Les territoires et les ponts de la vie virtuelle

Ce que je remarque de plus en plus, c’est que le web n’est pas un territoire flou, loin de là. Les internautes n’ont pas tendance à prendre cette virtualité comme si elle était un territoire vierge, donc un espace à bâtir sur des bases neuves. Ils copient le schème du monde habituel pour le coller au web. Et je ne suis pas en reste.

J’en ai la preuve ici alors que je publie certains billets conjointement sur Les 7 du Québec. En dehors du fait qu’il semble y avoir un mouvement de boycottage (non organisé) dans la direction de ce blogue collectif, je constate que j’ai affaire à deux commentariats bien distincts, à part quelques exceptions. Les uns ne commentent jamais là-bas, les autres ne commentent jamais ici. Pourtant, il s’agit bien de la même personne, en occurrence, moi, qui écrit ces billets.

Dans ce cas, pour ce qui est des gens qui me lisent ici et qui auraient le goût de commenter sur mon blogue alors que c’est impossible, puisque je ferme mes commentaires (question de regrouper en un même endroit la discussion), c’est comme si le blogue Les 7 du Québec était trop inconfortable pour ce faire… Ça semble l’être réellement. Le web n’est pas une plaine, et ça ne sent pas pareil partout…

Pour ce qui est des ponts — les liens entre les territoires que sont entre autres les blogues, Facebook, Twitter, etc. —, la tendance ne semble pas être à une circulation fluide et généreuse des infos et des utilisateurs, mais ressemble plus à quelque chose comme du protectionnisme. On s’investit dans une plateforme de son choix en acceptant sans broncher ses limites inhérentes et on se retrouve à y vivre comme dans une tribu, autre calque du monde « sensible » sur le virtuel (sans pour autant dire qu’il n’est pas lui aussi sensible).

Ce constat, je le fais à force de remarquer le faible taux d’actes de communications entre les plateformes, avec l’impression qu’il n’y en a qu’une poignée à considérer les médias sociaux comme un tout. Nous sommes donc encore très loin de l’hypothétique monde virtuel interactif que l’on appelle communément 2.0. Il existe théoriquement et pratiquement, mais seulement quantitativement à un niveau embryonnaire.

Tout ça pour dire qu’il me faut être réaliste et revoir mes attentes à la baisse.

Le monde que je me suis construit ne s’avère qu’une chimère.

(Photo : CpaKmoi)

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12 réponses à Les territoires et les ponts de la vie virtuelle

  1. Le monde virtuel, tout comme la société dite « réelle », est à l’image des individus qui le compose..

    Les gens importent dans le virtuel, les mêmes besoins et les mêmes règles qu’ils ont dans la réalité donc, nécessairement les 2 mondes se recoupent dans beaucoup de domaines… Le virtuel ne devrait, quant à moi, n’avoir aucune limite..

  2. Drew dit :

    M’interpelle ce billet!

    On va se dire les vraies choses tout de suite avant de commencer parzemple. J’aime bien te lire Renart malgré que nos opinions peuvent quelque fois diverger (Ce qui est une bonne chose en soi, ça me permet de me coucher moins niaiseux tsé en ayant en tête un coup d’oeil autre que le mien en tête)

    Mais j’ignore pourquoi, quand je vois « Ce billet a été publié conjointement sur les 7 du Québec… » Je perds le fil. Parce que les intervenants à la discussion ne sont pas les mêmes? Parce que tu me sors de mon habitude? Ou peut-être parce que je n’ai aucun intérêt à lire les autres billets des autres qui écrivent sur ce collectif? Je penche plus vers la dernière option.

    Un collectif c’est un beau pari mais il est risqué et trop peu souvent trop éparse pour y trouver son compte à tous.

    Tout ça pour dire, qu’honnêtement j’aime bien mieux te lire ici moi! 😉

  3. Patate dit :

    Y a comme deux sujets on dirait, mais peut-être que c’est moi qui n’ai rien compris.

    Les médias sociaux sont de moins en moins un monde à « part entière », et de plus en plus une extension du « vrai monde ». Je trouve que c’est une bonne chose… ils sont ce qu’ils étaient destinés à être, un nouveau moyen de communication, comme la télé et le téléphone.

    Pour ce qui est du blog des 7 du Québec, je n’y vais pas non plus, ou en touca très rarement. Difficile de dire pourquoi. Probablement parce que j’ai l’impression que c’est un espace prétentieux. Mais je suis très conscient que c’est un préjugé grossier.

    Quand je lis ton blog, je lis la personne que je « connais », avec la dimension « personnelle » prédominante, donc j’ai moins l’impression de lire quelqu’un qui veut imposer son opinion. L’autre blog ne m’inspire pas cette « noblesse imparfaite ».

