Intimidation versus désaccords

Le sujet de l’intimidation est, j’espère, dans toutes les têtes depuis le suicide de la jeune Marjorie Raymond. Il nous rappelle que parfois trop prendre à la légère des sujets sérieux peut avoir des répercussions dramatiques. La procrastination, symptôme de cette vie complexe qui nous tente et nous occupe vers le divertissement et le travail rémunérateur, est à proscrire quand il s’agit d’un problème de la sorte. Et ces propos s’adressent tout autant aux parents (dont je suis) qu’à notre gouvernement. Espérons que la démarche de la mère de Marjorie Raymond ne sera pas dans un proche avenir paralysée sous le poids du temps qui sépare les drames funestes.

Dans cette guerre contre l’intimidation, il ne faut pas oublier le sens de la mesure. C’est l’intimidation et la provocation qu’il faut exclure, pas les désaccords entre les gens. C’est très humain de ne pas s’entendre… Et cela pointe tout à fait le problème plus général de gérer les désaccords.

Au-delà du problème relié à l’enfance et l’adolescence, nous serons toute notre vie confrontés à la mésentente et à l’antipathie dans nos rapports humains. Il s’agit alors de les alimenter ou non. C’est beaucoup plus facile d’en faire fi sur le web et sur les médias sociaux, et pourtant c’est bien là où le harcèlement s’accroche le mieux, à l’âge adulte. Peut-être est-ce l’impression d’avoir l’immunité dans sa bulle virtuelle qui agit comme un lubrifiant pour la colère et l’acharnement.

Le problème de base de nos jeunes, c’est qu’ils sont pris dans cette grosse boîte qu’est l’école pendant une bonne partie de la journée alors que sur le web, il faut vraiment choisir de se rendre jusqu’à l’autre. Les agresseurs ne sont alors pas dans une dynamique circonstancielle (ce qui n’excuse rien), mais tout à fait en mode chasse. Celui qui par exemple n’aime pas tel blogueur au point de déverser régulièrement sur lui sa haine où qu’il puisse le faire ne fait que nourrir comme un boulimique son sentiment d’antipathie. Certains d’entre eux auraient vraiment besoin d’aide au niveau psychologique, tout comme les jeunes qui sont pris dans le cercle infernal de l’intimidation d’ailleurs, les bourreaux comme les victimes.

Le mal-être est toujours le dénominateur commun de tous ces problèmes. Parce que la mésentente en soi est souvent une bonne occasion de se mesurer à soi-même, en choisissant d’être constructif au lieu d’être destructif. Et être constructif, c’est bien sûr être créatif, cela va de soi.

Il est triste de constater que le monde s’est beaucoup bâti sur des guerres, il serait peut-être temps de passer à un autre niveau.

 

(Image tirée de la revue Infirmière canadienne)

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