Le Berger Blanc : éthique versus profits


L’émission Enquête à Radio-Canada a levé le voile sur les pratiques douteuses du Berger Blanc, une compagnie privée qui a des contrats avec plusieurs municipalités québécoises dont Montréal et Laval.

Au-delà de l’indignation que cela provoque, sans nul doute que la question de l’éthique est soulevée. Et dans ce cas précis, il est bien sûr question d’une entreprise privée. Donc, est-ce que parfois, en tout cas dans ce cas précis, l’éthique et la recherche de profits seraient irréconciliables?

Le lien entre les deux est fluide et surtout, direct. S’assurer de faire parfaitement les choses au niveau éthique (on pourrait aussi dire : plus proprement) ralenti tout le processus, augmente les coûts, etc., donc amoindrit du coup les profits. Et puisqu’il est question d’animaux, et que la plupart des gens consomment des produits animaliers sous une forme ou une autre, peut-être que l’éthique prend plus facilement le bord…

Et même si on fait une distinction entre par exemple la boucherie et tout ce qui touche les animaux de compagnie, il reste qu’à la base il est question de consommation. Serait-ce donc que l’éthique ne concerne que les animaux à partir du moment où il s’est développé un lien sentimental au niveau humain? Je ne crois pas, et sûrement que la plupart des gens non plus, même si c’est l’achat compulsif d’animaux dans les animaleries qui cause le problème de l’euthanasie à la chaîne et ainsi la demande pour le service qu’offre une entreprise comme Le Berger Blanc.

C’est sans doute très facile de le soulever après coup, mais une entreprise privée (dont le but premier est de faire du profit) qui doit s’occuper d’animaux de compagnie (qui doit donc respecter une certaine éthique) n’est-elle pas en situation de conflit d’intérêts? En rédigeant cette question, j’avais en tête les cliniques vétérinaires, entreprises privées qui s’occupent d’animaux de compagnie elles aussi. Et il est clair pour moi que la différence est grande. La recherche de profits des cliniques vétérinaires repose sur le lien privilégié entre les propriétaires d’animaux et les vétérinaires, ainsi que sur la réputation générale de la pratique, que participe à maintenir l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec. On pourrait aussi dire que la clientèle des cliniques vétérinaires est composées essentiellement de gens qui aiment leurs animaux au point de payer très cher pour des soins, contrairement à ceux du Berger Blanc qui veulent simplement s’en débarrasser.

Dans le cas des cliniques vétérinaires, comme on a pu le voir, l’éthique est magnifiée par le processus qui mène au profit. Dans le cas du Berger Blanc, on se demande si l’éthique n’est pas qu’un luxe que l’entreprise ne peut pas se payer (ou plutôt ne voulait pas se payer). En tout cas, les images atroces qu’on a pu voir donnent cette impression.

Ce contenu a été publié dans opinions, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

15 réponses à Le Berger Blanc : éthique versus profits

  1. Nadia dit :

    Et très malheureusement, ta réflexion se transpose très bien aux soins prodigués aux humains. Vas dans une clinique privée qui pratique des chirurgies esthétiques et de la médecine familiale, tu seras en situation de pouvoir, traité aux petits oignons. Vas ensuite trouver un endroit pour héberger ta grand-mère en perte d’autonomie, sans grand revenu, tu verras le côté sombre de la santé : celui des laisséa pour compte, des faibles sans voix.

    Ces animaux qu’on abandonne après usage, comme ceux que l’on consomme dans le plus grand gaspillage, témoignent de l’insensibilité que nous laissons s’installer…

  2. Nadia,

    cela démontre bien que l’on ne peut pas généraliser. Ce n’est pas le privé ou le public, le problème. Chaque cas se doit d’être évalué à la pièce.

  3. Nadia dit :

    Et le Berger Blanc c’est pourtant du privé, mais pour une classe d’animaux rejetés.