  4. gillac dit :

    Avec le temps, je me suis fait ma petite idée sur l’animateur de ce blogue, ce qui n’est pas le cas du collectif des 7 que j’ai un peu de difficulté à cerner . De toute façon, le virtuel est pour moi un outil, efficace et rassembleur parfois, mais un moyen pas plus. Bref ce blogue me rejoint davantage que celui des 7 dont certains textes me sont apparues un peu plus « tortueux ». Mais ceci est l’opinion d’un vieux crouton arrivé sur le tard dans l’univers du numérique et il m’arrive même de ne pas saisir comment faire parvenir mon opinion sur un sujet.

  5. Darwin dit :

    Je suis déjà intervenu pendant quelques mois sué7 à l’invitation d’un ami qui se sentait seul (comme toi ?)… Je n’intervenais déjà que sur les billets du libertarien et du gauchiste du vendredi, étant particulièrement allergique aux conspirationnistes (aux libertariens aussi, mais je faisais un effort !).

    C’était épuisant mentalement. Étant hors norme parmi les intervenants réguliers (pour la plupart conspirationnistes ou libertariens), je subissais de nombreuses attaques. Mais, le point de non retour fut atteint quand le responsable du site m’a insulté, lui qui m’avait pourtant invité à plusieurs reprises à écrire sur son blogue et sur cent papiers. Peut-être a-t-il été offusqué de mon refus, surtout que j’ai commencé à collaborer pas longtemps après chez Jeanne, mais je n’en sais rien. Je lui ai simplement répondu que c’était ma dernière intervention sur son blogue. Et j’ai tenu parole, même si j’y lis encore quelques billets, dont le tien.

  6. Éléonore dit :

    « Avec le temps, je me suis fait ma petite idée sur l’animateur de ce blogue, ce qui n’est pas le cas du collectif des 7 que j’ai un peu de difficulté à cerner  » voilà qui résume fort bien ma pensée.
    Je connais le blog des 7, je le lis parfois et même j’y ai écrit quelques fois, je reçois même les avis, mais on dirait que je n,arrive pas à savoir à qui je parle et ça me déconnecte `beaucoup. Moi j’aime savoir à qui je parle 🙂

  7. M. dit :

    Ça a peut-être à voir avec l’espèce de neige qui tombe du haut de la page des 7 du Québec…

  8. LaMadelinienne,

    « Le monde virtuel, tout comme la société dite « réelle », est à l’image des individus qui le compose.. »

    en effet, un monde tout aussi individualiste…

    Drew,

    donc, si je comprend bien, tu ne lis pas mes billets que je publie conjointement sur les 7 du Québec même s’ils sont au complet sur mon blogue?

    Patate,

    « Y a comme deux sujets on dirait, mais peut-être que c’est moi qui n’ai rien compris. »

    tu as très bien compris!

    « ils sont ce qu’ils étaient destinés à être, un nouveau moyen de communication, comme la télé et le téléphone. »

    c’est pas mal ça que je reproche à ce que ce c’est devenu : un regroupement de spectateurs (comme avec la télé) et de « jaseurs » (comme avec le téléphone). Je m’attendais (et je m’attends toujours) à quelque chose de plus globalisant…

    Gillac,

    je comprends tout à fait l’idée qu’on peut ne pas aimer Les 7 du Québec, mais ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi les gens qui commentent ici habituellement ne le font pas là-bas au moins à la suite de mes billets.

    Darwin,

    merci de m’éclairer ainsi!

    Éléonore,

    tu me fais penser qu’il y a effectivement un problème avec le blogue des 7 pour ce qui est de la paternité des billets. Pour ma part, j’ajoute depuis deux semaines au début du billet : « Par Renart Léveillé ».

  9. gillac dit :

    C’est le même problème que celui du député plus populaire que son parti…(blague)

  10. Darwin dit :

    «Généralement, le discours de la droite mise sur l’impossibilité de l’État à bien agir, et c’est de même pour la gauche par rapport à l’entreprise privée. »

    Tu écris cela dans ton billet sué 7 aujourd’hui. C’est drôle, parce que le commentaire qui m’a vallu de me faire insulter par le responsable de ce blogue (j’en parlais dans mon commentaire précédent) tournait autour de ce sujet. Il avait avancé que le rôle de l’État est de planifier et celui du secteur privé de réaliser. Je lui avais rétorqué qu’il n’existe pas, pour moi, de rôle aussi tranché de chaque secteur. Que c’est du cas par cas. Chaque secteur apporte ses avantages et ses désavantages et c’est selon l’évaluation qu’on peut faire de ces avantages-désavantages qu’on choisira, le choix de chacun dépendant bien sûr de ses valeurs. Il m’avait accusé ne n’écrire cela que pour le plaisir de le contredire et d’impressionner le citoyen lambda… Je n’ai pas apprécié !

    Disons que ce fut la goutte qui a fait déborder un vase déjà pas mal plein !

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