Le grand écart

L’organe d’information gauchiste Radio-Canada publiait plus tôt sur son site un article expliquant que l’« écart entre riches et pauvres au niveau des revenus se creuse au Québec, selon une étude de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) et du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA). »

Je sais que les études sont faites pour être contestées et démolies (ce qui va arriver assez rapidement je crois), mais ce passage a de quoi faire sourciller :

Les Québécois ont travaillé plus et l’économie a crû […] pendant cette période, pourtant ce n’est pas tout le monde qui en a tiré les mêmes bénéfices. La part du lion revient au 10 % le plus riche, alors que la majorité des Québécois – les premiers 70 % – reçoivent moins de revenus

Et devinez quel groupe a le plus travaillé! Selon l’étude, il semble que « l’augmentation du temps de travail a surtout été réalisée par la moitié la plus pauvre de la population ». C’est quand même drôle quand l’argument de dénigrement des pauvres consiste justement à pointer leur légendaire paresse! Et encore plus drôle la pensée bien généralisée que les riches sont riches parce qu’ils travaillent plus (on ajoute souvent le qualificatif « fort », en plus)!

Autre bonne nouvelle, « l’étude évalue que la classe moyenne est en train de diminuer. Alors qu’elle représentait 42 % de la population à la fin des années 70, elle a baissé à 31 % en 2006. » (Aurais-je besoin de spécifier ici que j’ironise en qualifiant la nouvelle de « bonne »?)

C’est bien normal dans un contexte de croissance. Comment les plus riches pourraient-ils accumuler de plus en plus d’argent sans en enlever à la classe moyenne et pauvre? Quand il y a quelqu’un qui s’enrichit, il y a obligatoirement quelqu’un qui s’appauvrit, pour le regarder le plus simplement possible.

Et si la majorité de la classe riche est le patronat, ces gens doivent bien faire beaucoup de profits pour y être. Alors, il est logique de penser que la classe pauvre (qui voit grossir ses rangs) en est le moteur pour cause de très bas salaires.

Serait-ce alors entre autres le signe que le syndicalisme et les normes du travail n’ont pas réussi là où ils devaient réussir?

(Photo : gilderic)

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3 réponses à Le grand écart

  1. gillac dit :

    L’accroissement de l’écart entre les riches et les pauvres est indéniable. À cela, il faut ajouter que les entreprises pour conserver plus de flexibilité créent de moins en moins de postes permanents, ce qui rend de plus en plus de gens vulnérables lors de maladies ou pertes d’emplois. Dans un tel système, les forts s’en tirent souvent assez bien mais les victimes d’un tel système devraient être nombreuses. Pas sûr qu’on se dirige vers une société meilleure et plus juste…

  2. Darwin dit :

    «Aurais-je besoin de spécifier ici que j’ironise en qualifiant la nouvelle de « bonne »?»

    Non, celle-là, je l’avais poignée… 😉

    Je suis d’ailleurs en train de lire cette étude. Intéressante, mais je m’étonne qu’on s’étonne…

    L’IRIS a produit de nombreuses études intéressantes au cours des dernières années. Une source qui fait changement avec la campagne actuelle des lucides qui tentent de nous faire croire qu’il n’y a qu’une seule solution à nos problèmes économiques, la leur…

    http://www.iris-recherche.qc.ca/

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