Le vide de Justin Trudeau

Justin Trudeau PM

Justin Trudeau, chef du PLC.

Ouf! (Oui, je sais que ce n’est pas neuf, mais la tragédie de Boston et tout le reste…)

Je me souviens d’avoir pensé, quand il est entré en politique, que ça serait trop drôle qu’il devienne Premier ministre du Canada un jour (c’est le cynique en moi qui pensait).

Ça serait assez représentatif de l’époque qui place le contenant devant le contenu. J’ai beau ne pas porter son père dans mon coeur d’indépendantiste, je peux au moins avouer que celui-là avait de l’envergure. Et l’envergure est l’antithèse de son fils. Il n’a pas hérité de ce morceau-là… entre autres.

Mais j’ai beau rire de tout ça, et de répéter que Justin est vide, il reste que j’ai l’impression de jouer le jeu des conservateurs… Parce qu’ils ne se sont pas gênés, déjà. Et entre le PCC et le PLC, je n’ai pas le choix de préférer les libéraux, que ce soit un singe ou Trudeau à sa tête! Mais je suis au Québec, une chance.

Le Québécois que je suis, qui vit dans le semblant de démocratie que son pays et sa province permet, pourra continuer de ne pas voter NPD et de se réfugier dans le creux du vote bloquiste. J’ai déjà écrit que le Bloc devrait se saborder, je le pense encore, mais s’il peut me faire le plaisir de ne pas avoir à choisir entre le NPD et le PLC encore une autre fois, bien ça de gagné!

Justin Trudeau interieur exterieur

Mais revenons au vide de Justin. Pour commencer, j’aimerais l’illustrer ici avec une blague de Simon-Pierre Savard-Tremblay, président de Génération nationale :

On affirme souvent que Justin Trudeau est une coquille vide. Or, il y a une différence fondamentale entre un coquillage et le nouveau chef du PLC.

Le coquillage, quand on l’écoute, on entend la mer.

Justin, quand on l’écoute, on entend le père.

Le père.

Le père s’est forgé lui-même. Le fils alimente son feu des cendres de son père. Ça tourne évidemment à vide et ça manque de substance inflammable. Ça se sent. Personne ne peut en faire abstraction, encore moins le principal intéressé. Et je ne dis pas ça dans le vide. On a remarqué les concordances, on a remarqué la répétition, le manque d’originalité. Mais j’avoue que ce sont des remarques du côté souverainiste…

Justin Trudeau est une cruche parfaite (un contenant) pour les fédéralistes. En tout cas, pour les fédéralistes nostalgiques du temps de Pierre-Elliott Trudeau, un homme qui, quand même, scorait dans les concours de popularité et de beauté. Il est donc une cruche parfaite pour y faire entrer les valeurs des fédéralistes, l’amour du statuquo, la saine diabolisation des souverainistes, le culte à l’anglais, le français comme gardien tranquille de l’unité (même si c’est un mensonge en soi), l’alimentation de la peur économique (autre mensonge)… Et tout cet espace est lubrifié par son père.

Et quand il affirme qu’« on a un gouvernement au Québec qui fait tout ce qu’il peut pour développer un nouveau mythe… », parlant bien sûr du scandale entourant la Constitution canadienne, alors que tout le parlement québécois est d’accord pour aller au fond des choses, je rajouterais encore qu’il est une cruche, mais dans le sens de cancre. Un jeune cancre dans un monde politique trop complexe où le sens primordial se trouve dans l’importance de la suite des évènements. Et pas seulement ceux de la dernière année.

Est-ce que la jeunesse du beau Justin serait synonyme d’un abandon de l’importance de l’Histoire? La nouveauté devrait-elle en soi devenir un grand tapis où y balayer ce qui empêche le présent de reluire totalement? Justin serait-il la métaphore d’une jeunesse inculte autant par manque d’intérêt que d’outils?

Autant de questions qui restent en suspens puisque ce p’tit gars-là n’y répondra jamais. Ce sera la trame de sa performance de slalom politique. Ce n’est pas plus mal. Et il est tellement vide qu’il reprend même les positions de son père, comme le soulignait sur Twitter Josée Legault (elle ne fait pas explicitement de lien avec son vide dans le tweet, mais elle a déjà pointé son discours de victoire comme ayant un « manque flagrant d’idées substantielles », ce qui revient presque au même) :

Après son tout premier caucus à titre de nouveau chef libéral mercredi, M. Trudeau a laissé entendre que la raison pour laquelle Québec n’avait pas signé la Constitution de 1982 était parce que son premier ministre de l’époque – René Lévesque – était souverainiste.

Nous pouvons pardonner le père puisqu’il n’avait pas vraiment le recul qu’a le fils aujourd’hui. Mais en sachant qu’aucun premier ministre québécois (fédéraliste) n’a voulu signer la Constitution après Lévesque, son acharnement à faire la copie carbone relève de l’amateurisme.

S’il devient un jour Premier ministre du Canada, souhaitons-nous que les membres de son équipe soient d’excellents marionnettistes…

Justin Trudeau marionnette

Ajout :

À lire, l’analyse de Josée Legault sur Justin Trudeau et le Québec : http://www.lactualite.com/opinions/le-blogue-de-josee-legault/justin-trudeau-et-le-quebec/

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