  4. Oui oui, et j’aurais pu tomber dans un propos anti-privé en prenant cet exemple, ce que je me refuse.

  5. gillac dit :

    Au-delà de toute considération, le mot respect doit être appliqué à tout ce qui nous entoure. Quant aux soins aux personnes âgées, les dés semblent jetés: toutes les ressources intermédiaires iront au privé (moins de 3 heures/ soins) alors qu’il faut espérer que le gouvernement renoncera aux CHSLD en PPP. Ce qui est bon pour un pont ne l’est pas nécessairement pour des soins aussi importants.
    Note: je siège sur le conseil de 2 CHSLD publics et contrairement à la perception populaire, nous recevons chaque mois des lettres de gratitude pour des personnes hébergées.

  6. the Ubbergeek dit :

    Ca serait mieux au public je crois, ou par une ONG.

  7. Stephane.G dit :

    selon les crétins libertariens le prive réussi mieux que le public…ils étais les 1er a se réjouir qu’on fasse appel au Berger Blanc car la SPCA coutais trop cher

    Alors comme le Berger Blanc doit faire du cash ben on fait pas dans la dentelle…d’ailleurs les libertariens devraient les supporter pareil…t’se ca coute moins cher que d’euthanasier des animaux correctement

  8. the Ubbergeek dit :

    Pour êtres franc… Si pour des libertariens comme j’ai vu sur *7*, les junkies ‘peuvent bien crever’… alors, des animaux…

  9. moi même qui est le maitre d’un jeune chien de 9mois j’ai trouver que le berger blanc comme on le nomme dans le reportage le mauvais que leur pratique était tout a fait contraire a leur norme écrite et dite ce qui complaitement aberrant pour un organisme de cette telle grosseur tout sa pour nous rappeler de toujours se mefier de a qui on laisse nos animaux quand on veut s’en defaire

  10. Il est surprenant de voir que certaines personnes voudraient voir les SPCA être du domaine public alors que nos gouvernements font tous en leurs pouvoirs pour la privatisation des services publics. Lors de l’émission « Enquête » il a été clairement démontrer que lorsqu’il n’a pas de concurrence les soumissions ont monté jusqu’à 155%. Est-ce comme avec les soumissions dans la construction où la libre concurrence est planifié d’avance. Où le soumissionnaire est entièrement libre de faire librement sa soumission dans un secteur de libre entreprise dans un contexte de libre concurrence régie par les lois du marché pas tout à fait libre finalement. Libre à vous d’y croire!

    Comment expliquer que la ville de Montréal ait accepté de payer une telle majoration dans le processus d’appel d’offre. Comment expliquer l’absence de concurrence lors de ces appels d’offres?

    Il y a un mot pour ça…. à maudit j’ai oublié.

  11. Jack Layton va régler tout ça! Souriez!

  12. Le problème est que des organisations étatiques aident de telles entreprises à engranger des profits avec ces pratiques douteuses.

    Ce qu’il faut faire, c’est de gérer nous-mêmes l’ensemble des problèmes reliées aux animaux, en dehors du tout-profit.

  13. Le vigilant dit :

    Quand un tel contrat est donné, il devrait y avoir au devis des clauses indiquant que les mauvais traitements aux animaux sont à proscrire. Dans cette optique, Le berger blanc serait fautif de ne pas avoir respecté son contrat. Mettre la main sur les documents de l’appel d’offre, serait, à mon avis, un bon coup journalistique.
    Ceci dit, les mauvais traitements faits aux animaux m’horripilent et ce n’est pas une question d’éthique, mais une question de sensibilité!

    Ah pis je trouve que le débat public VS privé est ben mal à propos dans cet article.

  14. Le vigilant,

    « Ah pis je trouve que le débat public VS privé est ben mal à propos dans cet article. »

    quoi? Serait-ce que « le débat public VS privé » serait un sujet tabou? Pourtant, j’explique clairement qu’il est question de la recherche de profits. On ne peut pas le nier. Pourrait-on penser que Le Berger a tourné les coins ronds pour le simple plaisir et non par souci de rapidité et donc pour l’argent?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *