Legendre-Gate : une question de journalisme-spectacle

C’est dommage que l’homosexualité ne soit pas acceptée au point où Joël Legendre n’aurait pas eu de raisons de vouloir le garder secret. Mais nous ne sommes pas encore dans ce monde…

Il y a beau y avoir beaucoup de gens pour défendre le journaliste Marc Pigeon, j’aimerais qu’un de ceux-là contredise mon assertion comme quoi ce journalisme se rapproche plus du spectacle (assez inintéressant soit dit en passant) que de l’objectivité.

Même en cherchant l’absolue objectivité, un journaliste n’a pas le choix d’être subjectif, donc d’analyser les possibles répercussions de ce qu’il s’apprête à faire publier. Et là le journaliste a soit manqué de subjectivité (parce que cela crée un préjudice à Joël Legendre), soit en a trop abusé (parce que le but de toute l’affaire était de faire vendre de la copie, de faire parler de son média).

Qu’on n’essaye pas de me faire croire que nous sommes dans un autre monde que celui dans lequel nous sommes.

*

Daniel Lalonde fait un excellent compte-rendu de toute cette histoire, tout cela agrémenté de son opinion qui me rejoins beaucoup, pour ne pas dire totalement!

Ajout :

À écouter sans fautes – Jean-René Dufort donne une leçon de journalisme à Marc Pigeon :

http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2010/CBF/CestBienMeilleurLeMatin201010290815_1.asx

(Photo : essygie)

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11 réponses à Legendre-Gate : une question de journalisme-spectacle

  1. swanpr dit :

    reste-t-il quelqu’un au Québec qui ne sait pas qu’il est gai?? En tout cas, mon plus gros problème avec toute cette histoire, c’est l’intention derrière la publication. Je ne crois pas que c’était pour vendre des copies. C’est, pour moi, clairement une attaque personnelle avec des relents de vengeance.

  2. Patate dit :

    « C’est dommage que l’homosexualité ne soit pas acceptée au point où Joël Legendre n’aurait pas eu de raisons de vouloir le garder secret. Mais nous ne sommes pas encore dans ce monde… »

    Peut-être que nous n’y sommes pas encore, mais nous n’y sommes pas pas non plus: nous sommes un peu entre les deux.

    Personne n’a le contrôle là-dessus, l’homosexualité devenant un non-tabou, ça devient un non-tabou (je ne sais comment le dire autrement). Les gais sont de plus en plus « acceptés », ils peuvent de moins en moins « s’auto-outcaster ». C’est ça qui est ça, je crois que personne n’y peut rien.

    Je me contrecrisse par contre des morons qui disent que « les vedettes ne veulent que les bons côtés du vedettariat ».

    La question qu’il faut se poser, à mon avis, c’est celle de la vie privée. Et je crois qu’il faut comparer le Legendre-gate comme tu l’appelles à l’affaire Guy Lafleur.

    Il n’y a rien dans ce que Legendre vit et qui a été dévoilé qui concerne sa vie « publique », de la même façon que les démêlés judiciaires de Mark Lafleur ne concernent en rien le « joueur de hockey » qu’était Guy Lafleur dans sa vie publique.

    On parle aussi de la « pertinence » de la nouvelle… mais si on devait juger un journaliste par rapport à l’aspect « bien public » de l’histoire qui sort, y a une méchante batch de journalistes qui mangeraient toute une go.

    Si on doit remettre en question le respect de la vie privée d’une vedette, reste plus qu’à les écrire, les règles.

    Mais pas juste pour les gais.

  3. J’allais dire la même chose. J’ignorais que l’orientation de Joel Legendre était un secret. Je l’ai même déjà eu comme voisin de table à un restaurant du quartier Dix-30, il était accompagné et ne semblait pas se cacher.

