La Bourse et/ou la vie!?

 

Les récents soubresauts de la Bourse donnent des sueurs froides à certains plus qu’à d’autres, mais au final le risque reste somme toute assez généralisé. Si le château de cartes s’effondre, les répercussions se feront sentir partout.

C’est pourquoi il serait intéressant de regarder la dynamique sociétale qu’accompagne le système de la spéculation boursière. Puisque justement ce jeu est plus qu’un simple jeu. On pourrait aller jusqu’à dire que la santé de la société en dépend : dans l’optique où l’économie y compte pour beaucoup, étant donné qu’elle est liée à la satisfaction des besoins essentiels. L’économie est bien sûr aussi très liée aux autres besoins (ceux qui ont entre autres été créés pour l’alimenter dans la fuite en avant de la croissance rapide) mais nous nous entendrons pour pointer l’importance de la survie (ou le confort) du plus grand nombre. Et avec en tête qu’une crise financière importante ne fait jamais en sorte que « les derniers seront les premiers »…

Alors, il est très facile de faire une ligne directe entre la spéculation boursière et l’équilibre sociétal, pour ne pas dire le bonheur social (selon le contexte actuel, sans pour autant occulter son imperfection et ses problèmes). Il serait donc honnête d’affirmer que la pérennité du bonheur social n’est pas entre les mains de tous, mais bien entre les mains d’une élite ayant les moyens financiers de mettre son poids dans la balance (de la Bourse). Parce qu’il faut se le dire franchement, ce qu’on pointe comme étant « la confiance dans les marchés » a tout à voir avec l’individualité, rien avec la collectivité.

À la base, les choix d’un investisseur ne concernent que son propre investissement. Il n’a pas de lien avec la causalité externe dans son cheminement décisionnel. Son but n’est que de préserver ou de faire fructifier son portefeuille, ce qui semble tout à fait légitime d’un point de vue individualiste. Pourtant, c’est l’addition de décisions de non-confiance dans les marchés qui est dangereuse pour le château de cartes (l’externalité que le spéculateur n’a pas en tête lors de sa prise de décision transactionnelle). Beau paradoxe.

Dans la possibilité d’un krach, suite à un effet domino, c’est là où la multiplication d’individualités ne va pas dans un sens positif pour le plus grand nombre : c’est par conséquent l’individu contre la collectivité. Devant ce paradoxe, serait-il utile de se poser la question à savoir pourquoi un pouvoir décisionnel aussi important est laissé à des individus qui n’ont qu’un intérêt individuel, et qui en plus n’ont aucunement conscience de son hypothétique portée collective? Sans oublier l’intrinsèque absence de coupables! (C’est à dire que le point de départ d’un effet domino ne pourrait être pointé, ni même accusé s’il pouvait être pointé; donc, aucune imputabilité possible.)

Mis à part la possibilité de faire de l’« investissement socialement responsable », il semble que l’éthique échappe tout à fait à cette activité. Et la morale de même. Il est toujours seulement question de profitabilité pure sans calcul de responsabilité. C’est pourquoi il serait bien difficile de culpabiliser qui que ce soit. Cependant, la question reste la même : sommes-nous à la merci d’un pouvoir extérieur à la société, puisque ce pouvoir n’a jamais en tête le bien de son ensemble (même si le système financier participe quand même à faire « rouler l’économie »)?

Toute cette analyse donne à penser que le système actuel n’a jamais pris en compte dans sa construction ses incohérences. C’est comme si le château de cartes avait un système d’autodestruction activé par un levier que personne ne voit, mais que quiconque peut accrocher par inadvertance (l’inadvertance étant ici la peur de tout perdre). Nous pouvons sérieusement nous demander si ce système est déjà désuet dans son évolution quand même récente. Au lieu d’un système d’autodestruction, il lui faudrait un système d’autorégulation. L’on pourrait pointer comme solution l’État ou son absence, mais cela serait beaucoup trop facile…

 Ajout :

 

Lecture intéressante :

« Il faut laisser les Etats et les banques faire faillite »

http://www.courrierinternational.com/article/2011/08/11/il-faut-laisser-les-etats-et-les-banques-faire-faillite

 

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11 réponses à La Bourse et/ou la vie!?

  1. Facile, ché pas. Thèse, antithèse, synthèse? Dialectique historique? L’État ou son absence?

    Tout cela est résolu, Maître Renart. L’absence d’État, n’y songe pas. L’État est là, hydre tentaculaire, pour rester. L’État, c’est nous. On va se manger les chevilles et manger nos enfants pour dessert.

