plus, il ne faut pas douter que cette amplification du problème du racisme participe grandement à cristalliser leurs opinions racistes, puisqu’on se retrouve de plus en plus, dans l’espace médiatique, devant des personnes « racisées » qui semblent bien plus se « plaindre » de la société québécoise que la critiquer de manière constructive.

Aller dans le sens des solutions

Je dirais qu’une partie de la solution devrait passer par arrêter de parler de racisme à toutes les sauces. Donc, de pointer le racisme seulement quand il n’y a aucun doute que cela en est, comme pour le racisme institutionnalisé du gouvernement fédéral en ce qui a trait à la situation des autochtones, évidemment systémique, ou comme pour les comportements sans conteste racistes de certains individus et les prises de positions de certains groupes. Parce que la charge du terme « racisme » est trop puissante pour être utilisée à la légère.

Et il faut rajouter à cela qu’en utilisant à mauvais escient l’expression « racisme systémique », qui convient parfaitement pour la situation des autochtones discriminés au Canada, on banalise leur situation. La situation d’une personne « racisée » qui se fait insulter « racistement » par un citoyen est égale à la situation d’un autochtone qui s’est fait enlever de ses parents par le gouvernement pour être placé dans un pensionnat où on le reconditionnait pour qu’il perde sa langue et sa culture. D’ailleurs, je suis surpris qu’il n’y ait pas eu de levée de bouclier d’un groupe d’autochtones dans ce sens…

Donc, il faut parler spécifiquement de discrimination à l’emploi. Parler du laxisme gouvernemental dans le dossier du problème de la non-reconnaissance des diplômes des immigrants. Parler particulièrement du manque de représentativité des personnes issues de l’immigration dans la fonction publique. Et ainsi de suite. Et surtout, se concentrer sur ces sujets pour trouver des solutions réalistes. Montréal pourrait y arriver sans passer par une commission idéologique, visiblement plus soucieuse d’avoir raison que d’aider les victimes.

Alors de grâce, arrêtons de faire de toutes ces problématiques un fourre-tout, un monstre qui se nourrit du malheur des individus et des désaccords collectifs.

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Recette de posture progressiste

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Lettre à toi et ton cerveau

Salut à toi et ton cerveau,

Je t’avertis, je vais commencer raide.

Comme tout le monde, ça doit t’arriver de te tromper? Si ta réponse est non, t’es peut-être un cas perdu. Tu peux soit arrêter ta lecture et faire autre chose, ou continuer, à tes risques… Donc, ça t’est déjà arrivé de te tromper parce que t’as mal figuré un problème? Pense à n’importe quel genre de problème. Un problème pratique ou même un problème avec tes relations amicales, familiales ou amoureuses. Avec n’importe quoi qui demande un minimum de calcul? Pis si on t’explique que t’es dans le champ pour telle ou telle raison, tu fais quoi? T’avoues que tu t’es trompé ou t’essayes de trouver le moyen de dire que c’est pas de ta faute ou même de continuer à dire que t’as raison?

Le pire, c’est que je te demande ça, mais y’a de grosses chances que tu t’en rends même pas compte quand ça t’arrive. Parce que ton cerveau est, comment dire, paresseux… S’il a le choix entre travailler plus fort en se concentrant ou utiliser ses réflexes, son « intuition », il a tendance à choisir ce qui lui coûte le moins d’énergie (et ce qui lui donne de bonnes émotions, peut-être même pour calmer ses mauvaises émotions…). Donc, il va choisir d’aller au plus simple. Dans un sens, il contourne le problème. En langage spécialisé, on dit que c’est un biais cognitif.

Mais inquiète-toi pas. C’est pratiquement pareil pour tout le monde. Même d’ailleurs pour les spécialistes dans un domaine quelconque. Il y a des résultats d’études qui le prouvent. Des mathématiciens se sont fait presque autant pogner que des personnes ordinaires avec des problèmes mathématiques. Le genre de problème qui a l’air simple sur le coup, mais qui demande un effort (ou un entraînement quelconque) parce que le cerveau, comme je t’ai dit plus haut, est parfois paresseux et douillet… Dans le langage spécialisé, on dit que ce problème est un paradoxe. Un problème paradoxal.

Faque, tout ça pour te dire que j’ai mis voilà pas si longtemps sur mon compte Facebook un problème paradoxal que j’ai trouvé dans le livre que je lis en ce moment. (Je vais le mettre à la fin si tu veux le voir et même l’essayer, mais c’est pas super important…) Donc, c’était écrit dans ce livre qu’avec ce problème-là, qui servait pour une étude, en majorité, ceux qui ont participé ont eu une mauvaise réponse en particulier. J’ai eu beaucoup de tentatives de réponses sur mon Facebook et c’était ça aussi. La majorité des gens ont donné la même mauvaise réponse. Et en plus, il y en a eu plusieurs qui ont essayé de défendre cette mauvaise réponse avec des arguments très logiques. J’avais beau leur expliquer avec d’autres comment arriver à la bonne réponse, y’avait rien à faire, ils voulaient avoir raison!

Et ça m’a fait réfléchir, j’suis comme ça, qu’est-ce tu veux… J’ai fait un lien avec toutes les chicanes qu’on a encore plus depuis qu’on peut s’obstiner avec des inconnus sur le web. Et si la plupart de ces chicanes – sinon toutes! – reposaient sur des erreurs de jugement, parfois des deux côtés? Et encore plus, sur la tendance à vouloir toujours avoir raison? Par simple orgueil ou par trop-plein de certitudes?

Pour régler le problème, je me suis dit qu’il faudrait peut-être que le monde s’entraîne à devenir plus humble. Tu sais, l’humilité… Prendre son trou. Prendre ses opinions un peu plus à la légère… et avoir plus de doutes.

Et pour y arriver, je pense qu’il faudrait que tout le monde ait le plus possible en tête que leur cerveau a un problème de paresse à la base. Pis que c’est pas grave. Et que le but de discuter, c’est pas d’avoir raison, pour faire plaisir à son égo, à son amour-propre, à son sentiment agréable envers sa personne. On a tous un cerveau, on devrait bien pouvoir s’en servir ensemble pour avancer! Selon moi, ça devrait être ça le but.

Mais bon, pour arriver à comprendre ce que je veux dire, il faut déjà un minimum remarquer que le monde a tendance à se raconter des histoires et à y croire. Et à rejeter ce qui ne va pas dans le sens de ces histoires. Ça s’appelle des fausses croyances.

Alors en gros, on a des biais cognitifs qui encouragent nos fausses croyances, parce que notre cerveau veut pas gaspiller d’énergie. Pis on s’obstine comme des épais pour avoir raison, parce qu’on veut se sentir bien en rejetant de toutes nos forces ce qui égratigne notre orgueil…

Tu trouves que c’est super intelligent pour des animaux supposément plus intelligents que les autres?

Le problème paradoxal en question :

Il y a trois cartes. Une dont les deux côtés sont rouges. Une dont les deux côtés sont blancs. Une qui a un côté rouge et un côté blanc.
Après avoir bien mélangé les cartes dans mon dos, au hasard, je te présente seulement une carte. Le côté que tu vois est rouge. Quelle est la probabilité que l’autre côté soit aussi rouge?

Penses-y quelques secondes avant de donner ta réponse finale…

Un indice : la mauvaise réponse la plus populaire selon l’étude dont il est question et selon ce que j’ai pu constater sur mon Facebook était 1/2 ou 50%… Et en passant, pendant que tu y repenses si tu n’as pas encore trouvé la réponse, moi-même, je ne suis même pas certain que je l’aurais trouvée. J’ai lu la réponse dans mon livre avant même d’avoir pris le temps d’y penser. J’ai même l’impression que je n’aurais pas eu la bonne réponse. Mais je suis pas mal certain que je n’aurais pas essayé de la défendre. Parce qu’après avoir su que la bonne réponse est deux sur trois, j’ai tout de suite compris où mon cerveau aurait pu s’égarer.