  4. Newton dit :

    Je suis pas tout à fait d’accord! Ma réponse est ici…
    C’est plus rapide 🙂
    http://lachutedelapomme.blogspot.com/2010/10/la-saga-de-joel-legendre.html

  5. gillac dit :

    Ce qui est troublant, c’est aussi la localisation de ce potin dans le journal (en page 2, ais-je entendu). Québec a eu sa radio-poubelle, Montreal a maintenant son journal-poubelle. J’ai depuis quelque temps le sentiment de vivre dans une société en régression, notamment lorsque je vois en tête du box-office un film comme Jackass.

  6. Swanpr,

    « reste-t-il quelqu’un au Québec qui ne sait pas qu’il est gai?? »

    je savais qu’il est gai, mais je savais tout autant qu’il n’était pas sorti du placard. Si cette position lui plaisait, il pouvait bien y rester!

    « C’est, pour moi, clairement une attaque personnelle avec des relents de vengeance. »

    Je n’y avais pas pensé en ces termes. Tu as sans doute raison.

    Patate,

    « Peut-être que nous n’y sommes pas encore, mais nous n’y sommes pas pas non plus: nous sommes un peu entre les deux. »

    tant qu’à jouer avec les mots, ça me semble n’être qu’une question de degrés. Tout se joue dans « C’est dommage que l’homosexualité ne soit pas acceptée au point où ». Ça te donne déjà raison quand tu écris : « nous sommes un peu entre les deux. »

    « Les gais sont de plus en plus « acceptés », ils peuvent de moins en moins « s’auto-outcaster ». C’est ça qui est ça, je crois que personne n’y peut rien. »

    Je ne crois pas qu’il y a un lien entre la plus grande acceptation et le fait que c’est évident pour les gens qu’il est gai. Il n’est pas non plus ultra efféminé, si cela constitue un signe fiable (il y a des gars efféminés hétéros). C’est juste que d’antan c’était tabou.

    Pour ce qui est de la vie privée, je te suis pas mal. Par contre, je vois une différence entre le cas de Legendre et celui de Lafleur qui me fait dire que la couverture médiatique ne devrait pas être la même, mais je n’arrive pas pour l’instant à bien la cerner.

    En tout cas, cela me semble au moins tenir dans l’importance de la nouvelle judiciaire. L’histoire dans laquelle est impliquée Legendre est vraiment du domaine du fait (très) divers. Pour ce qui est de Lafleur, c’est plus important, mais cela ne concerne que sa parenté. C’est en tout cas glissant dans les deux cas.

    Philippe David,

    c’est là où on voit bien une différence entre le public et les médias.

  7. Newton,

    c’est lu, et je le conseille à tous! Et les commentaires.

    Gillac,

    en effet, c’est une page 2 complètement surréaliste… S’il y a de quoi de plus anodin qu’une histoire d’anciens conjoints en cour…

  8. Newton dit :

    Ah ben mon torrieux! Tu m’as fait changé d’idée dès l’écoute de cet extrait. Je suis obligée de me rétracter. Pas le choix!!! C’est ça, il paraît, être intègre… 🙂

  9. Éléonore dit :

    J’aime bien l’analyse de Dufort dans son respect de la personne.

    Mais je m’interroge cependant sur toutes ses précautions qu’il faudrait prendre pour protéger le droit à la vie privée du plaignant à cause de l’homosexualité alors que cela n’est que rarement appliqué aux autres personnes de la vie publique et/ou artistique qui sont hétérosexuelles.

    Est-ce que la vie privée de Nathalie Simard, par exemple, fut autant défendue sur les blogues et autres médias lors de ses différents  » litiges » (pour reprendre le mot de Dufort) avec ses amants-gérants ? je ne crois pas non,

    Pourtant la relation amoureuse de Legendre face à celui qu’il poursuit, n’est pas anodine, elle est significative dans le cas qui devra être débattu en cours car il ne s’agit pas seulement d’une rupture professionnelle, mais également d’une rupture affective. Ce qui classe l’affaire presque du côté des causes de divorce.

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