Jean Charest et Stephen Harper ne sont pas des êtres d’exception

On trouve souvent dans le passé des échos qui collent assez bien au présent. J’en ai trouvé un exemple probant dans le chapitre consacré au penseur Français Tocqueville (1805 – 1859) du livre « Les grands penseurs du monde occidental – L’éthique et la politique de Platon à nos jours » de Jean-Marc Piotte :

le peuple n’a pas les lumières nécessaires pour juger le caractère de ceux qui se présentent aux élections. L’obligation de travailler manuellement pour gagner sa vie et le manque de temps libre constituent la « limite nécessaire de ses progrès intellectuels ». Le peuple n’a ni les loisirs ni les moyens de bien juger les candidats, voilà pourquoi il se satisfait des apparences. Mais il y a un autre motif, peut-être plus fondamental, l’envie, qui enlève au peuple le goût et le désir de choisir des individus qui lui sont supérieurs […]

Les hommes exceptionnels ne se présentent d’ailleurs guère aux élections, sachant que l’opinion publique, celle de la majorité, leur est défavorable.

Vous comprendrez bien que ce propos s’inscrit dans une critique de la démocratie naissante et que ce qu’il décrit comme étant le peuple à cette époque est aujourd’hui « un peu plus » évolué (et l’utilisation des guillemets n’a pas pour but de citer). Mais quand même, n’est-ce pas là l’illustration de ce qu’on vit en politique aujourd’hui? Qui d’autre que des partisans ou des aveugles du jugement pourraient qualifier Jean Charest et Stephen Harper d’« hommes exceptionnels »?

Bon, j’admets que pour se rendre là où ils sont, il leur a bien fallu quelques qualités, mais nous sommes loin de la crème de la société. Jean Charest joue bien son rôle de boute-en-train, de mononcle capable d’en pousser une p’tite au bon moment, mais l’Assemblée nationale n’est pas le Théâtre des variétés. Et Stephen Harper incarne très bien le paternel de « Papa a raison », alors qu’il nous faudrait les qualités d’un rôle de composition!

Si j’ai une solution? Vous voulez rire! Même si j’en avais une tonne de solutions, elles n’auraient que le simple poids de mon impuissance. Et si j’ai quelconque pouvoir, c’est de rejoindre une poignée de gens ici par mes écrits. Big deal : j’ai compris depuis assez longtemps que je me divertis en publiant ici, idem pour ceux qui me lisent. Si un jour je me rends compte ou qu’on me prouve le contraire, cela sera le plus beau prix que je puisse recevoir!

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J’avais en tête la citation plus haut quand j’ai lu le deuxième billet de la nouvelle collaboratrice, Nikki Bee, du blogue « Le Stupidarium » et je trouve que l’extrait qui suit est tout à fait dans le ton :

J’aime Pauline Marois. Parce qu’elle est riche à craquer. Et que MOI, si j’étais riche à craquer, je vous jure que je ne me lèverais pas le matin pour aller me faire chier au Parlement, avec une gang de gros jambons méprisants qui me riraient dans face à longueur de journée. Je ne passerais pas des mois à serrer des mains dans l’espoir que les gens finissent par croire en moi et en mes capacités à gérer la province. Je n’irais pas me justifier à tous les journalistes sur des osties de niaiseries comme : […] pourquoi mon anglais est so – so et pourquoi j’ai un chalet dans Charlevoix. Ouaip, si j’avais le portefeuille de Pauline, je partirais aux Antilles, pis je boirais des Pina Colada dans une noix de coco….DANS UN HAMAC ! Sous un palmier. Avec des oiseaux qui tournent autour de ma tête.  Donc…laissons la madame travailler et se faire chier pour nous svp, ok. Je vous rassure tout de suite : vous ne voulez pas sa job. PERSONNE ne veut sa job. Laissez la donc la faire. Pis…personne peut être pire que Jean Charest.

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10 réponses à Jean Charest et Stephen Harper ne sont pas des êtres d’exception

  1. gillac dit :

    Même si c’est choquant à lire, le texte de Tocqueville est loin d’être dépourvu. Les illusionnistes et les marchands de bonheur sont rois chez nous. Nous cherchons des médecins qui voudront bien nous annoncer que des bonnes nouvelles. Je me console un peu en pensant que plusieurs dirigeants de la France et de l’Italie devraient être déjà en prison et que nos voisins du sud ont déjà choisi un inculte obtu pour les diriger durant 8 ans.

