L’anglais au travail : échec à la francisation des nouveaux arrivants

« L’anglais prend de la vigueur au Québec ». Ce n’est pas moi qui le dit sur la seule foi de ses observations au jour le jour, mais bien le chercheur Charles Castonguay de l’Université d’Ottawa, un « anglophone francisé », soit dit en passant. Et ce qu’il dit, c’est que cette vigueur s’explique auprès des nouveaux arrivants qui se voient incités à adopter l’anglais parce que cela leur donne un avantage « à la fois pour l’intégration sur le marché du travail et pour atteindre un meilleur niveau de rémunération ». En regard de cela, la montée aux barricades en lien avec le Festival d’été de Québec qui ne ferait pas assez de place aux artistes de langue française m’apparaît assez futile. Entre la question de la langue d’expression artistique et la question de la langue de communication au travail, il n’est pas bien difficile de voir là où le bât blesse le plus.

Alors, l’auteur semonce le gouvernement actuel (qui a bien besoin de ça…) :

Il faut que le gouvernement ajuste ses flûtes. Si on veut que le français demeure la langue majoritaire au Québec, il faut agir dans le monde du travail, et il ne faut pas lésiner sur les moyens pour obliger les PME à franciser la langue de travail […] Le gouvernement actuel n’essaie aucunement d’agir. Il a coupé les programmes de francisation. Il tient un discours pour la défense du français, mais ses actions sont contraires à la francisation

Et il va encore plus loin : il « considère comme un véritable affront pour les Québécois francophones le fait que l’on accorde le droit de vote à un individu qui ne comprend pas le français ». J’imagine déjà les gros yeux devant cette insulte à la Charte canadienne des droits et libertés, mais gageons que dans le ROC le taux de citoyens ne maîtrisant pas l’anglais est beaucoup plus bas que le taux de citoyens québécois ne maîtrisant pas le français…

Personnellement, cela me semble un moyen extrême pour régler un problème qui ne l’est pas (encore). Alors, le coup de semonce  qu’il faudrait ressemblerait plus à mon sens à couper les ponts politiquement avec ce trop grand pays dont on s’éloigne de plus en plus, étant donné entre autres que le grand rêve du bilinguisme s’effrite, comme le soulevait dernièrement Jean-François Lisée.

Et avec le mouvement de contestation de Québec inc. contre la Commission centralisée que propose le gouvernement fédéral, il est clair que la cohabitation n’est pas des plus saines. En espérant que de plus en plus de gens s’ouvrent les yeux. La souveraineté du Québec n’est pas une question de mode.

(Image trouvée ici.)

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7 réponses à L’anglais au travail : échec à la francisation des nouveaux arrivants

  1. Bien dit, en général!

    Ce n’est pas de ressort de l’État, sauf à l’intérieur même des gouvernements. Si vous souhaitez que les mentalités changent, cessez d’encourager financièrement les commerçants unilingues anglophones et faites la séparation du Québec!

  2. renartleveille dit :

    David,

    « cessez d’encourager financièrement les commerçants unilingues anglophones »

    je suis bien d’accord, mais un service à la clientèle qui se fait en français n’est pas garant de ce qui se passe derrière…

  3. En effet…là-dessus les travailleurs doivent eux-mêmes se tenir plus debout!

  4. Patrick M... dit :

    Cela dépasse malheureusement les frontières Québécoises. C’est un problème d’ordre mondial du à l’intimidation que l’impérialisme anglo-saxxon impose dans le monde du travail partout où ils s’établissent. Ils le font sans respect pour la langue territoriale fortement majoritaire où ils sont. Ils imposent la leur comme s’ils étaient les maîtres du monde.

    Ce qu’il faudrait faire là-dessus ne tient pas juste du Québec. Il faudrait que tous les pays désireux de vivre dans leur langue fassent des lois sévères réprimandant l’harcellement linguisitique en milieu de travail. Le monde souvent ne disent rien car ils ont peur de perdre leur emploi et leur gouvernement ne les soutiennent pas vraiment.

    Nous, population, on peut boycotter les commerçants ne nous respectant pas. Mais en milieu de travail, ça prend aussi des lois pour faire valoir nos droits

  5. lutopium dit :

    J’ai même entendu dire (source sûre quand même) qu’un organisme gouvernemental (provincial) engage des unlingues anglophones parce qu’il y a manque de main d’oeuvre dans certains secteurs… Je ne dirais pas que c’est la règle mais c’est tout de même surprenant,,,

  6. renartleveille dit :

    Patrick M.,

    premièrement, bienvenue ici!

    « Ils imposent la leur comme s’ils étaient les maîtres du monde. »

    Le problème c’est qu’ils le sont, puisqu’ils agissent ainsi, et les autres de même. Ça me semble être à contre-courant de penser le contraire, comme nous l’exposons.

    Lutopium,

    c’est quand même drôle ça… il y a quand même un taux de chômage, et on ne parle pas d’emplois comme la cueillette des fraises!

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