L’objectivité de la CSST

 

Retour sur le cas de Patrick Dugas, que je relatais sommairement le 22 décembre dernier après avoir été le rencontrer dans sa voiture, stationnée devant son ancien employeur, Intermat. Il y était pour manifester son mécontentement en cette fin d’année, et il compte bien y retourner dès que l’entreprise ouvre ses portes, le lundi 9 janvier.

Un des sujets de son mécontentement concerne la décision prise par la CSST de refuser sa réclamation « pour un trouble d’adaptation secondaire à harcèlement au travail ». On y indique dans la lettre de refus que « les faits allégués et les éléments présents au dossier relèvent du droit de gérance », en plus de lui demander un remboursement des montants déjà reçu. Ces faits, compilés en détail sur les sites de Patrick Dugas et racontés de vive voix lors de notre rencontre, pointent des événements conflictuels entre lui et un de ses patrons, qui l’ont conduit à une prise en charge rapide par le Centre de santé et de services sociaux d’Argenteuil parce qu’il était entre autres dépressif (il est depuis sous médication). Aussi, la Commission des normes du travail a accepté de donner suite à sa plainte pour harcèlement psychologique.

Concernant la CSST, la décision tient la route jusqu’à l’examen d’un autre cas semblable, qui a trouvé un jugement favorable, comme démontré sur le site de la Société québécoise d’information juridique. En effet, une infirmière qui demandait qu’on reconnaisse « qu’elle a subi une lésion professionnelle d’ordre psychologique » a reçu des dédommagements alors que les faits détaillés rappellent étrangement ceux rapportés par Patrick Dugas. Il est aussi question de manque de respect dans le milieu de travail, d’acharnement, de méchanceté, etc. Cela, pour donner en fin de compte les mêmes résultats : problèmes de sommeil, difficulté à se concentrer, perte d’appétit, angoisse, etc. Mais il faut sûrement spécifier une différence notable : dans le cas de l’infirmière en question il s’agit d’un conflit entre deux employés alors que pour Patrick Dugas, il est question d’un employé versus un supérieur hiérarchique.

Alors, on en arrive à la question à savoir si le « droit de gérance » excuse tous les comportements que les rapports entre deux employés n’excusent pas, comme on peut le voir dans le cas de l’infirmière. Pour ma part, je n’arrive pas à trouver plus acceptable qu’un patron traite son employé (Patrick Dugas) de bâtard qu’un collègue de travail qui dit à sa collègue (l’infirmière) que ça le « fait chier » qu’elle lui laisse un message sur son répondeur. Non plus, je n’arrive pas à trouver plus acceptable qu’un patron compare son employé à « Claude Julien en précisant que ce dernier n’était pas bon à Montréal mais qu’il venait de gagner la coupe Stanley à Boston » qu’un collègue qui mentionne à sa collègue « qu’il connaît un bénéficiaire qui voit un monstre derrière la porte lorsqu’il l’ouvre, lui, c’est lorsqu’il la voit, elle ». Encore, je ne trouve pas plus acceptable qu’un patron soit hostile envers son employé qu’un collègue envers une autre. L’hostilité du patron envers Patrick Dugas étant une accumulation assez incroyable de faits alors que celle envers l’infirmière tient dans ce passage du jugement :

 

Au cours de la rencontre, ledit psychiatre indique que lorsqu’il entre au [département A] il y a du bruit et cela le fait chier. Il ajoute ensuite qu’il « veut donner un coup de pied dans le ventre de S… » en la regardant.

 

Donc, je ne peux qu’appuyer le combat de Patrick Dugas, du moins celui concernant la CSST. D’ailleurs, il a l’appui du député de La Prairie François Rebello et du fondateur de la CSST, Pierre Marois, comme en fait foi un article publié sur le site du député où il est question du cas de Patrick Dugas.

Pour terminer, je viens de lui parler pour avoir des informations sur ce dernier fait. Il m’a avoué qu’il venait de reçevoir un appel d’un journaliste d’un média traditionnel. Souhaitons-lui la meilleure des chances. Tiens, qu’il se rende jusqu’à Tout le monde en parle pour parler de ce problème, qui concerne bien plus que son cas particulier.

 

Si vous volez laisser un commentaire, suivre ce lien : http://leglobe.ca/blog/2012/01/lobjectivite-de-la-csst/

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