  2. Il faut être naïf pour croire que Pauline Marois est une héroïne qui fait de la politique pour servir la populace. Elle et son conjoint se sont enrichis grâce à la politique et ce sera toujours le cas!

  3. reblochon dit :

    Il y a aussi les gens de pouvoir et les gros égos. Des gens, qui même riche à millions, voudront toujours se faire élire, avoir du prestige, se faire croire que le monde les aime et que sans eux rien ne pourrait se faire, le goût de rentrer dans l’histoire. L’argent ce n’est pas tout dans la vie, surtout quand tu en as des pleines brouettes. Très naïf l’explication de la dévotion de Pauline. Et j’en connais un paquet qui la voudrait sa job, avec ou sans salaire. Oui naïf est le mot.

    Les hommes d’exceptions. Je me demandais comme beaucoup pourquoi depuis quelques temps, dans tous les pays occidentaux, on n’avait pour ainsi dire que très peu de grands leaders, de grands hommes (ou femmes) intègres, courageux, visionnaires, etc. Pour ce qui est des grands hommes, je me demande si ce ne sont pas les grands défis qui les forment. C’est pour cela, après avoir écoulé tout ceux qui ont vécu la dernière guerre et la reconstruction qui a suivit, il nous reste un fond de baril en attendant d’avoir de nouveaux grands défis et donc de grands hommes. Peut-être qu’avec la crise qui plane au dessus de nos têtes, nous aurons une situation favorable à la naissance de nouveaux leaders.

  4. renartleveille dit :

    Gillac,

    « Même si c’est choquant à lire, le texte de Tocqueville est loin d’être dépourvu. »

    dépourvu de?

    David Gendron,

    « Elle et son conjoint se sont enrichis grâce à la politique et ce sera toujours le cas! »

    tu peux me rafraîchir la mémoire? Parce qu’un salaire de député, c’est payant, mais quand même!

    Reblochon,

    si je ne m’abuse, tu ne sembles pas un admirateur de Pauline Marois?

    Pour ce qui est des grands défis et des hommes d’exceptions qui devraient les relever, j’espère vraiment que tu dises vrai!

  5. Je ne parle pas juste de son salaire de député (en plus, il faut quand même mentionner que c’est très payant, ET QU’IL Y A PRATIQUEMENT AUCUNE DÉPENSE PERSONNELLE), mais de l’argent gagné par son conjoint.

  6. Simon Dor dit :

    « Si j’ai une solution? Vous voulez rire! Même si j’en avais une tonne de solutions, elles n’auraient que le simple poids de mon impuissance. Et si j’ai quelconque pouvoir, c’est de rejoindre une poignée de gens ici par mes écrits. Big deal : j’ai compris depuis assez longtemps que je me divertis en publiant ici, idem pour ceux qui me lisent. Si un jour je me rends compte ou qu’on me prouve le contraire, cela sera le plus beau prix que je puisse recevoir! »

    Est-ce que les gens d’exception existent? Ceux qui ont le « poids de la puissance », qu’est-ce qui les distingue?

  7. Sébastien Marcil dit :

    Pour ton info… ENCORE les réponses de Jean Charest : http://www.youtube.com/watch?v=-xCVElOhEJg&feature=channel

  8. V dit :

    @David Gendron : Un député gagne environ 100 000$ par année. Et il lui reste à payer son hypothèque et à habiller et faire manger ses enfants ainsi que lui-même. Alors avec ton « très payant et pratiquement pas de dépenses personnelles », on repassera.
    Pour ce qui est des sources de revenus de M. Blanchet, tu sembles ignorer qu’à 17 ans, il possédait un poste d’essence et qu’à 19 ans, il en avait trois auxquels il avait ajouté des cabanes à patates frites. Après des études en commerce, il a travaillé dans l’immobilier avec l’ancien magnat Robert Campeau. C’est de là qu’origine sa fortune. Depuis le début des années 80, il a travaillé presque essentiellement pour des organismes publics ou collectifs à un salaire bien moindre que ce qu’il pourrait faire dans le privé, sa fortune étant faite. Est-ce qu’il fait pitié? Que non! Mais pour prétendre que Mme Marois et M. Blanchet se sont fait construire leur grosse maison de l’île Bizard avec ce qu’ils ont gagné au service de l’État, il faut soit être vraiment de mauvaise foi, ne pas connaître grand chose des salaires offerts par le gouvernement ou être vraiment nul dans l’élaboration du budget d’un ménage.

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