    Quand on était gamins, au siècle dernier, gamins en Occident, gamins en Amérique, y avait les pauvres citoyens soviétiques obligés de partager et y avait les citoyens du Monde Libre qui pouvaient devenir riches s’ils travaillaient dur, héhé.

    Les Soviets ont gagné.

    Astheure, les citoyens du Monde Libre n’ont pas le choix d’investir dans leur État, surtout si c’est un État-Uni. Le dernier des Rednecks trailerpark whitetrash doit verser une part de ses revenus dans un plan boursier. Il participe à sa société ou sa société le chie dans le fleuve. C’est du communisme totalitaire déguisé en individualisme. Et fuck, ces couillons de Russes, ils étaient plus instruits que nous autres et leurs médias ne leur mentaient pas davantage. Leurs femmes étaient laides et leurs hommes buvaient comme des trous noirs, mais bon, personne n’est parfait.

  2. « L’absence d’État, n’y songe pas. »

    Ça c’était pour faire plaisir aux libertariens, enfin, ceux qui me lisent, s’il y en a…

    « L’État, c’est nous. »

    C’est ce que je me tue à dire ici depuis trois ans, c’est juste que ce « nous » a des gros problèmes psychologiques. Faible estime de soi, personnalités multiples, pour ne nommer que ceux-là!

  3. Bonjour Renard,

    On dirait que tu as ajusté le propos de ton billet à une idéologie. Sincèrement, je ne comprend pas trop où tu veux en venir. Le jeu de la Bourse est un jeu de gestion de risques. Les gens investissent là où ils sentent que leur argent va fructifier. En ce sens, les décisions dites individuelles sont des décisions basées sur la confiance envers des fonds. Ce sont les entrepreneurs et les gestionnaires de fonds qui prennent les décisions qui font le risques la plupart du temps, mais il y a des fois où ce sont des décisions politiques et des enjeux sociaux qui créent du risque.

    Selon moi, le fait que des choses concrètes comme des ressources naturelles et des denrées alimentaires soient devenues victimes de la spéculation boursière est inquiétant. On voit ce que ça donne avec les vols de cuivre et le prix de l’once d’or.

    L’argent, lui, est virtuel. Il n’existe pas et les gouvernements et les banques d’État en créent n’importe quand et n’importe comment. Si essayer de combattre ces façons de jouer avec les monnaies fait des libertariens tes ennemis, je dis tant pis pour toi. Au final, tu as l’air de l’artisan de ton propre malheur.

  4. Jonathan Boyer,

    « On dirait que tu as ajusté le propos de ton billet à une idéologie. »

    Pourtant, j’avais en tête tout au long de l’écriture du billet de ne pas tomber dans ce piège. Mais je crois comprendre où est ton trouble : je prends surtout la défense de monsieur-madame-tout-le-monde, donc, ça doit être idéologiquement à gauche…

    « Sincèrement, je ne comprend pas trop où tu veux en venir. »

    Je veux en venir à ce que tous voient qu’il y a un risque global inclus dans la spéculation boursière alors que ce n’est pas la globalité qui a le pouvoir d’influer sur ce risque. Je n’aime pas trop constater que des gens puissent subir les mauvaises décisions d’autres gens…

    « Selon moi, le fait que des choses concrètes comme des ressources naturelles et des denrées alimentaires soient devenues victimes de la spéculation boursière est inquiétant. »

    Je partage ces inquiétudes.

    « Si essayer de combattre ces façons de jouer avec les monnaies fait des libertariens tes ennemis, je dis tant pis pour toi. Au final, tu as l’air de l’artisan de ton propre malheur. »

    Ici je ne te suis pas, mais pas du tout. Sur quoi te bases-tu pour écrire ça?

  5. Par rapport à l’idéologie, c’est que tu interprètes une perception que tu as de la bourse en rapport avec le bonheur sociétal. Tu aurais tort de penser que les gens de la droite ne prennent pas la défense de monsieur, madame tout le monde.

