« Les hommes blancs sont des terroristes »

« Les hommes blancs sont des terroristes »

Il y a une sorte de relativisme que je croise de temps en temps. Celui de ceux qui donnent une valeur relative à un sujet selon le pourcentage d’intérêt dans la population ou le pourcentage de gens qui pensent d’une manière ou d’une autre. Ce qui délégitime la critique envers ces objets/sujets à petits pourcentages.

Prenons les racistes. Et les plus classiques, envers les gens à la peau foncée et aux traits faciaux catégorisables en dehors du groupe « blanc occidental », et cette nouvelle forme envers les blancs occidentaux, de bon ton pour qui fait reposer tous les malheurs du monde sur le colonialisme occidental, par définition perpétré par des blancs becs.

Mais tout d’abord, il faut que je pointe que la genèse de ce texte est ma réaction à un commentaire qui disait, en gros, que le pourcentage de gens qui pensent que ce qui est écrit sur le chandail de la personne sur la photo qui orne ce billet se défend (littéralement; ou en théorie, en changeant « terroriste » par « coupable ») doit ressembler à 1% de la population. Donc, que c’est peut-être une perte de temps d’en parler puisqu’ils sont si peu!

Ce que j’ai répondu, c’est que ce 1% doit ressembler au 1% de vrais racistes (classiques) dans la population. Et pourtant, ils sont constamment pointés dans les médias actuellement. Qu’on fait même une consultation en leur nom…

La minorité socialement pensante

S’il fallait seulement critiquer ce qui a un pourcentage très élevé dans la population, nous ne pourrions le faire que quand il est trop tard… Imaginons une société devenue raciste en grand nombre. Des minorités visibles hargneuses et leurs défenseurs blancs tout aussi hargneux contre d’autres blancs gonflés à bloc, tout ce beau monde qui s’entredéchire, et qui au pire s’entretue. Laissant une minorité, « un petit pourcentage » de gens nuancés regarder ce qui se joue, sans pouvoir ne rien faire, tellement tout se passe dans les extrêmes!

La réalité, c’est que la population en général n’a pas le temps ni l’intérêt de creuser les questions politico-sociales. Elle suit les vagues selon ce qui l’allume en surface. Elle peut se faire happer par le populisme de droite ou le populisme de gauche. Si ce cri, « Les hommes blancs sont des terroristes », résonne bien pour un nombre substantiel de gens influents dans la société – quand même un infime pourcentage en réalité -, il pourra réverbérer en surface vers la population et faire des dommages. Ce qui n’est pas bien différent du cri : « les immigrants sont la cause de tous nos problèmes ».

Le premier cri en fait déjà d’ailleurs : qui n’a pas croisé le discours arguant que les terroristes islamistes sont en fait les victimes du colonialisme occidental blanc, ce qui revient à dire que les hommes blancs sont comme des terroristes qui encouragent les réactions, terroristes comme simplement militantes? Bien des causes peuvent se retrouver dans cette idée que les hommes blancs sont des terroristes. Le féminisme, l’antiracisme, l’anticolonialisme, l’anticapitalisme, dans le fond tout ce qui contredit l’héritage moins reluisant de l’Occident. Tout en reniant l’héritage occidental qui a permis bon nombre d’avancées sociales…

Choisir la dérive à condamner

Tout ça, c’est une chaîne. Un jeu de domino. La légitimité de remettre en question cette trame de fond repose sur l’espoir de limiter les dégâts par la critique, comme ça s’est toujours fait dans l’histoire, pour qu’elle ne devienne pas la norme. La norme de la contrition. Celle qui supplanterait la libre-pensée envers n’importe quel discours, d’où il provienne. Une norme qui hiérarchiserait la légitimité de dire selon le taux de victimisation officiellement consenti à sa ou ses catégories (par exemple, une femme noire aurait plus de points légitimités qu’une femme blanche, puisque la première cumule deux catégories de victimisation – l’exemple est très à propos puisque le féminisme intersectionnel fonctionne ainsi). Et a contrario, le bâillonnement plus ou moins marqué selon le taux de privilège imposé par les Nouveaux Grands Juges de la Vertu, les hommes blancs étant bien sûr possiblement les plus en droit de se la fermer.

C’est pourquoi je ne me sens pas le devoir de me concentrer sur les racistes classiques. Ils sont simplement ridicules avec leurs arguments de supériorité basée sur les caractéristiques physiques génétiques. Alors qu’il est clair que ce dont quelqu’un a l’air physiquement n’est aucunement garant du comment il va se comporter en société. Quand on ne titille pas ces crétins, ils se font surtout discrets, puisqu’ils n’ont pas de prise sur la démocratie. Mais quand on fait gonfler leur rang artificiellement comme c’est le cas actuellement, ils voient la lumière au bout du tunnel.

J’ai choisi de combattre surtout ceux qui pointent la lumière dans leur direction comme cette personne raciste qui encourage le racisme, au nom de la justice sociale, devenue malheureusement bien sale par les temps qui courent.

Trop vite pour réfléchir mieux.

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