Et parce que je m’entraîne depuis assez longtemps pour ne plus faire reposer mon estime de moi-même sur les capacités de mon cerveau. Encore plus, parce que j’ai un trouble de déficit d’attention. Donc, j’ai deux bonnes raisons d’essayer de seulement faire reposer mon estime de moi-même sur les efforts que je peux mettre pour déjouer mon cerveau.

De tout coeur, je te souhaite de faire pareil.

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Le territoire non cédé de Valérie Plante

Je suis pour la reconnaissance du fait que notre société s’est bâtie sur des terres en partie occupées par diverses nations autochtones. Et que nous devrions même aller plus loin : le reconnaître officiellement et tenter de réparer ce qui a été brisé (même si la culpabilité historique à rebours à des limites…). Mais pas n’importe comment.

Or, l’administration de Valérie Plante a créé un poste de Commissaire aux relations autochtones :

Son rôle sera notamment de faciliter le dialogue entre la Ville et les Premières Nations, dans le cadre du plan de réconciliation lancé par la Ville de Montréal

Et cela, sur la foi que Montréal serait sur un territoire non cédé.

Pression sur le récit historique

Pourtant, s’il y a un certain consensus chez les historiens, c’est qu’au moment de l’arrivée des Français sur l’île, elle n’était pas directement habitée. Donc, qu’il n’y a pas eu, à proprement parler, de délocalisation.

Alors oui, l’administration Plante peut bien faire fi de tous ces avis et aller de l’avant si ça lui chante, mais à mon avis ce n’est pas un jeu à compte nul.

Premièrement, je ne vois ce qu’il y a d’utile dans la partie de cette démarche qui consiste en quelque sorte à « officialiser » une déclaration historique, alors que sa véracité est toujours contestée. Parce qu’il ne faut pas se leurrer, une telle démarche met une pression indue sur le récit historique, alors que ce récit devrait s’aligner au moins minimalement avec l’objectivité scientifique. Comme avec le fait que les résultats des recherches archéologiques montréalaises ne tendent pas à confirmer cette théorie de territoire non cédé.

Nuire à la cause autochtone

Plus globalement, je pense même que cela nuit à la cause autochtone. Et cela, dans l’optique où il ne faut pas penser, dans le calcul, qu’à ceux qui y sont gagnés. Parce que ceux qui sont franchement farouches à la question autochtone peuvent très bien y trouver une raison de plus de rester sur leur position. Parce qu’il n’est pas bien difficile de voir une récupération idéologique dans le fait d’ainsi « officialiser », avec l’aide du pouvoir politique, une version de l’histoire controversée.

Mais soyons réalistes, qui pourrait leur reprocher, étant donné leur mauvaise opinion de base à propos de la question autochtone, d’y voir une raison de plus de croire en l’illégitimité de cette cause? Et de trouver que ceux qui militent dans le sens de la reconnaissance des peuples autochtones – en tout cas pour ceux qui se servent de Montréal pour ce faire – sont coupables de révisionnisme historique? Moi-même je trouve que le révisionnisme n’est pas loin…

Question de stratégie

L’erreur, c’est de penser que ceux qui sont contre cette cause – ou mitigés – ne comptent pas. Mais ils comptent au moins beaucoup dans la balance de l’opinion publique. Et comment! Et ils comptent doublement quand les faits sont de leur côté.

Alors, stratégiquement, pour arriver à un consensus social qui va dans le sens de la cause que nous défendons, il ne faut pas donner des munitions au camp adverse. Et c’est ce que Valérie Plante a fait en pensant pourtant bien faire.

D’un côté, on l’applaudit parce que l’on voit dans cette démarche un geste de contrition et d’ouverture. Et de l’autre, on la dénigre parce que l’on y voit un mensonge, qui sert une manœuvre politique démagogique. Alors qu’il faut se rendre compte que la démagogie peut se trouver même derrière l’apparence de bons sentiments.

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