    « Si essayer de combattre ces façons de jouer avec les monnaies fait des libertariens tes ennemis, je dis tant pis pour toi. Au final, tu as l’air de l’artisan de ton propre malheur. »

    Ce que Mistral et toi disiez plus haut est que l’État devrait être plus présent alors que les libertariens voudraient le voir disparaître. Tu vises le même but que les libertariens : que les gens arrêtent d’être victimes de l’élite financière et étatique en place. Ce ne sont que les moyens qui changent…

  6. gillac dit :

    Lorsque les bourses et les états perdent de vue leur raison d’être, c’est certain qu’on s’en va vers la catastrophe. Les bourses comme lieu d’achat et de vente de prises de participations dans des sociètes qui produisent des biens et services, cela fait plein de sens. C’est lorsqu’on commence à vendre du vent, à spéculer sur des rumeurs que les problèmes commencent. Étonnamment, l’homme qui a fait le plus d’argent avec le système boursier est celui qui s’intéresse le moins aux cours boursiers. Son intérêt est plutôt dirigé vers les sociétés où il met son argent et il a besoin des bourses surtout pour acheter et parfois mais plus rarement pour vendre.

  7. Je crois que vous tomber trop facilement dans les stéréotypes promulguées par la gauche. La bourse, ce n’est qu’un marché où les propriétaires de titres de compagnie se les échangent (vente et achat). Le principe que n’importe qui puisse posséder une partie de compagnie est fantastique : il permet une forme de distribution de richess si chère à la gauche ! Tous les fonds de pensions publiques investissent très massivement dans les actions. L’alternative, une économie centralisée de type « communiste » est une catastrophe, comme l’histoire l’a si souvent démontré, en termes de liberté individuelle et de richesse collective.

    Ce qui manque, c’est un mécanisme de régulation efficace et impartial pour empêcher la fraude massive , comme c’est le cas aux USA. De plus, quand une compagnie va mal, il faut absolument la laisser tomber : c’est le principe même du capitalisme, qui est de surcroit extremement efficace (les poches tombent, les bons prolifèrent). Hors, le « bailout » des banques et des banksters est une erreur historique gigantesque et on assiste au plus grtand transfert de valeur de l’histoire (du peuple vers les banksters). Mais ceci n,est pas du capitalisme : c’est de la fraude …

  8. Si vous voulez investir à la Bourse, ça commence à être le temps, là!!!

  9. Jonathan Boyer,

    pour moi, ce que je pointais comme étant le bonheur sociétal est simplement la situation actuelle, que pourrait changer dramatiquement un krach. Par exemple, si en ce moment je vis bien (en tout cas assez à mon goût) et que les mauvaises décisions spéculatives d’autres personnes m’amputent de ce bonheur, je subirai ces décisions. C’est le plus simplement que je peux l’expliquer.

    « Tu aurais tort de penser que les gens de la droite ne prennent pas la défense de monsieur, madame tout le monde. »

    Je ne le pense aucunement, je ne vise que le système boursier. Si ce sont majoritairement des gens de droite qui en sont les acteurs, ce n’est vraiment pas le point principal de ma réflexion. Ni même le second. Je ne saurais même mettre le doigt sur lequel… Et je croyais avoir désamorcé la possibilité d’une interprétation de la sorte en incluant ce passage à mon billet :

    « Mis à part la possibilité de faire de l’« investissement socialement responsable », il semble que l’éthique échappe tout à fait à cette activité. Et la morale de même. Il est toujours seulement question de profitabilité pure sans calcul de responsabilité. C’est pourquoi il serait bien difficile de culpabiliser qui que ce soit. »

    Mais si on regarde mon texte en accolant la droite à l’individu et la gauche au collectif, il est très facile de tomber dans ces généralités et l’analyser selon ce schème. Pourtant, je crois qu’il est clair dans mon analyse que l’individu est un rouage et que la collectivité roule dans son sens (ou ne roule plus). Le contraire serait absurde et c’est tout ce que j’essayais de faire ressortir.

    « Ce que Mistral et toi disiez plus haut est que l’État devrait être plus présent alors que les libertariens voudraient le voir disparaître. »

    Je ne peux pas parler pour Mistral, mais de mon côté je pense réellement que « L’État, c’est nous », mais un nous dans un miroir déformant et hors de notre propre contrôle. S’il était vraiment nous, il n’y aurait pas de libertarianisme, puisqu’il n’y aurait pas de raison de le démoniser…

    Pierre Tremblay,

    je ne voulais pas avec ce billet entretenir le débat gauche-droite. Vraiment. Simplement pointer ce monstre en déséquilibre.

    Et je ne vais pas répéter ce que j’ai écrit à Jonathan Boyer, faudra s’en contenter…

    Merci de commenter!

  10. the Ubbergeek dit :

    On ne peut pas parler de bourse sans apportter la gauche et la droite, impossible. Ca touche au coeur de tout cà.

    Les gens doivent compter en premier, pas les actionaires ou patrons.

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